Ère du Verseau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'Ère du Verseau correspond à une étape de l'évolution de l'Humanité selon plusieurs enseignements théosophiques et astrologiques, qui invoquent la position du point vernal par rapport aux constellations du zodiaque. Il existe plusieurs chronologies précessionnelles précisant le début et la fin de l'Ère du Verseau. Citons notamment et chronologiquement celle de Rudolf Steiner, celle de Max Heindel et celle de Paul Le Cour.

Élaboration[modifier | modifier le code]

C'est à la fin du XVIIIe siècle, en France, que fut d'abord développée cette théorie, chez Delaulnaye, Volney, Dupuis, dans l'Origine de tous les Cultes.

Ère du Verseau selon Rudolf Steiner[modifier | modifier le code]

Selon Rudolf Steiner, l'Ère du Verseau, faisant suite à l'Ère des Poissons, ne commencerait qu'en l'an 3573. Pour lui, une ère astrologique ne débuterait pas quand le point vernal entre dans la constellation correspondante, mais quand il arrive à peu près en son milieu. Pour plus de détails, on peut se reporter à la page sur les ères astrologiques. Rudolf Steiner établit une correspondance entre les différentes Églises de l'Apocalypse de Jean et les différentes ères. À l'Ère du Verseau, il fait correspondre l'Église de Philadelphie, et prétend que la civilisation dominante sera la civilisation slave. Après l'accomplissement du processus d'individuation au cours de l'Ère des Poissons, l'Ère du Verseau serait une ère durant laquelle de nombreux individus percevraient les mondes suprasensibles de manière objective et consciente. Ils pourraient alors former des communautés spirituelles fraternelles sur cette base. Cette ère durerait 2160 années jusqu'en 5733.

Alice Bailey, pour qui l'Ère du Verseau était imminente, affirmait que cette ère serait inaugurée par le retour du Christ qui instaurerait une religion mondiale et même un gouvernement mondial. D'après Steiner, un retour du Christ, le Logos solaire, dans un corps physique serait impossible, car il s'agirait d'un fait cosmique unique dans l'évolution de notre Terre et de l'humanité. Certains anthroposophes prétendent dès lors que, le retour du Christ étant impossible dans un corps physique, il s'agirait d'une toute autre entité, à savoir Ahriman, qui serait appelée à s'incarner et à se faire passer pour le Christ comme cela est romancé dans le Court récit sur l'Antéchrist de Vladimir Soloviev. Cela correspondrait en outre à l'affirmation de Steiner qu'une incarnation d'Ahriman aurait lieu au début du troisième millénaire[1],[2].

Ère du Verseau selon Le Cour[modifier | modifier le code]

Dans l'ouvrage ésotérique de Paul Le Cour, L'Ère du Verseau, Paul Le Cour, l'ère du Bélier a commencé en 2160 av. J.-C., elle est suivie de celle des Poissons avec la naissance du Christ, tandis que l'ère du Verseau serait censée débuter en 2160[3]. Selon les calculs « astronomiques » de Le Cour, les grandes périodes de notre histoire seraient déterminées par l'alignement du Soleil avec une des constellations du zodiaque au début du printemps astronomique (point vernal). Le déplacement relatif du Soleil par rapport aux constellations permet ainsi de parler des « ères » du Bélier, des Poissons etc., chaque « ère » durant environ 2160 ans. Toujours selon Le Cour, nous serions sur le point de quitter l'ère des Poissons, période à dominance religieuse et belliqueuse pour entrer dans l'ère du Verseau, qui sera, selon ses prévisions, une époque d'harmonie retrouvée.

Absence de définition en astronomie[modifier | modifier le code]

Limites modernes de la constellation du Verseau.

En quelle année le point vernal sortira-t-il de la constellation des Poissons pour entrer dans la constellation du Verseau ? Ce calcul est relativement simple. Dans les années 2000, le Soleil passe dans la constellation du Verseau entre le 16 février et le 11 mars, il en sort donc 8 à 9 jours avant l'équinoxe de printemps du 21 mars, et comme il parcourt un degré par jour il y a un intervalle de 8 à 9 degrés à franchir. Le point vernal glisse de 1° en 72 ans à cause de la précession des équinoxes. Il entrera donc dans la constellation du Verseau dans 8.5 x 72 soit à peu près 600 ans, dans les années 2600.

Dans l'autre sens, y a-t-il une étoile brillante actuellement à proximité de la limite Verseau-Poisson, qui justifierait par son passage à la limite du secteur angulaire du verseau (soit 0° du Poisson, ou 330°) qu'on proclame l'entrée dans l'ère correspondante ? Les étoiles les plus brillantes du secteur sont dans le Capricorne (constellation), Deneb Algedi (δ Cap), dont l'ascension droite (époque 2000) est de 21h47'02", ou un peu plus loin Sadalmeilk (α Aqr), RA=22h05'47". Un décalage d'une minute en ascension droite correspond à un quart de degré sur l'écliptique, donc pour Deneb Algedi l'ère du Verseau commence vers 2060, alors que pour Sadalmeilk l'ère est entamée dans les années 1900. Cependant, ces étoiles n'ont rien de particulier (il faut un spécialiste pour les repérer), et rien ne justifie qu'on les retienne pour une limite aussi importante.

L'ère du Verseau ne correspond à aucun phénomène astronomique remarquable.

Problème de la limite[modifier | modifier le code]

Constellation du Verseau.

En pratique, quand on parle de l'ère du Verseau, ce n'est pas par rapport à la constellation que le calcul est fait : les limites des constellations sont très arbitraires (elles n'ont été fixées qu'en 1930), et découpent des segments très inégaux sur l'écliptique.

Les "ères" dont on parle dans le new age sont au contraire des intervalles de temps relativement égaux. La conséquence est qu'elle ne peuvent pas avoir de limite très précise : tout ce que l'on peut dire est que la position du point vernal est "en gros" dans telle ou telle constellation ; et qu'il est actuellement entre Poissons et Verseau.

La plupart des constellations zodiacales avaient la même forme dans l'antiquité, et les plus brillantes ont été identifiées en tant que telles avant la naissance de l'astronomie/astrologie. Mais à l'époque antique, les constellations étaient des collections d'étoiles, non des zones contenant des étoiles comme de nos jours, et la "limite" d'une constellation était une limite ensembliste, non géographique.

L'image ci-contre est ce qu'on voit de la constellation du Verseau une belle nuit étoilée : on voit clairement que l'on ne distingue pas grand chose. Un spécialiste peut en reconnaître la forme dans le ciel, et dire qu'une planète ou la Lune est dans la constellation (quand elle est comprise dans l'enveloppe convexe du groupe d'étoiles), mais la limite avec le Capricorne ou les Poissons n'est pas visible. C'est cette vision qu'avaient les anciens.

De ce fait, il y avait des secteurs "vides" entre les constellations, et le temps de transit d'un astre ou du point vernal dans une constellation n'avait pas de sens. C'est essentiellement pour cette raison que l'écliptique a été découpée en douze secteurs angulaires que sont les signes du zodiaque, afin de pouvoir repérer les déplacements des astres. Ce n'est que la vision "moderne" qui comprend des frontières : les étoiles passent au second plan.

Ère du Verseau et New Age[modifier | modifier le code]

Le concept d'ère du Verseau a ensuite été intégré aux croyances New Age[4] , notamment dans le mouvement hippie (ainsi la comédie musicale Hair s'ouvre-t-elle sur un hymne à la venue de « the age of Aquarius »). De nombreux mouvements ésotériques et plusieurs sectes prophétisent encore aujourd'hui l'imminence de cette « période bénie ».

Un déplacement de 30° du point vernal (soit la largeur d'un signe) correspond bien à des ères de ~2200 ans[4], mais il n'y a pas de limite tranchée et objective entre ces ères. La limite ne peut être que conventionnelle et arbitraire. Dans ce cas, si l'ère du Poisson correspond symboliquement à l'émergence du christianisme, elle date du début de l'ère chrétienne, et la suivante commencera donc vers l'an 2200 (à un ou deux siècle près), indépendamment de toute considération de limite astronomique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sergej O. Prokofieff, Die Lehre von Alice Bailey aus der Sicht der christlichen Esoterik, Verlag am Goetheanum, Dornach 1997
  2. Alice Bailey, Le retour du Christ, Éditions Lucis, Genève 1974
  3. L'Ère du Verseau, Paul Le Cour Dervy-Livres - Paris 1986 - (ISBN 2-85076-033-1) publié en 1937.
  4. a et b (fr) « Ère du Verseau et New Age : commencera donc vers l'an 2200 (à un ou deux siècle près) », sur ynchronicite.blog4ever.com (consulté le 9 mai 2010)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'ère du Verseau - ou le retour de Ganymède de Paul Le Cour, publié en 1937.
  • L'ère du Verseau de Jean Sendy a été publié pour la première fois en 1970 aux Éditions Robert Laffont et réédité en 1980 chez "J'ai Lu" dans la collection "L'Aventure Mystérieuse". (ISBN 9782277513766)
  • Aquarius ou la Nouvelle Ère du Verseau, collectif dir. Jacques Halbronn, Paris, Ed. Albatros- L'Autre Monde, 1979.
  • Les Enfants Du Verseau. Pour Un Nouveau Paradigme, Marilyn Ferguson, Ed. Calmann- Lévy, 1981.
  • Vivons-nous les commencements de l'Ère des Poissons ?, Christian Lazaridès, Ed. anthroposophiques romandes, 1989.
  • La théorie de l'ère du Verseau, depuis les origines jusqu'à Paul Le Cour et ses successeurs (1780 - XXIe siècle), thèse d'Eveline Latour sous la direction d'Antoine Faivre, 1995.
  • La vie astrologique. Années trente-cinquante, Jacques Halbronn, Paris, Éd. La Grande Conjonction-Trédaniel, 1995.

Liens externes[modifier | modifier le code]