Bataille de Malakoff

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Bataille de Malakoff
La prise de Malakoff par Horace Vernet.
La prise de Malakoff par Horace Vernet.
Informations générales
Date 7 septembre 1855
Lieu Sébastopol
Issue Victoire Française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Commandants
Patrice de Mac-Mahon
Aimable Pélissier
Vladimir Kornilov
Pavel Nakhimov
Vladimir Istomin
Pertes
France :
1 634 morts
4 513 blessés
1 410 disparus[1]

Royaume-Uni :
2 247 morts, blessés ou disparus[1]
13 000 morts, blessés ou disparus
Guerre de Crimée
Batailles
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Coordonnées 44° 36′ 14″ N 33° 32′ 57″ E / 44.603888898889, 33.54916667666744° 36′ 14″ Nord 33° 32′ 57″ Est / 44.603888898889, 33.549166676667  

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 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Malakoff.

La bataille de Malakoff opposa pendant la guerre de Crimée les armées françaises et russes le 7 septembre 1855 et fait partie des batailles ayant eu lieu dans le cadre du siège de Sébastopol. Elle se termina par une victoire française (la France est alors alliée au Royaume-Uni) sous les ordres du général de Mac Mahon et par la mort de tous les amiraux russes : Pavel Nakhimov, Vladimir Istomin et Vladimir Kornilov. Le zouave français Eugène Libaut parvint à hisser le drapeau français en haut de la forteresse russe.

Cette victoire alliée allait assurer la chute de Sébastopol, quelques jours plus tard, après ce qui fut un des sièges les plus mémorables du XIXe, et permettre la victoire alliée (Royaume-Uni, France, l'Empire ottoman, et le Piémont-Sardaigne).

Préparations défensives[modifier | modifier le code]

Le port de Sébastopol, formé par l'estuaire de la Chernaya, était protégé des attaques venant de la mer, non seulement par les navires russes qui avaient été sabordés pour en priver l'accès, mais également par d'importantes fortifications en granite au Sud. Dans la ville elle-même et la banlieue de Karabelnaya, la trace des travaux resta durant des années. La Tour de Malakoff, une grande tour de pierre, couvrait la banlieue, entourée de chaque côté par le Redan et le Petit Redan. La ville était couverte par une ligne d'usines marquée par un mât et des bastions centraux, elle était séparée du Redan par le port intérieur.

Le lieutenant-colonel Édouard Totleben, officier du génie russe chargé de la défense de Sébastopol, avait dès le début du siège commencé à travailler sur ces sites ; en réparant, réarmant et améliorant les fortifications chaque jour, il parvint finalement à les relier de manière continue et à former une enceinte. Bien que Sébastopol ne soit pas encore, au début du mois d'octobre 1854, l'énorme forteresse qu'elle devint par la suite, Todleben lui-même soutenait que, si les Alliés avaient attaqué tout de suite, ils auraient réussi à prendre la place, économisant du temps et des vies humaines. Il y avait, cependant, de nombreuses raisons qui les dissuadèrent de se lancer si tôt à l'assaut, et la première attaque n'eut pas lieu avant le 17 octobre.

La bataille[modifier | modifier le code]

Ce jour-là, un terrible duel d'artillerie eut lieu. Le corps de siège français subit de lourdes pertes et sa puissance de feu fut dépassée. La flotte engagea les batteries portuaires près des côtes, et perdit 500 hommes, en plus des dommages infligés aux navires. Les canons britanniques, quant à eux, eurent plus de succès en faisant taire les canons russes à Malakoff et autour[2], et, si des échecs n'avaient pas eu lieu en d'autres points de la ville, l'assaut aurait pu être victorieux. Malgré tout, le lendemain matin, les sapeurs de Todleben avaient réparé et amélioré les fortifications endommagées.

Pendant des mois, le siège de Sébastopol continua. Pendant le mois de juillet, les Russes perdirent en moyenne 250 hommes par jour, ce qui les poussa à décider que Gorchakov et l'infanterie russe devaient lancer un nouvel assaut à Chernaya, le premier depuis la bataille d'Inkerman. Le 16 août, le corps du général Pavel Petrovich Liprandi et du général Read attaquèrent violemment les 37 000 Français et Sardes au-dessus du Pont Traktir. Les assaillants arrivèrent avec la plus grande détermination possible, mais l'issue du combat ne fit aucun doute à aucun moment. À la fin de la journée, les Russes se retirèrent du champ de bataille, laissant derrière eux 260 officiers et 8 000 hommes, les Alliés n'en ayant perdu que 1 700.

Avec cette défaite, la dernière chance pour les Russes de sauver Sébastopol s'envolait. Le même jour, les bombardements alliés avaient une fois de plus réduit Malakoff et ses alentours au silence, et c'est avec une confiance absolue que le général Aimable Pélissier planifia l'assaut final. Le 8 septembre 1855 à midi, le corps entier commandé par Bosquet s'abattit soudainement sur Malakoff. Le combat était des plus désespéré côté russe: chaque casemate, chaque tranchée, fut prise et reprise au gré des attaques et contre-attaques successives des deux camps mais les Français finirent par conserver le contrôle du terrain, et malgré une nouvelle attaque avortée des Britanniques sur le Redan, les Russes se regroupèrent dans la forteresse devenant des cibles idéales pour les canons alliés.

Même à l'ouest, dans la direction opposée au fort et aux bastions centraux, un intense corps-à-corps avait lieu entre les deux armées. La chute de Malakoff marqua la fin du siège. Pendant la nuit, les Russes fuirent grâce aux ponts sur la rive Nord, et, le 9 septembre, les vainqueurs prirent possession du bâtiment vide mais en proie aux flammes. Les pertes dans l'assaut final avaient été très élevées: les Alliés avaient perdu environ 10 000 hommes, les Russes 13 000; pas moins de 19 généraux étaient morts ce jour-là. Mais la crise fut surmontée: avec la prise de Sébastopol, les pertes passèrent plus facilement dans l'opinion publique. Aucune opération sérieuse ne fut entreprise contre Gorchakov, qui, avec son infanterie et les restes de la garnison, continuait à tenir les hauteurs de la ferme Mackenzies, mais Kinburn fut attaquée par la mer, et d'un point de vue naval, l'attaque est intéressante dans la mesure où elle voit le premier important déploiement de cuirassés. Un armistice fut signé le 26 février et le Traité de Paris mettant fin à la guerre le 30 mars 1856.

Suite[modifier | modifier le code]

L'importance stratégique décisive du siège de Sébastopol n'est pas évidente: comment la chute d'une ville, pratiquement sans fortification au début du conflit, mit le tsar de Russie à genou. À première vue, la Russie pourrait sembler invulnérable à une attaque venant de la mer, et l'absence d'un premier succès, même écrasant, aurait pu humilier Nicolas Ier. En effet, la prise de Sébastopol en octobre 1854 n'aurait pas eu ce caractère décisif, si le tsar n'avait pas décidé de défendre cet arsenal jusqu'au bout, il était le seul à pouvoir apprécier la nécessité de défendre la ville, et finalement les ressources russes, limitées, opérèrent en faveur des Alliés.

La mer apporta aux assiégeants tout ce dont ils avaient besoin, alors que les routes du désert du sud de la Russie étaient jonchées de corps d'hommes et de chevaux qui étaient morts avant d'arriver à Sébastopol. Le caractère précipité des fortifications, également, qui pilonnées chaque jour par le feu de centaines de canons ennemis, devaient être reconstruites chaque nuit, obligeait d'exposer les ouvriers, et alourdit considérablement les pertes. Les nouvelles de Léon Tolstoï, qui était présent lors du siège, donnèrent une image de la guerre du point de vue russe; la misère de la traversée du désert, et la plus grande misère encore de la vie dans les casemates, les ordres journaliers de monter au front à attendre des assauts alliés qui n'avaient pas lieu; et aucun témoin du siège ne put quitter la ville sans éprouver le plus profond respect pour le courage, la discipline et la loyauté de ses défenseurs.

Mémoire[modifier | modifier le code]

En France, la victoire fut célébrée de façon étrange: mis à part lors de la bataille de Magenta (lors de la Campagne d'Italie), seul l'empereur Napoléon III pouvait acquérir des titres à la suite d'une victoire, mais cette distinction fut octroyée au maréchal Pélissier. Une commune des Hauts-de-Seine, Malakoff, fut nommée en l'honneur de la victoire. Aujourd'hui encore, à Malakhov Kurgan, lieu de la bataille, une flamme brûle en permanence, pour commémorer le siège de Sébastopol.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b C. Mullié, Fastes de La France, tome IV, p.412.
  2. après avoir réussi à atteindre un dépôt de munitions

Source[modifier | modifier le code]