Louis Schweitzer (haut fonctionnaire)

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Louis Schweitzer, né le à Genève, est un haut fonctionnaire et homme d'affaires français.

Il est président du groupe automobile Renault de 1992 à 2005 puis président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité jusqu'en . Membre de plusieurs conseils d'administration, il a présidé MEDEF International en 2005. Depuis le 3 mai 2011, il est président d'Initiative France, réseau d'associations de prêts d’honneur et d'accompagnement des créateurs d’entreprise[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de la bourgeoisie protestante alsacienne, il est le fils de Pierre-Paul Schweitzer, directeur du FMI entre 1963 et 1973, petit-neveu d'Albert Schweitzer[2] et du chef d'orchestre Charles Munch[3], et cousin de Jean-Paul Sartre[4].

Il s'est marié en 1972 avec Agnès Schmitz, avocate, et ils ont eu deux filles[5].

Non pratiquant, Louis Schweitzer affirme rester « très imbibé de culture protestante ».[réf. nécessaire]

Carrière[modifier | modifier le code]

À la sortie de l'ENA, promotion Robespierre (janvier 1968-mai 1970), il devient inspecteur des finances et entre à la direction du Budget.

En 1981, il devient directeur de cabinet de Laurent Fabius, le ministre du Budget du gouvernement Pierre Mauroy. Il le suivra ensuite au ministère de l'Industrie, puis à Matignon. C'est à ce poste qu'il est mêlé à l'affaire des écoutes de l'Élysée et il l'occupe également lors de celle du sang contaminé[6].

Après l'échec de la gauche en 1986, il entre, grâce à Georges Besse qu'il avait lui-même soutenu auprès de Laurent Fabius, chez Renault, comme directeur de contrôle de gestion. Il est soutenu par ses liens au Parti socialiste et en dépit des résistances internes, il gravit rapidement les échelons de la société : en 1987, alors qu'il est nécessaire de négocier la dette de 12 milliards de francs avec le gouvernement, il est nommé directeur financier, puis directeur général. Il devient président-directeur général du groupe automobile entre 1992 et 2005. Sa présidence est marquée par la privatisation de Renault en 1996, la fermeture de l'usine belge de Vilvorde, une large délocalisation des usines hors de France au profit de la mondialisation que couronne l'alliance avec Nissan en 1999. Ainsi, à son arrivée, les effectifs de Renault en France sont de 85 962 employés, à son départ en 2005, ils ne sont plus que de 42 953 faisant de la marque au losange le leader mondial de la délocalisation de sa production.

Les délocalisations avaient été motivées au nom de la diminution des coûts salariaux, les revenus de Louis Schweitzer atteignent des sommets inconnus jusqu'ici chez le constructeur automobile. Alors que le salaire de Raymond Lévy atteignait le million de francs par mois, celui de Schweitzer dépasse les deux millions d'euros par mois en 2005.

En 2005, il quitte la direction de Renault, mais en devient le président du conseil d'administration (date d'échéance : 2009), un titre presque honorifique pour lequel il perçoit 230 000 euros de rémunération.

Il est ensuite président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) de 2005 à 2010. Depuis le 3 mai 2011, il est président d'Initiative France, réseau d'associations de prêts d’honneur et d'accompagnement des créateurs d’entreprise.

Après que Louis Gallois a été élu président du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, Louis Schweitzer est Commissaire général à l’investissement de 2014[7] à 2017.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Il a occupé de nombreuses fonctions sur la scène économique :

Louis Schweitzer est très impliqué sur la scène culturelle et sociale française :

Membre du conseil et présidence d'établissements ou d'associations d'intérêt général :

Il est membre du conseil d'administration de l'Institut français de relations internationales[9].

Il est membre du club Le Siècle dont il fut le président entre 2002 et 2004. Il est également président du conseil de surveillance du journal Le Monde depuis le 11 février 2008, jusqu'à sa démission le 15 décembre 2010 en raison de désaccords avec la nouvelle direction du groupe[10]. Il est actionnaire de la Financière PIASA qui détient avec Artémis (Pinault) le contrôle de la maison française de vente aux enchères PIASA, aux côtés de plusieurs autres personnalités[11].

Il préside[12] le comité consultatif commun d'éthique pour la recherche agronomique de l’INRA et du CIRAD, créé le 31 octobre 2007.

Il préside Initiative France, réseau d'associations de prêts d’honneur et d'accompagnement des créateurs d’entreprise depuis le 3 mai 2011[1].

Gestion de la HALDE[modifier | modifier le code]

Louis Schweitzer a été président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). Son salaire brut était de 6 700  par mois[13] et s'ajoutait à ses autres revenus. Sa gestion de la Halde a été l'objet d'un examen très critique de la Cour des comptes en 2010[14],[15].

Salaires[modifier | modifier le code]

Louis Schweitzer figurait dans le top 50 des patrons les mieux payés en 2006. Il arrivait alors en tête avec des revenus avec 11,9 millions d'euros, notamment grâce à une plus-value de stock options (en français : option sur titres)[16].

Sa rémunération comprend sa retraite et ses postes d'administrateurs de Volvo, BNP Paribas, EDF, L'Oréal et de Philips. Pour la présidence non-exécutive d'AstraZeneca, il gagne un million de livres sterling par an[17].

Engagements associatifs[modifier | modifier le code]

Louis Schweitzer préside Initiative France, réseau d'associations de prêts d’honneur et d'accompagnement des créateurs d’entreprise depuis le 3 mai 2011[18]. Il s'agit du premier réseau associatif de financement des créateurs et repreneurs d'entreprise. Avec ses 222 plateformes locales qui couvrent tout le territoire français, Initiative France a aidé plus de 16 700 entreprises et a permis la création ou le maintien de 44 155 emplois en 2016[19].

Il est également engagé en faveur du bien-être animal. Louis Schweitzer est, depuis 2012[20], le président du Conseil d'administration de La Fondation droit animal, éthique et sciences qui a pour objectif d'améliorer la condition animale par une transposition juridique des nouveaux acquis scientifiques et des évolutions éthiques, liés à la vie des animaux et à leurs relations avec l’homme.

Mises en examen, non-lieu et condamnations[modifier | modifier le code]

En 1995, Louis Schweitzer a été mis en examen pour « complicité d'empoisonnement » dans l'affaire du sang contaminé. L'ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius devait notamment répondre du retard qui a été pris dans la distribution d'un test de dépistage du SIDA. Il bénéficiera d'un non-lieu[21].

En 1995, il est également mis en examen dans l'affaire des écoutes de l'Élysée. Le 9 novembre 2005, il est condamné dans cette affaire mais dispensé de peine. Il est notamment reconnu coupable pour le placement sur écoutes de Jean-Edern Hallier. Fin septembre 2008, sa condamnation est confirmée par la Cour de cassation[22]. Louis Schweitzer se défendra en avançant : « il y a eu un effort pour me masquer la réalité. »[réf. nécessaire] Il avait alors personnellement autorisé le renouvellement des écoutes surveillant l'écrivain[23],[24].

En 1998, la justice belge le condamne à une amende de 10 millions de francs belges (1,6 million de FF) pour avoir violé la loi du travail belge lors de la fermeture de l'usine Renault de Vilvorde[25].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Mes Années Renault. Entre Billancourt et le marché mondial. Gallimard / Le Débat, 2006.
  • Les Discriminations en France, Robert Laffont, 2009
  • Acteurs de l'économie, juillet / août 2009, " Il faut briser les habitudes", Louis Schweitzer

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Louis Schweitzner nouveau président de France Initiative
  2. Généalogie de Louis-Théophile Schweitzer
  3. descendance d'Ernest Münch
  4. descendance de Philippe Schweitzer
  5. Généalogie de Louis Schweitzer sur le site de la Société genevoise de généalogie
  6. Louis Schweitzer poursuivi par le sang contaminé. L'ancien directeur de cabinet de Fabius a été mis en examen pour complicité d'empoisonnement Catherine Erhel, Libération, 23 mai 1995
  7. Décret du 23 avril 2014 portant nomination du commissaire général à l'investissement
  8. Organisation de MEDEF International
  9. conseil d'administration de l'IFRI
  10. Louis Dreyfus devient président du directoire du Groupe Le Monde LeMonde.fr
  11. Source : http://www.piasa.auction.fr/FR/who.php
  12. INRA Magazine de mars 2008, page 35
  13. « Des députés UMP veulent geler le budget de la Halde », Le Figaro, 6 novembre 2009.
  14. La gestion de la Halde par Louis Schweitzer dans le collimateur de la Cour des comptes LeMonde.fr, 3 septembre 2010
  15. « Halde : Schweitzer sommé de rembourser ses indemnités » Challenges.fr, 6 septembre 2010
  16. Le palmarès des grands patrons les mieux payés de France Capital.fr, 3 décembre 2008
  17. François de Closets, « Les secrets inavouables de la caste », Le Point, (consulté le 15 janvier 2012)
  18. « Initiative France - Biographie de Louis Schweitzer », sur www.initiative-france.fr (consulté le 20 novembre 2017)
  19. « Rapport annuel d'Initiative France »
  20. « Organisation et gouvernance de la Fondation Droit animal, éthique et sciences (LFDA) », La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  21. Sang contaminé : non-lieu surprise et général, Le Parisien, 5 juillet 2002
  22. Hallier l'Edernel jeune homme, Jean-Pierre Thiollet, Neva Éditions, 2016, p. 24. (ISBN 978 2 35055 217 0)
  23. Écoutes de l'Élysée « Dès le départ, il y a eu des dérapages » Le Parisien, 25 novembre 2004
  24. Epilogue pour l'affaire des Écoutes de l'Élysée, Le Figaro, 30 septembre 2008
  25. Renault-Vilvorde : Louis Schweitzer condamné L'Usine nouvelle, 26 mars 1998
  26. Décret du 30/12/2016

Liens externes[modifier | modifier le code]