Déodat Gratet de Dolomieu

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Déodat Gratet de Dolomieu
Deodat de Dolomieu.jpg

Déodat Gratet de Dolomieu

Naissance
Décès
Nationalité
Activités
géologue, minéralogiste, volcanologue +

Dieudonné Sylvain Guy Tancrède Gratet de Dolomieu dit Déodat Gratet de Dolomieu, né le [1],[n 1] au château des Gratet de Dolomieu, et mort le au château de Curbigny en Charolais, commune de Châteauneuf (en Saône-et-Loire) est un commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, géologue et minéralogiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dolomieu est un village situé en Isère, près de La Tour-du-Pin, dans la région de Grenoble. C’est au château des Gratet de Dolomieu que naît le 24 juin 1750 Dieudonné Sylvain Guy Tancrède dit Déodat Gratet de Dolomieu. Son père, marquis de Dolomieu, aura sept enfants : six garçons et une fille, il était le quatrième enfant[2].

Formation[modifier | modifier le code]

À 22 ans, après avoir suivi les cours de chimie de Jean-Baptiste Thyrion, apothicaire major à l'hôpital militaire, à Metz où il est en garnison dans un régiment de carabiniers, il fait la connaissance du duc Alexandre de La Rochefoucauld, colonel au régiment de la Sarre et membre de l'Académie des sciences, qui l'initie à la minéralogie et à la géologie[2]. En 1775, il en Bretagne et en Anjou, il commence à travailler sur la formation du salpêtre dans les mines de Bretagne. De retour à Paris, il fait la connaissance de Louis Jean-Marie Daubenton dont il sera nommé, en août 1778, son correspondant à l'Académie des sciences.

Dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Son père présentera à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Déodat dès son baptême[3] ou à l'âge de deux ans[2], il deviendra page en 1761 ou 1762[3], il fera son noviciat en 1766[2]. Pendant sa formation de chevalier en faisant ses caravanes en 1768, il se bat en duel lors d'une escale à Gaeta et tue une autre de ses camarades novices. Il est condamné par l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à la réclusion à perpétuité. Mais grâce à l'intervention du cardinal Torrigni au nom du pape Clément XIII et du duc de Choiseul représentant Louis XV, il ne fera que neuf mois de forteresse. Il sera réintégré dans l'Ordre en mars 1769[2]. En 1776, réformé du régiment de carabiniers, Dolomieu retourne à Malte. Il accompagne au Portugal, comme secrétaire, Camille de Rohan qui y est nommé ambassadeur de l'Ordre.

Ce n'est qu'en 1778 qu'il prononcera ses vœux de chevalier de Malte à Lyon[n 2]. Il recevra la charge d'une commanderie en 1780, la commanderie de Sainte-Anne, près d'Eymoutiers (dans la Haute-Vienne d'aujourd'hui), commanderie qui lui procurera des revenus substantiels[2].

En 1783, le commandeur Dolomieu est nommé lieutenant général de l'Ordre et gouverneur de La Valette. Rapidement il va rentrer en conflit avec le grand maître Emmanuel de Rohan-Polduc ainsi qu'avec le roi de Naples. Il démissionne rapidement de sa charge et part pour l'Italie. En 1786, il se porte candidat au conseil de l'Ordre, mais sa candidature échouera, il s'est fait trop d'adversaires[2].

En 1792, la confiscation de tous les biens de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem par la Révolution le prive de tous ses revenus de sa commanderie. Pendant la Terreur, qu’il décrit comme « une tempête affreuse, environnés d’écueils et de débris de naufrages[4] », il séjourne à La Roche-Guyon auprès de la duchesse de La Rochefoucauld et la duchesse d'Enville[2].

Travaux[modifier | modifier le code]

Pendant son séjour à Lisbonne, il y fait ses premières observation du basalte, un « produit du feu » jugera-t-il. Il posera la question de la relation possible entre volcans et tremblements de terre. Il écrit à Faujas de Saint-Fond plusieurs lettres sur ce sujet que ce dernier publiera dans ses Recherches sur les volcans éteints du Vivarais et du Velais[2]. En 1781, il se rend en Italie, où il étudie l’Etna, le Stromboli et le Vulcano. Il publie ses travaux en 1783, Voyage aux îles de Lipari et en 1784, Mémoire sur les volcans éteints du Val di Noto en Sicile[2].

Il est aidé dans ses travaux de géologie par Nicolas de Saussure, qui analyse les échantillons prélevés au cours des recherches. Dolomieu décrit ainsi plusieurs minéraux comme l’analcime, le psilomélane (en), le béryl, l’émeraude, la celestite et même l’anthracite.

En 1791, Dolomieu publie dans le Journal de physique un article intitulé « Sur un genre de pierres calcaires très peu effervescente avec les acides et phosphorescentes par la collision ». Il a découvert cette roche dans les Alpes et en envoie quelques échantillons à de Saussure à Genève pour analyse. C’est ce savant suisse qui tranchera en faveur du nom « dolomie », en hommage à son découvreur en mars 1792, dans un courrier qu’il adresse à Dolomieu. Le nom de « Dolomites » sera ensuite donné vers 1876 à la région des Alpes italiennes. En 1795, il est élu membre de l'Académie des sciences et enseigne à l'école des mines, professant un cours sur la géographie physique et les gisements minéraux[5].

La Campagne d’Égypte[modifier | modifier le code]

Dolomieu aura une fin de vie agitée. Il participe à la campagne d'Égypte. Sur le chemin de l'aller, Bonaparte s'arrête à Malte et s'en empare. C'est Dolomieu, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, qui est chargé, bien malgré lui, d'en négocier la reddition. Après quelques travaux scientifiques sur le Nil, il demande son retour en France pour mésentente avec Bonaparte. Mais il est capturé en Calabre et emprisonné en Sicile pendant 21 mois pour d’obscures raisons de conflits politiques avec l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il ne recouvre la liberté que le après la victoire des armées françaises à Marengo (il fait partie des prisonniers libérés par le traité de Florence). Très affecté par cette incarcération, il meurt le .

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

L'annonce de ce décès à celui qui fut son élève à l'École des mines de Paris incita Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent à nommer en son hommage « cratère Dolomieu » le principal cratère du Piton de la Fournaise, volcan de la Réunion qu'il était en train d'explorer[6]. Lacépède prononça en 1809 son Éloge à l'Institut de France. En 1879, la rue Dolomieu dans le 5e arrondissement de Paris prend son nom en hommage. L'ancien institut Dolomieu, institut de géologie de l'université Joseph Fourier installé sur les hauteurs de Grenoble (près de la Cité universitaire du Rabot et de la Bastille) était également nommé en son honneur.

Principales publications[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Suivant les sources, il serait né le 23 ou 24 juin 1750, il est possible qu'il soit né le 23 et baptisé le 24.
  2. Plutôt qu'à Lyon qui ne sera prieuré de la langue d'Auvergne qu'en 1787, c'est certainement à Bourganeuf alors prieuré de la langue d'Auvergne qu'il prononcera ses vœux de chevalier

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lacépède, « Notice Historique sur la vie et sur les ouvrages de Dolomieu » dans Les Cahiers des sciences et des arts, Paris, 17 messidor an X, p.222
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Jean Gaudant, « Déodat de Dolomieu (1750-1801) » dans ABC Mines, mai 2008, bulletin n°29
  3. a et b Louis de la Roque, Catalogue des chevaliers de Malte, Alp. Desaide, Paris, 1891, colonne 109
  4. Cité par Nicole et Jean Dhombres, Naissance d’un nouveau pouvoir : sciences et savants en France, 1793-1824, Payot, Paris, 1989. (ISBN 2-228-88107-4)
  5. Il a notamment pour élève Louis Depuch, futur membre de l'expédition Baudin en Nouvelle-Hollande (Australie)
  6. Enis Rockel, Z'histoires de la Réunion, Télé Réunion, 10 août 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]