Al-Khwârizmî

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Timbre soviétique de 4 kopecks à l'effigie d'Al-Khwarizmi, émis le 6 septembre 1989 à l'occasion de son 1200e anniversaire (789-1989)

Al-Khwarizmi[1], né dans les années 780, originaire de Khiva dans la région du Khwarezm qui lui a donné son nom, dans l'actuel Ouzbékistan[2], mort vers 850 à Bagdad, est un mathématicien, géographe, astrologue et astronome perse[3], membre des Maisons de la sagesse dont les écrits, rédigés en langue arabe, ont permis l'introduction de l'algèbre en Europe[4]. Sa vie s'est déroulée en totalité à l'époque de la dynastie abbasside.

Son nom est à l’origine du mot algorithme[5] (son nom a été latinisé en Algoritmi[4]) et le titre de l'un de ses ouvrages à l'origine du mot algèbre. L'utilisation des chiffres arabes et leur diffusion dans le Moyen-Orient et en Europe sont dues à un autre de ses livres qui traite des mathématiques indiennes.

Son apport en mathématiques fut tel qu'il est également surnommé « le père de l'algèbre[6] », avec Diophante d'Alexandrie, dont il reprendra les travaux. En effet, il fut le premier à répertorier de façon systématique des méthodes de résolution d'équations en classant celles-ci.

Il ne faut pas confondre ce mathématicien Muhammad ibn Mūsā al-Khuwārizmī avec un autre auteur perse : Abu-'Abdollâh Mohammad Khuwârizmi qui, lui, est l'auteur de Mafâtih al-'Olum (Les clés des sciences), encyclopédie écrite dans les années 976-997[7].

Apports[modifier | modifier le code]

En mathématiques[modifier | modifier le code]

Première page du Kitāb al-mukhtaṣar fī ḥisāb al-jabr wa-l-muqābala.

Il est l'inventeur perse de l'algèbre et l'auteur de plusieurs ouvrages de mathématiques dont l'un des plus célèbres est intitulé Kitābu 'l-mukhtaṣar fī ḥisābi 'l-jabr wa'l-muqābalah (كتاب المختصر في حساب الجبر والمقابلة), ou Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison, publié sous le règne d'Al-Ma’mūn (813-833). Ce livre contient six chapitres consacrés chacun à un type particulier d'équation. Il ne contient aucun chiffre. Toutes les équations sont exprimées avec des mots. Le carré de l'inconnue est nommé « le carré » ou mâl, l'inconnue est « la chose » ou shay (šay), la racine est le jidhr, la constante est le dirham ou adǎd. Le terme al-jabr[8] fut repris par les Européens et devint plus tard le mot algèbre.

Un autre ouvrage, dont l'original en arabe a disparu, Kitābu 'l-ĵāmi` wa 't-tafrīq bi-ḥisābi 'l-Hind (كتاب الجامع و التفريق بحساب الهند, « Livre de l'addition et de la soustraction d'après le calcul indien »), décrit le système des chiffres « arabes » (en fait, empruntés aux Indiens). Il fut le vecteur de la diffusion de ces chiffres dans le Moyen-Orient et dans le Califat de Cordoue, d'où Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II) les fera parvenir au monde chrétien[9].

En astronomie[modifier | modifier le code]

Al-Khawarizmi est l'auteur d'un zij, paru en 830, et connu sous le nom de Zīj al-Sindhind (Table indienne). "Les tables d'al-Khwârizmî, composées vers 830, établies selon le calendrier persan et sur le méridien d'Arim (montagne imaginaire de Perse) ont été revues par l'astronome andalou Maslama al-Majrîtî (vers 1000), traduites et adaptées au calendrier julien en 1116 par le juif converti Pierre Alphonse, puis retraduites et accompagnées de canons, vers 1126, par Adélard de Bath. Fondées sur un compromis entre le système indien du Sindhind et celui de Ptolémée, elles sont très délicates à utiliser et ont été assez peu diffusées dans l'Occident latin" (Jean-Patrice Boudet). Ont suivi les tables d’al-Battânî (mort en 929), puis les tables de Tolède (peu avant 1085).

En astrologie[modifier | modifier le code]

Selon l'historien al-Tabari, Al-Khwarizmi prédit, avec un groupe d'astrologues, la longue durée de vie du calife (et les 50 ans qui lui restaient à vivre) alors que ce dernier mourut dix jours après la prédiction[10]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Urgench—Monument Al-Khwarizmi

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • A. Allard (édi.), Muhammad ibn Mûsâ al-Khwârizmî, Le calcul indien (algorismus). Histoire des textes, édition critique, traduction et commentaire, Paris, Blanchard, 1992
  • al-Khwârizmî, Le commencement de l'algèbre, trad. R. Rashed, Blanchard, coll. "Sciences dans l'histoire", 2007
  • Le système décimal positionnel[11]

Études[modifier | modifier le code]

  • Roshdi Rashed, D'al-Khwarizmi à Descartes. Études sur l'histoire des mathématiques classiques, Hermann, 2011
  • Bartel Leendert Van der Waerden, A History of Algebra. From al-Khwarizli to Emmy Noether, Springer, 1985.
  • Corona Brezina, Al-Khwarizmi. The Inventor of Algebra, Rosen Central, 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou Al-Khuwarizmi dont le nom entier est en persan : Abû Ja`far Muhammad ben Mūsā Khwārezmī ابوجعفر محمد بن موسی خوارزمی ou Abû `Abd Allah Muhammad ben Mūsā al-Khawārizmī (arabe أبو عبد الله محمد بن موسى الخوارزمي , également orthographié comme Abu Abudllah Muhammad bin Musa al-Khwarizmi ou Al-Khorezmi)
  2. On ignore s'il est né à Khiva puis a émigré à Bagdad ou si ce sont ses parents qui ont émigré ; auquel cas il pourrait être né à Bagdad.
  3. (en) Jeffrey A. Oaks, « Was al-Khwarizmi an applied algebraist? », University of Indianapolis (consulté le 2008-05-30)
  4. a et b Encyclopédia Britannica, al-Khwarizmi.
  5. Bernard Pire, « Al-Khwarismi », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 20/09/2013)
  6. Ahmed Djebbar, « La naissance de l’Algèbre », Réciproques, no 15,‎ mai 2011 (lire en ligne)
  7. Article sur Al Khwarizmi, dit al-Bakhti dans E. J. Brill's First, Encyclopaedia of Islam, 1913-1936, Volume 4
  8. Al-jabr est resté avec son sens originel de restauration / remise en place dans le mot espagnol algebrista qui désigne un « rebouteux » qui remet en place les articulations et les os démis. Voir (es) « algebrista (2) », sur Diccionario de la lengua española
  9. Voir André Allard (éd. sc.), Muhammad Ibn Mūsā Al-Khwārizmī. Le calcul indien (algorismus), Librairie scientifique et technique A. Blanchard, Paris ; Société des Études classiques, Namur, 1992. (ISBN 978-2-87037-174-9)
  10. Al-Khwarizmi, L'algèbre et le calcul indien, Ahmed Djebbar, page 10, Les éditions du Kangourou, 2013, ISBN 978-2-87694-204-2
  11. http://www.dailymotion.com/video/xavbu9_les-mathematiques-arabes-3-6_tech?ralg=meta2-only#from=playrelon-3

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]