Division Bleue (Seconde Guerre mondiale)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Division Bleue.
250e division d'infanterie
División Española de Voluntarios
Drapeau du 3e bataillon de la Division bleue
Drapeau du 3e bataillon de la Division bleue

Période 24 juin 194117 novembre 1943
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Branche Wehrmacht
Type Division d'infanterie
Effectif 18 000 à 46 000 personnes
Surnom Division Azul
Division bleue
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Siège de Léningrad
Décorations 2 359 Croix de fer 2e classe
138 Croix de fer 1re classe
4 Croix de chevalier de la Croix de fer
Commandant Agustín Muñoz Grandes
Emilio Esteban Infantes

La 250e division d'infanterie de la Wehrmacht, officiellement dénommée División Española de Voluntarios (Spanische Freiwilligendivision en allemand), mais plus connue sous l'appellation División Azul (la Division bleue en français, Blaue Division en allemand), était un corps de 17 692 volontaires espagnols (auxquels se sont joints quelques centaines de Portugais) créé à la fin du mois de juin 1941 par le général Francisco Franco et mis à disposition de la Wehrmacht de l’Allemagne nazie, qui devait les équiper, pour combattre sur le front de l’Est. La division était ainsi appelée en raison de la couleur des chemises portées par ses soldats.

Création[modifier | modifier le code]

Monument dédié à la División Azul situé à Almudena.

La 250e division d'infanterie est créée en Espagne au cours de la dernière semaine de juin 1941 immédiatement après l'attaque allemande contre l'Union soviétique.

Composée de volontaires espagnols, elle est nommée à l'origine División Española de Voluntarios (Division espagnole de volontaires) (DEV). Bien que l'Espagne ne participe pas officiellement à la Seconde Guerre mondiale au côté de l'Allemagne nazie, Franco autorise des volontaires à se joindre à l'armée allemande. Ainsi, il peut préserver la neutralité espagnole tout en remerciant Hitler pour son aide pendant la guerre civile (voir Légion Condor). Alors que le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Ramón Serrano Súñer, marque une préférence pour un corps exclusivement composé de volontaires, Franco autorise l'envoi d'un contingent comprenant 50 % de militaires professionnels, des phalangistes vétérans de la guerre civile et des étudiants de différentes universités. Le général Agustín Muñoz Grandes prend le commandement de ces volontaires et est remplacé par Emilio Esteban Infantes au bout de la première année.

Hitler autorise le recours aux recrues espagnoles le 24 juin 1941. La DEV traverse la France occupée en train[1] pour atteindre le camp militaire de Grafenwöhr en Bavière du 17 au 23 juillet 1941. Partis d'Espagne avec les uniformes de leurs unités d'origine, les volontaires perçoivent à leur arrivée leurs uniformes de la Wehrmacht ; cependant, après le refus de phalangistes d'abandonner la chemise bleue, la division se fait désormais connaître sous le nom de Division bleue.

L'entraînement militaire et le serment[modifier | modifier le code]

Le 13 juillet 1941, le premier train de volontaires quitte Madrid pour l'Allemagne. Après cinq semaines de formation au camp de Grafenwöhr (Bavière), le groupe de ces volontaires devient la 250e division d'infanterie de l'armée allemande, initialement composée de trois régiments d'infanterie et un d'artillerie, avec respectivement les numéros 262, 263, 269 et 250, renforcés d'éléments organiques anti-chars, de reconnaissance, de communications, de génie, etc.

Le 31 juillet 1941, le général Muñoz Grandes prête serment devant le général Conrad von Cochenhausen de la XIIIe région militaire. Un officier allemand lit la formule alors que le colonel Jose Maria Troncoso la répète en espagnol :

« ¿Juráis ante Dios y por vuestro honor de españoles absoluta obediencia al jefe supremo del ejército alemán, Adolf Hitler, en su lucha contra el bolchevismo y que combatiréis como valientes soldados dispuestos a dar vuestra vida en cada momento por cumplir este juramento? »
« Jurez-vous devant Dieu et pour votre honneur d'Espagnols, obéissance absolue au chef suprême de l'armée allemande, Adolf Hitler, dans sa lutte contre le bolchevisme et que vous lutterez en braves soldats prêts à donner votre vie à chaque instant pour remplir ce serment ? »

Le serment fut modifié pour les prêtres militaires espagnols, car il y avait une condamnation pontificale du nazisme[2].

Du 20 au 26 août 1941, la 250.Infanterie-Division embarque à Weiden in der Oberpfalz, près de Grafenwöhr, sur 128 trains pour Grodno en Pologne[3] qu'elle quitte, à pied, le 29 août en direction de Smolensk[4] et franchi le Dniepr au Gusino près de Mogilev le 25 septembre 1941. Après un mois de marche à pied exténuante, la division s'installe à 60 km environ de Smolensk[5].

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 1941, la division Azul, affectée au groupe d'armées Nord, est dirigée, à pied, vers Vitebsk, d'où elle est immédiatement transférée, par train, sur le front du Volkhov, dans la région de Novgorod le long des rives du lac Ilmen et de la rivière Volkhov, occuper les emplacements de la 126e division d’infanterie ainsi qu'une partie de la 18e division d’infanterie motorisée pour compléter l’encerclement de Léningrad.

Au 10 octobre 1941, la division Azul occupe un front de 80 km, partant de la pointe nord du lac Ilmen jusqu'au sud de Bor[6].

Le premier combat de la division, à Kapella Nova, engage la deuxième compagnie du 269e régiment qui brise la tentative d’un bataillon soviétique de franchir la Volkhov. Les Soviétiques repartent en laissant 50 morts et 80 prisonniers. Le premier hiver est marqué par les effets du froid mais les Espagnols ne déplorent pas de pertes plus importantes en proportion que leurs alliés allemands.

Au cours du mois d'octobre 1941, des unités des 18e et 126e RI ainsi que deux régiments de la 250e, franchissent la Volkhov et établissent une tête de pont sur la rive est. Les villages de Tigoda, Doubrovka et Muravji sur cette rive de la rivière sont occupés et les troupes allemandes continuent de repousser les Russes, malgré une défense opiniâtre.

En novembre, avec le gel complet de la Volkhov, ils subissent des bombardements massifs d'artillerie et des contre-attaques continuelles. Le 12 novembre, les soldats soviétiques se lancent, vague après vague, sur les lignes de la 250e pour reprendre le contrôle de Possad. Pendant près d'un mois, les Espagnols subissent assauts et bombardements quotidiens, si bien que le 7 décembre, après avoir perdu, en novembre, 120 morts, 440 blessés et 20 disparus, le commandement allemand décide d'abandonner la tête de pont et fait repasser les unités de la division Azul sur la rive ouest de la Volkhov.

Offensive d'hiver Soviétique 1941-1942:
  •      Gains Soviétique
  •      Gains Allemand

La veille de Noël 1941, les positions tenues par une compagnie de grenadiers espagnols à Lubkovo[7] subissent une violente attaque d'infanterie soviétique. Peu de temps après, une contre-attaque fut portée par deux compagnies de la 269e RI qui quittèrent la zone de combat, totalement gelée. Dans le cadre de l'offensive d'hiver 1941-1942, et afin de desserrer l'emprise allemande sur Léningrad, le 7 janvier 1942, les Soviétiques partent à l’attaque des 2e et 10e ArmeeKorps de la 16e armée allemande. La 2e armée soviétique, perce un trou d'une trentaine de kilomètres à l'avant des troupes allemandes au nord de Novgorod, malgré la résistance de la 126e DI.

À la suite de l'offensive soviétique sur la Volkhov, au nord, la division Azul est dans une situation défensive précaire, les Soviétiques se trouvant à l'ouest, ainsi que sur ses flancs nord et sud. Le commandement allemand ponctionne toutefois sur la 250e DI et envoie, le 10 janvier 1942 à travers les glaces du lac Ilmen, les 204 hommes de sa Ski-Kompanie pour dégager 543 hommes encerclés dans la ville de Vzvad, le long de la rive sud du lac. Dans cette opération, l'unité est pratiquement anéantie. Seuls 12 hommes survivent aux 15 jours de traversée du lac gelé et arrivent à Vzvad le 25 janvier.

Dans le même temps, les Soviétiques ont également lancé une vaste offensive vers le sud, au sud du lac Ilmen. La 11e armée avec les 3e et 4e armées de choc soviétiques réussissent à encercler le IIe ArmeeKorps allemand tout entier centré sur la ville de Demiansk, créant ainsi la célèbre poche de Demiansk composée de sept divisions d'infanterie soit environ 90 000 hommes.

Article détaillé : Poche de Demiansk.

Le 19 mars 1942, le saillant soviétique est coupé par les forces allemandes, créant ainsi la poche de Volkhov. La division Azul participe entre mars et juin à l’attaque victorieuse pour réduire ce saillant qui sera finalement totalement écrasé le 25 juin 1942, par les troupes allemandes de la 18e armée en attaquant par l'ouest, le nord et le sud, capturant 30 000 soldats soviétiques de la 2e Armée de choc, dont le général Vlassov.

Carte des districts de Saint-Pétersbourg
1-Amirauté
2-Frounze
3-Kalinine
4-Kirov
5-Kolpino
6-Krasnaïa Gvardia
7-Krasnoïe Sélo
8-Kronstadt
9-Kourortny
10-Lomonossov
11-Moscou
12-Néva
13-Pavlovsk
14-Petrodvorets
15-Pétrograd
16-Primorski
17-Pouchkine
18-Centre
19-Île Vassili
20-Vyborg

Une fois la poche de Volkhov, dans le nord, réduite, et la poche de Demiansk, dans le sud, stabilisée, la 20e Infanterie-Division occupe les positions de la 250eInfanterie Division qui est transférée, le 23 août 1942 à Vyritsa (ru) dans la zone du siège de Léningrad, où elle est reconstituée avant de prendre les positions de la 121eInfanterie-Division dans la zone de Pouchkine-Slutz le long de l'anneau extérieur de Léningrad. La division occupe alors un front d'environ 45 kilomètres, de Pouchkine sur son flanc gauche à Krasny Bor sur sa droite. Alors que la norme pour une division est d’une dizaine de kilomètres de front, on voit à cette répartition le manque d’effectifs dans une guerre de position.

Le 14 décembre 1942, la division reçoit une relève de 18 000 hommes et le général Emilio Esteban Infantes remplace le général Agustín Muñoz Grandes.

Après presque trois mois d'escarmouches le long du front, conduisant à près de 20 morts par jour pour la division, les Soviétiques attaquent le 12 janvier 1943 sur deux fronts les lignes allemandes pour essayer de rompre l'encerclement autour de leur ville assiégée. En janvier 1943, une part de la division (4 500 espagnols plus 1 400 allemands, au total 5 900 hommes) est envoyée à Krasny Bor. La division y livre son combat le plus difficile. Toutefois les combats sont cette fois-ci centrés sur la région de Mga (en). Le 2e bataillon du 269e RI de la division est détaché et prend part aux combats. Pendant neuf jours, les forces soviétiques et allemandes combattent dans une bataille extrêmement furieuse et sanglante. Le 28 janvier 1943, il ne restait, au 2e bataillon, que 28 hommes encore debout sur près de 800.

Les 10 et 11 février 1943, les Soviétiques commencent un barrage d'artillerie durant trois heures avec presque 1 000 pièces puis lancent une attaque de 44 000 fantassins appuyés par deux régiments de chars (presque 100 chars) et deux bataillons de mortiers et Katioucha contre 5 600 soldats des troupes espagnoles. Pendant 24 heures la bataille fait rage, la division tient et perd 3 645 hommes (75 % de son effectif) contre près de 11 000 Soviétiques tués. Cette bataille massive devait être connue sous le nom de la bataille de Krasny Bor, elle s'est avérée être une victoire sanglante et coûteuse pour la division Azul.

Vers le milieu de février, les combats avaient cessé et les lignes s'étaient une fois de plus stabilisées.

Le 19 mars 1943, les Soviétiques lancent une nouvelle attaque sur les lignes de la division, qui est repoussée.

En avril, épuisée, la division Azul est soulagée par l'arrivée de la 254eInfanterie-Division qui voit ses positions dans et autour de Krasny Bor réduites à 30 km.

Durant les sept mois suivant, la division combat sporadiquement mais aucune offensive de grande envergure ou d'action défensive n'a lieu.

Les 5 et 6 octobre 1943, la division reçoit l'ordre de se replier. Du 6 au 12 octobre 1943, la division est relevée par les 81e Infanterie-Division et 123e Infanterie-Division. La division est ensuite transférée à la région de Volossovo où il est ordonné aux soldats de retourner en Espagne, en laissant la place à la Légion espagnole, une unité composé d'environ 1 500 soldats espagnols qui choisissent de ne pas retourner en Espagne pour continuer la lutte contre les Soviétiques.

Les premiers soldats sont de retour en Espagne le 29 octobre 1943.

La 250e division d'infanterie dite division Azul est dissoute le 17 novembre 1943.

Bilan[modifier | modifier le code]

Près de 50 000 hommes[8] servirent dans les rangs de la division. Les pertes furent de 3 934 morts, 8 466 blessés, 326 disparus et 350 prisonniers qui sont rapatriés durant l’année 1954.

Au cours de 18 engagements auxquels elle prend part, la division recueille :

Escadrilles Azul et volontaires de la marine[modifier | modifier le code]

Parallèlement, des volontaires-pilotes forment l’escadrille Azul (Escuadrilla Azul). Il s’agit en fait de cinq escadrilles qui se succédèrent sur le front de l’Est sous le vocable du 15 Spanische Staffel. L’escadrille Azul est intégrée au JG 27 en tant que 15(span)/JG 27 du général Wolfram von Richthofen qui avait commandé la Légion Condor pendant la guerre civile espagnole. Faute d’appareils convenables, ces escadrilles hispaniques reçoivent des avions de chasse Messerschmitt Bf 109F et Focke-Wulf FW 190A, soit une vingtaine d’appareils pour autant de pilotes et 130 personnels au sol dont l’uniforme s’inspire de la Kriegsmarine et non de la Luftwaffe.

La 1re escadrille commandée par le général Ángel Salas Larrazábal (es) quitte l'Espagne le 24 juillet 1941 pour Berlin. Elle gagne son premier poste opérationnel le 24 septembre sur l'aérodrome de Moschina, près de Smolensk. Elle combat ensuite devant Moscou depuis la base de Byélov et dans différents secteurs où l'Armée rouge déploie son offensive d'hiver. Elle a perdu quatre pilotes pour quatorze appareils ennemis abattus.

L'année suivante, la première escadrille est successivement remplacée par les deuxième, puis troisième, commandées par les commandants Julio Salvador Díaz Benjumea et Carlos Ferrándiz Arjonilla.

Au cours de l'année 1943, la quatrième escadrille aux ordres du commandant Mariano Cuadra Medina s'est particulièrement illustrée sur des FW 190A en détruisant 74 avions ennemis pour la perte de sept pilotes.

L'escadrille Azul a abattu près de 156 avions soviétiques soit moins que les pertes matérielles subies. Outre l'aide matérielle apportée, la rotation des escadrilles Azul permet à l'Espagne de former au mieux les pilotes de combat et d'assimiler des techniques allemandes.

C'est dans le même esprit que la marine espagnole envoie des volontaires auprès de la Kriegsmarine et opère en Baltique à différents postes de novembre 1942 à janvier 1943. Des tractations ont lieu pour construire six sous-marins de Type VII dans le port de Carthagène entre 1944 et 1945, mais la défaite allemande rend ce projet caduc.

Rapatriement de la division Azul et volontaires espagnols de la Legión Azul[modifier | modifier le code]

Les défaites allemandes tant en Afrique du Nord que sur le front russe amènent le gouvernement espagnol à reconsidérer la situation. Il n'est plus question pour Franco de promettre « un million de soldats espagnols » si les Soviétiques marchent sur la capitale du Reich. D'autre part, les Anglo-Saxons exercent des pressions croissantes sur une Espagne qui dépend de ses importations de matières premières. Graduellement, Franco démet les phalangistes des postes gouvernementaux pour montrer son éloignement idéologique des puissances fascistes. Le retrait du général Muñoz Grandes, remplacé par son adjoint Esteban-Infantes, s'explique par ce contexte. Juillet 1943 voit l'effondrement de Mussolini en Italie après le débarquement anglo-américain.

La division Azul quitte ses positions le 6 octobre 1943. Elle est remplacée par deux divisions allemandes (81e et 123e DI). Elle est dissoute le 17 novembre 1943.

Néanmoins, ce même jour est créée la Legión Azul, soit près de 2 000 hommes qui forment un régiment intégré à la 121e division d’infanterie allemande. Les Espagnols, aux ordres du colonel Antonio Garcia Navarro, sont envoyés se battre avec le groupe d’armée Nord allemand.

La Legión Azul y fait face à une nouvelle offensive soviétique pendant l'hiver 1943-1944. Le 19 janvier 1944, la Legión Azul est utilisée en bouchon retardateur de la retraite allemande devant Leningrad, mission périlleuse et coûteuse.

Franco leur donne l'ordre de rapatriement le 14 février. Les restes de la légion sont reformés près de Narwa et renvoyés par train vers l'Espagne le 6 mars. Les premiers volontaires arrivent à Irun le 31 mars 1944.

Certains volontaires espagnols, estimés à 1 200, persistent à aller jusqu'au bout et rejoignent les rangs de la Waffen-SS ou de la Wehrmacht. Ces volontaires servent sur tous les fronts :

Finalement, le 1er novembre 1944, une centaine de ces volontaires espagnols sont officiellement rassemblés dans une compagnie intégrée à la légion Wallonie commandée par Léon Degrelle, chef du rexisme. Degrelle y voit un symbole, car son drapeau est formé par les « bâtons noueux » en croix de Saint-André de la Bourgogne de Charles le Téméraire, repris par Charles Quint pour ses régiments espagnols. L'initiative d'intégrer les Espagnols à la division Wallonie vient d'ailleurs de Léon Degrelle qui est chargé des tractations avec Antoine Alphonse Van Horembeke, Belge qui a reçu la nationalité espagnole pendant la guerre civile. La Direction centrale de la Waffen SS permet à Horembeke et à l'Obersturmführer (lieutenant) Luis Garcia Valdajos de sillonner les fronts pour recruter les volontaires espagnols.

Fin janvier 1945, la légion Wallonie est envoyée en Poméranie pour s'opposer à l'inexorable avance soviétique sur Berlin. Au cours du mois suivant, elle participe avec d'autres unités de la SS européenne, telles que la Nordland, la Langemark, et la Nederland, à la bataille d'Arnswalde dans le secteur de Stargard. Au cours de ce combat dans la neige, les SS espagnols font preuve de leur combativité aussi bien dans la lutte antichar à la panzerfaust que dans les coups de main. Pendant cette bataille, de nouveaux Espagnols rejoignent la légion Wallonie jusqu'à former un contingent de 260 hommes qui permet de créer une quatrième section placée dans la compagnie wallonne de Robert Steiver. Néanmoins, le 4 mars, la légion Wallonie (en fait un millier d'hommes) est la dernière unité à décrocher de Stargard.

Ces combats ont décimé la compagnie espagnole, dont certains membres sont envoyés à Berlin avec le IIIe corps SS au sein de la 11e division SS Nordland. L'Einsatgruppe Ezquerra est anéanti dans la bataille finale pour Berlin. Une trentaine d'autres volontaires espagnols sont intégrés à la 29e division SS Italia formée d'Italiens.

Sur les 37 000 hommes ayant servi dans cette unité, 4 954 sont morts et 8 700 furent blessés. 321 furent prisonniers, ils revinrent en Espagne le 2 avril 1954 à bord du Semíramis qui, parti d'Odessa, rejoignit Barcelone.

Franco a mis l’accent sur le fait que cette division était composée de volontaires, et non de membres de l’armée espagnole. Ainsi l’Espagne n’était pas en guerre contre l’Union soviétique. Pour définir l’attitude de l’Espagne pendant l’intervention de la Division bleue, Franco parlait de « non-belligérance », position intermédiaire entre la neutralité et la participation à la guerre.

Organisation[modifier | modifier le code]

Commandants[modifier | modifier le code]

Date Grade Commandant
20 juillet 1941 - 13 décembre 1942 Generalmajor Agustín Muñoz Grandes
13 décembre 1942 - 20 octobre 1943 Generalleutnant Emilio Esteban-Infantes Martín

Officiers d'opérations (Generalstabsoffiziere (Ia))[modifier | modifier le code]

Date Grade Commandant
Juillet 1941 - août 1941 Oberst i.G. José María Troncoso Sagredo
Août 1941 - mai 1942 Oberstleutnant i.G. Luis Zanón Aldalur
Mai 1942 - janvier 1943 Oberst i.G. Roberto Gómez de Salazar
Janvier 1943 - 10 avril 1943 Major i.G. Manuel García Andino
10 avril 1943 - 14 juin 1943 Oberstleutnant i.G. José Diaz de Villegas
14 juin 1943 - novembre 1943 Oberst i.G. Antonio García Navarro
Novembre 1943 - décembre 1943 Oberstleutnant i.G. José Diaz de Villegas

Combats et batailles[modifier | modifier le code]

  • Bataille du Volkhov
  • Première bataille de Smiesko
  • Première bataille de Sitno
  • Bataille de Muravji
  • Bataille de Nikitkino
  • Bataille de Possad
  • Action sur le lac Ilmen.
  • Seconde bataille de Sitno
  • Bataille de Schevelevo
  • Troisième Bataille du Volkhov
  • Bataille de Maloye Samoshie
  • Bataille de Poselok
  • Bataille de Krasny Bor
  • Bataille de Putrolovo
  • Bataille de Pushkin

Ordres de batailles[modifier | modifier le code]

Enseigne du 2e bataillon du regiment du colonel Pimentel
  • 262e régiment d'infanterie, colonel Pimentel Zallas
  • 263e régiment d'infanterie, colonel Vierna Trápaga
  • 269e régiment d'infanterie, colonel Martínez Esparza
  • 250e régiment d'artillerie, colonel Badillo Pérez
  • 250e bataillon antichars, commandant César Rodríguez Galán
  • 250e compagnie de ski
  • 250e bataillon de reconnaissance
  • 250e bataillon du génie
  • 250e bataillon de réserve mobile Tía Bernarda, commandant Fernando Osés Armesto.
  • Groupes de reconnaissance, ingénieurs de combat, radiodiffusion, personnel de santé, transports, police militaire, vétérinaire, poste militaire et état-major.
Dans l'organigramme allemand
  • Infanterie-Regiment 262 (span)
  • Infanterie-Regiment 263 (span)
  • Infanterie-Regiment 269 (span)
  • Artillerie-Regiment 250 (span)
  • Panzerjäger-Abteilung 250 (span)
  • Aufklärungs-Abteilung 250 (span)
  • Pionier-Bataillon 250 (span)
  • Infanterie-Divisions-Nachschubführer 250 (span)
  • Divisionseinheiten 250

Personnalités ayant servi au sein de la division[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Diaz De Villegas, La Division Azul En Linea, Acervo, 2003 (ISBN 978-8470024764).
  • (es) Xavier Moreno Julia, La Division Azul, Critica, 2005 (ISBN 978-8484325741).
  • (es) Fernando Ramos, División azul, éd. Publicaciones Españolas, 1953.
  • (es) Fernando Vadillo, División azul, éd. Este Oeste, 1991.
  • Thomas Palacios Cuesta, Division Azul, 12 ans en enfer, Déterna, 2009 (ISBN 978-2913044173).
  • Saint-Loup, La Division Azul, Presses de la Cité, 1978.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En passant par Irun, Sarrebruck, Karlsruhe et Nuremberg.
  2. Memoriablau.
  3. En passant par Bayreuth, Münchberg, Zwickau, Chemnitz, Waldheim, la région de Berlin, Stettin et la région de Suwalki et Reuss.
  4. Elle passe par Vilna, Grodno, Molodeschno, Minsk, Orcha qui sont toute totalement ou partiellement en ruines, dévastée par l'avance allemande.
  5. 250.Infanterie-Division by Jason Pipes sur le site Feldgrau
  6. Vue aérienne de la zone
  7. Lubkovo écrit également Tchoudovo et Chudovo.
  8. Certains ouvrages citent le chiffre de 34 000.
  • François de Lannoy, La Division Azul dans l'enfer de Leningrad, 39-45 Magazine no 126, 1996.
  • La Division Azul – Le bleu de la phalange Espagnole dans la neige russe, Axe vs Alliés magazine, no 09.