Festival de Cannes 1939

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Le festival de Cannes 1939, ou Festival International du Film de Cannes 1939, devait être la première édition du Festival International du Film de Cannes, lancé par le gouvernement français pour s'opposer à la Biennale du cinéma vénitienne, dont l'édition de 1938 avait été dirigée par les fascistes et les nazis[1]. Prévu pour se dérouler en septembre 1939[2], le festival n'a pas eu lieu en raison de la déclaration de guerre du Royaume-Uni et de la France à l'Allemagne nazie le , marquant l'entrée de la France dans la Seconde Guerre mondiale. La véritable première édition du festival est celle de 1946, organisée après la fin du conflit.

Histoire[modifier | modifier le code]

La France ressent dès l'exposition universelle de 1937 le désir de consolider son prestige culturel en organisant une compétition internationale de films. À la fin des années 1930, choqués par l’ingérence des gouvernements fascistes allemand et italien dans la sélection des films de la Mostra de Venise — inaugurée en août par le docteur Joseph Goebbels —, Philippe Erlanger (directeur de l'Association française d'action artistique) et les critiques de cinéma Émile Vuillermoz et René Jeanne (tous trois membres du jury international de la Mostra) soumettent à Jean Zay, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, l'idée d'un festival international de cinéma, politiquement indépendant, en France[3]. Jean Zay, intéressé par la proposition, donne une réponse favorable le 26 décembre 1938[4] et est encouragé par les Américains et les Britanniques qui ont boycotté la Mostra de Venise : Harold Smith, représentant à Paris de la Motion Picture Association of America et Neville Kearney, délégué officiel du cinéma britannique en France, s'engagent à soutenir ce « festival du monde libre » et à y amener des vedettes[5]. Le festival se veut un partenariat franco-américain qui crée le plus grand marché du film mondial[6]. Plusieurs villes sont candidates, notamment Vichy, Biarritz, Lucerne, Ostende, Alger et Cannes, dont Henri-Georges Clouzot apprécie l’agrément et l’ensoleillement. Le comité de coordination composé des représentants des différents ministères concernés par le festival, après avoir étudié les atouts de chaque ville et envoyé ses représentants sur place, retient finalement Cannes. Deux personnalités cannoises, les directeurs de palaces Henri Gendre, propriétaire du Grand Hôtel, et Jean Fillioux, propriétaire du Palm Beach, ont en effet mis en avant leurs chambres, leurs équipements ainsi qu’une salle de projection pouvant accueillir un millier de spectateurs. De plus, la ville de Cannes s'est engagée à augmenter sa participation financière à 600 000 francs, à mettre à la disposition du comité ses salles de réception et a promis de construire un palais spécialement dédié au festival[7].

Philippe Erlanger est le premier délégué général du Festival[8].

Louis Lumière aurait dû être le président de la première édition du Festival.

En juin 1939, Louis Lumière accepte d'être le président de la première édition du Festival qui doit se dérouler du 1er au 20 septembre. Il avait alors déclaré vouloir « encourager le développement de l’art cinématographique sous toutes ses formes et créer entre les pays producteurs de films un esprit de collaboration ». La sélection française est arrêtée et comprend L'Enfer des anges de Christian-Jaque, La Charrette fantôme de Julien Duvivier, La Piste du nord de Jacques Feyder et L'Homme du Niger de Jacques de Baroncelli.

Parmi les films étrangers, on retrouve Le Magicien d'Oz de Victor Fleming, Pacific Express (Union Pacific) de Cecil B. DeMille, Au revoir Mr. Chips (Goodbye Mr Chips) de Sam Wood et Les Quatre Plumes blanches (The Four Feathers) de Zoltan Korda.

Le peintre Jean-Gabriel Domergue, cannois par adoption, crée la célèbre affiche du 1er Festival[9].

Dès le mois d'août, les vedettes affluent et la Metro-Goldwyn-Mayer affrète un paquebot transatlantique pour amener les stars d'Hollywood : Tyrone Power, Gary Cooper, Annabella, Norma Shearer et George Raft. On prévoit des fêtes ; inspirés par le film Quasimodo, les Américains projettent de construire une réplique de Notre-Dame de Paris sur la plage de Cannes[8]. Le 1er septembre, jour de l'ouverture, les troupes allemandes pénètrent en Pologne, et le Festival est annulé.

Le Festival de 1939 n'ayant pas vraiment eu lieu[10], c'est le 26 mai 2002, que le « jury 1939 », sous la présidence de Jean d'Ormesson, décerne la Palme d'Or 1939 au film de Cecil B. DeMille Pacific Express. Le film n'avait jamais été projeté mais avait été proposé par la sélection américaine au cours du Festival International du Film qui aurait dû se dérouler du 1er au 20 septembre 1939. Néanmoins, le jury a tenu à rendre hommage à deux espoirs féminin : Judy Garland pour le film Le Magicien d'Oz et Michèle Morgan pour le film La Loi du Nord. Le jury complet de 2002 pour le festival de 1939 était constitué d'Alberto Barbera, Ferid Boughedir, Raymond Chirat, Dieter Koslick et Lian Van Leer[1],[11].

Films pressentis[modifier | modifier le code]

Affiche du film Le Magicien d'Oz de Victor Fleming qui aurait dû faire partie de la sélection du 1er festival avorté en 1939.

États-Unis[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

Luxembourg[modifier | modifier le code]

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

Suède[modifier | modifier le code]

Tchécoslovaquie[modifier | modifier le code]

U.R.S.S.[modifier | modifier le code]

Jury[modifier | modifier le code]

  • Président du Comité d'Organisation : Georges Huisman Directeur Général des Beaux-Arts
  • Président d'Honneur : Louis Lumière Membre de l'Institut
  • Président : Jean Zay Ministre de l'Éducation National et des Beaux-Arts[12]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.cannes.com/fr/culture/cannes-et-le-cinema/le-festival-de-cannes/histoire-du-festival-de-cannes/de-1939-a-nos-jours/la-naissance-du-festival-de-cannes-en-1939.html
  2. http://www.histoire.presse.fr/actualite/infos/jean-zay-president-effectif-du-premier-festival-cannes-1939-21-05-2013-55260
  3. Chronique du Cinéma, Paris, Chroniques, , 24 p.
  4. Commune de Cannes, « Cinéma et Festival international du film » (consulté le 16 mai 2012)
  5. (en) Marijke de Valck, Film festivals : from European geopolitics to global cinephilia, Amsterdam University Press, , 276 p. (lire en ligne), p. 48
  6. (en) Vanessa Schwartz, It's So French! Hollywood, Paris, and the Making of Cosmopolitan Film Culture, Chicago, The University of Chicago Press, , 259 p.
  7. Loredana Latil, Le festival de Cannes sur la scène internationale, Nouveau monde, , p. 38
  8. a et b [vidéo] Institut national de l'audiovisuel, « 60 ans de Festival de Cannes », (consulté le 9 juin 2007)
  9. Alomée Planel, 40 ans de Festival. Cannes, le cinéma en fête, Londreys, , p. 26
  10. Voir le site http://www.cannes.com/fr/culture/cannes-et-le-cinema/le-festival-de-cannes/histoire-du-festival-de-cannes/de-1939-a-nos-jours/la-naissance-du-festival-de-cannes-en-1939.html
  11. http://www.cineartistes.com/festival-Festival+de+Cannes+1939.html?PHPSESSID=4cca3ed5508f341700dd4b525a5f38cc
  12. a et b Le livre d'or du 65e Festival de Cannes