Saint-Loup (écrivain)

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Saint-Loup

Nom de naissance Marc Augier
Activités écrivain, journaliste, militant politique, officier politique de la Waffen-SS, explorateur, alpiniste
Naissance
Bordeaux
Décès (à 82 ans)
Paris
Langue d'écriture français
Genres roman d'aventures, récit historique, biographie

Saint-Loup, de son vrai nom Marc Augier, est un écrivain français, né le 19 mars 1908 à Bordeaux et mort le 16 décembre 1990 à Paris.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils d'une famille bourgeoise, il suit sa scolarité au lycée Victor Hugo où il passe son bac en 1926[1]. Il fait ensuite des études de droit à l'université de Bordeaux[1]. Il obtient une bourse pour apprendre à piloter. Il effectuera ainsi une vingtaine de vols avant un atterrissage en catastrophe à la suite d'une panne de carburant[1]. Il va se passionner également pour la moto, créant en 1928 le moto-club de Bordeaux[1]. Il abandonne alors ses études pour se consacrer à sa passion : Dunkerque-Perpignan en moins de 24 heures, rallye de Monte-Carlo, raid Paris-Athènes, traversée de l'Atlas marocain, etc[1]. Il découvre en parallèle l'alpinisme.

Années 1930[modifier | modifier le code]

Grand sportif, skieur et alpiniste, il s'illustre dans les années 1930 par des expéditions en montagne et en Laponie. Il est l'un des responsables des Auberges de la jeunesse en France. Il entre en 1936 dans le cabinet de Léo Lagrange, sous-secrétaire d'État aux Sports dans le gouvernement du Front populaire[2]. Charmé par l'Allemagne lors d'un voyage effectué en 1929, ce sympathisant socialiste, journaliste à La Dépêche du Midi et à Sciences et voyages, passe au national-socialisme après la lecture du livre La Gerbe des forces, d'Alphonse de Châteaubriant[3], juste avant la guerre. Le national-socialisme apparaît à Augier comme le retour des peuples européens au paganisme des temps anciens, face à la décadence du judéo-christianisme.

Collaboration[modifier | modifier le code]

Durant l'Occupation, Marc Augier dirige le mouvement Jeunes pour l'Europe nouvelle, l'organe de jeunesse du Groupe Collaboration, et devient rédacteur en chef de l'hebdomadaire collaborateur La Gerbe, dont le directeur de publication est Alphonse de Châteaubriant. Intégrant le Bureau politique du Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, il suit ensuite la LVF, en juillet 1942. Il est blessé et rapatrié et édite en juin 1943 Le Combattant européen, journal de la LVF[4]. Il retourne en Allemagne en 1944 auprès de la Waffen-SS française sur le front de l'est, en tant que correspondant de presse attitré. À la fin de la guerre, il transite par le centre de formation de l'Allgemeine-SS allemande à Hildesheim ; il est également responsable de la publication Devenir, organe officiel de la Waffen SS française. Il est en avril 1945 en Italie.

Il est condamné à mort par contumace le 15 novembre 1948[5].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Clandestin après 1945, il publie un roman, Face Nord sous le pseudonyme de M-A de Saint-Loup, afin de payer son voyage pour l'Argentine, et qui a un succès d'édition en France. Il aurait été professeur de ski d'Eva Peron et instructeur dans l'armée argentine[6]. Revenu en France en 1953, gracié, il publie un roman, La Nuit commence au Cap Horn, qui manque de lui valoir le prix Goncourt avant que l'identité de l'auteur ne soit révélée par Le Figaro Littéraire ; parmi les jurés, seule Colette ne rétractera pas son vote à la suite de la polémique[6].

Saint-Loup poursuit ensuite une carrière d'écrivain et de journaliste, publiant plusieurs livres consacrés à la LVF (Les Volontaires) et à la Waffen SS française (Les Hérétiques, Les Nostalgiques) ou belge (Les SS de la Toison d'or). Son œuvre est marquée par la recherche de l'aventure et du dépassement de soi ainsi que par l'hostilité à la philosophie chrétienne. Il se fait aussi le chantre des « patries charnelles » en publiant divers romans consacrés aux mouvements régionalistes et à la survie de l'homme en milieu sauvage. Il est pour Stéphane François l’un des principaux vecteurs du néopaganisme racial inspiré par le souvenir de la SS dans les années 1960[7].

Grand amateur de moto, il s'intéresse également aux véhicules motorisés en publiant notamment des biographies des constructeurs automobiles Louis Renault et Marius Berliet. Son dernier roman, La République du Mont-Blanc, synthétise ses thèmes de prédilection en dépeignant la survie, en pleine montagne, d'une communauté de Savoyards fuyant le « métissage » et la « décadence ».

Saint-Loup est souvent cité en référence par certaines auteurs et militants païens, comme Pierre Vial ou Jean Mabire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ski en Laponie finlandaise[modifier | modifier le code]

  • Solstice en Laponie, Marc Augier, Aux éditions du Contadour, 1940
  • Les skieurs de la nuit, Marc Augier, Éditions Stock, 1944 (Refonte de Solstice en Laponie)

Sur la guerre[modifier | modifier le code]

  • J'ai vu l'Allemagne, Marc Augier, Éd. Sorlot, 1941
  • Les copains de la belle étoile, Marc Augier, Éd. Denoël 1941
  • Sergent Karacho, Éd. le Flambeau,1994 (annoncé en 1945)
  • Les partisans, Éd. Denoël
  • Les volontaires, Presses de la Cité, 1963
  • Les hérétiques, Presses de la Cité, 1965
  • Les nostalgiques, Presses de la Cité, 1967
  • Les SS de la Toison d'Or
  • La Division Azul, Presses de la Cité, 1978
  • Götterdämmerung - Rencontre avec la bête, Art et histoire d'Europe 1944-1945
  • Hitler ou Juda, Cercle du Chêne, 2007 (Paru en 1977 en espagnol)
  • Les voiliers fantômes d'Hitler, Presse de la Cité, 1973

Aviation[modifier | modifier le code]

  • Le ciel n'a pas voulu, Presses de la Cité, 1979

La montagne[modifier | modifier le code]

  • Face Nord, Éd. Arthaud
  • Montagne sans dieu, Éd. Amiot-Dumont
  • La montagne n'a pas voulu, Éd. Arthaud
  • Monts pacifiques, de l'Aconcagua au Cap Horn
  • La peau de l'aurochs, Éd. Plon (Grand prix biennal de littérature)
  • Pays d'Aoste, Éd. Arthaud

L'industrie[modifier | modifier le code]

  • Renault de Billancourt, Amiot-Dumond, 1955
  • Marius Berliet, l'inflexible, Presses de la Cité, 1962 (Prix de l'Aventure industrielle et scientifique 1963)
  • Dix millions de Coccinelles, Presses de la Cité,1968

Les « patries charnelles »[modifier | modifier le code]

  • La République du Mont-Blanc, Éd. de la table ronde, 1982
  • Plus de pardons pour les Bretons, Presses de la Cité, 1971
  • Nouveaux cathares pour Montségur, Éd. Avalon, 1986
  • Le roi blanc des Patagons
  • La nuit commence au Cap Horn, Presses de la Cité, 1965
  • Le sang d'Israël, Presses de la Cité, 1970

Sources[modifier | modifier le code]

  • Francis Bergeron, Saint-Loup, collection "Qui suis-je?", Pardès, 2010.
  • Philippe Carrand, Nous avons combattu pour Hitler, Armand Collin, 2011
  • Jérôme Moreau, Sous le signe de la roue solaire, itinéraire politique de Saint-Loup, L'Æncre, 2002.
  • Pascal Ory, Les Collaborateurs, Seuil, 1980.
  • Philippe Randa, Dictionnaire commenté de la collaboration française, P., Jean Picollec, 1997.
  • Saint-Loup, J'ai vu l'Allemagne, Le Flambeau, 1986.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e "Saint-Loup [quand les chemins de traverse conduisent au front de l'Est] par Patrick Rouveirol, dans Histoires(s) de la dernière guerre n°16, janvier-février 2012, P. 72 à 75
  2. Carrand, op. cité, p. 292
  3. Saint-Loup, J'ai vu l'Allemagne, Le Flambeau, 1986
  4. Carrand, op. cité, p. 293
  5. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France: répertoire critique, Presses universitaires de Lyon,‎ 1992, 526 p. (ISBN 9782729704162), p. 67
  6. a et b Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, Pygmalion,‎ 2000, 766 p. (ISBN 9782857046424), p. 536
  7. Stéphane François, Le nazisme revisité : l'occultisme contre l'histoire, Berg International,‎ 2008, 123 p. (ISBN 9782917191088), p. 74