Suprême Conseil de France

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Suprême Conseil de France

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Cadre
But Juridiction maçonnique
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1804
Fondateur Grasse-Tilly
Origine Drapeau de la France Grande Loge de France
Identité
Siège Siège de la GLF - 8 rue Puteaux 75017 17e arrondissement, Paris
Structure 229 loges de Perfection, 94 chapitres, 51 aréopages, 12 tribunaux et 4 consistoires.
Personnages clés Prince Régis de Cambacérès, Louis-Philippe de Ségur, Élie Decazes
Membres 8649 (juin 2014)
Site web Suprême Conseil de France

Le Suprême Conseil de France, fondé en 1804, est l'un des organismes maçonniques français chargés de gérer les hauts grades du Rite écossais ancien et accepté. Ses membres pratiquent les grades symboliques au sein de la Grande Loge de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Début du XIXe siècle, la fondation[modifier | modifier le code]

Le Rite écossais ancien et accepté est apparu en France grâce au frère Grasse-Tilly en 1804, alors qu'il revenait des « isles d'Amérique ». Il fonda cette même année le Suprême Conseil pour le 33e degré en France, troisième au monde après celui de la Juridiction Sud des États-Unis (1801), celui des Isles Françaises d'Amérique (Saint Domingue) (1802).

Un traité d'Union est signé en décembre 1804 entre le Grand Orient de France et le Suprême Conseil du 33e degré en France. Il est dit que Le Grand Orient unit à lui le Suprême Conseil. L'accord fut dans les faits appliqué jusqu'en 1814. C'est grâce à ce traité que le Grand Orient de France s'approprie le Rite écossais ancien et accepté. De 1805 à 1814 le Grand Orient de France administra les 18 premiers degrés du rite, le Suprême Conseil de France administrant les 15 autres, du 19e au 33e. Peu à peu le Suprême Conseil perdit son activité et tomba en sommeil.

Le Suprême Conseil des rites[modifier | modifier le code]

En 1815 la plupart des dirigeants du Suprême Conseil quittèrent l'obédience et fondèrent au Grand Orient de France le Suprême Conseil des rites, apportant ainsi l'ensemble des degrés écossais au Grand Orient. Sous l'impulsion du Suprême Conseil des Isles d'Amérique (Constitué par Grasse-Tilly en 1802, réveillé par Delahogue vers 1810), le Suprême Conseil du 33e degré en France fut réveillé et réorganisé en 1821 sous le nom de Suprême Conseil de France. Il s'érigea en puissance maçonnique indépendante et souveraine. Il créa des loges symboliques (celles qui sont composées des trois premiers degrés et qui se fédèrent normalement au sein d'une Grande Loge ou d'un Grand Orient).

La Grande Loge de France de 1894[modifier | modifier le code]

Sceau de la Grande Loge de France, aidée par le Suprême Conseil en 1894.

En 1894, le Suprême Conseil de France créa la Grande Loge de France. Il lui accorda son autonomie administrative complète en 1904 lorsqu'il renonça à délivrer les patentes constitutives des nouvelles loges. Il reste cependant garant de la cohérence des 33 degrés du rite et conserve des relations très étroites avec la Grande Loge de France, avec laquelle il organise deux tenues solennelles communes chaque année, à l'occasion des deux Saint-Jean.

Milieu du XXe siècle, les divisions[modifier | modifier le code]

En 1964, le souverain grand commandeur Charles Riandey ainsi que 400 à 500 membres[1] de la Juridiction du Suprême Conseil quitta le Suprême Conseil de France et rejoignit la Grande Loge nationale française en estimant que, du fait de sa démission et bien que le Suprême Conseil de France ait continué à travailler sans lui, il n'existait plus de Suprême Conseil en France. Il se fit ensuite ré-initier à Amsterdam aux 33 degrés du rite[2] puis fonda avec l'appui du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis un nouveau Suprême Conseil, dénommé « Suprême Conseil pour la France » ; seul désormais à être reconnu par les suprêmes conseils des États-Unis.

Au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2004, le Suprême Conseil de France a organisé à l'occasion de son bicentenaire de nombreuses manifestations, publiques ou réservées aux francs-maçons, ainsi qu'une exposition d'objets historiques[3].

Liste des grands commandeurs[modifier | modifier le code]

Prince Régis de Cambacérès, figure notoire du Suprême Conseil de France. Grand commandeur du Rite écossais ancien et accepté en France de 1806 à 1821.
Louis-Philippe de Ségur, grand commandeur du Suprême Conseil de France de 1822 à 1825.

Alors que le plus haut dignitaire d'une grande loge est nommé « grand maître », dans le cas des suprêmes conseils qui régissent les hauts grades du Rite écossais ancien et accepté, la dénomination traditionnelle est « grand commandeur ». La liste des grands commandeurs du Suprême Conseil de France s'établit comme suit[4]:

Période du « Suprême Conseil pour le 33e degré en France », concordat avec le Grand Orient de France

Après la rupture du concordat et la fusion avec le « Suprême Conseil des Iles françaises d'Amérique ».

  • 1821-1822 Le lieutenant-général Comte Cyrus de Valence
  • 1822-1825 Le comte de Ségur
  • 1825-1838 Le duc Gabriel de Choiseul-Stainville
  • 1838-1860 Le duc Élie Decazes
  • 1860-1868 Jean Viennet
  • 1868-1869 Bénédict Allégri
  • 1869-1880 Adolphe Crémieux
  • 1880-1899 Louis Proal
  • 1899-1914 Jean-Marie Raymond
  • 1914-1917 Albert Coutaud (par intérim)
  • 1918-1921 Réné Raymond (par intérim)
  • 1921-1924 René Raymond
  • 1924-1926 Gustave Desmons
  • 1926-1958 René Raymond
  • 1959-1961 Jacques Maréchal
  • 1961-1964 Charles Riandey (démissionnaire en 1964 et fondateur du « Suprême Conseil pour la France » en 1965)
  • 1965-1967 Stanislas Bonnet
  • 1967-1975 Henri Bittard
  • 1975-1978 Alexis Zousmann
  • 1978-1990 Albert Chevrillon
  • 1990-2000 Paul Veysset
  • 2000-2009 Hubert Greven
  • Depuis 2009 Claude Collin

Autres suprêmes conseils en France[modifier | modifier le code]

Il existe aujourd'hui en France plusieurs autres organismes dénommés suprêmes conseils parmi lesquels:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Daniel Ligou et al. 2000b, p. 185-188)
  2. (Riandey 1989, p. 169)
  3. Catalogue de l'exposition du bicentenaire en 2004
  4. Sources: [1] et [2] Site officiel du SCdF (consulté le 24 août 2008)
  5. Source: Site de la Grande Loge féminine de France (consulté le 24 août 2008)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Daniel Ligou et al., Histoire des francs-maçons en France, vol. 1, Privat,‎ 2000a (ISBN 2-7089-6838-6)
  • Daniel Ligou et al., Histoire des francs-maçons en France, vol. 2, Privat,‎ 2000b (ISBN 2-7089-6839-4)
  • Charles Riandey, Confession d'un grand commandeur de la franc-maçonnerie, Ed. du Rocher,‎ (ISBN 2-268-00-779-0)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]