Pascale Ferran

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Pascale Ferran

Naissance (55 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Réalisatrice
Films notables Petits Arrangements avec les morts,
Lady Chatterley
Bird People

Pascale Ferran est une réalisatrice française, née le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une première tentative manquée[1], Pascale Ferran intègre l'IDHEC, ancêtre de La Fémis, en 1980[1] où elle rencontre Arnaud Desplechin, Éric Rochant[1] et Pierre Trividic. Elle est diplômée de l'école en 1983[1].

De 1983 à 1990, elle travaille régulièrement soit comme assistante à la télévision, soit comme coscénariste. Pour le cinéma, avec Jean-Pierre Limosin, Philippe Venault ou Arnaud Desplechin, ou pour les vidéocréations de Pierre Trividic.

Elle obtient plusieurs prix internationaux pour son dernier court métrage, Le Baiser, en 1990.

En 1994, son premier long métrage Petits Arrangements avec les morts est salué par la critique, reçoit la Caméra d'or au Festival de Cannes[1] et obtient un succès public inattendu.

En 1995, elle écrit, avec Anne-Louise Trividic, un film pour les jeunes élèves comédiens du Théâtre national de Strasbourg, qu'elle tourne avec eux au printemps. Arte Fiction rentre dans le financement du film qui s'appellera : L'Âge des possibles. D'abord diffusé sur Arte en mai 1996, le film sort en salles le lendemain après avoir été récompensé par le Grand Prix du jury du Festival Entrevues et le Prix Fipresci, ex-aequo à la Mostra de Venise. Il obtient ensuite deux 7 d'Or, celui du meilleur téléfilm et du meilleur réalisateur.

En 1999, la réalisation du doublage en français d'Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick lui est confiée, juste après la mort du cinéaste.

En 2000, elle réalise en Floride un documentaire Quatre jours à Ocoee sur les séances d'enregistrement d'un disque de jazz avec Sam Rivers (au saxophone) et Tony Hymas (au piano). Le disque "Winter Garden" est produit par Jean Rochard pour Nato.

En 2003, elle doit renoncer deux mois avant le début du tournage et après des mois de préparation, à la réalisation d'un long métrage, Paratonnerre (un conte fantastique contemporain écrit avec Pierre Trividic), faute d'avoir trouvé les financements nécessaires, en particulier en provenance des télévisions en clair.

Son troisième long métrage, Lady Chatterley, est une adaptation de Lady Chatterley et l'homme des bois, deuxième version du célèbre roman de D.H. Lawrence : L'Amant de Lady Chatterley (qui est la troisième version, considérée comme définitive par l'auteur). Le film lui-même donne lieu à deux versions distinctes. Une version pour le cinéma, d'une durée de 2 h 47, et une autre, en deux parties de 1 h 45 et 1 h 40, pour Arte, diffusée le 22 juin 2007, qui obtient à cette occasion sa meilleure audience de l'année. Le film sort en salles, le 1er novembre 2006. Il est récompensé par le prix Louis-Delluc, puis par celui des auditeurs du Masque et la Plume, sur France Inter. Il obtient en février 2007 cinq Césars : celui de la meilleure actrice pour Marina Hands, de la meilleure adaptation et du meilleur film; ainsi que deux César techniques : meilleure image pour Julien Hirsch et meilleurs costumes pour Marie-Claude Atlot. En mai 2007, Marina Hands obtient le prix d'interprétation féminine au Festival du film de TriBeCa à New-York. Le film a une importante carrière à l'international où il est vendu dans plus de 25 pays.

En mai 2007, elle préside le jury de la sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes.

En 2014, son film Bird People, avec Anaïs Demoustier et Josh Charles, est présenté dans la sélection Un certain regard du festival de Cannes, ainsi qu'au festival international de Toronto. Il rencontre un vif succès critique, sans pour autant rencontrer complétement son public, contrairement à ses films précédents.

En 1997, elle est à l'initiative, avec Arnaud Desplechin, du Manifeste des 66 cinéastes qui appelle à la désobéissance civile contre les lois Debré criminalisant les personnes qui hébergent des étrangers en situation irrégulière.

En février 2007, lors de la cérémonie de remise des Césars, elle s'exprime sur la situation de crise que traverse le cinéma d'auteur français[2]. Tranchant à la fois avec les traditionnels et souvent lénifiants discours de remerciements ou avec la maladresse des intermittents invités à s'exprimer durant ce genre de soirées, elle s'interroge pendant plus de cinq minutes sur la précarisation des intermittents du spectacle, le système de financement du cinéma français (et son corollaire : la menace portée sur les films dits « du milieu », ces films d'auteur d'un budget intermédiaire, ni trés riche, ni trés pauvre), ainsi que sur le rapport entre public, créateurs et décideurs. Le discours, par sa douce audace et sa qualité pédagogique, sera repris en intégralité les jours suivants par de nombreux journaux (Le Monde, Les Cahiers du cinéma, Libération, Studio Magazine, Les Inrockuptibles) jusqu'à devenir l'« appel du 24 février ». L'hebdomadaire Marianne y voit « un modèle de retenue pédagogique. Ni diatribe ni leçon de morale, il alarme sans accuser. Truffé de «peut-être», «un tout petit peu», son propos ciblait en réalité, avec une implacable méthode, l'acheminement dangereux de la culture vers un loisir exclusivement de masse »[3].

Dans la foulée de son discours des César, elle cree le Club des 13 avec les réalisateurs Claude Miller et Jacques Audiard, les producteurs Denis Freyd et Patrick Sobelman, la distributrice Fabienne Vonier, ainsi qu'une scénariste, des exploitants de salles indépendantes et un exportateur de films à l'étranger. La cinéaste souligne que « tous ne se connaissaient pas et avaient de bonnes raisons de ne pas arriver à s’entendre tant les relations sont devenues tendues entre les secteurs, y compris au sein du cinéma indépendant »[4]. Mais cela n'empêche pas le groupe de se réunir (bénévolement) plusieurs fois par mois et pendant plus d’un an, au CNC, dans le but d'identifier, de confronter et de tenter d'apporter des solutions aux problèmes rencontrés tout au long de la vie d'un film, de son écriture à sa distribution en salles en France ou à l'étranger [5]. Ces travaux ont donné lieu à un rapport de 190 pages, intitulé « Le milieu n’est plus un pont mais une faille », qui pointe les problèmes de financement des films à moyen budget[6]. Le rapport a été remis à Véronique Cayla, directrice à l'époque du CNC, ainsi qu'à Christine Albanel, ministre de la Culture[7],[8]. La Ministre de la Culture missionne le CNC pour engager rapidement une négociation inter-professionnelle à partir des propositions du Club des 13 sur la Production. Cela aboutit à un certain nombre de réformes, favorables au cinéma d'auteur, en particulier du Fonds de Soutien automatique Production, géré par le CNC, ainsi qu'une augmentation conséquente de l'Avance sur Recettes, les années suivantes.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisatrice
Lady Chatterley et l'homme des bois, adaptation du précédent en téléfilm en deux parties pour Arte
  • 2014 : Bird People, scénario Pascale Ferran et Guillaume Bréaud
Scénariste et adaptatrice

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Petits Arrangements avec les morts : Caméra d'Or, Cannes 1994 - Grand Prix du festival francophone de Namur.
  • L'Âge des possibles : Grand Prix du Festival de Belfort 96 - Prix Fipresci à la Mostra de Venise - 7 d'or du Meilleur Téléfilm, 7 d'Or du Meilleur Réalisateur.
  • Lady Chatterley : Prix Louis-Delluc 2006, Prix des auditeurs du Masque et la Plume, Lumière (Prix de la presse étrangère) du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice pour Marina Hands, 5 Césars 2007 : Meilleur Film, Meilleure Actrice, Meilleur Scénario (adaptation), Meilleure Image, Meilleurs Costumes.
  • Lady Chatterley et l'homme des bois : Fipa d'Or de la Meilleure Musique pour Béatrice Thiriet.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]