Forces armées égyptiennes

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Forces armées égyptiennes
Al Quaat al musallaha al misriya
Drapeau de l'Égypte
Drapeau de l'Égypte
Fondation 1922
Branches armée de terre, force aérienne, marine de guerre, défense aérienne
Commandement
Commandant en chef Général Sedki Sobhi
Main-d'œuvre
Âges militaires 18-49 ans
Disponibles au service militaire 41 157 220 hommes
Aptes au service militaire 35 305 381 hommes
Atteignant l'âge militaire chaque année 1 532 052  hommes
Troupes régulières 468 500
Réservistes 800 000
Budgets
Budget 5,85 milliards de dollars US (2009)
Pourcentage du PNB 3,12 %
Industrie
Fournisseurs étrangers Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la Russie Russie
Drapeau de la France France
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de la Turquie Turquie
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie

Les forces armées égyptiennes sont les plus importantes en nombre du continent africain.

Elle comprennent l'armée égyptienne, la marine égyptienne, l'armée de l'air égyptienne, et le commandement de la défense aérienne égyptienne.

Historique[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Tableau représentant Méhémet Ali inspectant son armée et sa marine.

L’Égypte théoriquement vassale de l'empire ottoman s'émancipe, en partie à la suite de la campagne d'Égypte conduite par Napoléon 1er, au début du XIXe siècle sous le règne du vice-roi Méhémet Ali[1] qu'il utilisa ensuite pour repousser les frontières de l'Égypte

En 1811, ce dernier établit de manière brutale son autorité en faisant massacrer les principaux chefs mamelouks par ses troupes albanaises.

En 1820, Muhammad Ali envoie une armée de 4 à 5 000 hommes commandée par son troisième fils, Ismaël, dans le sud du Soudan avec l'intention de conquérir le territoire et de le soumettre à son autorité. La supériorité des troupes égyptiennes et des armes à feu assure en 1821 la conquête du Soudan face à une résistance farouche de tribus n'ayant qu'un armement primitif[2]. Sa mission première était de capturer un maximum d’esclaves noirs et de les déporter en Égypte, où ils formeraient les recrues nécessaires à la nouvelle armée.

Cette tentative échoua à la suite du très fort taux de mortalité avec seulement 3 000 survivants sur les 20 000 hommes capturés. Il mit donc sur pied une armée de conscription à base de paysans égyptiens - La population étant d'alors de 5 millions d'habitants -sous commandement d'officiers turcs ou Mamelouks[3]

Celle-ci intervint dans la guerre d'indépendance grecque mais sa flotte fut détruite durant la bataille de Navarin le 20 octobre 1827, elle réprima également pour le compte de l'empire ottoman une révolte des wahhabites en Arabie.

Muhammad Ali n'ayant pas eu la récompense promise pour l'aide qu'il avait donnée à l'empire ottoman pendant la guerre entama en 1831 la première guerre turco-égyptienne contre le Sultan Mahmud II et conquit la Syrie et s'avança au nord d'Adana. Le 21 décembre 1832, une armée égyptienne de 15 000 hommes vainquit l'armée turque de 100 000 hommes durant la bataille de Konya, l'invasion est finalement stoppé en 1833 sous la pression diplomatique de la France et du Royaume-Uni craignant que la Russie impériale n'intervienne. Un traité place la Syrie, la Palestine, le Hedjaz[4] et la Crète sous contrôle de l'Égypte jusqu'à la mort de Muhammad Ali et garanti que la souveraineté de l'Égypte restera à sa dynastie.

En 1839, le sultan reprend la guerre contre le vice-roi d'Égypte et déclenche la seconde guerre turco-égyptienne mais son armée de 80 000 hommes se fait battre par celle de 46 000 égyptiens lors de la bataille de Nezib à cause de la supériorité de l'artillerie égyptienne. Malgré la mort de Mahmud II, l'intervention des forces armées britanniques alliées à l'empire ottoman et appuyées par l'empire d'Autriche débarquant à Beyrouth (10 000 habitants à l'époque) et à Acre en septembre 1840 fit que Muhammad Ali ayant ses voies de communication coupées dut faire la paix et évacuer la Syrie et la Crête en février 1841[5].

Sous la conduite d'Ismaïl Pacha, l'Égypte tenta d'agrandir son empire et entreprit la guerre égypto-éthiopienne en 1875. L'empire d'Éthiopie réussit à contenir les assauts égyptiens et les combats cessèrent en 1876.

La guerre des Mahdistes entre 1881 à 1899 opposa au Soudan les forces de Muhammad Ahmad ibn Abd Allah Al-Mahdi désireux d'établir dans la région un émirat islamiste fort et indépendant aux armées égyptiennes puis anglo-égyptiennes ainsi que celle des puissances voisines. Après plusieurs sanglantes défaites dont la bataille d'El Obeid et la prise de Khartoum en 1885 entrainant la mort de Gordon Pacha, une longue campagne des forces britanniques commandées par Horatio Herbert Kitchener appuyant l'armée égyptienne réussit à réduire le mouvement. Le Soudan anglo-égyptien est créé après ce conflit.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, le Egyptian Expeditionary Force britannique affronta l'empire ottoman et s'empara de la Palestine.

Le roi Farouk Ier d'Égypte inspectant une unité égyptienne durant la Seconde Guerre mondiale[6].

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Égypte était techniquement neutre, mais Le Caire est bientôt devenu une base militaire importante des forces britanniques. En raison d'un traité de 1936 par lequel le Royaume-Uni avait le droit de poster des troupes sur le sol égyptien, afin de protéger le canal de Suez (10 000 h dans ce pays et 1 900 au Soudan début 1937)[7]. L'Égypte a donc servi durant la guerre du Désert de base à la 8e armée britannique qui a tenu le front libyen jusqu'au refoulement complet des forces de l'Axe Rome-Berlin qui à partir de septembre 1940 tentèrent d'envahir le pays.

De 1949 à 1973, l'Égypte fut en conflit quasi permanent avec Israël dans le cadre du contexte du conflit israélo-arabe.

Supermarine Spitfire Égyptien abattu au dessus de Tel-Aviv durant la guerre de Palestine de 1948.

Elle participa à la guerre israélo-arabe de 1948-1949 et Londres menace en d’intervenir militairement au titre de son traité de défense avec l’Égypte lorsque Tsahal s'avancera trop dans le Sinaï.

Elle participera également à la guerre des frontières d'Israël de 1949 à 1956, la guerre de Suez en 1956 contre Israël, la France et le Royaume-Uni, la guerre des Six Jours en 1967 où elle perdit 15 000 hommes, la guerre d'usure de 1968 à 1970 et la guerre du Kippour en 1973.

Les responsables du Mouvement des officiers libres en 1952 : Abdel Latif Boghdadi (à gauche), Gamal Abdel Nasser, (centre gauche), Salah Salem (centre droit), Abdel Hakim Amer (à droite).

L'armée joue un rôle prédominent dans la vie politique égyptienne depuis que le Mouvement des officiers libres effectua un coup d'État le 26 juillet 1952 mettant fin au règne de Farouk Ier d'Égypte et portant le lieutenant-colonel Gamal Abdel Nasser peu après au pouvoir[8].

Après que les négociations avec les États-Unis capotèrent sur la fourniture d'armement moderne, Nasser se tourna vers Moscou et reçut un important soutien militaire de l'URSS à partir du 27 septembre 1955[9] qui remplaça le matériel détruit durant les divers combats et en 1970 envoya des chasseurs défendre l'espace aérien égyptien. Le 6 juillet 1972, Sadate décide d'expulser les 20 000 conseillers militaires soviétiques en Égypte[10] mais l'URSS fournira un pont aérien lors de la guerre du Kippour quelques mois plus tard[11]

Véhicules militaires égyptiens traversant le canal de Suez durant la guerre du Kippour.
Instructeur égyptien à l'académie militaire de Sanaa.

Elles s'engagèrent fortement dans la guerre civile du Yémen du Nord dans la république arabe du Yémen de 1962 à 1967[12] du côté des républicains opposé aux royalistes en déployant jusqu'à 70 000 hommes et une centaine de chasseurs et de bombardiers[13] et bien que les républicains aient gagné le conflit sortie meurtrie d'une guérilla démoralisante[14] où le gaz moutarde est employé par l'Égypte[15] tandis que les pertes sont lourdes avec 26 000 tués coté égyptien (15 000 dès juillet 1965) pour 40 000 royalistes abattus[16].

En juillet 1977, une guerre égypto-libyenne éclata durant 4 jours et après une victoire égyptienne se termina sur un status quo ante bellum.

Après les accords de Camp David, elle reçoit un important soutien militaire de la part des États-Unis qui en fait le 2e bénéficiaire mondial jusqu'aux années 2000 avec 38 milliards de dollars américains de 1978 à 2000 et 10 milliards entre 2002 et 2008[17],[18].

Char M60 de la 3e brigade blindée en Arabie saoudite le 1er décembre 1990.

Le corps expéditionnaire égyptien durant la deuxième guerre du Golfe envoyé pour libérer le Koweït entre 1990 et 1991 compta 35 000 hommes et s'acquitta avec succès de sa mission.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Méhémet-Ali - Aperçu général sur l'Egypte par Clot-Bey Saint-Marc Girardin, Revue des deux Mondes, T.23, 1840]
  2. Henry Dodwell, The Founder of Modern Egypt: A Study of Muhammal ‘Ali, Cambridge University Press, 1967
  3. Adrien Fontanellaz, « L'armée de Mehmed Ali », sur Histoires Militaires,‎ 3 novembre 2012 (consulté le 22 mars 2013)
  4. Ou se situe La Mecque et Médine
  5. Nezib Et Beyrout, Souvenirs d'Orient de 1833 à 1841, Baron d'Armagnac
  6. La date exacte n'est pas connue mais la jeep ou se tient le roi n'entrera en service qu'en 1941 et le photographe est décédé en 1942
  7. Marc Benoist, Les Marines étrangères, 1938
  8. (fr) L'évolution du régime militaire en Égypte, Bernard Vernier, Revue française de science politique, volume 13, n°3, 1963
  9. (fr) L'URSS et le Proche-Orient : un essai de bibliographie, Salame Ghassan, Politique étrangère, 1980, volume 45, N° 4
  10. (fr) [PDF] Extrait du Nouvel Observateur décrivant les pourparlers entre Sadate et le gouvernement Soviétique
  11. (fr) L'URSS et la guerre d'octobre, Hélène Carrère d'Encausse, Revue française de science politique, 1974, volume 24, N° 4
  12. (fr) Stephane Mantoux, « Les malheurs de l’Arabie Heureuse-La guerre au Nord-Yémen, 1962-1970 : le « Viêtnam égyptien »(2/3) », sur http://www.alliancegeostrategique.org, Alliance Géostratégique,‎ 24 novembre 2010 (consulté le 14 décembre 2010)
  13. (en) Tom Cooper, « South Arabia and Yemen, 1945-1995 », sur http://www.acig.org, Air Combat Information Group,‎ 9 septembre 2003 (consulté le 4 avril 2010)
  14. Christophe Ayad, Géopolitique de l'Égypte, (ISBN 2870277849), Complexes, 2002, p. 121-122
  15. (fr) « Les armes chimiques dans l'Histoire », sur http://non-proliferation.irsn.fr/, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (consulté le 28 octobre 2009)
  16. Kenneth M. Pollac, Arabs at war. Military Effectiveness 1948-1991, University of Nebraska Press, 2002, p.47-57.
  17. (en) « U.S. Arms Clients Profiles - Egypt », sur http://www.fas.org/, Federation of American Scientists,‎ Novembre 2001 (consulté le 28 octobre 2009)
  18. (en) [image] Top Five Recipients of Military Assistance, FY 2002 to FY 2009 (dollars in millions)