Musée des antiquaires de Normandie

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Musée des antiquaires de Normandie
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Le musée des antiquaires de Normandie est un ancien musée du centre-ville ancien de Caen, dans l'actuelle région Normandie. Aménagé à partir de 1854 dans une partie de l'ancien collège du Mont afin d'accueillir les collections archéologiques de la Société des antiquaires de Normandie, il est ouvert au public entre 1860 et 1944. Bien qu'il n'ait plus d'existence physique, ses collections étant en grande partie déposées au musée de Normandie, le musée a reçu le label Musée de France[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le musée de 1854 à 1944[modifier | modifier le code]

La Société des antiquaires de Normandie est fondée en 1824[2]. Elle reçoit dès l'origine diverses pièces archéologiques entreposées dans le pavillon des sociétés savantes[3]. L’idée d'ouvrir un véritable musée, dans le Palais ducal de l'ancienne abbaye aux Hommes ou l'ancienne église Saint-Étienne-le-Vieux[3], émerge pour la première fois en 1843[4]. Les collections allant en s'accroissant (legs de Pierre-Aimé Lair en 1853, résultat des fouilles de Vieux-la-Romaine et de Jort en 1854)[4], le besoin d'un local dédié aux collections se fait plus pressant et une commission est constituée pour étudier sérieusement le projet[3]. Elle envisage d'utiliser l'église Saint-Gilles de Caen qui doit être sécularisée[3]. Mais finalement en 1854, le préfet Tonnet lègue à la Société des antiquaires de Normandie une partie des bâtiments de l'ancien collège du Mont[3], laissés vides par le transfert de l'administration préfectorale dans l’hôtel de préfecture du Calvados terminé en 1851[5].

Les collections sont déménagées dans les locaux en 1854-1855[3]. En 1855, une cheminée Renaissance, en provenance du 28 rue Saint-Jean et datant de 1568, est transférée dans l'une des salles du rez-de-chaussée[6],[7]. En 1857, la façade d’une maison du XVIe siècle provenant de la rue des Capucins (actuelle rue Caponière) est remontée dans la cour du musée des Antiquaires[3]. Le porche du XIIIe siècle de l’ancien Hôtel-Dieu de Caen, démoli dans les années 1830, est également remonté à côté de la façade du XVIe siècle[3] ; cet ensemble est inscrit au titre des monuments historiques le [8]. Le musée ouvre au public en 1860[4].

Au début du XXe siècle, les collections de moulages de sculptures gallo-romaines et médiévales du musée de la Société française d'archéologie, ouvert en 1855 dans l’ancienne chapelle des jésuites du collège du Mont située au premier étage des bâtiments donnant sur la rue Arcisse de Caumont[9], sont cédées au musée des antiquaires[3]. En 1926, les fragments architecturaux entreposés dans l’église Saint-Étienne-le-Vieux sont également déposés dans les collections du musée[3]. À la suite de divers dépôts, le musée apparaît juste avant guerre comme beaucoup plus encombré que figuré sur les cartes postales anciennes connues, datées pour une grande partie d'entre elles du début du XXe siècle.

Le musée était constitué de quatre salles sur deux niveaux[3] :

  • au rez-de-chaussée, deux salles dites du pilori et de la cheminée pour les collections lapidaires ;
  • au premier étage, la salle du trépied pour les collections archéologiques et salle des séances, avec, jusqu'en 1914, la bibliothèque de la société.

Les collections depuis 1944[modifier | modifier le code]

Porche de l'ancien Hôtel-Dieu de Caen à son emplacement actuel.

Le musée de la Société des antiquaires de Normandie est très endommagé pendant la bataille de Caen. Le musée perd portes et fenêtres lors de la bataille de Caen, et reste ainsi pendant près de six mois ; à l'issue de cette période, durant laquelle de nombreux vols seront constatés par la suite, le musée est muré pour sauvegarder ce qui peut l'être encore.

En outre, certains éléments des collections archéologiques, qui avaient été transférés à Falaise en 1941, ont également été détruits[10].

Les locaux du musée sont sécurisés entre 1949 et 1951 sans rouvrir au public. Les collections s'enrichissent des fragments lapidaires récupérés dans les ruines après le bombardement de la ville[3]. Mais inversement, une grande majorité des collections, essentiellement celles du XVIe au XVIIIe siècles[4], est volée avant que les locaux ne soient restaurés. Le musée, qui reste fermé au public, est inadapté et trop exigu[3]. Pendant la Reconstruction de Caen, on prend la décision de prolonger la rue de Bras à travers la cour du collège, ce qui nécessite le déplacement de la façade du XVIe siècle inscrite aux monuments historiques[3]. À partir de , la façade est donc déposée pour être remontée ensuite sur un mur aveugle de la place Pierre-Bouchard[11]. Malheureusement, les lucarnes sont détruites par inadvertance par l’entreprise chargée des travaux[11]. L’ancien porche de l’Hôtel-Dieu, sauvé quant à lui in extremis, est remonté sur la façade du musée[3]. Les collections sont déplacées dans l'ancienne collégiale du Saint-Sépulcre de Caen en 1963 à l'exception de la grande cheminée du XVIe siècle, remontée dans une salle de l'hôtel d'Escoville, et du porche de l’Hôtel-Dieu, trop fragile, qui reste donc le seul élément demeuré sur place[3].

En 1983, la société des antiquaires de Normandie, qui n'a pas les moyens de gérer ses fonds, signe une convention avec la ville de Caen et les collections archéologiques sont déposées au musée de Normandie[4]. Une partie des collections est également exposée au Musée archéologique de Vieux-la-Romaine[12].

Conservateurs[modifier | modifier le code]

  • Charles Gervais de 1845 à 1878 ;
  • Lavalley-Duperroux de 1878 à 1885 ;
  • Charles Ruault du Plessis de 1885 à 1887 ;
  • Fernand Huard de 1887 à 1930 ;
  • Louis Gosselin après 1930.

Collections[modifier | modifier le code]

Bien que la collection des antiquaires ait été amputée par des pertes lors des bombardements de la bataille de Normandie et les pillages liés au désordre consécutif ayant suivi, elle reste riche de nombreux objets issus de fouilles archéologiques depuis le XIXe siècle, d'un médaillier d'environ 6 000 monnaies et d'une des collections les plus importantes de France pour le papier monnaie au début de l'ère révolutionnaire[4]. En revanche, ses riches collections d'époque moderne ont quasiment disparu dans la tourmente.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste des musées de France en application de l'article 18 de la loi no 2002-5 du 4 janvier 2002 (liste au 24 novembre 2011).
  2. notice d'autorité collectivité Société des antiquaires de Normandie de la BnF.
  3. a b c d e f g h i j k l m n o et p Lucien Musset, « Historique sommaire du Musée des antiquaires (1824-1963) », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, t. 57 (1963-1965), Caen, 1965, p. 583-588 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2012)].
  4. a b c d e et f Jean-Yves Marin, « Les collections de la Société des Antiquaires de Normandie au Musée de Normandie de Caen » dans Revue archéologique de l'ouest, 1987, vol. 4, no 4, p. 153-155 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2012)].
  5. « L'hôtel de la préfecture du Calvados » sur le site de l'inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie.
  6. Mars 2003 - Cheminée monumentale du Musée des antiquaires.
  7. Georges Mancel, « Sur la cheminée rue Saint-Jean, no 28, à Caen » dans Mémoires de la société des antiquaires de Normandie, Caen, 1856, vol. 2, p. 21-26 [lire en ligne].
  8. « Maison, dans la cour du Musée des Antiquaires de Normandie », notice no PA00111173, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. Arcisse de Caumont, Catalogue du musée plastique de la société française d'archéologie à Caen, Hardel, Caen, 1860, pp. 4-5 [lire en ligne]
  10. Raoul Doranlo, « Rapport du 10 avril 1945 sur les objets du Musée des antiquaires déposés à Falaise en 1941 », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, t. 49 (1942-1945), 1946, p. 532-533 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2012)].
  11. a et b Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, t. 54 (1957-1958), Caen, 1959, p. 379 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2012)].
  12. Notice sur le Musée de la Société des antiquaires sur le site Muséofile.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Gervais, Musée de la société des antiquaires de Normandie : catalogue et description des objets d'art de l'antiquité, du Moyen Âge, de la Renaissance et des temps modernes exposés au musée., 1864.
  • Lucien Musset, Historique sommaire du Musée des antiquaires (1824-1963), B.S.A.N., t. 57 (1963-1965), Caen, 1965, p. 583-588.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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