Rite écossais ancien et accepté

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Le Rite écossais ancien et accepté (REAA) est l'un des rites maçonniques les plus répandus dans le monde. Il fut fondé en 1801 à Charleston (États-Unis) sous l'impulsion des Frères John Mitchell et Frederic Dalcho, sur la base des Grandes Constitutions de 1786, attribuées[n 1] à Frédéric II de Prusse. C'est à l'origine un rite qui ne comportait que des degrés situés au-delà du grade de maître.

Composé de 33 degrés, il est habituellement pratiqué dans le cadre de deux organismes complémentaires mais distincts :

Histoire[modifier | modifier le code]

La cathédrale de rite écossais d'Indianapolis construite entre 1927 et 1929. Il s'agit du plus grand édifice maçonnique des États-Unis.
La cathédrale de rite écossais de New Castle (Pennsylvanie) inaugurée en 1926.

Premières références au degré de « Maître écossais »[modifier | modifier le code]

On trouve dès 1733 la trace d'une loge de Temple Bar, à Londres, ayant conféré le degré de « Maître écossais »[1] (« Scots Master » ou « Scotch Master »). Il fut également conféré dans une loge de Bath en 1735 et dans la loge « française » « St George de l'Observance » no 49 de Covent Garden, en 1736[2]

L'influence Jacobite : mythe ou réalité ?[modifier | modifier le code]

La littérature maçonnique abonde en référence aux jacobites. Elles ont cependant l'inconvénient d'être contradictoires, en sorte que les opinions divergent. Tantôt on affirme que l'influence des jacobites sur la naissance des hauts grades est nulle, si bien qu'elle participe du mythe; tantôt on la juge réelle, voire déterminante.

Les partisans de la thèse mythologique estiment que la source des malentendus réside dans une remarque imprudente faite par John Noorthouk en 1784 dans le livre des Constitutions de la première Grande Loge de Londres. Il y était déclaré sans preuve que le roi Charles II (frère aîné et prédécesseur de Jacques II) fut fait franc-maçon en Hollande durant son exil (1649-1660). Il est aujourd'hui clair qu'à cette époque, il n'existait pas encore de loges de francs-maçons sur le continent. Cette remarque visait certainement à flatter la fraternité par la revendication de l'appartenance d'un ancien monarque. Cette légende fut embellie par John Robison (1739–1805), professeur de philosophie à l'Université d'Édimbourg dans un ouvrage anti-maçonnique publié en 1797[3].

Il n'empêche qu'avant les déclarations de Noorthouk plusieurs allusions au rôle des jacobites se retrouvent dans les archives, et les plus importantes sont contenues dans la correspondance échangée entre 1777 et 1783 entre le baron danois von Wachter et le prince Charles Edouard, fils de Jacques III Stuart, lui-même neveu de Charles II. Dans un mémoire rédigé le 21 septembre 1777 par Wachter et approuvé par Charles Edouard, celui-ci dit très clairement que « plusieurs hommes illustres de sa maison (comprendre: la maison des Stuart) ont été maçons »[n 2]. À l'époque, la mission de Wachter est justement de savoir quelle est la part jouée par les jacobites dans la création de la franc-maçonnerie en général, et des hauts grades en particulier, surtout ceux à sensibilité templière. De la même façon, en 1767, un an après la mort de Jacques III survenue à Rome, le comte de Clermont, grand maître de la Grande Loge de France, reconnaît dans une lettre au marquis de Gages que Jacques III, qu'il appelle le « prince Edouard »[n 3], selon une habitude acquise depuis le séjour de celui-ci à Saint-Germain-en-Laye, jusqu'en 1713, fut le principal dignitaire des hauts grades, et que la Royale Loge (sic) qui fonctionna longtemps en France le fut en référence à sa personne[n 4].

Au milieu du XIXe siècle, le célèbre auteur maçonnique anglais George Oliver (1782-1867), dans son ouvrage Historical landmarks déclare que le roi Charles II assistait régulièrement à des tenues maçonniques. Il est possible d'en douter, bien que des auteurs maçonniques français le confirment, comme Jean-Baptiste Ragon (1771-1862) et Emmanuel Rebold, ce dernier imaginant même de toutes pièces une création des hauts grades au sein de la loge Canongate Kilwinning d'Edimbourg[3]. Mais la réfutation de cette extrapolation est une chose; autre chose est le fait que les premiers hauts grades se focalisent tout de même sur des références constantes aux Stuarts. Ainsi, celui de la Voûte Sacrée, qui correspond en version anglaise au Royal Arch, fait explicitement référence à Jacques Ier, père de Charles II.

Étienne Morin et son rite en 25 degrés[modifier | modifier le code]

Un négociant français nommé Étienne Morin, qui avait été reçu dans la franc-maçonnerie des hauts-grades depuis 1744 fonda une « Loge écossaise » au Cap Français, au nord de la colonie de Saint-Domingue. Le 27 août 1761, à Paris, Morin reçut une patente signée des officiers de la Grande Loge le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde ». Des copies plus tardives de cette patente, qui ne visait probablement à l'origine que les loges symboliques, semblent avoir été embellies, peut-être par Morin lui-même, afin de mieux assurer sa prééminence sur les loges de hauts grades des Antilles[4].

Morin pratiquait un rite nommé « Rite du royal Secret » en 25 degrés dont le plus haut se nommait « Sublime Prince du Royal Secret » et qui découlait peut-être lui-même du rite pratiqué à Paris par le « Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident »[5].

Morin retourne à Saint Domingue en 1762 ou 1763 et, grâce à sa patente, constitue progressivement des loges de tous grades à travers les Antilles et l'Amérique du Nord. Il crée en particulier en 1770 un « Grand Chapitre » de son rite à Kingston, Jamaïque, où il meurt en 1771[6].

Henry Andrew Francken et ses manuscrits[modifier | modifier le code]

L'homme qui aida le plus Morin à diffuser son rite dans le Nouveau Monde fut un Hollandais naturalisé anglais nommé Henry Andrew Francken. Morin le nomma Député Grand Inspecteur Général dès son retour aux Antilles. Francken travaille en étroite collaboration avec lui et, en 1771, rédige un manuscrit contenant les rituels du 15e au 25e degré. Il rédige au moins deux autres manuscrits, le premier en 1783 et le second vers 1786, qui contiennent tous les degrés du 4e au 25e[2].

Une loge « Parfaits d'Écosse » fut créée le 12 avril 1764 à la Nouvelle Orléans. Ce fut le premier atelier de hauts grades sur le continent nord américain. Son existence fut brève car le Traité de Paris avait cédé en 1763 la Nouvelle Orléans à l'Espagne catholique et hostile à la franc-maçonnerie: toute activité maçonnique semble cesser à la Nouvelle Orléans jusque dans les années 1790[6].

Francken s'installe à New York en 1767 où il reçoit une patente, datée du 26 décembre 1767, pour la formation d'une loge de Perfection à Albany, ce qui lui permet de conférer les degrés de perfection (du 4e au 14e) pour la première fois dans les treize colonies britanniques. Cette patente ainsi que les minutes des premiers travaux de cette loge sont actuellement dans les archives du Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis[6].

Pendant son séjour à New York, Francken communique aussi ces degrés à un homme d'affaires juif, Moses Michael Hays, qu'il nomme Inspecteur Général Adjoint (DIG: Deputy Inspector General). En 1781, Hays nomme à son tour 8 autres Inspecteurs Généraux Adjoints, dont quatre jouèrent plus tard un rôle notable dans la fondation du Rite écossais ancien et accepté en Caroline du Sud:

  • Isaac Da Costa Sr., D.I.G. for South Carolina
  • Abraham Forst, D.I.G. for Virginia
  • Joseph M. Myers, D.I.G. for Maryland
  • Barend M. Spitzer, D.I.G. for Georgia

Da Costa retourna en février 1783 à Charleston, Caroline du Sud, et y établit une « Sublime Grande Loge de Perfection ». À sa mort, en novembre 1783, Hays nomma Myers son successeur. Rejoint par Forst et Spitzer, Myers créa huit degrés supplémentaires à Charleston[6].

Naissance du Rite écossais ancien et accepté[modifier | modifier le code]

Bien que les trente-trois degrés aient été ainsi déjà créés, le Rite écossais ancien et accepté ne fut constitué qu'avec la fondation du premier Suprême Conseil, le Suprême Conseil de la Juridiction Sud à Charleston, en mai 1801, sous l'impulsion de John Mitchell et Frederic Dalcho.

C'est avec des patentes de ce premier Suprême Conseil que furent progressivement constitués tous les autres Suprêmes Conseils du monde, comme:

  • le Suprême Conseil du 33e degré en France (nom exact de l'organisme à l'époque), en 1804
  • le Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis, en 1813.
  • le Suprême Conseil d'Angleterre et du Pays de Galles, en 1845

Albert Pike et le REAA aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Né à Boston, dans le Massachusetts, le 29 décembre 1809, Albert Pike est souvent considéré aux États-Unis comme étant l'homme qui fit le plus pour le succès du REAA, le faisant passer du stade de rite maçonnique assez obscur au milieu du XIXe siècle à la fraternité internationale qu'il est devenu[n 5]. Pike reçut tous les grades du 4e au 32e de l'historien maçonnique américain Albert Mackey en mars 1853 à Charleston, Caroline du Sud et la même année fut nommé Inspecteur adjoint (Deputy Inspector) pour l'Arkansas.

À cette époque, les degrés étaient encore dans une forme rudimentaire et le plus souvent ne contenaient qu'une brève légende accompagnée de quelques détails, mais le plus souvent sans véritable rituel d'initiation. En 1855, le Suprême Conseil de la Juridiction Sud nomma un comité chargé de préparer des rituels complets du 4e au 32e degré. Ce comité fut composé de Albert G. Mackey, John H. Honour, W. S. Rockwell, C. Samory et Albert Pike, mais c'est Albert Pike qui fit l'essentiel du travail.

En mars 1858, Pike fut élu membre du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis et devint son Grand Commandeur en janvier 1859. La Guerre de Sécession interrompit son travail sur les rituels du Rite écossais. Après la guerre, il partit pour Washington et en 1868 il termina son travail de révision des rituels.

Pike écrivit aussi de conférences pour tous les degrés qu'il publia en 1871 sous le titre Morales et Dogme du Rite écossais ancien et accepté[7].

Histoire du REAA en France[modifier | modifier le code]

Le Rite Écossais Ancien et Accepté est apparu en France grâce au Frère Grasse-Tilly en 1804, alors qu'il revenait des « Isles d'Amérique ». Il fonda le premier Suprême Conseil en France[8] cette même année.

Un traité d'Union en décembre 1804 est signé entre le Grand Orient de France et le Suprême Conseil du 33e degré en France. Il est dit que « Le Grand Orient unit à lui » le Suprême Conseil de France. L'accord fut dans les faits appliqué jusqu'en 1814. Grâce à ce traité, le Grand Orient de France s'appropria le Rite Écossais Ancien et Accepté.

De 1805 à 1814 le Grand Orient de France administra les 18 premiers degrés du Rite, laissant au Suprême Conseil de France le soin d'administrer les 15 autres, du 19e au 33e. En 1815 cinq des dirigeants du Suprême Conseil fondèrent au Grand Orient de France le Suprême Conseil des Rites. Le premier Suprême Conseil en France tomba en sommeil de 1815 à 1821[n 6].

Le Suprême Conseil des Isles d'Amérique (fondé en 1802 par Grasse-Tilly, réveillé par Delahogue vers 1810) réveilla en 1821 le Suprême Conseil pour le 33e degré en France et ils fusionnèrent en une seule organisation : Le Suprême Conseil de France. Il s'érigea en puissance maçonnique indépendante et souveraine. Il créa des loges symboliques (celles qui sont composées des trois premiers degrés et qui se fédèrent normalement au sein d'une Grande Loge ou d'un Grand Orient).

En 1894, le Suprême Conseil de France créa la Grande Loge de France dont l'autonomie devint une complète indépendance en 1904 lorsque le Suprême Conseil de France renonça à délivrer les patentes constitutives des nouvelles loges[9]. Le Suprême Conseil de France se considère cependant toujours comme gardien de la cohérence de l'ensemble des 33 degrés du Rite et les relations entre les deux structures restent étroites comme en témoignent les deux tenues communes qu'elles organisent chaque année.

En 1899 est créé un Suprême Conseil indépendant en réponse à l'aspiration de mixité en Franc-maçonnerie[10]. Cette organisation devient le Suprême Conseil Universel de l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit Humain » en 1901 après la transformation de la Grande Loge Symbolique Écossaise de France le Droit Humain, elle-même fondée le 4 avril 1893 par Georges Martin et Maria Deraismes. Les principes et la méthode de travail adoptés par cette obédience correspondent aux « Grandes Constitutions Écossaises » de 1786, révisés par le Convent des Suprêmes Conseils Écossais de différents pays réunis au Convent de Lausanne en 1875, et ont été adaptés au besoin de mixité du 1er au 33e degré [11].

En 1964, le Souverain Grand Commandeur Charles Riandey ainsi que 400 à 500 membres[12] de la Juridiction du Suprême Conseil quitta le Suprême Conseil de France et rejoignit la Grande Loge nationale française en estimant que, du fait de sa démission et bien que le Suprême Conseil de France ait continué à travailler sans lui, il n'existait plus de Suprême Conseil en France. Il se fit ensuite ré-initier à Amsterdam aux 33 degrés du rite[13] puis fonda avec l'appui du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis un nouveau Suprême Conseil, dénommé « Suprême Conseil Pour la France » , seul à être reconnu par les Suprêmes Conseils des États-Unis après avoir été désigné au Convent de Barranquilla (1970) comme seule autorité du Rite Écossais pour la France par le plus vieux Suprême Conseil du Monde : le Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis.

Principaux Suprêmes Conseils présents en France en 2014:

Organisation[modifier | modifier le code]

Le Rite écossais ancien et accepté est dirigé dans chaque pays par un Suprême Conseil (en théorie, il ne devrait y en avoir qu'un seul par pays ce qui dans les faits n'est pas le cas. Ainsi, aux États-Unis il existe plusieurs Suprêmes Conseils reconnus dans la sphère anglo-saxonne). Il n'existe théoriquement pas de gouvernement mondial du REAA, chaque Suprême Conseil étant souverain dans sa juridiction. Cependant, certains Suprêmes Conseils ont une influence politique plus forte que d'autres.

En Europe, onze obédiences pratiquant les trois premiers degrés du Rite écossais ancien et accepté se sont associées au sein de la Confédération des grandes loges unies d'Europe.

Les 33 degrés du REAA[modifier | modifier le code]

Bijou maçonnique en argent et émail de Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur.

Il n'existe pas en franc-maçonnerie de grade supérieur au troisième degré, celui de maître maçon. C'est un des principes fondamentaux de la « régularité maçonnique » que tous les maîtres maçons soient placés sur un pied d'égalité, sans considération de position sociale ou d'appartenance à d'autres degrés maçonniques. C'est pourquoi les degrés d'un numéro supérieur au troisième doivent être considérés comme des degrés « latéraux » (side degrees des anglo-saxons), grades d'instruction ou de perfectionnement, et non pas comme des grades « supérieurs », c'est-à-dire impliquant un pouvoir particulier dont pourrait se prévaloir un maître maçon pour se prétendre au-dessus des autres.

Dans de nombreux pays, les trois premiers degrés peuvent être pratiqués à un autre rite que le REAA avant l'accès aux grades suivants de celui-ci.

Dégrés du REAA
Degré n° Titre Jur.Sud France Belgique Angleterre Jur.Nord
1 Apprenti Loge symbolique
(dans certains pays,
ces degrés sont pratiqués à un autre rite)
2 Compagnon
3 Maître
4 Maître Secret Loge de Perfection Chapitre Chapter Lodge of Perfection
5 Maître Parfait
6 Secrétaire Intime
7 Prévôt et Juge
8 Intendant des Bâtiments
9 Maître Élu des Neuf
10 Illustre Élu des Quinze
11 Sublime Chevalier Élu
12 Grand Maître Architecte
13 Chevalier de Royal Arche
14 Grand Élu Parfait et Sublime maçon ou Grand Élu de la Voûte Sacrée
15 Chevalier d'Orient ou de l'Épée Chapitre Council
16 Prince de Jérusalem
17 Chevalier d'Orient et d'Occident Chapter
18 Souverain Prince Chevalier Rose + Croix
19 Grand Pontife Aréopage ou Council Aréopage Supreme Council Consistory
20 Maître Ad Vitam
21 Chevalier Prussien
22 Prince du Liban
23 Chef du Tabernacle
24 Prince du Tabernacle
25 Chevalier du Serpent d'Airain
26 Prince de Mercy
27 Grand Commandeur du Temple
28 Chevalier du Soleil
29 Grand Ecossais de Saint-André d'Écosse
30 Chevalier Kadosh
31 Grand Inspecteur Inquisiteur Consistoire Consistoire
32 Sublime Prince du Royal Secret
33 Souverain Grand Inspecteur Général Conseil suprême Conseil suprême Supreme Council

Exceptions, particularités, désaccords[modifier | modifier le code]

  • L'indépendance des grades symboliques (1er-3e) et des hauts grades (4e-33e) n'a pas toujours été aussi clairement établie qu'à l'heure actuelle, notamment en France et en Belgique, lorsque les loges symboliques pratiquent le Rite écossais ancien et accepté dès le premier degré. De nos jours, les rituels de certains hauts grades mentionnent encore l'existence de « prérogatives »[n 7] datant de leur origine, donc antérieures à la constitution du Rite Écossais Ancien et Accepté.
  • Le nom même du REAA a parfois légèrement varié, certains auteurs ainsi que la Juridiction Nord des États-Unis utilisant parfois l'expression « Ancient Accepted Scottish Rite » (sans le and), traduite en français par « Rite Ecossais Ancien Accepté » avec l'idée d'une « ancienne acceptation » du rite.

Dans de nombreuses juridictions, il existe également des particularités, généralement minimes, mais parfois plus importantes. Elles concernent principalement les degrés qui sont réellement pratiqués, les autres degrés étant transmis par « communication », suivant l'usage fréquent du XVIIIe siècle, c'est-à-dire sans que le rituel du degré ne soit réellement pratiqué.

  • En Angleterre
    • Le rite s'appelle généralement « Rite ancien et accepté » (sans l'adjectif « écossais »). Il impose la pratique de la foi chrétienne (« must profess the Trinitarian Christian faith »). On le pratique seulement au 18e degré. Le 30e est réservé aux anciens présidents de chapitres. Les degrés au-delà du 30e ne sont conférés qu'à un très petit nombre de personnes. On compte 27 000 membres du Suprême Conseil sur les 400 000 membres de la Grande Loge Unie d'Angleterre
    • Le Rite Écossais Ancien et Accepté est également pratiqué du 1er au 33e degré par le Droit Humain du Royaume-Uni[14] et du 1er degré au 3e degré par la loge masculine The White Swan, No 1348[15] de la Grande Loge de France à Londres ainsi que par la loge mixte Marco Polo de la Grande Loge d'Italie.
  • En Écosse, on pratique les 18e, 30e degrés. Au-delà, on procède comme en Angleterre.
  • En France et en Belgique, suivant les juridictions, on pratique et on initie généralement aux 4e, 9e, 12e, 13e, 14e, 15e, 17 e, 18e, 22e, 26e, 28e, 30e, 31e, 32e et 33e degrés. Dans certaines juridictions belges, on initie également aux 5e et 29e degrés. Des différences quant au nombre de grades pratiqués existent d'une juridiction et d'un pays à l'autre. En règle générale, les juridictions françaises pratiquent moins de degrés d'aréopage que les juridictions belges et privilégient les degrés chapitraux.
  • Aux États-Unis, la juridiction nord a réformé ses pratiques de manière assez notable en 2004 et en 2006[16]: le nom de 21 des 33 degrés, en particulier, a été changé. Par ailleurs, le système nord-américain est beaucoup plus rapide que dans d'autres pays, puisqu'il permet d'atteindre le 32e degré en très peu d'années alors qu'en Europe et en Amérique du Sud une telle progression requiert une pratique assidue de plus d'une vingtaine d'années. Pour cette raison, plusieurs juridictions européennes et sud-américaines ne reconnaissent pas automatiquement les hauts grades reçus par leurs membres à l'occasion d'un séjour aux États-Unis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Note du traducteur: l'authenticité de cette origine est controversée.
  2. Archives Royales de Windsor, Stuart Papers, 491/123 (en).
  3. Les trois principaux prénoms de Jacques III Stuart sont Jacques Francis Edouard, après 1708 il est aussi appelé Chevalier de Saint-George.
  4. Lettre publiée en fac-similé dans FAIRBAIRN SMITH, James, The Rise of the Écossais degrees, The Otterbein Press, Dayton, 1965, p. 36 (en).
  5. Note de traducteur: Dans sa version du 30/01/2007, toute cette section de l'article n'est qu'une simple traduction de l'article du Wikipédia anglophone de la même date, d'où son aspect peut-être un peu américano-centré.
  6. La seule trace d'activité connue de ce Suprême Conseil sur cette période est une quittance de loyer - source CG.
  7. Telle que celle de pouvoir prendre la parole sans la demander préalablement au président. Ou bien encore, rattaché au 20e degré, l'ancien titre de « Vénérable Grand Maître de toutes les loges régulières », témoignage de l'époque de sa rédaction.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Mollier 2008, p. 74-88.
  2. a et b Jackson 1987.
  3. a et b (en) Henry W Coil, Coil's Masonic Encyclopedia, Richmond, Macoy Publ.Co.Inc (réimpr. 1996), « Stuart Masonry et John Robison », p. 634-637-569–570.
  4. Jackson 1987, p. 31-45.
  5. Jackson 1987, p. 37.
  6. a, b, c et d Willian Fox 1997, p. 16-17.
  7. (en) Henry W Coil, Coil's Masonic Encyclopedia, Richmond, Macoy Publ. Co. Inc, « Albert Pike », p. 472–475.
  8. Pierre Mollier 2004, p. 70-113.
  9. Revue de la Grande Loge de France 1980, p. 17
  10. « Histoire du Droit Humain », sur Fédération française de l'Ordre Maçonnique Mixte International le Droit Humain (consulté le 11 août 2014).
  11. Rite Ecossais Ancien et Accepté, Fédération française de l'Ordre Maçonnique Mixte International le « Droit Humain », Rituels des trois premiers degrés et cérémonies maçonniques, Corlet, Imprimeur, S.A. - 14110 Condé-sur-Noireau, n°151196, p.10,‎ novembre 2012
  12. Daniel Ligou et al. 2000, p. 185-188.
  13. Riandey 1989, p. 169.
  14. (en) « Le Droit Humain UK », sur www.droit-humain.org (consulté le 22 juillet 2014).
  15. « Blog Maçonnique Hiram », sur www.hiram.canalblog.com (consulté le 22 juillet 2014).
  16. (en) « Ritual Changes », The Northern Light Magazine,‎ novembre 2006, p. 6.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Collectif, 1804-2004, Deux siècles de Rite Ecossais Ancien Accepté en France, Dervy,‎ 2004 (ISBN 2-84454-265-4).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleDaniel Ligou et al., Histoire des Francs-Maçons en France, vol. 2, Privat,‎ 2000 (ISBN 2-7089-6839-4).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articlePaul Naudon, Histoire générale de la franc-maçonnerie, Presses universitaires de France,‎ 1981 (ISBN 2-13-037281-3).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleCharles Riandey, Confession d'un Grand Commandeur de la Franc-maçonnerie, Ed. du Rocher,‎ 1989 (ISBN 2-268-00-779-0).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleRevue de la Grande Loge de France, La Franc-maçonnerie écossaise et la Grande Loge de France : Points de vue initiatiques, vol. 38-39,‎ 1980.
  • Andre Kervella, La passion écossaise, Dervy,‎ 2013 (ISBN 978-2844541772).
  • Michel Saint Gall, Dictionnaire du Rite Ecossais Ancien et Accepté, Télètes,‎ 2013, 2e éd. (ISBN 978-2906031883).
  • Alain de Kehgel et al., Deux siècles de Rite Écossais Ancien et Accepté en France : 1804-2004, Dervy, coll. « FM Beaux Livres »,‎ 2012 (ISBN 978-2844549549).
  • Jean-Bernard Levy, Abrégé d'histoire du R.E.A.A. (Rite Écossais Ancien Accepté), Edition de la Hutte,‎ 2012 (ISBN 978-2916123615).
  • Alain Bernheim, Le rite en 33 grades : De Frederick Dalcho à Charles Riandey, Dervy, coll. « Bibliothèque Franc-maçonnerie »,‎ 2011 (ISBN 978-2844546555).
  • Yves-Max Viton, Le Rite Écossais Ancien et Accepté, PUF, coll. « Que sais-je? »,‎ 2011 (ISBN 978-2130581956).
  • Jacques Simon, Jean-Pierre Lassalle, « REAA Rituels des trois premiers degrés selon les anciens cahiers 5829 » [PDF], Editions de la Hutte,‎ 2010 (ISBN 978-2-916123-33-2, consulté le 9 février 2013).
  • Andre Kervell, Rite Ecossais Ancien et Accepté – L'effet Morin – Prestige d'un homme, genèse d'un système, Ivoire-clair,‎ 2010 (ISBN 978-2913882638).
  • Pierre Mollier, Les Chevaliers écossais en 1743 : de Londres à Berlin ? : La Chevalerie maçonnique, Dervy,‎ 2008, 2e éd..
  • Pierre Mollier, Naissance et essor du Rite écossais ancien et accepté en France : 1804-1826. 1804-2004 Deux siècles de Rite Écossais Ancien Accepté en France, Dervy,‎ 2004.
  • Jean-Émile Daruty, Recherches sur le Rite Écossais Ancien Accepté (1879). Reproduction intégrale de l'édition de 1879 précédée d'un « Hommage à Jean-Emile Daruty » par Alain Bernheim, Éditions Télètes,‎ 2002.
  • (en) William Fox, Lodge of the Double-Headed Eagle: Two centuries of Scottish Rite Freemasonry in America's Southern Jurisdiction, Univ. of Arkansas Press,‎ 1997, p. 16.
  • Claude Guérillot, La Genèse du Rite écossais ancien et accepté', Guy Trédaniel Éditeur,‎ 1993.
  • (en) Jackson, A.C.F. (1980), Rose Croix: A History of the Ancient & Accepted Rite for England and Wales, Londres, Lewis Masonic,‎ 1987, 2e éd..
  • Paul Naudon, Histoire, Rituels et Tuileur des Hauts Grades Maçonniques, Dervy-Livres, coll. « Histoire et Tradition »,‎ 1984.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]