Arc de triomphe du Carrousel
Eau-forte d'Auguste Boulard (fils) d'après François Flameng (1901).
L’arc de triomphe du Carrousel est un monument datant de 1809 construit sous Napoléon Bonaparte. Il comporte des entrées sur chacune des quatre faces (tétrapyle). Il est situé dans le 1er arrondissement de Paris, sur la place du Carrousel, juste à l'ouest du Musée du Louvre.
Cet arc de triomphe fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 septembre 1888[1].
Ce site est desservi par la station de métro Palais Royal - Musée du Louvre.
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Historique [modifier]
Édifié en hommage à la Grande Armée de Napoléon Bonaparte entre 1807 et 1809, le monument est situé devant le palais, sur l'esplanade précédant l'aile des Tuileries (avant qu'elle ne brûle en 1871). Célébrant la victoire de l'armée française à Austerlitz, l'arc de triomphe, dessiné par Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine, illustre la campagne de 1805 et la capitulation d'Ulm le 20 octobre 1805.
Description de l'arc [modifier]
Il fait explicitement référence aux arcs de triomphe de l'empire romain et notamment à celui de Septime Sévère à Rome. Les sujets des bas-reliefs illustrant les batailles ont été choisis par le directeur du musée Napoléon (situé à l'époque au palais du Louvre), Vivant Denon, et dessiné par Charles Meynier.
Le quadrige surmontant l'arc est une copie des Chevaux de Bronze de Constantin Ier, attelage ornant le dessus de la porte principale de la basilique Saint-Marc de Venise. En effet, à l'issue de la première campagne d'Italie, l'armée française menée par le général de l'armée d'Italie Napoléon Bonaparte rapporta de Venise en 1798, l'original de la sculpture comme « trésor de guerre » et la plaça sur le monument. Il fut entouré de deux victoires à partir de 1808. En 1815, suite à la bataille de Waterloo et à la chute de l'empereur (Restauration), La France rend le quadrige aux Autrichiens qui la restituent aussitôt à la cité des doges qui venait d'être annexée à l'Empire d'Autriche par le Congrès de Vienne. La copie est alors effectuée par le sculpteur François Joseph Bosio en 1828.
Le monument comporte 3 arcades dans sa largeur, comme l’arc de Septime-Sévère, plus une qui est transversale. Sa hauteur est de 14,60 mètres (45 pieds) et sa base est un rectangle de 19,60 mètres (60 pieds) sur 6,65 mètres (20 pieds et demi). Il est couronné d’une frise imposante en marbre (griotte d'Italie), sculptée et gravée[2].
On peut lire sur les frontispices :
Façade Est :
L'armée française embarquée à Boulogne menaçait l'Angleterre
Une troisième coalition éclate sur le continent
Les Français volent de l'océan au Danube
La Bavière est délivrée, l'armée autrichienne prisonnière à Ulm
Napoléon entre dans Vienne, il triomphe à Austerlitz
En moins de cent jours, la coalition est dissoute
Façade Sud :
Honneur à la grande armée
Victorieuse à Austerlitz
En Moravie
Le 2 décembre 1805 jour anniversaire
Du couronnement de Napoléon
Façade Ouest :
À la voix du vainqueur d’Austerlitz
L’empire d’Allemagne tombe
La confédération du Rhin commence
Les royaumes de Bavière et de Wurtemberg sont créés
Venise est réunie à la couronne de fer
L’Italie entière se range sous les lois de son libérateur
Façade Nord :
Maître des États de son ennemi
Napoléon les lui rend
Il signe la paix le 27 décembre 1805
Dans la capitale de la Hongrie
Occupée par son armée victorieuse
Sur chacune des deux grandes façades, quatre colonnes adossées, de style composite, au fût de marbre rose et lisse, se terminent par un chapiteau de marbre rouge foncé à corbeille corinthienne, surmontant un large tailloir à la romaine qui soutient une statue représentant en pied un soldat de l’armée impériale en grand uniforme.
- Face est (côté Carrousel), de gauche à droite : un cuirassier, par Taunay ; un dragon, par Corbet ; un chasseur à cheval, par Foucou ; un carabinier[3], par Chinard.
- Entre les deux colonnes de gauche, un bas-relief de Cartellier : « La capitulation d’Ulm » ; entre celles de droite : un bas-relief d’Espercieux : « La bataille d’Austerlitz ».
- Face ouest (côté Tuileries), de gauche à droite : un grenadier, par Dardel[4] ; un carabinier de ligne, par Antoine Mouton dit Moutoni ; un canonnier, par Bridan ; un sapeur, par Dumont
- Entre les deux colonnes de gauche, un bas-relief de Clodion : « L’entrée de l’armée française à Munich » ; entre celles de droite : un bas-relief de Ramey : « L’entrevue de Tilsit ».
- Sur la face nord, un bas-relief de Deseine : « L’entrée à Vienne ».
- Sur la face sud, un bas-relief de Lesueur : « La paix de Presbourg ».
Anecdotes [modifier]
Il est équipé d'un cadran solaire.
Durant la Nuit Blanche de 2007, l'artiste-peintre Arnaud Prinstet a projeté son autoportrait sur le monument.
Notes et références [modifier]
- Notice no PA00085992, base Mérimée, ministère français de la Culture
- la description est tirée de l’ouvrage d’Adolphe Laurent Joanne : « Paris illustré : nouveau guide de l’étranger et du Parisien » ; L. Hachette ; 1863 ; p. 88-89.
- c'est la dénomination usuelle dans les ouvrages du XIXe siècle ; mais plus précisément : carabinier à cheval, dont l'uniforme, à l'origine, (celui de l'époque de Chinard), était similaire à celui du grenadier, qu'on a pensé aussi reconnaître.
- Robert-Guillaume Dardel : Paris (1749) - Paris (1821)