Renault-Nissan-Mitsubishi

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Renault-Nissan-Mitsubishi
logo de Renault-Nissan-Mitsubishi
Logo de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi depuis 2017.

Création 1999
Fondateurs Louis SchweitzerVoir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés Louis Schweitzer, Yoshikazu Hanawa, Carlos Ghosn
Forme juridique Besloten Vennootschap (en)
Siège social Amsterdam[1]
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Direction Carlos Ghosn
Christian Mardrus
Directeurs Carlos GhosnVoir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires Renault : 50 %
Nissan : 50 %
Activité Groupe Automobile
Société mère Renault et NissanVoir et modifier les données sur Wikidata
Filiales Renault
Renault Samsung Motors
Dacia
Lada AvtoVAZ
Alpine
Nissan
Infiniti
Datsun
Mitsubishi Motors
Venucia
Effectif 470 000 (2017)
Site web https://www.alliance-2022.com

Renault-Nissan-Mitsubishi (anciennement Renault-Nissan) est une alliance liée par des participations croisées. Une société de droit néerlandais, Renault-Nissan BV, a été créée pour élaborer une stratégie commune et développer des synergies ; elle est détenue à parité par Renault et Nissan[2]. Cette alliance est née en à la suite d'une période de difficultés financières pour Nissan, qui a donné l'occasion à Renault de racheter une partie du groupe Nissan et d'y placer à sa tête Carlos Ghosn dans le but de le restructurer.

En 2011, Renault-Nissan devient le troisième groupe automobile mondial[3], derrière General Motors et Volkswagen AG[4]. Régulièrement classée parmi les quatre premières places mondiales en termes de ventes, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi atteint au premier semestre 2017, la première place devant Volkswagen AG, Toyota et General Motors[5].

Le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn, et Greg Kelly, respectivement président-directeur général et directeur du développement de l'alliance, sont arrêtés et placés en garde à vue au Japon pour fraude fiscale présumée et abus de biens d'entreprise, suite à une dénonciation de Nissan[6],[7],[8]. Le 20 novembre, le conseil d'administration de Renault nomme Thierry Bolloré directeur général et Philippe Lagayette président du conseil d'administration par intérim, en remplacement de Carlos Ghosn[9]. Le 22 novembre, le conseil d'administration de Nissan démet Carlos Ghosn et Greg Kelly de leurs fonctions[10], et met en place un comité pour réformer son système de rémunération et un autre pour proposer des candidats à la présidence du conseil d'administration[11]. Selon plusieurs commentateurs, la dénonciation et les mesures du conseil d'administration de Nissan serait due à une divergence de stratégie avec Renault et ses partisans, dont Carlos Ghosn et Greg Kelly, qui viseraient un relation plus étroite voire une fusion avec Nissan, alors que cette dernière y serait opposée voire chercherait à quitter l'alliance [12],[13]. La manoeuvre est notamment qualifiée de "coup d'Etat" et Hiroto Saikawa, directeur général de Nissan depuis 2017, est dépeint comme un de ces principaux instigateurs [12],[14],[15].

Stratégie financière et juridique[modifier | modifier le code]

Le président actuel de l'alliance en train de charger une Nissan Leaf.

L'alliance a été réalisée en deux temps. Tout d'abord, à l'initiative de Louis Schweitzer et avec le soutien du gouvernement, Renault a pris 36,4 % des parts de Nissan, et a investi 5 milliards d'euros pour la restructuration de Nissan opérée sous la houlette de Louis Schweitzer qui veille à la bonne marche de l'alliance qu'il a mise en place. En juin 1999, Louis Schweitzer confie les rênes de l'Alliance à Carlos Ghosn dans le but de redresser les comptes de Nissan et sa rentabilité.

Plus tard, une participation de 15 % a été prise par Nissan dans Renault (sans droit de vote), tandis que Renault a augmenté sa part dans Nissan jusqu'à 43,4 %[16]. Des analystes jugent cependant que malgré les discours parlant d'alliance d'égaux, la forme effectivement prise par l'alliance relève plutôt d'une prise de contrôle de Nissan par Renault[17].

Depuis, l'alliance a organisé une prise de participations croisée avec Daimler AG, dans laquelle Renault et Nissan prennent chacun 1,55 %, tandis que Daimler AG reçoit 3,1 % de Renault et 3,1 % de Nissan[18].

Daimler-Renault-Nissan.gif

Depuis 2008, Renault possède aussi 25 % de AvtoVAZ (Lada).

En , Renault-Nissan possède 67,1 % d'une coentreprise[19] qui possède à son tour 74,5 % de AvtoVAZ[20], soit 50 % au total par les deux constructeurs. La répartition est 37,5 % pour Renault, et 12,5 % pour Nissan.

En , Renault annonce recapitaliser AvtoVaz seul, passant théoriquement de 37 % à 72,5 %. La part de Nissan descendrait de 12,5 % à 5,5 %, et celle de Russian Technologies de 25 % à 11 %[21].

En , Renaissance Capital annonce acheter 24,1 % d'Avtovaz, via une augmentation de capital de 405 millions d'euros. Renault en parallèle, passe de 37 % à 47 %, indiquant que Renault n'avait pas eu à recapitaliser en octobre. Cependant, la part de Renault dans la coentreprise possédant Lada est ici passée de 50 % à 75 %, la part de cette même coentreprise dans Lada se diluant de 75 % à 65 %, d'où la participation indirecte de Renault dans Lada de seulement 47 %.

Les marques contrôlées par Renault et Nissan sont réparties comme suit :

L'État est toujours présent dans le capital de l'entreprise, ce qui remet en question les évolutions d'investissements de Nissan dans la structure. Nissan souhaite en effet un retrait pur et simple de l'État français dans l'entité[22].

Stratégie industrielle et commerciale[modifier | modifier le code]

D'un point de vue technique, le groupe se traduit par plusieurs aspects. Le plus simple est le rebadgeage de modèles d'une marque sous l'autre marque, en fonction de l'image ou du réseau d'un pays donné. Cela s'est traduit par des véhicules comme la Nissan Platina au Mexique, en fait une Renault Clio quatre portes, ou les utilitaires légers en Europe, les Renault Kangoo, Trafic et Master devenant respectivement Nissan Kubistar, Primastar et NV400.

Nissan Interstar, modèle d'estafettes utilitaires d'Europe, C'est la version asiatique du Renault Master.

Plus généralement, les développements de nouveaux véhicules produits après l'alliance ont été réalisés sur des plates-formes communes, par exemple la plate-forme B des Nissan Micra, Note et Juke, des Renault Clio et Modus, ou la plate-forme C, utilisée entre autres par les Nissan Qashqai et Renault Mégane. La plate-forme D est utilisée par les Nissan Altima et Maxima aux États-Unis, Renault Laguna en Europe, et Samsung SM5 en Corée.

Du côté des moteurs, le développement des diesel est exclusivement réalisé par Renault, tandis que les moteurs essences atmosphériques, en particulier de forte cylindrée, sont désormais conçus par Nissan. Toutes les Nissan diesel sont donc motorisées par des moteurs d'origine Renault, tandis qu'on retrouve des moteurs Nissan essence sur les Renault Clio (2.0 16v 140 ch), Laguna, Espace et Vel Satis (3.5 V6 245 ch).

En Renault-Nissan étend son partenariat avec Mitsubishi à plusieurs véhicules[23].

Ancien logo de l'alliance Renault-Nissan.

À partir du , l'alliance Renault-Nissan se dote de quatre directions opérationnelles communes aux deux entreprises : l'ingénierie, la fabrication et la logistique, les achats et les ressources humaines[24].

En 2016, Mitsubishi rejoint l'alliance à la suite d'une augmentation de capital de Mitsubishi que Nissan souscrira pour devenir actionnaire de Mitsubishi à hauteur de 34 %[25]. Cette opération est finalisée en octobre de la même année, Carlos Ghosn devenant également le président de Mitsubishi Motors à la mi-décembre[26].

En , Renault-Nissan acquiert la société Sylpheo, un développeur français de logiciels. Le groupe a pour objectif de commercialiser dix véhicules équipés d'une technologie de conduite autonome à l'horizon 2020[27].

À la rentrée 2017, le groupe Renault-Nissan-Mitsubishi, par l'intermédiaire de son PDG Carlos Ghosn, a dévoilé sa stratégie pour les cinq années à venir, notamment en ce qui concerne le développement de véhicules électriques. Appelé « Alliance 2022 », ce plan a pour but d’intensifier la coopération entre les trois marques de l'Alliance mais aussi et surtout d’intensifier le développement et la commercialisation de véhicules électriques. Ainsi, Renault-Nissan-Mitsubishi prévoit de commercialiser douze nouveaux modèles de véhicules « 100 % électriques » d’ici à 2022[28].

Ventes[modifier | modifier le code]

En 2014, l'alliance Renault-Nissan a écoulé 8,5 millions de véhicules dans le monde, soit une hausse de 2,5 % par rapport à 2013. Les ventes ont notamment progressé aux États-Unis et en Europe de l'Ouest[29].

En 2016, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a vendu 9,96 millions de véhicules à travers le monde, faisant de lui le premier constructeur automobile mondial, dépassant Volkswagen et Toyota[30].

Fin 2018, Nissan connaît une baisse significative de ses ventes en France. Sur les dix premiers mois de l'année 2018, le constructeur japonais voit son chiffre de ventes baisser de 10 % dans l'hexagone tandis que Renault réalise une hausse de 6,5 %[31].

Polémique : politique vis-à-vis des syndicats[modifier | modifier le code]

Dans l’usine Nissan de Canton, au Sud des États-Unis, les syndicats sont interdits depuis la création de l’usine[32].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « L’alliance en bref 2017 », Renault-Nissan, p. 25.
  2. « Structure de l'alliance Renault-Nissan », sur Renault.
  3. Alain-Gabriel Verdevoye, « Renault-Nissan sur le podium des constructeurs mondiaux », La Tribune  : « Les deux alliés ont vendu un record de 8 029 222 voitures l'an dernier, doublant Toyota, à 7,94 millions d'unités, l'alliance devient le troisième constructeur auto mondial. »
  4. Simon Potée-Gallini, « Alliance Renault-Nissan : troisième constructeur mondial », Turbo,  : « 8 029 222 véhicules en 2011 soit 10,3 % de plus qu'en 2010, l'année qui vient de se terminer a décidément été très bonne pour l'Alliance Renault-Nissan. Mieux encore, les deux alliés viennent de prendre la place de troisième constructeur mondial à Toyota et ses 7,94 millions de voitures vendues. Ils terminent derrière General Motors (9,02 millions) et Volkswagen (8,16 millions) ».
  5. « Renault-Nissan, premier constructeur automobile mondial au premier semestre 2017 », sur lefigaro.fr, Le Figaro, .
  6. « Carlos Ghosn arrêté par la justice japonaise pour avoir dissimulé des revenus au fisc, l'action de Renault dévisse », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  7. « Renault-Nissan : la garde à vue de Carlos Ghosn prolongée de 10 jours », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  8. « Carlos Ghosn arrêté à Tokyo, Nissan veut le démettre "rapidement" », La Liberté,‎ (lire en ligne)
  9. « Affaire Carlos Ghosn : désigné pour assurer l'intérim, Thierry Bolloré a une "certaine légitimité" chez Renault », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  10. « Le conseil d'administration de Nissan démet Carlos Ghosn de son poste de président », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  11. (en-US) « Nissan Board of Directors announces decisions », Nissan Motor Corporation - Global Newsroom,‎ (lire en ligne)
  12. a et b « Arrestation de Carlos Ghosn : on vous explique pourquoi cette affaire est qualifiée de "coup d'Etat" de Nissan », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  13. Bertille Bayart et Emmanuel Egloff, « Renault-Nissan : Greg Kelly, le rôle du deuxième homme », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  14. Julien Dupont-Calbo, « Nissan : Hiroto Saikawa, le « Brutus » de Carlos Ghosn », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  15. « Hiroto Saikawa, fidèle à Nissan et traître à Carlos Ghosn », sur lemonde.fr, Le Monde.
  16. « Un groupe fort de son alliance unique », site officiel du groupe Renault.
  17. Acte de conférence de P. Philippart, université de Lille.
  18. Cyrille Pluyette, « Renault, Nissan et Daimler signent leur union », Le Figaro, 6 avril 2010.
  19. « Avec Lada, l'alliance Renault-Nissan vise 10 % du marché mondial », lepoint.fr, 12 décembre 2012.
  20. (en) « Renault-Nissan completes deal to take control of AvtoVAZ », Reuters, 27 juin 2014.
  21. « Renault : la recapitalisation d'Avtovaz se précise », sur Boursier.com (consulté le 12 octobre 2016).
  22. « L'alliance Renault-Nissan n'évoluera pas tant que l'État sera au capital », sur Boursier.com, .
  23. (en) Yoko Kubota et Laurence Frost, « Renault-Nissan expands Mitsubishi cooperation », Reuters, 5 novembre 2013.
  24. « Renault et Nissan accélèrent leur intégration ».
  25. Denis Cosnard, « Nissan met la main sur son rival Mitsubishi », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  26. Alain-Gabriel Verdevoye, « Ce que Mitsubishi apporte à Renault-Nissan », Challenges,‎ (lire en ligne).
  27. « Renault : acquisition de Sylpheo par Renault-Nissan ».
  28. Pierrick Bourgeois, « L’Alliance Renault-Nissan va commercialiser 12 modèles de voitures électriques d’ici 2022 », Daily Geek Show,‎ (lire en ligne).
  29. http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/infos-conseils-valeurs/infos/l-alliance-renault-nissan-a-vendu-8-5-mlns-de-vehicules-en-2014-1029159.php
  30. « L'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, numéro un auto mondial », Challenges,‎ (lire en ligne).
  31. Éric Béziat, « Automobile : Nissan, l’allié de Renault, à la peine en 2018 », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  32. « Dans le Mississipi, Renault-Nissan contre les droits syndicaux », Libération.fr,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]