Erich Ludendorff

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Erich Ludendorff
Image illustrative de l'article Erich Ludendorff

Naissance
Kruszewnia (Posnanie, royaume de Prusse), aujourd'hui en Pologne
Décès (à 72 ans)
Tutzing (Bavière, Allemagne)
Grade Generalquartiermeister
Années de service 18831919
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement Chef de l'État-major allemand
Faits d'armes Bataille de Tannenberg (août-septembre 1914)
Autres fonctions Député (1924-1928)

Erich Ludendorff, né le à Kruszewnia près de Posen en Prusse (aujourd'hui Poznań, en Pologne) et mort le à Tutzing en Bavière, est un militaire et homme politique allemand. Il est général en chef des armées allemandes (la Deutsches Heer) pendant la Première Guerre mondiale, de 1916 à 1918. Il soutient activement le mouvement national-socialiste dans ses débuts (années 1920), avant de s'opposer à Adolf Hitler, et de se détourner de la politique pour créer, avec sa femme, un mouvement néopaïen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Naît « Erich Ludendorff » et non pas « von Ludendorff », il est roturier d'une famille de marchands, avec un père poméranien et d'une mère suédoise.

Alors âgé de 18 ans, il gagne ses galons d’officier et sert dans l’infanterie avant d’être appelé à rejoindre, dès 1894, le Generalstab (entité pouvant être comparée aux états-majors actuels). Militariste convaincu, Ludendorff aime à dire que la paix n’est en fait qu’un intervalle de temps entre deux périodes de guerres[réf. nécessaire] : cette devise l’amène à participer activement à l’élaboration du plan Schlieffen pour l’invasion de la France, en temps que chef de la 2e section du grand état-major d'avril 1908 à janvier 1913. En 1912, il refuse d'être anobli.

Article connexe : grand état-major général.

Grande Guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première Guerre mondiale.

À peine le conflit est-il engagé que Ludendorff est nommé au poste de Generalquartiermeister, à la seconde armée de von Bülow. L’objectif de cette seconde armée est de mettre en œuvre ce qui a été décidé par le plan Schlieffen, à savoir la prise des forts de Liège afin de s’ouvrir la route du territoire français. Après le succès de l’opération, Ludendorff est rappelé à l'OHL (Oberste Heeresleitung ou « Commandement suprême de l'armée de terre ») aux côtés de Paul von Hindenburg — ce qu'on appellera le « troisième OHL » — qui remplace Falkenhayn comme chef suprême de l’armée allemande, en août 1916.

Après la victoire de Tannenberg (26-) sur la IIe armée du général russe Alexander Samsonov, Ludendorff est nommé Generalquartiermeister de Hindenburg : inséparables, ils deviennent peu à peu les véritables décideurs de l’Allemagne, reléguant le Kaiser Guillaume II dans un rôle de faire-valoir.

Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff.

Face à la supériorité maritime britannique, Ludendorff est l’apôtre de la guerre totale en utilisant à outrance sa flotte sous-marine : cette arme, destinée à provoquer l'effroi des convois de ravitaillement, envoie par le fond de multiples navires civils comme le Lusitania. Loin d'interrompre le trafic transatlantique, elle détériore fortement les relations diplomatiques entre l'Allemagne et les États-Unis. En 1917, Ludendorff est un des principaux acteurs qui négocient le traité de Brest-Litovsk avec la Russie révolutionnaire. Les forces allemandes pouvant être retirées du front Est, Hindenburg et Ludendorff décident alors de planifier une vaste offensive pour le printemps 1918.

Le 21 mars 1918, 181 divisions allemandes s’attaquent à 211 divisions alliées, dont 104 françaises. Le Grand État-major avait pallié le manque de chars par la constitution d’une artillerie mobile pour suivre les progressions de l’infanterie. Devant l’imminence du danger, le maréchal français Foch est nommé commandant en chef des armées alliées à la conférence de Doullens, le 26 mars. Paris est à nouveau sous le feu des canons allemands. Clemenceau défend bec et ongles Foch à la Chambre devant les critiques. Cependant, l’offensive est enrayée. Le 18 juillet, pour la première fois, 500 chars français utilisés en masse permettent la percée du front au sud de Soissons : cette leçon sera retenue par les Allemands pour la guerre suivante.

L’offensive franco-britannique commence le 8 août et ne s’arrêtera plus. Dans ses mémoires, Ludendorff qualifie cette date du 8 août de « jour de deuil de l’armée allemande » parce qu’il sait à ce moment que la guerre est définitivement perdue. Le couple Hindenburg-Ludendorff admet que l’armistice du 11 novembre 1918 est devenu inévitable, avis que le Reichstag partage. Ludendorff doit démissionner de son poste en octobre après la parution de déclarations qui expriment une volte-face sur le choix de signer l’armistice.

Sous la République de Weimar[modifier | modifier le code]

Les personnalités inculpées lors du procès de Adolf Hitler en 1924 : Ludendorff se retrouve au côté de Adolf Hitler. Photo d'Heinrich Hoffmann.

Après l’armistice, Ludendorff s’expatrie en Suède où il écrit des ouvrages sur la tactique militaire et d’autres, plus politiques, dénonçant le sabordage de l’Allemagne par le pouvoir politique alors dominé par le SPD. C'est l'un des grands propagandistes de la fameuse thèse du « coup de poignard dans le dos » (Dolchstoßlegende) selon laquelle l'armée allemande, invaincue sur le terrain, a été trahie par les politiciens de l'arrière.

Revenu en Allemagne en 1920, il fréquente les milieux nationalistes et les intellectuels de la Révolution conservatrice. Il participe au putsch de Kapp, puis rencontre Adolf Hitler, à qui il fait initialement confiance. Impliqué dans le putsch de la Brasserie de 1923, il est acquitté, mais, bien que restant membre du parti national-socialiste, il ne pardonnera pas à Hitler de l'avoir entraîné dans ce coup d’État raté. En 1924, il est élu député au Reichstag avec l’étiquette du NSDAP.

En 1925, Adolf Hitler, cherchant à le déconsidérer, le pousse à se présenter dans une élection où il sait qu'il n'a aucune chance. Résultat : avec le score de 1,1 % des voix au premier tour, Ludendorff perd l'élection présidentielle de 1925, remportée par son ancien supérieur, Paul von Hindenburg. « C'est parfait »[réf. nécessaire] confie Hitler à l'un de ses proches, « Nous lui avons porté le coup de grâce »[réf. nécessaire]. Ludendorff ne se remettra jamais de sa défaite.

Considérant que son ancien allié est devenu gênant pour le mouvement nazi, Hitler l'accuse en 1927 d'être franc-maçon. Il est pourtant l'auteur d'un livre pamphlétaire antimaçonnique : Vernichtung der Freimaurerei durch Enthüllung ihrer Geheimnisse (Anéantissement de la franc-maçonnerie par la révélation de ses secrets)[1]. Marginalisé, et ne jouant plus le moindre rôle, le vieux général se retire de la vie politique en 1928.

Le mouvement païen[modifier | modifier le code]

Se détournant de la politique, il fonde en 1925, avec sa future seconde femme Mathilde von Kemnitz (qu'il épousera en 1926) le Tannenbergbund, mouvement païen de « connaissance de Dieu[2] », qui existe toujours sous le nom de Bund für Deutsche Gotterkenntnis, et dont les membres sont parfois appelés « Ludendorffer ».

En apprenant que son ancien collègue, le maréchal-président Hindenburg, vient d'appeler Hitler à la chancellerie le , Ludendorff lui adresse une lettre de reproche : « Et moi, je vous prédis solennellement que cet homme exécrable entraînera notre nation vers des abîmes de déshonneur […]. Les générations futures vous maudiront dans votre tombe pour ce que vous avez fait »[3].

Erich Ludendorff meurt le à l’âge de 72 ans après avoir rejeté, en 1935, l’offre de Hitler lui proposant de l’élever à la dignité de maréchal. Néanmoins le général a droit à des funérailles nationales à Munich[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Editions originales

  • Meine Kriegserinnerungen 1914–1918. Berlin 1919, 1936.
  • Urkunden der Obersten Heeresleitung über ihre Tätigkeit 1916–1918. Ludendorffs Verlag, München 1922.
  • Kriegführung und Politik. Mittler, Berlin 1923.
  • Vernichtung der Freimaurerei durch Enthüllung ihrer Geheimnisse. Ludendorffs Verlag, München 1927, 1940.
  • Kriegshetze und Völkermorden in den letzten 150 Jahren. Ludendorffs Verlag, München 1928, 1939.
  • Ludendorff, Erich, u. Mathilde Ludendorff Das Geheimnis der Jesuitenmacht und ihr Ende. Ludendorffs Verlag, München 1929, 1934. online
  • Weltkrieg droht auf deutschem Boden. Ludendorffs Verlag, München 1930.
  • Mein militärischer Werdegang. Blätter der Erinnerung an unser stolzes Heer. Ludendorffs Verlag, München 1933.
  • Eine Auswahl aus den militärischen Schriften. Quelle & Meyer, Leipzig 1935.
  • Der totale Krieg. Ludendorffs Verlag, München 1935.
  • mit Mitarbeitern: Mathilde Ludendorff – ihr Werk und Wirken. Ludendorffs Verlag, München 1937.
  • Auf dem Weg zur Feldherrnhalle. Lebenserinnerungen an die Zeit des 9.11.1923. Ludendorffs Verlag, München 1937.
  • mit Mathilde Ludendorff: Die Judenmacht, ihr Wesen und Ende. Ludendorffs Verlag, München 1939.
  • Vom Feldherrn zum Weltrevolutionär und Wegbereiter deutscher Volksschöpfung. (Lebenserinnerungen, 3 Bände) Ludendorffs Verlag, München 1940.
Traduction française
  • Conduite de la guerre et Politique, traduit pas L. Koeltz, Berger-Levrault, Paris

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (en) Fiche sur cet ouvrage "conspirationniste" d'Erich Ludendorff
  2. Voir les extraits du livre de Jean Mabire, Thulé le soleil retrouvé des hyperboréens, Robert Laffont, 1977
  3. Cité par Ian Kershaw, Hitler, t. I, Flammarion, 2000
  4. Ian Kershaw, Hitler, t1, p946,947.

Article connexe[modifier | modifier le code]