Presses polytechniques et universitaires romandes

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PPUR building

Logo de Presses polytechniques et universitaires romandes
(PPUR)
Repères historiques
Création 1980[1]
Fiche d’identité
Siège social Lausanne
Drapeau de la Suisse Suisse
Site officiel www.ppur.org

Les Presses polytechniques et universitaires romandes (PPUR) sont une maison d'édition scientifique et technique suisse basée à l'École polytechnique fédérale de Lausanne.

Historique[modifier | modifier le code]

Premiers projets[modifier | modifier le code]

À l’origine des Presses polytechniques et universitaires romandes il y a le Traité d’Électricité, un projet éditorial qui consistait à rassembler en quelque vingt deux volumes et 8 600 pages toutes les connaissances de base nécessaires à la formation de l’ingénieur électricien ou électronicien. C’est au printemps 1974 qu’un groupe de professeurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Daniel Mange, Jacques Zahnd et Jacques Neirynck posa les pierres de sa fondation. Il existait un tel Traité, rédigé initialement par Bruhat ans les années 1930, révisé par Goudet et republié à intervalles réguliers par l’éditeur Masson. Progressivement, tous les professeurs du Département d’Électricité de l’EPFL s’engagèrent chacun à écrire un volume. Il restait à trouver un éditeur. Le premier approché fut Payot (Lausanne) qui déclina. D'autres firent de même, ci bien que ces auteurs durent se tourner vers Paris où les principaux éditeurs scientifiques furent contactés : sans succès. Pour des raisons de coûts et de rentabilité, le projet fut refusé par tous. Le 1er février 1975, un contrat fut finalement signé entre les auteurs et les éditions Delta à Vevey (en Suisse), une maison spécialisée dans le livre scolaire. Très vite son directeur, Heinz Georgi, quitta l’entreprise avec une lettre de cession en faveur des éditions qu’il comptait créer lui-même à St-Saphorin.

La composition des textes fut réalisée par des secrétaires sur des machines IBM Multipoint mais pour les équations il n’en était pas question. L’un des auteurs, Jean-Daniel Chatelain, conçut et exécuta alors tout un système de fiches en plastique que l’on pouvait monter à la main, et des étudiants furent engagés pour ce travail. Enfin un graphiste australien, Allen Kilner, se chargea de monter, volume après volume, texte, équations et figures (toutes dessinées en interne). Un secrétariat de rédaction composé de Claire-Lise Delacrusaz fut créé. Le premier volume parut le 16 novembre 1976, et les autres volumes suivirent lentement, quoique la publication du Traité fut finalement achevée en 10 ans[Quand ?].

Un accord de diffusion fut signé pour La Suisse avec la maison Payot et, pour la France, avec Technique et Documentation. Puis dès 1979, le Traité fut repris sous une forme brochée par l’éditeur Dunod, sous l’appellation T3E (Traité d’électricité, d’électronique et d’électrotechnique) avant d'être abandonné par celui-ci.

Création de la Fondation des Presses polytechniques romandes[modifier | modifier le code]

En 1983, Jacques Neirynck convainc l’EPFL de créer la Fondation des Presses polytechniques romandes (PPR) qui voient le jour le 23 octobre 1980, souscrivant son capital auprès de la Société d’Aide aux Laboratoires (SAL). Son but est à la fois de susciter la publication de manuels pour les étudiants de l’école et de valoriser les activités d’enseignement et de recherche. En particulier, il s’agit de garantir la poursuite de la publication du Traité d’Électricité dont Georgi revend la totalité des stocks et des droits 2 ans plus tard. Dans les faits, la structure existait déjà sous la forme d’un service d’édition qui préparait les volumes publiés soit par Georgi soit par P.-M. Favre, autre éditeur basé à Lausanne, structure organisée autour de Jacques Neirynck et de Claire-Lise Delacrausaz qui coordonnent tout le travail éditorial. À deux reprises la SAL augmentera sa mise de fonds pour permettre aux PPR de développer leurs activités.

C’est alors que les premiers ouvrages portant le label PPR paraissent ; un concours est lancé pour la création d’un logo, et Jacques Neirynck est nommé président du Conseil et Claire-Lise Delacrausaz directrice de la Fondation. Un transfert de charges et de compétences va s’opérer progressivement, avec l’appui de l’École, des unités et laboratoires aux PPR. Toute latitude est décrétée par les initiateurs du projet dans la ligne éditoriale comme dans la sélection des ouvrages publiés.

Le succès commercial du Traité d’Électricité et des premiers manuels PPR sont une émulation pour les professeurs de l’École et renforcent la conviction des PPR dans leurs principes : la qualité scientifique d’un contenu est indissociable de celle de sa présentation, et les manuels doivent s’inspirer du modèle anglo-saxon où les exemples introduisent les concepts. L’effort est mis sur le développement de la diffusion par la constitution d’un réseau propre de librairies, de revendeurs, en Suisse et à l’étranger, et l’élaboration d’une base de données prospect constituant l’instrument principal de promotion des Presses polytechniques romandes.

La publication du Traité d’Électricité est parachevée en 1986 avec la publication du 22e volume, alors que la plupart des autres volumes ont déjà fait l’objet de nombreuses éditions et qu’une quinzaine d’entre eux ont été traduits en anglais ou en espagnol. Sur leur lancée les PPR entreprennent la publication d’un Traité des Matériaux, fruit de la collaboration de l’école polytechnique fédérale de Lausanne, de l’université catholique de Louvain, de l’université Nancy-I et de l’institut national polytechnique de Lorraine, et celle du Traité de Génie civil de l’EPFL. C’est en 1986 aussi que les PPUR confient l’exclusivité de leur diffusion à Technique et Documentation. Les ventes et la production augmentent, mais pas suffisamment pour couvrir les investissements liés à la constitution d’un stock. Des collections universitaires continuent à voir le jour et c’est alors que les PPR se tournent vers les universités romandes pour les inviter à soutenir les activités de la fondation. Au moment même où elles célèbrent leurs 10 ans d’activité, en 1990, les PPR deviennent PPUR : Presses et polytechniques et universitaires romandes.

Développements[modifier | modifier le code]

Plusieurs ouvrages de référence viennent enrichir le catalogue, comme Construire en bois, Thermodynamique et énergétique (dont la 2e édition est couronnée du Prix Roberval du Manuel d’enseignement supérieur en technologie), De la forme au lieu, la traduction française de A First Course in Probability de Sheldon Ross ou encore le manuel de construction Bâtir que publie René Vittone en 1996. Ouvrages et auteurs reçoivent des prix, des éditeurs internationaux tels John Wiley, Springer Verlag ou Kluwer publient les traductions anglaises de ces livres, enfin le Centre National d’Études des Télécommunications (CNET) dès la fin des années 1980 puis l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) se tournent vers les PPUR pour les inviter à copublier dans leurs collections. En 1998, c’est l’Institut national des sciences appliquées de Lyon (INSA) qui choisit les PPUR en tant qu’éditeur officiel : la Collection des sciences appliquées de l’INSA de Lyon fera place dès 2009 à MetisLyonTech.

La fin des années 1990 voit l’irruption des nouveaux supports électroniques de lecture et l’avènement de contenus adaptés. Les PPUR, à l’instar des autres éditeurs, s’interrogent. Des investissements sont consentis par les groupes pour développer des plates-formes de diffusion électronique, des montages sont faits pour donner un cadre légal à l’exploitation numérique, et parallèlement de multiples webrairies voient le jour inspirées par Amazon. À l’époque, seule la diffusion électronique de contenus s’est peu à peu imposée, en particulier dans le domaine scientifique. Les PPUR développent leur propre stratégie. Dépourvues des moyens d’investir dans des systèmes coûteux et à la technologie non garantie, elles optent pour un passage progressif au double support électronique-papier, avec la volonté d’en garder la maîtrise propre. Dans l’intervalle, elles sont parmi les premiers éditeurs suisses à mettre en ligne, dès le printemps 1996, leur catalogue complet en offrant un système de commande sécurisé pour leurs ouvrages. Plusieurs étapes vont parsemer le développement du site.

Une stratégie est élaborée qui consiste à développer un programme éditorial original en anglais. En 2002, l’exploitation du label EPFL Press est concédée par l’école aux PPUR et en 2003 un contrat de distribution mondial est signé avec le groupe Taylor&Francis : les premiers volumes paraissent et à court terme, une dizaine de titres sont mis au programme annuel, diffusés soit par CRC Press soit par Routledge.

En ce début du XXIe siècle, et alors que Francis Lévy reprend les rênes à la présidence de la Fondation, un autre projet démarre qui connaît un succès immédiat : la publication d’une collection de vulgarisation qui part du principe que trop de travaux de recherche pointus mais passionnants restent confinés dans les milieux spécialisés et qu’il manque un support de diffusion adapté à un plus large public, à la manière d’un corpus encyclopédique : ce sera la Collection Le Savoir suisse, soutenue par des partenaires institutionnels ou privés, forte de quelque 85 volumes publiés en 10 ans et régulièrement réimprimés, sous la direction d’un comité présidé par l’éditeur Bertil Galland. Pour les PPUR c’est l’ouverture à un plus grand public et à des thématiques universitaires qu’elles avaient dans un premier temps écartées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.ppur.org/infos.html (réf. 23.01.2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]