Entrevernes

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Entrevernes
Vue du village d'Entreverneset la vallée de l'Eau Morte.
Vue du village d'Entrevernes
et la vallée de l'Eau Morte.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Arrondissement d'Annecy
Canton Canton de Seynod
Intercommunalité Grand Annecy
Maire
Mandat
Philippe Monmont
2014-2020
Code postal 74410
Code commune 74111
Démographie
Gentilé Entrevernains
Population
municipale
223 hab. (2014)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 47′ 46″ nord, 6° 11′ 21″ est
Altitude Min. 729 m – Max. 1 775 m
Superficie 8,31 km2
Localisation

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Entrevernes est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune d'Entrevernes occupe la petite vallée située entre deux crêtes parallèles entre le roc des Bœufs (1 744 m) et le Taillefer (1 651 m)[1], à l'aval du col de la Cochette. Une route carrossable la relie au hameau de Dhéré, sur la commune de Duingt, puis au-delà au village principal de Duingt. L'autre côté de la vallée, uniquement praticable en randonnée, débouche sur la commune de Bellecombe-en-Bauges.

La commune est membre du parc naturel régional du massif des Bauges[2].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Duingt Rose des vents
Saint-Eustache
La Chapelle-Saint-Maurice
N Lathuile
O    Entrevernes    E
S
Bellecombe-en-Bauges (Savoie)

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Entrevernes viendrait de sa position entre les deux versants du Taillefer et du Roc des Bœufs, « entre les vernes », recouverts de bois d'aulne dit vernes[3],[4].

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Êtrèvêrne, selon la graphie de Conflans[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Création de la commune[modifier | modifier le code]

Les hameaux de Bourgeal, détaché de Dhéré (aujourd'hui Duingt), et celui d’Entrevernes, séparé de Lathuile, deviennent une paroisse indépendante le 23 septembre 1717[6].

Entrevernes est créée à partir des communes de Duingt et de Lathuile en 1741[7],[8].

L'exploitation de la mine[modifier | modifier le code]

Un affleurement de lignite - appelé parfois de charbon de secours - est découvert en avril 1794 par des paysans, à la suite d'un glissement de terrain au lieu-dit les Molières, et semble avoir un certain potentiel[9].,[10]. Après estimation, il s'avère que le gisement s'étend sur 12 km et affleure à plusieurs endroits sur une faible épaisseur. Dans un contexte d'un duché de Savoie nouvellement intégré à la France révolutionnaire, la mine est rapidement exploitée pour les besoins militaires[11]. Devant le manque de main-d’œuvre, des prisonniers de guerre sont utilisés pour l’exploitation de la houille[12].

L'industriel annécien Jean Alexis Collomb, et ses associés dont son gendre François Ruphy, obtient en mai 1795 la concession pour cinquante ans, créant ainsi la Société des Mines d’Entrevernes et permet d'alimenter les fabriques de la ville d'Annecy[9],[13].

Le géologue Dolomieu inspecte la mine en 1796[14].

Jusqu'en 1812, une quarantaine d'ouvriers sont employés, produisant environ 500 tonnes de charbon annuellement. À partir de 1819, la production annuelle double à 1 000 tonnes jusqu'en 1880. La production est descendue par traîneaux puis par chariots sur un chemin en direction du village de Lathuile — on peut encore par endroit observer les traces laissées par les convois le long de la montagne sur le chemin pavé « de la mine ». Elle est ensuite embarquée sur des bateaux à voile en direction de la ville d'Annecy[15]. La mine reste en activité jusqu'aux alentours de 1928[10].

La mine est relancée de 1941 à 1948 pour alimenter les fours à gaz des industries (forges de Cran) et pour le chauffage des habitations. La mine est définitivement fermée en 1948[16].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Situation administrative[modifier | modifier le code]

Entrevernes est une commune du département de la Haute-Savoie, située dans le canton de Seynod, dans l'arrondissement d'Annecy[17]. Elle était membre avec l'ensemble des communes de la partie ouest du « grand lac », aussi dénommée dans le passé « rive gauche » et actuellement « rive ouest », de la communauté de communes de la rive gauche du lac d'Annecy, remplacée le par le Grand Annecy. Les communes qui la composait sont La Chapelle-Saint-Maurice, Entrevernes, Leschaux, Saint-Eustache, Saint-Jorioz et Sevrier.

La commune appartient à la deuxième circonscription de la Haute-Savoie.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2014 André Corboz ... ...
mars 2014 en cours
(au 30 avril 2014)
Philippe Monmont    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Ses habitants sont les Entrevernais [7].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[19],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 223 habitants, en augmentation de 10,4 % par rapport à 2009 (Haute-Savoie : 7,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
339 337 414 384 452 420 442 441 441
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
404 393 330 403 316 322 295 268 263
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
228 205 194 181 152 145 153 146 135
1982 1990 1999 2007 2011 2014 - - -
146 179 168 196 211 223 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[20] puis Insee à partir de 2006[21].)
Histogramme de l'évolution démographique

Santé[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Radios et télévisions[modifier | modifier le code]

La commune est couverte par des antennes locales de radios dont France Bleu Pays de Savoie, ODS Radio… Enfin, la chaîne de télévision locale TV8 Mont-Blanc diffuse des émissions sur les pays de Savoie. Régulièrement, l'émission La Place du village expose la vie locale du bassin annécien. France 3 et sa station régionale France 3 Alpes peuvent parfois relater les faits de vie de la commune.

Presse et magazines[modifier | modifier le code]

La presse écrite locale est représentée par des titres comme Le Dauphiné libéré, L'Essor savoyard, Le Messager - édition Genevois, le Courrier savoyard.

Économie[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

En 2014, la capacité d'accueil de la commune, estimée par l'organisme Savoie Mont Blanc, est de 273 lits touristiques répartis dans 55 établissements[Note 2], dont 6 meublés[22].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Pierre-aux-Liens ou église Saints-Pierre-et-Paul, construite en 1825 en remplacement d'une église de 1717, dans un style néoclassique sarde selon les plans de l'architecte Ruphy[23] (réfection de la toiture faite en 2010). Deux cloches fondues en 1888 par la fonderie Paccard.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune fait partie du parc naturel régional du massif des Bauges[2]. Une partie est d'ailleurs classée dans la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type I du roc des Bœufs et de la montagne d'Entrevernes[24].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Jean-Bernard Challamel, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes. Le Genevois et Lac d'Annecy (Tome III), Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 2-7171-0200-0), p. 21-25, « Les cantons d'Annecy - Annecy-le-Vieux - Seynod », pp. 155-156 « Entrevernes ».

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. La structure Savoie Mont Blanc, pour ces données statistiques de capacité d'accueil en termes de lits touristiques d'une station ou d'une commune, additionne les établissements marchands, qui appartiennent au secteur de l'hôtellerie, et les hébergements non marchands, qui n'impliquent donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires[22].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien Dorize, Éléments de géographie physique, Éditions Bréal, , 463 p. (ISBN 978-2-74950-205-2), p. 282.
  2. a et b Antoine Reille, Guide des parcs naturels régionaux : Le patrimoine naturel, la vie traditionnelle, Delachaux et Niestlé, , 319 p. (ISBN 978-2-60301-151-5), p. 199.
  3. Jean-Marie Jeudy, Les mots pour dire la Savoie : Et demain, j'aurai autre chose à vous raconter, La Fontaine de Siloé, coll. « Savoie proche », (ISBN 978-2-84206-315-3), p. 516.
  4. D'après Henry Suter, « Entrevernes », Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, sur henrysuter.ch, Henry Suter, 2000-2009 (consulté le 16 septembre 2015).
  5. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 12
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  6. Dominique Barbero, Haute-Savoie, vol. 74 (Paroisses et communes de France), Éditions du C.N.R.S., , 422 p. (ISBN 978-2-22202-688-4), p. 184.
  7. a et b « Entrevernes », Accueil > Ressources > Communes, sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté le 25 juin 2016), Ressources - Les communes.
  8. La Rédaction du DL, « Le village d'Entrevernes », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne).
  9. a et b Centre alpin et rhodanien d'ethnologie, Le Monde alpin et rhodanien, 1987, p. 13
  10. a et b Christian Abry, Roger Devos et Henri Raulin, Les sources régionales de la Savoie : une approche ethnologique, alimentation, habitat, élevage, Fayard, , 661 p., p. 37.
  11. Justinien Raymond, La Haute-Savoie sous la IIIe République : histoire économique, sociale et politique, 1875-1940, Atelier national de reproduction des thèses, (ISBN 2-903528-25-X), p. 282.
  12. Hugues Marquis, « La Convention et les prisonniers de guerre des armées étrangères », Histoire, économie & société 3/2008 (27e année), p. 65-81.
  13. Constant Bortoli (de), Histoire de Menthon-Saint-Bernard, Académie salésienne, , 573 p. (ISBN 978-2-90110-224-3), p. 357.
  14. Jean Gaudant, Dolomieu et la géologie de son temps, Presses des MINES, , 199 p. (ISBN 978-2-91176-260-4), p. 19.
  15. Académie florimontane, Revue savoisienne (Volume 82), 1941.
  16. Article"Lathuile, le berceau familial de saint François de Sales", paru dans l'édition du du Dauphiné libéré.
  17. Code officiel géographique d'Entrevernes sur le site de l'Insee, consulté le 16 septembre 2015.
  18. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  20. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  21. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  22. a et b « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com, (consulté en janvier 2015) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2014, .xlsx) ».
  23. Françoise Dantzer, Les Bauges : Terre d'art sacré, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », (ISBN 978-2-8420-6272-9), p. 70.
  24. « Portail des données communales », Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement.