Charbonnage du Hasard de Cheratte

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Charbonnage du Hasard de Cheratte
Vue du site en activité.
Vue du site en activité.
Puits no 1
Coordonnées 50° 40′ 51″ N 5° 40′ 13″ E / 50.680838, 5.670263 (Puits no 1)50° 40′ 51″ Nord 5° 40′ 13″ Est / 50.680838, 5.670263 (Puits no 1)  
Début du fonçage 1905
Mise en service 1907
Profondeur 420 mètres
Arrêt 1953 (extraction)
1977 (secours)
Remblaiement ou serrement 1977
Puits no 2
Coordonnées 50° 40′ 53″ Nord 5° 40′ 12″ Est / 50.681389, 5.670135 (Puits no 2)  
Mise en service 1923
Arrêt 1953
Remblaiement ou serrement 1953
Puits no 3
Coordonnées 50° 40′ 52″ Nord 5° 40′ 12″ Est / 50.681062, 5.669974 (Puits no 3)  
Début du fonçage 1927
Mise en service 1953
Profondeur 480 mètres
Arrêt 1977
Remblaiement ou serrement 1977
Puits Belle-Fleur
Coordonnées 50° 40′ 51″ Nord 5° 40′ 19″ Est / 50.680784, 5.672034 (Puits Belle-Fleur)  
Mise en service 1927
Arrêt 1977
Remblaiement ou serrement 1977
Administration
Pays Belgique
Région Région wallonne
Département Province de Liège
Commune Cheratte
Caractéristiques
Compagnie Société anonyme des Charbonnages du Hasard
Ressources Houille
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1982)

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Charbonnage du Hasard de Cheratte

Géolocalisation sur la carte : Province de Liège

(Voir situation sur carte : Province de Liège)
Charbonnage du Hasard de Cheratte

Le Charbonnage du Hasard de Cheratte (ou Cheratte 10) est le principal charbonnage de la Société anonyme des Charbonnages du Hasard composé de quatre puits de mine et de quelques galeries affleurantes. Il est situé à Cheratte, une section de la commune belge de Visé située en Région wallonne, dans la province de Liège. Un premier puits est creusé dès 1850 pour extraire la houille, il ferme une première fois en 1877 suite à un accident. Il est rouvert trente ans plus tard en 1907 et exploite le charbon jusqu’en 1977. Au début du XXIe siècle, subsistent des ruines connues pour la pratique de l'urbex. La dépollution du site et la démolition de plusieurs bâtiments sont prévues entre 2014 et 2015.

Situation[modifier | modifier le code]

La concession se trouvait au sud de celle de la Société anonyme des Charbonnages d'Argenteau (actuel Blegny-Mine), au nord-est de celle de la Société anonyme des Charbonnages de Wérister, au nord-ouest de celles de la Société anonyme des Charbonnages des Quatre-Jean et de la Société anonyme du Charbonnage de Lonette, et à l'est de celles de la Société anonyme des Charbonnages de Bonne Espérance, Batterie, Bonne-Fin et Violette et de la Société anonyme des Charbonnages d'Abhooz et Bonne-Foi Hareng. La concession de la Société anonyme du Charbonnage du Bois de Micheroux était enclavée au sein de celle des Charbonnages du Hasard.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative.

Le premier puits est creusé vers 1850 et est profond de 250 mètres[1]. La concession et le charbonnage no 10, abandonnés suite à un accident dans les années 1870, sont rachetés en 1905 par René Henry[2]. Après avoir mené une étude pour connaitre la situation du gisement, les ingénieurs constatent que le charbon maigre se trouve à grande profondeur[2], le premier puits est recreusé pour atteindre 420 mètres de profondeur[3]. Le terrain où se situe le charbonnage n'étant pas très grand, la compagnie décide de construire une tour d'extraction, pour la première fois en Belgique[2], équipée d'une machine d'extraction avec deux moteurs électriques à courant continu de 135 kw chacun, les puits sont équipés d'un décagement automatique par balances hydrauliques ainsi que d’évite-molettes hydrauliques[4]. Un lavoir est construit en 1920 par la société Beer de Jemeppe et un second puits d'extraction équipé d'une tour métallique est mis en service trois ans plus tard[1]. En 1927, le puits Belle-Fleur[5] est équipé d'une petite tour en béton armé et d'un treuil de faible puissance ; il sert à remonter les stériles avant leur mise en terril[1].

Un troisième puits est creusé de 1927 à 1947[1], il est équipé d'une tour avec machine au sol. En 1938, le puits descend à 313 mètres, mais il ne débutera l'extraction qu'en 1953. Il est approfondi à 480 mètres et une machine d’extraction au sommet s'avère insuffisante. Les ingénieurs décident alors d'installer une machine d’extraction au sol, d’équiper la tour de molettes et de poussoirs en béton. Le puits no 1 cesse l'extraction pour devenir un puits de secours, ses bâtiments annexes sont utilisés comme douches et vestiaires et le puits no 2 est condamné[4]. Dans les années 1930, le site est à son apogée et emploie 1 500 ouvriers[2]. Lorsque le charbonnage ferme le 31 octobre 1977, il employait encore 600 mineurs[2].

Architecture[modifier | modifier le code]

Vue de la variété architecturale du charbonnage.

Le carreau du charbonnage possède une architecture industrielle variée car il y a de nombreux bâtiments construits sur une certaine période et dans des styles différents. Chaque tour possède une architecture propre. La tour et les annexes du puits no 1 sont construites dans un style néo-médiéval[2], le puits no 2 possédait une tour métallique, la tour du puits no 3 est la plus grande du site ; construite en béton armé, elle était prévue pour accueillir une machine au sommet, avant de recevoir des bigues et une machine au sol. La tour du puits Belle-Fleur est construite sur le même principe, mais elle est beaucoup plus petite, avec une architecture plus effilée, typique des années 1920[1].

Après-mine[modifier | modifier le code]

La tour du puits no 1 en 2012.

Démantèlement[modifier | modifier le code]

Après la fermeture, les puits sont rebouché et des dalles en béton sont coulés, le site est ensuite racheté à bas prix par Armand Lowie, un promoteur immobilier flamand[6], qui commence à démanteler le site, les installations métalliques (dont la tour du puits no 2) sont ferraillées[2].

Protection et abandon[modifier | modifier le code]

Après le début du démantèlement différents arrêtés de protection sont publiés pour protéger le site, un arrêté royal le 20 octobre 1978, un arrêté de l'exécutif de la communauté française le 6 juin 1982 et un arrêté de l'exécutif de la région wallonne le 10 novembre 1992[2] En 1997, la tour Belle-Fleur bénéficie d'un contrôle de solidité puis d'un réaménagement[5]. Au début du XXIe siècle subsistent des ruines connues pour la pratique de l'urbex[2].

Réhabilitation[modifier | modifier le code]

Projet[modifier | modifier le code]

En 2007, le Hasard est inclus dans le programme de réhabilitation du gouvernement wallon[7] pour les façades et les toitures du phalanstère, la salle des machines, le chevalement du puits no 4, la colline boisée et la cité-jardin. La tour du puits no 1 est classée depuis les années 1980[8].

À la fin de l'année 2008, M. Lowie dépose un permis d'urbanisme pour la démolition de la tour en béton armé du puits no 3 et de ses bâtiments annexes afin de les remplacer par des logements et des commerces, mais l’opposition est forte et le projet est suspendu[2]. Le 30 avril 2013, après plus de trente ans de polémique entre les propriétaires et les autorités, une avis d’expropriation est actée par le ministre Philippe Henry et le site du charbonnage devient public[9]. La SPI est chargée de dépolluer le site avec un budget de 2 070 000 euros. Un plan de reconversion est en préparer fin 2013, les parties non-classés des bâtiments seront démolies entre 2014 et 2015. Les lieux accueilleront ensuite des services aux personnes et aux entreprise[10].

La SPI devient propriétaire des lieux le 21 novembre 2013, entre temps le site est mis en sécurité et une surveillance est mise en place, suite à la chute accidentelle d'une personne présente illégalement sur les lieux. Thomas Chevau est chargé du projet de réhabilitation, il déclare que des bâtiments non-classés pourrait être conservés, comme la tour du puits no 3 où la lampisterie[11],[12],[13].

Travaux[modifier | modifier le code]

Dans un communiqué de presse du 10 février 2014, la SPI annonce que les parties classées mais aussi la salle des machines, la lampisterie et la salle de paye attenantes sont conservées au même titre que la passerelle, mais que tout les autres bâtiments seront démolis. Le première phase des travaux des réhabilitation, qui consiste à démolir les parties non-conservées et assainir les sols, commencera à l'automne 2014. Les travaux de rénovation et de requalification du site s’étendront sur plusieurs années[14].

Vestiges[modifier | modifier le code]

En 2014, les installations des puits no 1 et 3 sont en ruine et se délabrent, et les bâtiments du puits no 1 sont classés. Le puits no 2 est démoli tout comme plusieurs bâtiments qui l'entouraient ainsi que le lavoir. Le puits no 4 est conservé et se trouve en bon état[1],[8].

Cité minière[modifier | modifier le code]

La cité minière de Cheratte est construite en 1925 et se compose de deux-cent maisons, chacune constituée de six pièces, disposées en petit groupe sans plans géométrique[4]. Chaque maison dispose d'égout, de l'eau courante et de l'électricité. Chaque maison dispose d'un jardin potager à l'arrière et d'un jardin d'agrément en devanture. La cité se compose également d'un hôtel destiné aux célibataires qui compte 128 chambres à coucher qui coûtait un franc par jour et d'un château où était installé une infirmerie et le logement de fonction du directeur. À la fermeture de la mine, la cité est rachetée et restaurée par la société régionale d’habitation sociale[4].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]