Comté de Sponheim

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Comté de Sponheim

ca. 1050 – 1804

Blason
Échiquetté d'argent et de gueules.
Informations générales
Statut Comté
Capitale Sponheim, Traben-Trarbach, Kreuznach
Langue allemand

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Comté de Sponheim ou Spaynheim, Spœnhein, Spanhem, Spanheim, &c. est une ancienne entité territoriale (entre 1050 et 1804) située entre le Rhin, la Moselle, le Hunsrück, (qui commence à l'orient de la Moselle, & se prolonge entre Trarbach & Zelle, ) & les anciens districts de Nahegau, de Trachgau & de Bedgau. Ses bornes étoient autrefois beaucoup plus reculées qu'elles ne le sont aujourd'hui, puisque ses anciens comtes étendoient leur domination depuis la Moselle par la Westrie & le Nahegau, jusques dans le Speiergau, le Wormsgau, & même dans la basse-Alsace.

Ce comté est depuis un tems immémorial divisé en partie antérieure & ultérieure : la première proprement nommée de Sponheim, & placée dans l'Austrasie ou France orientale ; l'autre appelée de Starkenbourg, se trouve dans la Westrie ou France occidentale, & toutes deux sont séparées par la forêt appelle Saau-Wald, qui leur sert de lisière. Mais on ignore pourquoi on met aujourd'hui dans l'ultérieure le bailliage de Winterbourg, qui est placé vers Kreuznach, & qui doit appartenir originairement au comté antérieur; & comment celui-ci possède le bailliage de Kirchberg, qui appartient proprement au comté ultérieur.

Précis de l'histoire politique[modifier | modifier le code]

Le premier comte de Sponheim, dont il reste des monuments sûrs, est Everard, qualifié de comte de Naumbourg, du château de Nevenbourg ou Naumbourg, & qui vivoit encore en 1065. Il fonda en 1044 une église sur la montagne de Feldberg près Kreuznach, & laissa vraisemblablement pour fils Etienne de Sponheim ; celui-ci convertit l'église de Sponheim en un couvent, achevé par Meginard ou Menard son successeur ; il en céda la vidamie & le droit de protection à l'aîné de ses fils, & après son décès à l'aîné de ses descendans, qui seroit en même tems seigneur de Creutzenach. Godefroi son fils et successeur au comté, donna le château de Koppenstein et ses dépendances en appanage à son frère Crafton, qui les transmit au couvent de Sponheim, dont il fut fait abbé ; on présume qu'il eut pour fils Everhard, chef des comtes Gerlac & Simon, ce dernier père de Jean I, comte de Sponheim & de Starkenbourg. Jean I est l'auteur de tous les comtes suivants ; il possédoit Sponheim ultérieur & antérieur ; il résidoit au château de Starkenbourg sur la Moselle ; & il avoit épousé Adelaide, sœur du comte Henri de Sayn, qui nomma ses neveux, fils dudit Jean, héritiers de se terres. Dans le partage faitentr'eux, l'aîné Jean obtint le comté de Sayn avec quelques autres terres de cette succession, & le tiers environ du comté de Sponheim, c'est-à-dire, les châteaux de Starkenbourg & d'Ellenbach ou Allenbach, avec Wendiche, Winningen, Truize et la coseigneurie des châteaux de Sponheim & de Dill : il laissa ces domaines à ses deux fils Godefroi & Henri ; il donna le comté de Sayn au premier, qui fut la souche des comtés de Sayn-Witgenstein, & le reste au second, qui continua la branche de Starkenbourg - Sponheim : Henri le puîné reçut la seigneurie de Heinsberg, & Simon II le cadet réunit les seigneuries de Creutzenach & de Bœckelheim, la seigneurie des châteaux de Sponheim & de Dill avec la vidamie des couvents de Sponheim & de Schwabenheim, et la portion de son frère Henri de Heinsberg aux États de Sponheim, favoir Kastelnau, Neve & Kirchberg, qui en font les deux tiers : ses trois fils, Jean, Henri, & Everard, formèrent autant de branches particulières dans la maison de Creutzenach.

Simon IV, arrière-petit-fils du comte Simon II, laissa pour héritière une fille nommée Elisabeth, qui épousa Rupert Pipan, comte Palatin, & après la mort de son mari elle fit donation d'un cinquième du comté antérieur de Sponheim à Rupert, son beau-père, roi de Bohême, électeur Palatin, & à ses héritiers ; elle confirma cette disposition à Louis, son beau-frère, successeur au palatinat, en 1416 ; elle attesta par-là son droit de succession aux terres de son père quoiqu'aux investitures précédentes on n'eut point réservé l'inféodation simultanée. Après la mort de cette princesse les 4/5 restans de ce domaine échurent au comte Jean IV de la ligne de Starkenbourg, son cousin-germain maternel & son plus proche héritier, qui dès-lors se vit maître de tous les États de Sponheim, à l'exception du cinquième tenu par le prince Palatin. N'ayant point d'enfans, il signa en 1425 à Bainheim avec Bernard, marggrave de Bade, & le comte Frédéric de Veldenz, tous deux fils de la sœur de son père, un règlement de succession, où l'on stipula, que si l'un ou l'autre venoit à mourir avant lui, ce comté passeroit du côté du marggrave à ses fils ; & du côté du comte de Veldenz à ses petits-fils issus de sa fille Anne, épouse du comte Palatin Étienne, & aux descendans máles de Anne, sous la clause expresse que ce seroient toujours exclusivement les aînés des deux tiges qui en hériteroient, qu'ils le possederoient en communauté perpétuelle jusqu'à l'extinction de l'une des deux ; que dans ce dernier cas le tout passeroit sans réserve à l'autre : & en effet à la mort du testateur, arrivée en 1437, Jacques, fils du marggrave Bernard, & le comte Frédéric, établirent entr'eux une communauté perpétuelle pour le comté ultérieur, & une autre avec l'électeur Palatin pour l'antérieur ; mais Anne, fille & héritière de ce Frédéric de Veldenz, porta en dot à son époux Etienne, duc de Simmern, 2/3 du comté antérieur & la moitié de l'ultérieur, qui dès-lors restèrent à cette branche à laquelle échut encore en 1559 le cinquième du comté antérieur, possédé par la maison électorate, quand, à la mort d'Otton Henri, l'électorat passa à Frédéric III, duc de Simmern. La nouvelle maison électorale qui possédoit ainsi 3/5 du comté antérieur, céda la moitié qu'elle avoit de l'ultérieur aux ducs Wolfsgang de Deux - Ponts & George Jean de Weldenz, par la convention de Heidelberg, datée de 1553, mais le premier réunit le tout en vertu d'un second traité de 1566, & l'ayant incorporé à sa principauté, il en prit le titre & les armes. L'électeur Frédéric IV laissa à sa mort l'électorat à son fils aîné Frédéric V ; il donna à son autre fils Louis Philippe, les principautés de Simmern & de Lautern avec les trois cinquièmes du comté antérieur de Sponheim ; mais Charles Louis, fils & successeur de Frédéric V, ayant réclamé contre ce partage, obtint, d'après un accommodement conclu à Ratisbonne en 1653 un cinquième de tous les revenus ecclésiastiques & séculiers de la ville de Creutzenach avec le bailliage de son nom, & quelques années après la coseigneurie du comté de Sponheim a raison du cinquième, dont on l'avoit reconnu propriétaire ; le traité de Creutzenach confirma ces dispositions. Le comté antérieur eut ainsi trois seigneurs ; il les garda jusqu'en 1673, que Louis Henri, dernier duc de Simmern mourut : à cette époque les trois cinquièmes du comté antérieur réservés aux comtes Palatins, échurent exclusivement à la maison électorale, qui les possède encore aujourd'hui. Quant à la moitié du comté ultérieur, qui, comme nous l'avons dit, passa en 1566 à Wolfsgang duc de Deux-Ponts, il la transmit à Charles son fils cadet, appelé duc de Birkenfeld, du lieu de sa résidence, d'où elle tomba successivement à Charles Otton, fils de son amé George Guillaume, mort sans postérité mâle en 1671, & à Chrétien II, fils de Chrétien I son troisième fils, qui possédoit aussi Bischwiller, & qui acquit le comté de Ribeaupierre par fon épouse Agathe Catherine. Chrétien III son fils, duc de Birkenfeld, réunit ces domaines à la principanté de Deux-Ponts & au comté de la Petitepierre en Alsace, qu'il obtint en 1733 de la succession de Weldenz, avec les voix & séances aux diètes de l'Empire & des cercles, dont cette maison jouissoit alternativement avec l'électeur Palatin.

Détails sur le comté antérieur de Sponheim[modifier | modifier le code]

Son sol produit du colza, du lin, des vins, du froment et d'autres grains. On y trouve aussi quelques pâturages, auxquels on supplée par des prairies artificielles. Le commerce qui s'y fait consiste en huile, vin et diverses productions du pays, dont la proximité du Rhin facilite l'exportation. La plupart de ses habitants professent la religion réformée, quoique les catholiques romains ayent le droit d'exercer leur culte dans presque toutes les églises. Il appartient pour trois cinquièmes à la maison palatine, pour le reste à celle de Bade ; toutes deux le gouvernoient ci devant en commun ; mais elles partagèrent son administration en 1707, à la réserve des affaires féodales, dont le plus ancien des princes régnants est toujours chargé. L'électeur palatin n'a jamais payé de taxe spéciale pour le cinquième qu'il a hérité de la comtesse Elisabeth ; mais il fournit pour les deux cinquième réunis par la branche de Simmern, trois hommes de cheval, & dix fantassins ou soixante-seize florins par mois, outre 108 écus vingt & demi kr par terme pour l'entretien de la chambre impériale. La maison de Bade en qualité de souveraine, des deux tiers du comté antérieur, & de la moitié de l'ultérieur, qui lui donnent la voix de Sponheim, aux assemblées du cercle du haut Rhin est taxée à quatre-vingt-dix florins par mois romain. La portion de l'électeur palatin, au comté antérieur, offre :

1°. Le grand bailliage de Creutzenach.

2°. Le sous-bailliage de Bœckelheim, appartenant depuis très-long-temps aux comtes de Sponheim.

II. La portion des marggraves de Bade au comté antérieur, offre plusieurs bailliages, sçavoir :

I. Le grand bailliage de Kirchberg dans le Nahegau.

3°. Le ci-devant bailliage de Koppenstein.

4°. Le bailliage de Naumbourg.

Détails sur le comté ultérieur de Sponheim[modifier | modifier le code]

Le sol du comte ultérieur de Sponheim est assez généralement montueux, il fournit à tous les besoins & aux commodités même de la vie. Ses coteaux le long de la Moselle & de la Nahe sont couverts de beaux vignobles ; le reste produit des bleds & sur-tout des chênes, que les Hollandois achettent pour la construction des vaisseaux.

La plupart des sujets sont serfs, excepté dans quelques endroits où ils ont été affranchis. Le luthéranisme s'y introduisit en 1546, & il dominoit en 1557 dans tout ce comté, excepté dans le Croever - Reich, où l'électeur de Treves en avoit empêché l'établissement. On tenta d'y rétablit le catholicisme ; mais les armes victorieuses de la Suède, l'en avoient exclu de nouveau, avant la paix de Westphalie. La France le réintroduisit en quelques endroits, où il a été protégé depuis par la maison de Bade-Bade. Les affaires de la communion luthérienne, sont dirigées par un consistoire qui siège à Trarbach, où il y a aussi un inspecteur général des églises. En vertu d'une disposition du comte Jean de l'année 1425, du traité ganerbinal de 1437, & d'autres pactes entre la maison palatine de Deux Ponts & celle de Bade, une régence commune établie à Trarbach dès 1671 gouverne ce comté ultérieur : c'est à cette régence que se porrent les appels des bailliages & mairies en matières civiles. Quant aux affaires criminelles elles s'instruisent aussi par les baillifs sous les auspices de cette régence ; mais la décision est renvoyée aux deux seigneurs, qui conviennent par lettres, de la sentence, en renvoyant l'affaire à l'arbritage d'un collège de jurisconsultes. Ce domaine a un nombre considérable de vassaux, comtes ou barons & nobles, qui prennent leurs fiefs du plus ancien coseigneur régnant, au lieu que les fiefs passifs, selon le règlement du dernier comte de Sponheim, sont reçus par le coseigneur palatin seul, quoiqu'à frais communs. La taxe matriculaire de ce comté ultérieur, est pour la maison palatine des Deux Ponts, de deux & demi-cavaliers & huit fantassins, ou de foixante-deux florins ; & pour celle de Bade, telle que nous l'avons dit en parlant du comté antérieur.

Il est divisé en sept bailliages, outre le canton appelé Crœfer-Reich.

Le Crœfer-Reich, ou Crœver-Reich, est un petit canton séparé au-delà de la Moselle, & composé des villages de Crœve, Reihel, Kinheim, Erden, Bengel, Kinderbeuren & Keffenich, qui au treizième siècle faisoient partie des domaines de l'Empire, sous l'inspection d'un préfet, dont la charge étoit devenue héréditaire dans la famille noble de Dhaun en Eyffel. Mais les comtes de Sponheim l'acquirent en 1274 du roi Rodolphe I, tant en son nom qu'en celui de ses successeurs, à titre d'engagement, puis comme fief hypothécaire, dont les deux coseigneurs reçoivent encore aujourd'hui l'investiture avec celle du reste du pays. La prefecture impériale devoit naturellement tomber d'après cette disposition ; mais les seigneurs de Dhaun en rendirent le droit aux archevêques de Trèves, qui n'y avoient d'abord que quelques serfs, appelés encore aujourd'hui Péterlinge ou Manans de St. Pierre. Ces prélats ne tardèrent pas à étendre leur pouvoir, au point d'empêcher déjà en 1561 l'établissement du protestantisme, que les maisons palatine & de Bade vouloient y introduire, & de le mêler si bien des affaires, qu'ils tirent près du tiers de tous les revenus. Il en est résulté un procès qui est pendant depuis 1594 à la chambre impériale.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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