Bataille de Łódź (1914)

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La bataille de Łódź est une bataille qui eut lieu du 11 novembre au 6 décembre, 1914, près de la ville de Łódź, dans le Royaume du Congrès (actuelle Pologne) dans le cadre de la Première Guerre mondiale. Elle opposa la IXe Armée de l'empire allemand aux Ire, IIe et Ve Armées de l'empire russe, dans des conditions climatiques extrêmes.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au mois de septembre 1914, les Russes avaient repoussé l'offensive austro-hongroise en Galicie, à la bataille de Lemberg laissant la forteresse autrichienne de Przemyśl assiégée par la VIIIe Armée russe. Le général Rouszki avait réussi à empêcher les Allemands de prendre Varsovie lors de la bataille de la Vistule. Le commandement russe était divisé sur la meilleure manière de tirer parti de ces récents succès. Le grand-duc Nicolas Nicolaïevitch était favorable à une offensive en Prusse-Orientale, tandis que le chef de l'état-major, Mikhail Alekseïev, préférait une offensive plus au sud en Silésie. En face, Paul von Hindenburg venait d'être nommé à la tête des armées des empires centraux sur le Front de l'est. Il avait intercepté des documents russes concernant le projet d'invasion de la Silésie, et vu là une occasion de réitérer son écrasante victoire obtenue à Tannenberg (fin août 1914), en frappant le flanc russe dès l'entrée de l'ennemi en Silésie.

Forces[modifier | modifier le code]

Hindenburg déplaça la IXe Armée allemande, sous les ordres du général von Mackensen, dans le secteur polonais. Le général von Hotzendorf, commandant autrichien, ordonna quant à lui à la IIe Armée autrichienne d'aller occuper le terrain libéré par la IXe Armée. Côté russe, le général Rouszki avait déjà victorieusement défendu Varsovie. Il avait sous ses ordres la Ire Armée russe du général von Rennenkampf, positionnée au nord de la Vistule, à l'exception d'un corps qui se trouvait sur la rive sud. Rouszki commandait également la IIe Armée russe du général Scheidemann, située en face de Łódź. Enfin, on ordonna à la Ve Armée russe, sous le commandement de Plehve, d'abandonner son offensive en Silésie pour se replacer et aider à contenir la nouvelle offensive de Hindenburg.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 11 novembre, la IXe Armée de Mackensen attaqua le Corps de la Ire Armée russe, posté au sud de la Vistule et l'encercla, capturant 12 000 soldats. La manœuvre créa un espace entre les Ire et IIe Armées russes qui perdirent le contact. Le haut-commandement russe, furieux de la passivité de Rennenkampf, le démit aussitôt de ses fonctions et le remplaça par le général Litvinov. Pendant ce temps-là, la IIe Armée de Scheidemann subissait les assauts allemands et commença à battre en retraite vers Łódź. Les Russes commençaient alors à se rendre compte de la gravité de la situation en Pologne. La IIe Armée était à présent sur le point d'être encerclée à son tour. Le grand-duc Nicolas voulait à tout prix sauver son armée et éviter un nouveau désastre à l'image de Tannenberg. Paul von Plehve et la Ve Armée russe furent rappelés de Silésie pour se rendre dans le secteur de Łódź, parcourant plus de 110 kilomètres en deux jours. Le 18 novembre, Plehve jeta l'ensemble de ses forces sur le flanc droit de l'armée de Mackensen, dans des conditions hivernales très dures (la température descendit en dessous de −10 °C). Ce fut au tour des Allemands d'être menacés d'encerclement mais il parvinrent à se sortir de cette situation délicate le 26 novembre, emportant avec eux les prisonniers de la Ire Armée. Les attaques sur la ville de Łódź continuèrent jusqu'en décembre mais les Allemands furent incapables de percer les lignes russes. Manquant de munitions, les Russes durent se retirer pour former une nouvelle ligne de front, mieux défendue, près de Varsovie.

Résultats[modifier | modifier le code]

La bataille de Łódź eut donc une issue indécise, chaque camp ayant rempli une partie de ses objectifs. Les Russes avaient repoussé les Allemands et sauvé Varsovie, but initial de l'offensive allemande. Les Allemands, quant à eux, avaient réussi à faire abandonner aux Russes leur offensive en Silésie.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Tucker, Spencer The Great War: 1914–18 (1998)