Andreï Vlassov

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Andreï Vlassov
Image illustrative de l'article Andreï Vlassov

Naissance 14 septembre 1900
Lomakino
Décès 2 août 1946 (à 45 ans)
Moscou
Origine Soviétique, Russe
Allégeance Drapeau de l’URSS URSS (1918-1942)
Drapeau de l'Allemagne Allemagne nazie (1942-1945)
Arme Red Army flag.svg Armée rouge (1918-1942)
ROA chevron.svg Armée Vlassov (1942-1945)
Grade Lieutenant général
Années de service 19181945
Conflits Guerre civile russe
Seconde Guerre mondiale
Commandement Armée Vlassov
Faits d'armes Siège de Léningrad
Opération Luban
Distinctions Ordre du Drapeau rouge
Ordre du Dragon d'or

Andreï Andreïevitch Vlassov (en russe : Андрей Андреевич Власов ; 14 septembre 1900 - 2 août 1946) est un général soviétique qui se rallia à Hitler et combattit dans les rangs de la Wehrmacht lors de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Général et héros de l’Armée rouge[modifier | modifier le code]

Fils de paysan, treizième enfant de sa famille, Andreï Vlassov est né en 1900 dans le village de Lomakno, dans la région de Nijni Novgorod, en Russie. Fils d’un tailleur de village, il entra comme élève gratuit au séminaire de Nijni Novgorod. À l’âge de dix-huit ans, en pleine guerre civile russe, il s’engagea comme simple soldat dans un régiment de la 2e division du Don de l’Armée rouge et y obtint le grade de capitaine lors des campagnes d’Ukraine et de Crimée contre les armées blanches de Dénikine.

À l’issue du conflit il fut nommé major (ou commandant) et professeur de tactique à l’Académie militaire de Moscou, avant de recevoir, avec le grade de colonel, le commandement du 2e régiment de fusiliers de la division turkmène. Devenu membre du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) en 1930, il épousa en 1933 une jeune femme d’un village voisin de son lieu de naissance et qui venait d’obtenir son doctorat de médecine. Lorsqu’éclatèrent les purges staliniennes de 1934-1935 contre le maréchal Toukhatchevski et les principaux chefs de l’Armée rouge, il servait comme chef d’État-major à la 72e division de fusiliers. C’est à cette époque que son épouse, ancienne fille de koulak, le quitta afin de ne pas le compromettre aux yeux des autorités soviétiques. La carrière fulgurante de Vlassov à la fin des années 1930 s’explique par son soutien indéfectible au stalinisme. Il bénéficia de l’épuration systématique des vétérans de la guerre civile.

En 1938, il est envoyé en Chine en tant que chef d’état-major du général Tcherepanov (en), puis comme instructeur à l’Académie militaire de Chongqing, sous le pseudonyme de Volkhov. C’est là que, selon ses dires futurs, il devait prendre conscience du double jeu de Staline : d’un côté, celui-ci soutenait le Kuomintang contre les Japonais et de l’autre il n'en maintenait pas moins des rapports étroits avec les adversaires internes des nationalistes, à savoir les communistes de Mao Zedong. À son retour, il se voit confier le commandement du 4e corps motorisé. Ayant reçu des décorations des nationalistes chinois, celles-ci lui furent « confisquées » lors de son retour en Union soviétique.

En 1939, il reçut le commandement de la 99e division de fusiliers, l’une des plus mauvaises unités de l’Armée rouge. En quelques mois, Vlassov en fit une division modèle, « une troupe d’élite exemplaire », selon un article du quotidien Étoile rouge.

En 1941, Vlassov défend Kiev avec ses unités et participe à la défense de Moscou. Il est décoré de l’ordre de Lénine et de l’ordre du Drapeau rouge.

Chef de l'Armée de libération nationale russe[modifier | modifier le code]

En 1942, il est envoyé, en tant que commandant de la 2e armée de choc, pour briser le siège de Leningrad mais son opération échoue. Encerclé lors de l'opération Luban, il est capturé en juillet par les troupes allemandes[1].

« Staline, quant à lui, abandonna ignominieusement dans les marécages et les forêts, à quelque cent soixante kilomètres de Demiansk, la 2e Armée de choc du Général Vlassov. Après sa reddition, Vlassov fou de rage, fit cause commune avec les Allemands et accepta de former une armée russe antistalinienne. »

Antistalinien, il passe alors de Staline à Hitler et fait connaître à la Wehrmacht son désir de faire défection. Staline avait décidé que tout soldat soviétique prisonnier serait considéré comme déserteur, et donc passible de la cour martiale et de la peine capitale. Vlassov fait prisonnier était donc déjà considéré comme un « traître ». Selon une autre version des faits, Vlassov aurait été convaincu par les Allemands de rejoindre leur camp. Il fonde le Comité russe de libération et l'Armée russe de libération (Russkaya Osvoboditel'naya Armiya), dont il devient commandant en chef, avec la tâche d'aider les troupes allemandes à combattre l'Armée rouge. Hitler n'accorda qu'une confiance limitée à Vlassov et à ses troupes et ne l'autorisa à commander deux divisions armées que dans la phase finale du conflit. Il sera généralement écarté des affrontements directs avec l'Armée rouge. Certains comme le diplomate Gustav Hilger ont poussé pour qu'Hitler donne plus de latitude à Vlassov pour amener à lui plus de Russes désertant l'Armée rouge, mais ils n'ont pas réussi à se faire entendre. Le racisme antislave du Führer ainsi que les purifications qui en ont découlé n'ont pas facilité les ralliements aux troupes russes engagées aux côtés des Allemands.

Boris Souvarine voyait en Vlassov un homme qui luttait « non pas contre sa patrie, mais contre le régime de Staline, honni des populations soumises à une sorte d'esclavage »[2].

Livré aux Soviétiques[modifier | modifier le code]

Dans les derniers jours de la guerre, les troupes de Vlassov, espérant gagner la faveur des Alliés, se retournèrent contre l'armée allemande en aidant le soulèvement de Prague. Mais les Alliés américano-britanniques refusèrent d'accorder l'asile à Vlassov. Le général et ses aides de camp furent ou capturés ou livrés par les Américains dans des circonstances mal définies ; les membres de l'Armée russe de libération furent tous livrés avec femmes et enfants et déportés en Sibérie. Vlassov et ses généraux (sur un total de 11 officiers de son armée) furent internés à la Loubianka à Moscou, torturés, puis jugés à huis-clos et condamnés pour haute trahison à la pendaison, le 1er août 1946.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur les circonstances, voir A. Beevor (1998) p. 73
  2. Boris Souvarine, Staline. Aperçu historique du bolchevisme, Éditions Champ libre, p. 569

Documentaires[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Antony Beevor (trad. Jean Bourdier), Stalingrad, Editions de Fallois,‎ 1998, 605 p.
  • Wilfried Strick-Strickfeld, Contre Staline et Hitler: Le général Vlassov et le mouvement de libération russe, Presse de la Cité, 1971
  • Jürgen Thorwald, L'Illusion. Les soldats de l'Armée rouge dans les troupes d'Hitler, Albin Michel, 1975
  • Dominique Venner, « L'espoir assassiné du général Vlassov », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 60, mai-juin 2012, p. 49-52

Liens[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]