Tertry

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Tertry
Tertry
Église Saint-Omer et monument à la bataille de Tertry
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Ham
Intercommunalité Communauté de communes de l'Est de la Somme
Maire
Mandat
Gérard Museux
2014-2020
Code postal 80200
Code commune 80750
Démographie
Gentilé Les Tertriciens
Population
municipale
165 hab. (2016 en diminution de 7,82 % par rapport à 2011)
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 51′ 47″ nord, 3° 04′ 14″ est
Altitude Min. 62 m
Max. 96 m
Superficie 4,93 km2
Localisation

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Tertry est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Village picard du Santerre situé dans la vallée de l'Omignon, limité au nord par l'ex-RN 29 (actuelle RD 1029), et, au sud, par l'autoroute A29.Il est situé à l'extrémité est du département de la Somme, proche de celui de l'Aisne.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Vraignes-en-Vermandois Rose des vents
Monchy-Lagache N Trefcon
Aisne
O    Tertry    E
S
Beauvois-en-Vermandois
Aisne

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le sol de la commune est argileux et crayeux, tourbeux près de la rivière[1].

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Le paysage de la commune correspond à celui d'une vallée dont le relief est assez prononcé. L'altitude de la commune culmine à 94 mètres[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par l'Omignon, affluent de la rive droite de la Somme. La rivière alimente un vaste étang.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la commune est tempéré océanique.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Urbanisme et aménagement du territoire[modifier | modifier le code]

La commune présente un habitat groupé.

Activité économique et de services[modifier | modifier le code]

L'activité dominante de la commune reste l'agriculture.

Transports en commun routiers[modifier | modifier le code]

La localité est desservie par les autocars du réseau inter-urbain Trans'80, Hauts-de-France (ligne no 51, Mesnil-Bruntel - Saint-Christ-Briost - Ham)[2].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Tertry
Estrées-Mons Vraignes-en-Vermandois
Monchy-Lagache Tertry Caulaincourt
Aisne
Lanchy
Aisne
Beauvois-en-Vermandois
Aisne

Toponymie[modifier | modifier le code]

En 1898, l’instituteur, M. Bernaville indiquait que le village avait porté le nom de Tertricium ou Testris[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Tertry.

Lors de la bataille de Tertry en , Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie battit Berchaire maire du palais de Neustrie[3].

Un décompte de la châtellenie de Péronne de 1214 indique que le domaine de Tertry appartienait à Gilles de Marquaix, qui y reconnaît « tenir du roi Testrich, un moulin, des prés, 10 muids et 5 setiers 8 verges et demie de terre et la dîme[4] ».

Tertry était une ancienne paroisse du doyenné d'Athies. Par un traité de 1302, l'abbé Regnault cède de nombreux droits sur Tertry à Hugues de Parando visiteur général de l'Ordre du Temple, qui y possédait déjà des biens. À la disparition de l'ordre en 1311, ces biens passent aux frères de Saint-Jean-d'Eterpigny[4].

Le chapitre de la basilique Saint-Quentin y avaient des possessions : en 1369, Jean Courtois, chanoine de Saint-Quentin achète "neuf muids de terre"[4].

À la fin du XIVe siècle, le seigneur de Tertry était Grart ou Guerars de Tertrich selon un document de 1372[4].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIIe siècle, Tertry qui releva d'abord du comté d'Athies puis de celui de Nesle, faisait partie du marquisat de Caulaincourt[4]. Un arrêt du Conseil du Roi du confirme les droits féodaux des marquis sur certaines de leurs possessions, mais leur interdit d'exiger des péages à Tertry[5].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, un combat a lieu le 18 janvier 1871, veille de la bataille de Saint-Quentin sur le territoire communal, qui fit 120 blessés, recueillis dans l'école, au presbytère ou chez des habitants[1].

En 1898, le village comptait 8 fermes, 5 commerçants, 6 débitants[C'est-à-dire ?] et deux peintres en bâtiment. La production agricole était principalement céréalière, de production de pommes de terre et de betteraves sucrières[1].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Comme d'autres villages de la région, Tertry est sorti meurtri de la Grande Guerre car le village a été entièrement rasé en 1917 par les Allemands. Des 23 communes qui composaient le canton de Roisel, seules 2 ont échappé à la destruction : Vraignes-en-Vermandois et Tincourt-Boucly, qui ont servi a héberger la population évacuée des autres villages avant leur destruction[6].
Le , soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, l'armée française bat en retraite vers l'ouest et les Allemands arrivent à Tertry[7]. Dès lors commença l'occupation allemande qui dura jusqu'en mars 1917. Le front se situant à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Péronne, l'activité des occupants consistait principalement à assurer le logement des combattants et l'approvisionnement en nourriture. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient la population à fournir, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien.
"J'ai vécu sous la domination allemande à Tertry jusqu'au 6 mars dernier (1917); ce jour-là, les Allemands ont conduit toute la population à Vraignes où nous sommes restés jusqu'au jour où les Anglais nous ont enfin libérés (en septembre 1918). Quelques jours avant qu'ils ne quittent Tertry, les Allemands se sont livrés à un pillage en règle de toutes les maisons. Ils ont scié les arbres. Enfin, après nous avoir expulsés de chez nous, alors que nous étions à quelques centaines de mètres du village, ils ont détruit toutes les maisons par la mine ou l'incendie." (lire la déposition de Mme Petithomme en cliquant sur le lien ci-après[8]). "De Tertry qui possédait une ancienne et fort belle église, il ne reste pour ainsi dire rien. Le village a été incendié[9]".

Le village, vidé de ses habitants, reste occupé par les Allemands ; il sera le théâtre de nombreux combats en mars-avril 1917. Les ruines du village seront plusieurs fois reprises par chaque camp et ce n'est qu'en septembre 1918, lors de la bataille de la ligne Hindenburg que Tertry sera définitivement libéré par les britanniques.
Les habitants revinrent s'installer dans le village et alors démarra une phase de reconstruction, qui durera presque une décennie, menée par une coopérative de reconstruction, administrant la perception des droits de guerre. De 270 habitants avant la guerre en 1911, Tertry n'en comptait plus que 197 en 1921.
Les noms des 16 soldats de Tertry morts durant ce conflit figurent sur le Monument aux Morts[10].

Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions[11], la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 (France) le 27 octobre 1920[12].

En 1920, des soldats anglais construisent un pont métallique pour traverser l'Omignon[13].

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Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

La commune se trouve dans l'arrondissement de Péronne du département de la Somme. Pour l'élection des députés, elle fait partie depuis 1958 de la cinquième circonscription de la Somme.

La commune fait partie depuis 1801 du canton de Ham[14]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, ce canton, dont la commune fait toujours partie, est modifié, passant passe de 19 à 67 communes.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune faisait partie depuis 2002 de la communauté de communes du Pays Hamois, qui succédait au district de Ham, créé en 1960.

La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (Loi NOTRe) du 7 août 2015, prévoyant que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants[15], le schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI) arrêté par le préfet de la Somme le 30 mars 2016 prévoit notamment la fusion des communautés de communes du Pays Hamois et celle du Pays Neslois, afin de constituer une intercommunalité de 42 communes groupant 20 822 habitants, et précise qu'il « s'agit d'un bassin de vie cohérent dans lequel existent déjà des migrations pendulaires entre Ham et Nesle. Ainsi Ham offre des équipements culturels, scolaires et sportifs (médiathèque et auditorium de musique de grande capacité, lycée professionnel, complexe nautique), tandis que Nesle est la commune d'accueil de grandes entreprises de l'agroalimentaire ainsi que de leurs sous-traitants »[16].

La fusion intervient le et la nouvelle structure, dont la commune fait désormais partie, prend le nom de communauté de communes de l'Est de la Somme[17],[18].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1971 2014 André Thirard[19]    
2014[20] En cours
(au 30 novembre 2017)
Gérard Museux    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[22].

En 2016, la commune comptait 165 habitants[Note 1], en diminution de 7,82 % par rapport à 2011 (Somme : +0,27 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
248226293317408384418441432
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
407416407388388367355367368
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
352333270197226209193177194
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
173174129157185186184184184
2013 2016 - - - - - - -
173165-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Vers 1469, un dénombrement réalisé pour le comte de Bourgogne indiquait que le village comprenait 16 feux[1].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Le village n'a plus d'école. Les enfants d'âge scolaire se rendent dans une école voisine.

Associations de Tertry[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Omer[24], reconstruite après sa destruction pendant la Première Guerre mondiale[25].
  • Monument commémoratif de la bataille de Tertry, du sculpteur Jacques-Victor André, édifié en 1987, devant l'église, pour le mille trois centième anniversaire de la bataille.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Élodie Kulik, qui a vécu une partie de son enfance dans la commune voisine de Monchy-Lagache, directrice d'une agence bancaire de Péronne âgée de 24 ans, violée et assassinée dans une zone non habitée du territoire communal de Tertry au début de l'année 2002. Cette affaire, connue sous le nom d'affaire Kulik, a défrayé la chronique judiciaire depuis le début des années 2000.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f M. Bernaville, instituteur, « Notice géographique et historique de la commune de Tertry », Archives départementales de la Somme, (consulté le 6 janvier 2018).
  2. « Le réseau Trans'80 en ligne ».
  3. « Bataille de Tertry », Tertry, sur http://www.omignon.fr (consulté le 6 janvier 2018).
  4. a b c d et e « Histoire de Tertry », Villages, sur http://www.omignon.fr (consulté le 6 janvier 2018).
  5. « Arrêt du conseil d'État qui maintient le Sieur de Caulaincourt dans des droits de péage à Beauvais, Tombes et Tréféon, et lui fait défenses d'en exiger à Verchi, Caulaincourt, Biencourt et Tertry, généralité d'Amiens » (consulté le 6 janvier 2018), sur Gallica.
  6. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5455364v/f138.image.r=vraignes?rk=257512;0
  7. http://www.carto1418.fr/19140828.php
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6530584n/f221.image.r=tertry
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96291051/f290.image.r=tertry?rk=2188852;0
  10. https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&id=6149537&individu_filter=RICHY&rubrique=monuments
  11. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8593481j/f1.item.zoom
  12. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  13. Le pont retrouve une seconde jeunesse, le Courrier picard, édit. Picardie maritime, p. 2, .
  14. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Section III de l'article L. 5210-1-1 du code général des collectivités territoriales, sur Légifrance
  16. Projet de SDCI du 13 octobre 2015, p. 20
  17. V.F.; C.La., « Les fusions ne vont pas toutes se faire en douceur », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne) « Imposée par l’État, la fusion des communautés de communes se fait parfois naturellement. Mais elle engendre aussi des difficultés, comme entre celles de Ham et Nesle ».
  18. « Dernière réunion pour les élus du pays hamois », Le Journal de Ham, no 50,‎ , p. 5 « Éric Legrand peut conclure : « Dans quelques jours, le Pays Hamois cédera définitivement la place à la communauté de communes de l’Est de la Somme : une nouvelle appellation pour un territoire nouveau mais aussi, et surtout, pour une ambition nouvelle ».
  19. Justine Esteve, « L’ancien maire A. Thirard est décédé : TERTRY Celui qui a été maire de Tertry pendant 43 ans est décédé à l’âge de 82 ans. André Thirard laisse un souvenir ému à ses concitoyens », Le Journal de Ham, nos 48/1997,‎ , p. 10 « En 43 années de mandat, André Thirard a réalisé de nombreuses choses pour sa commune « mais je crois que ce dont il est le plus fier c’est d’avoir l’école et fait une extension pour qu’elle devienne notre salle polyvalente », estime Gérard Museux. En plus de ses nombreuses responsabilités communales, André Thirard était vice-président à la communauté de communes du pays hamois et exercé également au SMITOM et à la SICAE ».
  20. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  24. « A) Église de Tertry. - [Aquarelle d'Oswald Macqueron], d'après nature, 11 mai 1875. B) Le Bourg de Tertry (Somme) : vue prise de la rivière de l'Aumignon. - [Carte postale] Royer, Nancy. - Coll. "La Picardie illustrée". », Documents numérisés, fonds Macqueron, Bibliothèque municipale d'Abbeville (consulté le 6 janvier 2018).
  25. « L'église : chœur en ruines », notice no APDSF3119, base Mémoire, ministère français de la Culture.