Jean de Montauban (1412-1466)
| Naissance | |
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| Décès | |
| Activité |
Militaire |
| Famille | |
| Père |
Guillaume de Rohan de Mantauban (d) |
| Mère |
Bonne Visconti dite de Milan (d) |
| Conjoint |
Anne de Kerenrais, Dame de Kerenrais et de La Rigaudière (d) |
| Enfant |
| Conflit | |
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| Distinction |
Jean de Montauban, né en 1412 et mort en mai 1466 à Tours, est un chevalier du duché de Bretagne issu de la maison de Montauban, actif du règne du duc François Ier à celui de François II et sous les règnes des rois de France Charles VII et Louis XI.
D'abord au service des ducs de Bretagne François Ier (1442-1450) puis Pierre II (1450-1457), il entre en 1451 au service du roi de France Charles VII, à la suite de l'affaire de l'assassinat de Gilles de Bretagne en 1450. Il participe à la dernière phase de la guerre de Cent Ans, la prise de Bordeaux en 1453. En 1454, il passe au service du dauphin Louis, en conflit avec Charles VII. Après l'avènement de Louis XI, il est nommé amiral de France le [1] et mène des ambassades en Castille (1463), puis à Milan (1464).
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines familiales et mariage
[modifier | modifier le code]Il est le fils de Guillaume de Montauban (mort en 1432)
Sa mère est la seconde épouse de Guillaume, Bonne Visconti (ou Bonne de Milan), fille de Carlo Visconti, seigneur de Parme, et de Béatrice d'Armagnac, petite-fille de Barnabé Visconti.
Il est le frère d'Arthur de Montauban, archevêque de Bordeaux à partir de 1468, jusqu'en 1450 haut dignitaire de la cour de Bretagne sous le règne de François Ier, mais obligé de se réfugier en France à la suite de l'assassinat de Gilles de Bretagne, frère cadet de François Ier.
Il épouse vers 1440 Anne de Kerenrais, dame de Kerenrais et de Rigaudière[réf. nécessaire] (morte en 1503).
Carrière sous le règne de Charles VII (1422-1461)
[modifier | modifier le code]Attaché à la cour ducale, il est nommé maréchal de Bretagne en 1447, mais abandonne cet office en 1451 pour devenir chambellan de Charles VII, en raison des soupçons d’implication des Montauban dans l’assassinat de Gilles de Bretagne.
En tant que maréchal de Bretagne, il participe à la campagne menée en Normandie par Charles VII, soutenu par le duc François Ier, contre Henri VI d’Angleterre. Il prend part notamment aux batailles de Saint-James-de-Beuvron, d’Avranches et de Formigny (1450).
En 1453, il accompagne François d’Étampes (futur duc François II) lors de la campagne de Guyenne, participant à la bataille de Castillon ainsi qu’aux sièges de Cadillac et de Bordeaux[2].
En 1454, Jean de Montauban quitte le service de Charles VII pour se rallier au dauphin Louis, alors en conflit avec son père. Il le suit en exil en Brabant, où il demeure à son service jusqu'au couronnement du dauphin devenu Louis XI en 1461.
Sous le règne de Louis XI (1461-1483)
[modifier | modifier le code]Au début du règne de Louis XI (1461-1483) dont il est l'ami et le collaborateur[3], il est nommé grand maître des Eaux et Forêts et amiral de France en 1461, puis ambassadeur dans le royaume de Castille en 1463.
« A tres haut, tres puissant prince, et nostre tres chier et tres ame frere, cousin et alye, Henry, par la grace de Dieu, roy de Castelle et de Leon, ... nous envoyons presentement par devers vous nostre chier et bien ame cousin le seigneur de Montauban, admiral de France, et combien qu'il n'y a seigneur en France, ne nostre frere, ne autre, ou ung filz, si nous l'avions, que n'y eussions voulentiers envoye pour vous faire tout l'onneur qui nous est ou monde possible, toutesvoies, pour ce que ledit admiral nous a servy en nostre neccessite, et que avons en lui toute fiance, nous le vous envoyons, et lui avons baille toute puissance. ... »
— Lettre de Louis XI datée de l'abbaye royale de Celles-sur-Belle le 6 janvier 1463 (Minute. Bibliothèque nationale, Fr.20427, fol.45)[4]
Il est envoyé à Milan en 1464 afin de faire ratifier le traité de paix et d'alliance entre le duc François Ier Sforza et Louis XI.
Mort, funérailles et descendance
[modifier | modifier le code]Mort en 1466 à Tours, il est inhumé au couvent des Carmes fondé par son père à Dol, conformément à son testament daté du [5], par lequel il lègue au couvent une rente de 100 écus par an pendant vingt ans pour achever son édification.
Sa fille unique Marie de Montauban, épouse en premières noces de Louis de Rohan, seigneur de Guémené, omet d'accomplir les dernières volontés de son père. Les Carmes les lui rappellent dans une requête où ils demandent le paiement des sommes dues, « afin qu'ils puissent parfaire et accomplir leur église » dont ils reconnaissent que le sire de Rohan-Guemené est fondateur à cause de sa femme[pas clair][6].
Mariée en secondes noces à Georges II de La Trémoille, elle finira ses jours dans un reclusoir[7].
Armoiries
[modifier | modifier le code]Armoiries : écartelé aux 1 et 4 de Montauban et aux 2 et 3 de Milan.
Le bibliophile
[modifier | modifier le code]Jean de Montauban se distingua comme un bibliophile averti, dont l'activité de commanditaire témoigne d'une orientation marquée vers l'édification spirituelle. Parmi les manuscrits conservés, on compte notamment une compilation en moyen français de sept traités moraux et didactiques (Boèce, saint Augustin, Christine de Pizan (New York Public Library, Spencer MS 17), la traduction des Synonyma d'Isidore de Séville (BnF, Français 2424), et surtout deux livres d'heures richement enluminés : celui de Jean et de son épouse Anne de Kéranrais (BnF, Latin 18026), et un livre d'heures offert à sa sœur Isabeau, remarquable par un cycle iconographique rare consacré aux tribulations apocryphes d’Adam et Ève (Rennes Métropole, ms. 1834)[8].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Galeries historiques du Palais de Versailles, Imprimerie royale, 1842
- ↑ Lauren Guitton, « Jean de Montauban, entre Bretagne et France. Itinéraire d'un grand noble du XVe siècle. », dans Laurent Guitton, Mary-Bess Halford, François Boespflug, Les Heures de Jean de Montauban, Barcelone, M. Moleiro Editor, , p. 11-42.
- ↑ René de Maulde La Clavière, Procédures politiques du règne de Louis XII, 1885 (en ligne sur gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome II, p.95, Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1885
- ↑ B. N. ms Fr. folio 70, 18 avril 1466 : Testament de Jean de Montauban, amiral de France. Ibid, 22340, fo 257. HM op. cit., p. 281.
- ↑ Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I. 842.
- ↑ La recluse Renée de Vendomois par la Revue historique et archéologique du Maine 1892 (T1) page 205 à lire en ligne sur gallica.bnf.fr
- ↑ Jean-Luc Deuffic, Le livre d'heures enluminé en Bretagne, Turnhout, Brepols, , p. 268-278.