Antoine de Chabannes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Antoine de Chabannes (évêque) et Chabannes.
Antoine de Chabannes
Biographie
Naissance
Décès
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Jean de Chabannes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Conflit
Distinctions

Comte de Dammartin

Chambellan du roi

Grand Pannetier de France.

Capitaine de Creil

Bailli de Troyes

Conseiller du roi

Sénéchal de Toulouse

Sénéchal de Carcassonne

Seigneur de Saint-Fargeau

Seigneur de Courtenay

Seigneur de Taverny

Capitaine de Blanquefort

Seigneur de Moret-sur-Loing

Seigneur de Crécy- la-Chapelle

Capitaine de Corbeil

Capitaine de Château-Gailliard

Capitaine de Séverac-le-Château

Gouverneur militaire de Paris

Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, né en 1408 à Saint-Exupéry-les-Roches et mort le , était un militaire français ayant servi sous les règnes de Charles VII, Louis XI et Charles VIII.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des origines modestes[modifier | modifier le code]

Benjamin des trois fils de Robert de Chabannes, seigneur de Charlus-le-Pailloux mort en 1415 à la fameuse Bataille d'Azincourt et d'Halix de Bort dame de Peyrefitte ( Château de Pierrefitte ), le jeune seigneur ne connu pratiquement pas son père, car lorsque celui-ci trouva en 1415 une mort glorieuse dans les plaines de l'Artois; le petit Chabannes son fils, ne fut âgé que de 7 ans. Robert de Chabannes fut un chevalier fort réputé en bravoure , au point qu'il fut maintes fois cité dans les œuvres d'Enguerrand de Monstrelet ou de Jean II Jouvenel des Ursins . Le seigneur de Charlus [1] testa le 17 août 1410 , faisant de son fils aîné Étienne de Chabannes son héritier universel. Capitaine d'une compagnie de gendarmes, Étienne mourut à la Bataille de Cravant donnée le 30 juillet 1423. Selon les dispositions testamentaires , si l'aîné des fils disparaissait sans hoirs, la majeur partie de l'héritage familial reviendrait en seconde volonté à Jacques Ier de Chabannes le cadet des fils. C'est précisément ce qui arriva :

" ....(....) conformément aux dispositions paternelles c'est Jacques de Chabannes [2]qui recueillit alors la grande partie de l'héritage; lui et ses descendants devinrent seigneurs de Charlus. Antoine ne gagna donc rien.."

Nobliau déshérité et orphelin de père , la tutelle du jeune Antoine semble avoir été confiée à la garde de son frère cadet Jacques Ier de Chabannes de La Palice , qui lui dispensa les premiers enseignements d'une éducation militaire. Dès lors , un puissant lien affectif unir les deux frères [3]et des exploits ou des épreuves qui illustrèrent leurs vies chevaleresques respectives, leurs destinées militaires furent inséparables. Chevalier né sans fortune et sans grade, Antoine de Chabannes cultiva toute sa vie une ambition obsessionnelle, celle d'acquérir des titres afin de se constituer un patrimoine foncier digne de son rang. Cette impérieuse nécessité matérielle forgera toute l'existence de ce grand [4]serviteur royal, souvent exposé aux intrigues politiques . Après une éprouvante période de disgrâce, devenu de nouveau la véritable éminence grise du roi Louis XI surnommé " l'universelle Arragne " , le grand maître Antoine de Chabannes proche du pouvoir royal , fut l'un des derniers grand féodaux , personnage central des plus redouté.

Pendant la guerre de Cent Ans : un compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.[modifier | modifier le code]

D'abord nommé Écuyer ( Page ) du vicomte de Ventadour son parent et de La Hire ( Étienne de Vignolles ) Antoine combat pour la première fois à 15 ans à la bataille de Cravant le au côté de son frère aîné Étienne de Chabannes, capitaine d'infanterie qui trouva la mort au champ d'honneur. L'année d'après, Antoine fut de nouveau aux côtés de La Hire et de Jean Poton de Xaintrailles , à la bataille de Verneuil donnée le , où il est capturé . Llibéré sans rançon il entre peu après au service du duc Charles Ier de Bourbon. En 1428, lorsque débute le siège d'Orléans, le jeune Antoine de Chabannes tout juste âgé de 20 ans entreprit de faire quelques incursions en pays beauceron , où il se trouva confronté aux troupes anglaises qui l'arrêtèrent et le firent prisonnier au Château de Dourdan. Avec la complicité du prévôt de Paris Simon Morhier , l'intrépide Chabannes trouva le moyen de déjouer l'attention de ses geôliers pour s'évader.

il est à nouveau capturé par l'ennemi. Après sa libération, il se distingue au siège d'Orléans en 1428 comme compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, et est présent sur de nombreux champs de bataille : Jargeau, Patay, Compiègne et Précy-sur-Oise.

Antoine de Chabannes quitte ensuite l'armée régulière pour s'enrôler dans une bande de routiers connus sous le nom d’Écorcheurs, dont il devient l'un des chefs[5]. Rapines et pillages sont le lot ordinaire de ces hommes redoutés dans les campagnes, qui ravagent la Bourgogne, la Champagne et la Lorraine. Son mariage à Creil le 20 Septembre 1439 avec Marguerite de Nanteuil, comtesse de Dammartin, l'incite néanmoins à quitter la fréquentation des routiers en 1439.

Un capitaine favori au service de Charles VII[modifier | modifier le code]

Il s'attache alors au service de Charles VII, qui lui donne en 1449 la charge de Grand panetier de France. Il lui rend, quelques années après, un important service en lui révélant la Praguerie, conspiration du dauphin, futur Louis XI. Il participe également au procès de Jacques Cœur et bénéficie largement du dépeçage de ses biens, se voyant octroyer en fief une bonne partie de la Puisaye et le château de Saint-Fargeau.

L'accession au pouvoir de Louis XI en 1461 provoque les premiers accrocs à la carrière d'Antoine de Chabannes. Le roi, qui n'oublie pas le rôle joué par Chabannes dans l'affaire de la Praguerie, intente plusieurs procès à l'ancien serviteur de son père qui voit ses biens confisqués et lui-même proscrit à Rhodes. Cet exil ne dure toutefois pas longtemps car, bénéficiant de complicités, il s'évade et rejoint son ancien domaine dont il expulse le vrai propriétaire, Geoffroy, fils de Jacques Cœur. Il rejoint ensuite les Ligueurs hostiles au monarque, convaincu que la rigueur royale n'est pas prête de s'atténuer. Louis XI conclut cependant avec les Ligueurs le traité de Conflans, le . La paix est enfin signée entre les deux hommes : sur décision du roi, Antoine de Chabannes est nommé, en 1467, Grand maître de France et recouvre ses biens. De plus, Louis XI le nomme l'un de premiers chevaliers de l'ordre de Saint-Michel par lettres patentes du 1er août 1469[6].

En 1472, il combat lors du siège de Beauvais contre Charles le Téméraire. À la fin du règne de Louis XI, il tombe une nouvelle fois en disgrâce mais l'arrivée au pouvoir de Charles VIII lui permet de reprendre sa place dans l'entourage du roi. Nommé Gouverneur militaire de Paris en 1485, il meurt dans cette ville en son hôtel de Beautreillis [7]sis rue Saint-Antoine, le jour de Noël 1488. Veuf de Marguerite de Nanteuil depuis le 13 Octobre 1475 , ce fut son unique fils Jean de Chabannes seigneur de Dammartin et de Montgé-en-Goële qui procéda aux dernières volontés du grand maître.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Portrait d'Antoine de Chabannes, d'après
Portrait d'Antoine de Chabannes, d'après un dessin de Michel Odieuvre. Gravure du XVIIIe d'après son mausolée à Dammartin-en-Goële.
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • Loïc Cazaux, « Antoine de Chabannes, capitaine d'Écorcheurs et officier royal : fidélités politiques et pratiques militaires au XVe siècle », dans Guilhem Pépin, François Lainé et Frédéric Boutoulle (dir.), Routiers et mercenaires pendant la guerre de Cent ans. Hommage à Jonathan Sumption : actes du colloque de Berbiguières, 13-14 septembre 2013, Bordeaux / Pessac, Ausonius, coll. « Scripta mediaevalia » (no 28), , 357 p. (ISBN 978-2-35613-149-2, présentation en ligne).
  • Philippe Contamine, Charles VII : une vie, une politique, Paris, Perrin, , 560 p. (ISBN 978-2262-03975-2, présentation en ligne).
  • Albert Isnard, Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, grand maître de France (1408-1488), École Nationale des Chartes, 1887 (thèse non publiée).
  • Joseph de Fréminville : Les Ecorcheurs en Bourgogne. ( 1435 - 1445 ) Ecoles des Chartes. 1886
  • Noel Cadet : Antoine de Chabannes ( 1408-1488 ) Sa famille et ses souvenirs à Dammartin-en-Goële. ( 110 pages ) Imprimerie Roche - Brive 1916 ( Extrait Bulletin de la Société Scientifique, Historique et Archéologique de la Corrèze.)
  • Monique Montcel : Antoine de Chabannes. Université Jean Moulin. (Lyon III ) Thèse. Diplôme d'études supérieures. Lyon 1967
  • Georges Minois, Charles VII : un roi shakespearien, Paris, Perrin, , 850 p. (ISBN 2-262-02127-9, présentation en ligne).
  • Antoine de Chabannes et son époque, actes du colloque de Dammartin en-Goêle, 22 et 23 octobre 1988, Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de la Goêle, no 21, 2 cahiers ; 38 et 67 p., photos, cartes, plans.
  • Chabannes-La Palice, Notice historique sur la maison de Chabannes ou de Chabannées suivi de l'armorial de ses alliances, Clermont-Ferrand, , 184 p. (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Preuves pour servir à l'histoire de la Maison de Chabannes . par le Cte Henri de Chabannes. Tome Ier. page 134 ( Testament de Robert de Chabannes ) Imprimerie Jobard. Dijon 1892
  2. Guerre, état et société à la fin du Moyen Âge. Étude sur les armées des rois de France 1337-1494. par Philippe Contamine. 2017
  3. Chronique Martiniène : Les Vies de Jacques et d'Antoine de Chabannes. par Duplessis. - 1617
  4. Un grand capitaine du XVe siècle : Antoine de Chabannes, Comte de Dammartin. par Jean-Henri Taveau. - 1978
  5. Pierre Jeauneau, Charny et ses racines, Yonne, Terre de Passion. 2003.
  6. Lettres patentes de Louis XI, Amboise, le 1er août 1469.
  7. Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. par Henri Sauval, avocat. Liv. VII - Tome IIe - page 183. A Paris 1724.