Gilles de Rais

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Gilles de Rais
baron de Retz
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles(portrait imaginaire par Éloi Firmin Féron, 1835).
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles
(portrait imaginaire par Éloi Firmin Féron, 1835).

Naissance vers 1405
château de Champtocé-sur-Loire
Décès (à environ 35 ans)
Nantes
Origine Duché d'Anjou
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Dignité d'État Maréchal de France
Années de service 14201436
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Siège d'Orléans
Bataille de Jargeau
Bataille de Patay
Autres fonctions baron de Retz
seigneur de Machecoul
seigneur de La Bénate (en Corcoué-sur-Logne)
seigneur du Coutumier (en Bois-de-Céné)
seigneur de Bourgneuf-(en-Retz)
seigneur de (l'île de) Bouin
seigneur de Saint-Étienne-de-Mer-Morte
seigneur de Pornic
seigneur de Princé (en Chéméré)
seigneur de Vue
seigneur de Tiffauges
seigneur de Pouzauges
seigneur de Champtocé(-sur-Loire)
seigneur d'Ingrandes
Famille Maison de Montmorency-Laval
Maison de Laval
Maison de Montmorency
Signature de Gilles de Rais

Emblème

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais (ou, selon la graphie contemporaine, Gilles de Retz[n 1]) en référence à son titre de baron de Retz, né au château de Champtocé-sur-Loire à une date inconnue (au plus tôt durant l'année 1405, peut-être vers le )[5], mort le à Nantes, est un chevalier et seigneur de Bretagne, d'Anjou, du Poitou, du Maine et d'Angoumois [n 2],[7],[8].

Durant la seconde phase de la guerre de Cent Ans, il se rallie au camp du roi Charles VII et du grand chambellan Georges Ier de La Trémoille, son propre cousin et allié. Gilles de Rais est ainsi amené à combattre les Anglais aux côtés de Jeanne d'Arc, en contribuant notamment à la levée du siège d'Orléans. Au cours de ces campagnes militaires, il est promu maréchal de France le jour du sacre royal de Reims ().

Après la mort de son grand-père Jean de Craon en 1432 et la disgrâce de son cousin Georges de La Trémoille en 1433, le maréchal de Rais se retire progressivement de la guerre contre les Anglais et leurs alliés bourguignons. Il se voit accusé par sa famille, et notamment par son frère cadet René de La Suze, de dilapider son patrimoine en aliénant ses terres au plus offrant afin de pallier ses fastueuses dépenses, prodigalités qui entraînent sa mise sous interdit par le roi Charles VII le [9],[10].

En octobre 1440, Gilles de Rais est jugé dans le duché de Bretagne par l'officialité de Nantes pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus[11]. » Simultanément, il est condamné à la pendaison et au bûcher par la cour séculière nantaise pour s'être emparé indûment du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte et pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre[12].

Au terme d'un processus de mythification attesté par une tradition orale datant, pour le moins, du XIXe siècle, la figure historique du baron de Rais se confond fréquemment avec le personnage de « Barbe Bleue » dans certaines traditions folkloriques locales, des ballades, des complaintes et des contes[13].

En outre, depuis la perception renouvelée du phénomène des crimes sexuels en série vers la fin du XIXe siècle[14], le cas de Gilles de Rais est parfois rapproché de la catégorie criminelle des tueurs en série [n 3], voire perçu comme l'archétype[21] d'une figure médiatique contemporaine de la dangerosité, celle du pédocriminel, « pédophile confondu avec l'assassin violeur[22]. » Le baron meurtrier devient ainsi l'incarnation d'une structure perverse intemporelle n'ayant plus qu'un lointain rapport avec la triple accusation médiévale de rébellion, de pacte avec le diable et de rapports contre-nature[23].

Parallèlement, la littérature et le théâtre s'emparent du personnage pour en décliner plusieurs facettes, depuis le maréchal à la barbe bleuâtre portraituré dans des ouvrages romantiques mineurs du XIXe siècle, en passant par l'être double — « fauve » et « esthète décadent » — dépeint dans le roman Là-bas de Joris-Karl Huysmans, jusqu'au « monstre sacré » exposé dans l'essai de Georges Bataille[24] et l'ogre ambivalent de l'œuvre de Michel Tournier[25].

Au cours du XXe siècle, quelques particuliers désireux d'innocenter Gilles de Rais publient des essais, voire entreprennent des démarches de réhabilitation en arguant qu'un complot judiciaire a été ourdi à l'encontre du seigneur de Tiffauges. Toutefois, aucun historien médiéviste ne défend cette théorie.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison[modifier | modifier le code]

Ascendance de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]

En 1371, la maison de Rais s'éteint à la mort du dernier titulaire de la baronnie, Girard V Chabot. Sa sœur Jeanne Chabot « la Sage » ( 1407) recueille son héritage[26], convoité par le duc Jean IV de Bretagne[27]. Le roi Charles V confie alors la garde du « pays [de] la dame de Rays » à un proche parent de Jeanne, Guy « Brumor » de Montmorency-Laval ( après 1375)[28],[n 4]. Nonobstant, le duc de Bretagne poursuit sa politique de « centralisation personnelle[n 5] » en exigeant de Jeanne Chabot qu'elle lui cède ses domaines[n 6]. Devant le refus de celle-ci, le duc la séquestre et fait occuper militairement les places fortes de la baronnie de Rais[32], notamment la principale d'entre elles : le château de Machecoul, forteresse d'une ville considérée de par sa position dans les marches de Bretagne et du Poitou comme l'une des « entrées et yssues du duché de Bretagne[33]. » Les ambitions territoriales de Jean IV occasionnent de longues procédures judiciaires avec Jeanne Chabot jusqu'au décès du duc le [32].

Sceau de Guy II de Laval-Rais, vers 1405-1407[34].
Blason de la baronnie de Retz (d'or à la croix de sable), repris par Guy II de Montmorency-Laval lorsqu'il devient baron de Rais.

Le , Jeanne Chabot, restée sans enfant et désireuse de régler sa succession, désigne comme son héritier le fils de Guy Brumor, Guy II de Montmorency-Laval († 1415), à la condition que ce dernier relève le nom et les armes de Rais[35],[32].

Toutefois, Jeanne Chabot se ravise en consentant finalement à une dévolution en faveur d'un autre de ses parents, Jean de Craon (vers 1355), seigneur de La Suze et de Champtocé[35],[36]. Cette volte-face entraîne d'importants procès entre Guy de Laval et Jean de Craon avant que les deux parties ne parviennent à un compromis et scellent leur entente par un projet de mariage entre Guy et la fille de Jean de Craon, Marie ( avant octobre 1415)[37]. Deux actes datés des 5 et 17 février 1404 précisent notamment les conditions du mariage, subordonnant celui-ci à l'approbation préalable de l'accord par le parlement de Paris[38],[39],[40]. Les 24 et 25 avril 1404, Jean de Craon et Guy de Laval constituent à cet effet des procureurs chargés de soumettre leur convention à la cour souveraine de justice[41], qui homologue l'accord le 2 mai 1404. Enfin, Jeanne Chabot « la Sage » cède quatre seigneuries à Guy de Laval, moyennant une rente viagère, le 24 juillet 1404[32]. Guy de Laval et Marie de Craon s'unissent vraisemblablement à une date postérieure. Le couple s'installe au château de Machecoul, où Jeanne Chabot trépasse en 1407[42].

Guy de Laval devient conséquemment le nouveau baron de Retz, prenant le nom de Guy II de Laval-Rais, doyen des barons de Bretagne, titre dont héritera son fils aîné Gilles. Guy II de Montmorency-Laval hérite des seigneuries de Machecoul, de La Bénate, du Coutumier, de Bourgneuf, de Bouin, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, etc., qui forment la « baronnie de Rais », correspondant peu ou prou à l'actuel Pays de Retz.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La tour éventrée du château de Champtocé.

Descendant des maisons de Montmorency-Laval, Craon et Retz[n 7], Gilles de Rais voit le jour « en une chambre appelée la Tour Noire » au château de Champtocé[n 8],[46], à une date inconnue. Sa naissance a été située de manière variable entre 1396 et 1407, et plus fréquemment vers la fin de l'année 1404. Toutefois, le chartiste Matei Cazacu remarque que le futur baron voit vraisemblablement le jour « au plus tôt en 1405 » en raison des délais occasionnés par les procédures juridiques qui conditionnèrent le mariage de ses parents[n 9].

Le choix du prénom « Gilles » s'explique peut-être par un hypothétique pèlerinage effectué par Guy de Laval et Marie de Craon à Saint-Gilles mais il ne s'agit que d'une conjecture basée sur une croyance médiévale relative à Gilles l'Ermite[n 10]. Matei Cazacu suggère que la date de naissance ou de baptême de Gilles de Rais pourrait éventuellement coïncider avec la fête de saint Gilles le 1er septembre, d'où son prénom[62].

René, frère cadet de Gilles, naît probablement durant l'année 1414[63],[64]. Postérieurement à la mort de son grand-père Jean de Craon en 1432, il obtient la seigneurie de La Suze lorsque son frère aîné Gilles lui assigne sa part d'héritage le 25 janvier 1434 devant la cour ducale à Nantes[n 11]. Le puîné est dès lors désigné comme René de La Suze, relevant ainsi le nom porté par la branche cadette des Craon[66],[67],[68].

À la suite des décès de leur mère Marie de Craon à une date inconnue[n 12] puis de leur père Guy II de Laval-Rais fin octobre 1415 à Machecoul[n 13],[86],[87], les jeunes frères Gilles et René sont élevés par leur grand-père maternel, Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Champtocé. Dans son testament, Guy II de Laval-Rais désignait pourtant son beau-frère, Jean II Tournemine de la Hunaudaye, comme « gardien, tuteur, protecteur, défenseur et administrateur légitime » de ses deux fils[88],[89].

Projets matrimoniaux[modifier | modifier le code]

Le , Jean de Craon fiance son petit-fils Gilles à une riche héritière de Normandie, Jeanne Paynel, fille de Foulques VI Paynel, seigneur de Hambye et de Bricquebec. Toutefois, le Parlement de Paris interdit le mariage jusqu'à ce que Jeanne Paynel ait atteint sa majorité[90],[91],[92],[93]. Ce projet matrimonial n'aboutit pas[n 14].

Le , le seigneur de La Suze fiance le jeune baron à Béatrice de Rohan, fille d'Alain IX de Rohan et de Marguerite de Bretagne, et nièce du duc Jean V de Bretagne[94],[95]. Le contrat, daté de Vannes, n'a pas de suite pour une raison indéterminée[96],[97],[n 15].

Gilles de Rais finit par se fiancer avec sa cousine Catherine de Thouars[98], fille de Miles II de Thouars[n 16] et de Béatrice de Montjean. Outre l'obstacle posé par la consanguinité de Gilles et Catherine[n 17], des litiges opposent alors la maison de Craon à Miles II de Thouars, seigneur de Pouzauges et de Tiffauges[n 18]. Négligeant ces contraintes et sans attendre de dispense ecclésiastique, Gilles enlève Catherine[n 19] puis l'épouse dans une chapelle sise en dehors de son église paroissiale, sans publier de bans[n 20]. En dépit d'un contrat de mariage établi le [n 21],[99], les deux jeunes gens voient leur union annulée et déclarée incestueuse par l'Église[100].

Postérieurement au décès de Miles II de Thouars, des alliances matrimoniales finissent par rapprocher les maisons de Craon et de Thouars[n 22], contribuant ainsi à régulariser la situation de Gilles de Rais et Catherine de Thouars[99]. Le , le légat pontifical s'adresse à Hardouin de Bueil, évêque d'Angers, afin que ce dernier prononce une sentence de séparation à l'encontre de Gilles et Catherine, leur impose une pénitence avant de les absoudre du crime d'inceste et de permettre leur mariage en bonne et due forme[101]. Après avoir diligenté une enquête, Hardouin de Bueil marie en grande pompe Gilles et Catherine le [n 23] au château de Chalonnes-sur-Loire.

Catherine donne à Gilles de Rais une fille unique, Marie de Rais (1429 ?-1457), qui se mariera à l'amiral Prigent de Coëtivy puis au maréchal André de Lohéac, et qui succèdera à son père en tant que baronne de Retz.

Conflits familiaux[modifier | modifier le code]

Reconstitution du château de Tiffauges et de son enceinte, par Georges Balleyguier, 1886.

Conformément aux clauses du contrat de mariage de sa fille Catherine de Thouars, Béatrice de Montjean conserve en douaire un certain nombre de possessions de feu Miles II de Thouars, dont les châteaux de Tiffauges et Pouzauges. Jean de Craon et Gilles de Rais escomptent récupérer ultérieurement l'héritage constitué par l'ensemble des châteaux poitevins de Béatrice[102],[103].

Cependant, Béatrice de Montjean se remarie avec Jacques Meschin de la Roche-Aireault, ancien écuyer de feu Miles II de Thouars et chambellan du roi Charles VII. Cette union compromet les projets du seigneur de La Suze et de son petit-fils. En conséquence, les deux compères chargent leur acolyte Jean de la Noe (ou la Noue), capitaine de Tiffauges, d'enlever Béatrice. Jean de la Noe profite de l'occasion pour s'emparer également de la sœur cadette de Jacques Meschin[102],[n 24].

Vue actuelle des ruines du château de Champtocé.

Béatrice de Montjean est emprisonnée au Loroux-Bottereau, puis à Champtocé. Son beau-fils Gilles de Rais et Jean de Craon menacent de la coudre dans un sac avant de la jeter dans une rivière si elle ne renonce pas à son douaire[102],[103].

Afin de libérer sa femme et sa sœur, le chambellan Jacques Meschin de la Roche-Aireault fait assigner Jean de Craon et Gilles de Rais à plusieurs reprises devant le parlement de Paris[n 25], en pure perte. Jacques Meschin dépêche un huissier à Champtocé avant d'y déléguer son propre frère, Gilles Meschin, placé à la tête de ses envoyés. Jean de Craon jette en prison tous les porteurs de l'assignation, Gilles Meschin inclus[102].

Le seigneur de La Suze consent néanmoins à relâcher Béatrice de Montjean à la prière de son épouse Anne de Sillé, cette dernière étant de surcroît la propre mère de la prisonnière. Les autres otages finissent par être libérés moyennant rançon mais Gilles Meschin meurt quelques jours plus tard, vraisemblablement éprouvé par les conditions de sa détention champtocéenne. La sœur cadette de Jacques Meschin, envoyée en Bretagne, est contrainte d'épouser Girard de la Noe, le fils du capitaine de Tiffauges[102],[103].

Poursuivis judiciairement devant le parlement de Paris par Jacques Meschin, Jean de Craon et Gilles de Rais n'en parviennent pas moins à extorquer tour à tour Tiffauges et Pouzauges au chambellan, molestant au passage Adam de Cambrai, le premier président du parlement lui-même. Les multiples condamnations qui frappent les deux complices ne sont aucunement suivies d'effets[102].

Titres et patrimoine[modifier | modifier le code]

Gilles de Montmorency-Laval porte les titres de baron de Retz, seigneur de Machecoul, de La Bénate, du Coutumier, de Bourgneuf-en-Retz, de Bouin, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, etc. (villages et châtellenies qui constituent à son époque la baronnie de Retz), ainsi que de Tiffauges, de Pouzauges, de Champtocé-sur-Loire et d'Ingrandes, seigneuries acquises par héritage et mariage[n 26].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Premières armes ?[modifier | modifier le code]

Enluminure représentant la fin du siège de Champtoceaux. Pierre Le Baud, Compillation des Cronicques et ystores des Bretons, ms. Français 8266, fo 344 vo, XVe siècle, Paris, BnF.

Depuis la fin de la guerre de Succession de Bretagne en 1365, les princes issus de la maison de Montfort — Jean IV puis son fils et successeur Jean V — règnent comme ducs de Bretagne. Toutefois, les chefs de la maison de Penthièvre — descendants du candidat malheureux à la couronne ducale — fomentent une embuscade qui aboutit à l'emprisonnement du duc Jean V au château de Champtoceaux en février 1420. Les auteurs du guet-apens, Marguerite de Clisson et ses deux fils, Olivier, comte de Penthièvre et Jean de L'Aigle, bénéficient du soutien du futur roi de France, le dauphin Charles[104],[105].

La guerre civile embrase de nouveau le duché de Bretagne. À l'appel de la duchesse Jeanne, épouse de Jean V, la noblesse bretonne se rassemble autour de la dynastie de Montfort, y compris d'anciens partisans de la lignée des Penthièvre. Ainsi, Jean de Craon se rend le auprès de sa suzeraine afin de jurer, avec les autres seigneurs présents, de la protéger et de délivrer le duc[106]. En représailles, les bandes armées des Penthièvre assaillent les fiefs du seigneur de La Suze et de son petit-fils Gilles de Rais, détruisant notamment le château de La Mothe-Achard[107],[108].

Le , le dauphin Charles approuve l'attentat commis par les Penthièvre sur la personne du duc mais il se rétracte le en ordonnant aux frères Olivier de Blois et Jean de L'Aigle de lui remettre Jean V[109],[105]. En effet, le sort des armes est favorable à la maison de Montfort, les places bretonnes des Penthièvre tombant l'une après l'autre. Sis dans les marches d'Anjou et de Bretagne, le château de Champtoceaux est à son tour assiégé par l'armée ducale le 8 ou . Sentant la nécessité d'un commandant unique et incontesté durant le siège, les seigneurs bretons sollicitent les Anglais de libérer un prisonnier de marque : le comte Arthur de Richemont, frère cadet de Jean V de Bretagne. En fin de compte, les Penthièvre relâchent le duc puis abandonnent Champtoceaux en y laissant des documents compromettant le dauphin. La forteresse est rasée[110].

Le médiéviste Michael Jones souligne que « nul autre événement dans la Bretagne du XVe siècle (...) n'eut de si graves et de si larges conséquences politiques et sociales. Il permit à Jean V et à ses successeurs de poursuivre la construction d'un État indépendant qui était déjà bien avancée, d'augmenter considérablement le domaine ducal et de récompenser généreusement leurs partisans » en leur octroyant certaines terres confisquées aux Penthièvre[111].

Rentré triomphalement à Nantes le , le duc Jean V récompense Jean de Craon ainsi que « son [petit-]fils de Rays » « de leurs bons et notables services » en les dédommageant de leurs pertes par l'attribution de domaines saisis sur les prétendants vaincus. Le jeune Gilles accomplit peut-être ses premiers faits d'armes en prenant part au dernier grand conflit résiduel de la guerre de Succession de Bretagne[n 27].

Il est possible que Jean de Craon et son petit-fils Gilles de Rais entrent alors dans la clientèle du prince breton Arthur de Richemont, récemment libéré de sa captivité en Angleterre[n 28].

En mai 1420, le roi Henri V d'Angleterre devient l'héritier du roi Charles VI de France par le traité de Troyes. Ulcéré par les compromissions du dauphin avec ses ravisseurs, Jean V de Bretagne reconnaît Henri V, avant de louvoyer entre les couronnes de France et d'Angleterre afin de préserver l'indépendance de son duché[112],[113].

Jean de Craon et Gilles de Rais prennent peut-être part à la victoire de la Gravelle le , puis à la bataille de Verneuil le . Bien qu'aucune source ne la confirme, le chartiste Matei Cazacu émet cette hypothèse en avançant trois arguments : le rang important de Craon et de son petit-fils en tant que vassaux du duc Louis III d'Anjou, le souci de la défense de leurs biens angevins face aux Anglais ainsi que la présence attestée à la bataille de Verneuil de plusieurs proches des deux hommes[114]. Quoi qu'il en soit, la défaite sanglante de Verneuil change la donne politique, en parachevant le désastre militaire d'Azincourt survenu près de dix ans plus tôt[115].

Alliance franco-bretonne par l'entremise de la maison d'Anjou[modifier | modifier le code]

Arthur, comte de Richemont, connétable de France (1458). Dessin aquarellé, Paris, BnF, collection Gaignières.
Yolande d'Aragon, duchesse d'Anjou. Verrière (registre inférieur) du bras nord du transept de la cathédrale Saint-Julien du Mans[116].

Désormais en position de faiblesse à la suite de l'anéantissement de son armée à Verneuil, Charles VII se voit contraint de chercher de nouveaux soutiens[115]. Or, la belle-mère du souverain[n 29] se trouve être Yolande d'Aragon, dirigeante de la maison d'Anjou (un rameau de la dynastie royale des Valois[n 30]). Depuis 1423, Yolande œuvre de concert avec son vassal Jean de Craon[n 31] au rapprochement de la France et de la Bretagne[n 32].

En mars 1425, cette politique promeut finalement Arthur de Richemont, frère cadet du duc Jean V de Bretagne, à la dignité de connétable de France[117]. Le roi entérine ainsi la ligne prônée par les maisons alliées d'Anjou et de Bretagne, à savoir le rapprochement diplomatique de la couronne avec les duchés de Bourgogne et de Bretagne en vue de ramener la concorde entre les princes[n 33], faire entrer les grands feudataires au Conseil royal et poursuivre la guerre contre les Anglais. Entre autres concessions, Charles VII écarte de son Conseil ses fidèles accusés d'implication dans le meurtre de Montereau en 1419 et le complot des Penthièvre en 1420[n 34].

Courant juillet 1425, Charles VII envoie Jean de Craon et d'autres ambassadeurs auprès du duc de Bretagne afin de l'informer officiellement du renvoi des anciens conseillers royaux. Après avoir consulté ses États, Jean V accepte de rencontrer le souverain « sur la rivière de Loire, entre Angers et Tours[118]. » En septembre 1425, accompagné par de nombreux seigneurs (dont Gilles de Rais), le duc se rend à Saumur[119], en territoire angevin[120]. Flanqué du connétable de Richemont, Charles VII parvient à son tour dans cette ville afin d'y signer un traité d'alliance avec Jean V, le , en présence de la duchesse douairière d'Anjou[121],[122].

Il se peut que Gilles de Rais rencontre le roi de France pour la première fois à l'occasion des fêtes et conciliabules saumurois[123],[124]. Cependant, le jeune baron est gratifié d'un don royal de 200 livres dès le  ; partant, il paraît peut-être à la cour itinérante de Charles VII avant la signature du traité de Saumur[125]. Le , tout en confirmant le don de la seigneurie de Parthenay à Arthur de Richemont, le souverain demande à son connétable de restituer certaines terres bretonnes au sire de Rais[n 35].

En mars 1426, le connétable de Richemont essuie un revers cuisant face aux Anglais sous les murs de Saint-James de Beuvron[126],[127]. Mentionnée par certains auteurs, la présence de Gilles de Rais lors de cette bataille n'est corroborée par aucune source[n 36]. À l'issue du combat se place un épisode diversement interprété : l'enlèvement par Richemont de l'évêque Jean de Malestroit, chancelier du duc Jean V de Bretagne. D'après Guillaume Gruel, chroniqueur au service du connétable de France, Richemont s'empare du chancelier breton au motif que celui-ci, prétendument acheté par les Anglais, aurait retardé le paiement de la solde des hommes d'armes, contribuant ainsi à la défaite de Saint-James de Beuvron[128],[129],[n 37]. Mais il s'agit peut-être d'une confusion commise par le chroniqueur[n 38], doublée d'une calomnie de Richemont visant à masquer ses propres insuffisances martiales[115]. En septembre 1426, le connétable échoue derechef face aux Anglais lors d'une escarmouche devant le Mont-Saint-Michel[130].

Le , le duc de Bedford, régent du royaume de France au nom d'Henri VI d'Angleterre, déclare la guerre au duc de Bretagne. Les chefs de guerre anglais Talbot et Warwick assiègent la ville normande de Pontorson, fortifiée et occupée par les hommes d'armes bretons du connétable de Richemont[131]. La reddition de Pontorson a lieu le [132], sans que le duc Jean V de Bretagne et son frère Richemont n'aient secouru les assiégés[133].

Georges Ier de La Trémoille grand chambellan[modifier | modifier le code]

Blason de La Trémoille, « d'or, au chevron de gueules, accompagné de trois alérions d'azur armés et becquetés de gueules »[134],[135],[136].

En juin 1427, Georges Ier de La Trémoille, seigneur de Sully, devient le grand chambellan[n 39] du roi Charles VII. Lointain cousin de Gilles de Rais par la branche des Craon, le seigneur de Sully prend l'ascendant au sein du conseil royal tandis que le connétable Arthur de Richemont tombe en disgrâce à la suite de ses échecs tant militaires[117] que politiques, faute de résultats découlant de l'alliance avec le duc de Bretagne[130],[n 40]. Brouillé avec le roi, Richemont conserve l'office de connétable mais quitte la cour. Sans s'allier aux Anglais, il entre en conflit armé avec le grand chambellan.

Jean V de Bretagne, lui-même en butte aux assauts anglais, négocie en juillet 1427 avec le duc de Bedford, régent du royaume de France. Le , le duc de Bretagne procède à un nouveau revirement d'alliance en reconnaissant le traité de Troyes et en ordonnant à ses vassaux de cesser la lutte contre les troupes anglaises[137],[138]. Avec ses cousins Laval et le vicomte de Rohan, Gilles de Rais est l'un des plus notables seigneurs bretons à désobéir à son suzerain en demeurant fidèle au roi de France[n 41].

Gisants représentant probablement Jean de Craon (à droite) et Béatrice de Rochefort.
Tombe autrefois située dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste des Cordeliers d'Angers[139].

En effet, parallèlement à la redistribution des cartes à la cour de Charles VII, les Anglais menacent de nouveau les frontières du duché d'Anjou dans la continuité de leur conquête du comté du Maine[n 42]. Les domaines des maisons de Laval et Craon - d'où Gilles de Rais est issu[140] - sont ainsi directement exposés aux raids des « Godons ».

Le , Yolande d'Aragon établit son conseiller Jean de Craon lieutenant général en Anjou et dans le Maine[141],[n 43]. Probablement à cette occasion, le seigneur de La Suze dote son petit-fils d'un mentor militaire en la personne de Guillaume de la Jumellière, seigneur de Martigné-Briant[142], également conseiller de Yolande d'Aragon à la cour ducale d'Anjou. L'influence curiale de sa famille paraît consolider l'engagement de Gilles dans la guerre contre les Anglais aux lisières du Maine, entraînant la nomination du jeune baron comme capitaine de la place de Sablé au nom du duc d'Anjou[143].

Le sire de Rais commence vraisemblablement à disposer de sa fortune dès son émancipation, ses vingt ans accomplis, soldant des troupes et des éclaireurs afin de contrer l'avancée anglaise[144],[n 44]. Les chroniques mentionnent son nom, conjointement avec ceux d'autres capitaines du roi, à compter de la seconde moitié de l'année 1427[137].

Menant une « guerre guerréante »[n 45], autrement dit une guérilla aux confins du comté du Maine en compagnie de son parent Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir et du chevalier Ambroise de Loré[145],[146], Gilles de Rais emporte d'assaut la forteresse de Ramefort (anciennement Rainefort, Rennefort, Ramessort ou Romfort, suivant l'orthographe fluctuante)[n 46],[147],[148]. Dès qu'ils se sont rendus maîtres de la place forte mancelle, le sire de Rais et les autres capitaines respectent leur promesse d'épargner la garnison anglaise mais font pendre les hommes « de la langue française » qu'ils y trouvent[149], possible manifestation d'un « fort sentiment national »[150] à l'encontre de combattants considérés comme des « Français reniés »[n 47].

À la suite d'un autre coup de main, les seigneurs de Rais, de Loré et de Beaumanoir reprennent aux Anglais le château de Malicorne[151],[n 48]. Comme lors de la prise de Ramefort, les capitaines font exécuter les assiégés parlant français[152],[150].

La chronologie confuse des chroniques médiévales ne permet pas aux historiens de dater avec certitude les prises successives des places fortes par le baron de Rais et les autres capitaines tenant pour le roi de France. Ainsi, les reconquêtes de Ramefort et Malicorne prennent peut-être place en avril 1427, lors du siège anglais de la cité normande de Pontorson, autrement dit avant même la nomination officielle de Jean de Craon comme lieutenant général en Anjou et dans le Maine[n 49].

Vraisemblablement à une date ultérieure, Gilles de Rais et ses compagnons d'armes s'emparent du château du Lude. Le commandant de la garnison, un capitaine anglais dénommé William Blackburn[153], est tué ou fait prisonnier[n 50].

Au printemps 1428, le sire de Rais participe à hauteur de mille écus d'or au paiement de l'énorme rançon de son cousin[154],[155] André de Lohéac, pris par les Anglais le lors de la capitulation de la ville de Laval devant John Talbot. En la personne de Guy XIV, Anne et Jeanne, respectivement frère, mère et grand-mère du jeune captif, la famille de Laval s'engage à rembourser les « très chiers et amés cousins et grands amis » qui ont contribué à délivrer le seigneur de Lohéac[156],[157].

Gilles de Rais, allié de La Trémoille et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Jeanne d'Arc se présente au roi Charles VII à Chinon.
Miniature extraite des Les Vigiles de Charles VII de Martial d'Auvergne (fin du XVe siècle), Paris, BnF, département des Manuscrits.
Sceau présumé de Gilles de Rais (il s'agit peut-être d'un faux fabriqué au XIXe siècle)[158].
1429
  •      Territoires contrôlés par Henri VI d'Angleterre
  •      Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
  •      Territoires contrôlés par Charles VII
  •      Principales batailles
  •       Raid du roi Henri V d'Angleterre de 1415
  •       Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

Probablement en date du , Jeanne d'Arc arrive à Chinon en provenance de Vaucouleurs afin de s'entretenir avec le roi[159]. Gilles de Rais est alors présent au château de Chinon[160] à l'instar des autres capitaines composant l'entourage de Charles VII[n 51].

Un mois plus tard, par lettre datée du , signée de sa main et munie de son sceau, le jeune baron noue une alliance avec son cousin Georges Ier de La Trémoille, s'engageant à le servir de toute sa puissance « jusques à mort et à vie, envers tous et contre tous seigneurs et autres, sans nul excepté..., dans la bonne grâce et amour du roi[161],[162],[163]. » Le grand chambellan poursuit ainsi sa stratégie d'alliances bilatérales contractées avec des membres de la noblesse[n 52] en vue de « stabiliser sa politique », de maintenir sa situation fragile auprès du roi[164] et de se prémunir contre les complots fomentés par le connétable de Richemont et ses alliés[n 53].

À l'aune de l'historiographie négative de La Trémoille[165],[166],[167],[168],[169],[170], l'alliance entre le baron de Rais et le grand chambellan a été diversement interprétée mais de façon essentiellement défavorable et, le plus souvent, à travers le prisme exclusif de la mission de Jeanne d'Arc. Selon les auteurs, la Pucelle est ainsi servie ou desservie, à tout le moins surveillée par le seigneur de Machecoul portraituré couramment comme « l'homme[171] » de l'influent La Trémoille[n 54]. Depuis, plusieurs thèses hostiles au seigneur de Sully ont été réfutées ou nuancées par les médiévistes Philippe Contamine et Olivier Bouzy[172],[173],[n 55] ainsi que, préalablement, par l'abbé Bourdeaut[174] et André Bossuat[175]. En tout état de cause et malgré son importance, le rôle politique de La Trémoille demeure mal connu faute d'études spécifiques sur le personnage[176] qui permettraient de contextualiser davantage l'action de Jeanne d'Arc[n 56] ou celle de Gilles de Rais[177].

Gilles de Rais commence à siéger au Conseil royal à partir de l'année 1429[178] mais il n'y apparait qu'épisodiquement, retenu ailleurs par ses obligations militaires ou pour d'autres raisons[179]. Son titre de conseiller du roi n'a peut-être qu'un caractère honorifique[180]. Gilles est également qualifié de chambellan de Charles VII bien que les sources ne précisent pas si cette faveur a été accordée avant ou après le sacre royal[181],[182].

Dans le cadre d'une tentative de rapprochement diplomatique franco-breton probablement appuyée par La Trémoille[n 57], Gilles de Rais écrit en avril 1429 au duc Jean V de Bretagne pour l'inciter à renforcer l'armée qui se constitue à Blois en vue de porter secours à la ville d'Orléans assiégée par les Anglais[183].

Parallèlement, après avoir subi un interrogatoire par des docteurs en théologie à Chinon puis à Poitiers, Jeanne d'Arc reçoit l'autorisation d'accompagner l'armée de secours réunie à Blois[184]. Le , la Pucelle se rend dans cette ville pour y trouver prêts un convoi de vivres, d'armes et de munitions ainsi qu'une forte escorte commandée par Gilles de Rais et Jean de Brosse, maréchal de Boussac. L'escorte inclut une compagnie d'Angevins et de Manceaux soldés par le sire de Rais[n 58].

Le convoi s'ébranle le , longeant la Loire sur la rive gauche[185]. Apprenant sa venue, Jean le bâtard d'Orléans — membre du Conseil royal[186] et chef de facto de la maison d'Orléans, branche cadette de la dynastie royale des Valois[187] — quitte la ville assiégée en traversant la Loire en barque pour se porter au-devant de Jeanne durant la nuit du 28 au . En dépit des objurgations de la Pucelle, désireuse d'attaquer les Anglais sur l'heure, le bâtard la convainc d'entrer dans Orléans avec le ravitaillement et deux cents « lances » (c'est-à-dire deux cents hommes d'armes[n 59]) tandis que le reste de l'escorte, dont ses chefs Jean de Brosse et Gilles de Rais, s'en retourne vers Blois[188].

Le 4 mai au matin, Gilles de Rais et l'amiral Louis de Culant reviennent à Orléans avec le reste des troupes réunies à Blois[189]. Le baron de Rais est l'un des principaux capitaines qui contribuent à la levée du siège de la ville par les Anglais[190]. Conjointement à d'autres « chevaliers, écuyers et gens de guerre », il accompagne la Pucelle lorsque celle-ci rend compte au roi de la levée du siège[191],[192],[193].

Sur l'insistance de Jeanne d'Arc, Charles VII finit par consentir à se rendre à Reims afin d'y être sacré roi. Par conséquent, une armée importante — estimée entre 5000 et 8000 combattants — est réunie à Selles-sur-Cher en vue de reprendre les places de Loire, conquises par les Anglais durant l'été 1428. Le prestige de la Pucelle renforce la position de Charles, qui voit nombre de ses vassaux se presser de lui rendre leurs devoirs militaires. Sans avoir été convoqués, les cousins Laval de Gilles de Rais, Guy XIV et André de Lohéac, se rendent ainsi à Loches le . Ils y rencontrent le jeune dauphin Louis puis s'entretiennent le lendemain à Saint-Aignan avec le roi Charles, qui les remercie de leur venue. Les deux frères Laval parviennent le lundi à Selles où la Pucelle les accueille chaleureusement. Gilles de Rais ne tarde pas à rejoindre ses cousins ce même lundi et d'autres combattants affluent les jours suivants[194],[195]. Charles VII confie le commandement de l'armée de la Loire à son plus proche parent, Jean d'Alençon[n 60].

Le sacre de Charles VII à Reims.
Miniature extraite des Les Vigiles de Charles VII de Martial d'Auvergne (fin du XVe siècle), Paris, BnF, département des Manuscrits.
Blason de Gilles de Rais à partir de septembre 1429 : d'or à la croix de sable (qui est de Retz), à la bordure d'azur semé de fleurs de lis d'or (qui est de France).

Le baron de Rais participe ensuite avec Jeanne à la « campagne de la Loire », qui vise la reconquête des villes occupées par les Anglais dans la région. Il est ainsi présent à la prise de Jargeau le [196] puis à la victoire de Patay le [197].

Durant le trajet vers Reims, l'armée — commandée à l'avant-garde par Gilles de Rais et Jean de Brosse, maréchal de Boussac — réduit à l'obéissance Troyes ainsi que d'autres villes et de nombreux châteaux[198]. Le , lors du sacre royal, Gilles est chargé avec trois autres seigneurs d'apporter la Sainte Ampoule de la basilique Saint-Remi de Reims à l'église métropolitaine[n 61],[199]. Ce même jour, le jeune baron de Rais est élevé à la dignité de maréchal de France[200] en reconnaissance de son engagement guerrier ou en raison de l'appui politique du grand chambellan[n 62].

Le lundi , les troupes royales et anglo-bourguignonnes se font face à Montépilloy. Charles VII confie les ailes de son armée à ses deux maréchaux, Jean de Boussac et Gilles de Rais[201].

Le , lors du siège de Paris, Jeanne d'Arc souhaite avoir le maréchal de Rais et Raoul de Gaucourt à ses côtés lors de l'assaut donné à la porte Saint-Honoré[202],[203]. Gilles se tient toute la journée auprès de la Pucelle, parmi de nombreux gens d'armes, tentant en vain d'atteindre et de franchir l'enceinte parisienne[204] depuis un arrière-fossé[n 63]. À la tombée du jour, Jeanne est blessée à la jambe par un vireton d'arbalète[204]. Le siège de Paris est rapidement levé, l'armée royale — dite « armée du sacre » — se replie vers la Loire avant d'être licenciée à Gien le 21 septembre 1429[205].

En septembre 1429, Charles VII honore derechef Gilles pour ses « recommandables services » en confirmant son titre de maréchal et en lui octroyant le privilège d'ajouter à son blason une bordure aux armes de France (« fleurs de liz d'or semées sur champ d'azur »), faveur royale partagée uniquement avec Jeanne d'Arc[206],[207].

Guerre civile[modifier | modifier le code]

Sur le plan militaire, Gilles de Rais se signale, en 1430, à la prise de Melun[réf. nécessaire] et à la bataille d'Anthon le 11 juin[208]. En 1432, il contribue — avec Xaintrailles, Raoul de Gaucourt et le bâtard d'Orléans — à la levée du siège de Lagny par les Anglais[n 64], sans doute l'un de ses plus notoires faits d'armes avec la levée du siège d'Orléans[n 65],[209].

Mais parallèlement à la lutte menée contre les Anglo-Bourguignons, Georges de la Trémoille poursuit sa « guerre privée[210] » contre le connétable Arthur de Richemont soutenu par la maison d'Anjou. Dans le cadre de ce conflit, le seigneur de Tiffauges soutient le grand chambellan, son cousin et allié.

En 1430, Louis d'Amboise, André de Beaumont et Antoine de Vivonne — toujours ligués avec Richemont — réitèrent leur tentative de l'année précédente pour s'emparer de La Trémoille et du roi, cette fois à l'occasion d'une partie de chasse. Dénoncés le , Beaumont et Vivonne sont emprisonnés au château de Loches. Louis d'Amboise est laissé en liberté, probablement à l'instigation du grand chambellan qui escompte obtenir pour son fils Louis la main de Françoise d'Amboise, fille du conjuré. Louis d'Amboise n'en organise pas moins une nouvelle embuscade, ce qui lui vaut d'être incarcéré avec ses complices au château de Poitiers. Le , le parlement de Paris — siégeant à Poitiers en raison de la mainmise bourguignonne sur la capitale du royaume — condamne les trois hommes à la peine de mort pour crime de lèse-majesté[211]. Beaumont et Vivonne sont décapités mais le roi — vraisemblablement à la demande de La Trémoille, toujours désireux de marier Françoise d'Amboise à son fils — commue la peine de Louis d'Amboise en prison perpétuelle avec confiscation des biens[212].

Des tentatives de rapprochements s'insèrent entre ces querelles intestines. Après une nette crispation diplomatique entre les maisons de Bretagne et d'Anjou[n 66], la politique de Yolande d'Aragon finit par coïncider avec celle de La Trémoille sur un point particulier : la réconciliation entre le royaume de France et le duché de Bretagne[213]. Déjà associé à une précédente tractation matrimoniale entre les lignées angevine et bretonne en 1425[214], Jean de Craon permet au grand chambellan d'organiser une rencontre avec le duc Jean V au château de Champtocé du 22 au [215],[n 67]. En mai 1431, dans l'île de Béhuard près d'Angers, le duc de Bretagne et Yolande d'Aragon assistent au serment prêté par leurs fils respectifs, le comte François de Montfort et Charles d'Anjou, de se comporter en « frères d'armes[216]. » Célébré en août 1431, le mariage entre Yolande († 1440), fille de Yolande d'Aragon, et François de Montfort, fils du duc Jean V de Bretagne, renforce les liens entre les deux lignages. Cette union est approuvée par Charles VII mais le souverain refuse toujours de voir Arthur de Richemont revenir aux affaires, bien qu'il consente à un compromis visant à aplanir les différends entre le grand chambellan et le connétable[217],[218],[219].

Enluminure représentant des gens de guerre au pied de la ville fictive de Crathor (en réalité Sablé) dans un manuscrit du Jouvencel de Jean de Bueil (ms. Français 192, Paris, BnF, XVe siècle).

Le , le roi fait diffuser une circulaire à ses bonnes villes afin d'atténuer l'impact négatif de la défaite de Bulgnéville face aux Bourguignons. Parmi les mesures militaires qu'il annonce, Charles VII glisse une allusion sibylline à Jean, duc d'Alençon, Louis Ier de Bourbon-Vendôme, Gilles de Rais et autres capitaines, « envoyés en certaines marches et contrées avec l'espoir d'exécuter une entreprise dont, au plaisir de Dieu, le Roi espère avoir bonnes et promptes nouvelles ». Quelle que soit la nature de cette « entreprise », le duc Philippe de Bourgogne signe une trêve avec le roi de France peu de temps après, le [220].

Jean de Bueil, enluminure sur parchemin, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, fo 33 ro, XVe siècle, BnF[221].

Graduellement, en dépit des politiques similaires menées envers les duchés de Bretagne et de Bourgogne par la maison d'Anjou d'une part et La Trémoille d'autre part, le grand chambellan finit par servir de « repoussoir » en « fédérant contre lui les différentes composantes de la cour, (...) facilita[nt] paradoxalement l'avènement de Charles d'Anjou et le renforcement des Angevins à la cour de France[222]. » En effet, le jeune Charles d'Anjou, futur homme fort du Conseil royal[223], siège au sein de cet organe de gouvernement depuis le par la grâce de sa mère Yolande d'Aragon. Le , en tant que lieutenant général du roi en Anjou et Maine, Charles d'Anjou institue Jean de Bueil capitaine des gens d'armes et de trait de la garnison du château et de la ville de Sablé[219], place préalablement commandée par le capitaine Gilles de Rais[143] et le gouverneur royal Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir[224].

La guerre civile renaît en septembre 1431 lorsque La Trémoille lance sur l'Anjou le capitaine mercenaire Rodrigue de Villandrando. En 1432, Jean de Bueil, capitaine de Charles d'Anjou, parvient à vaincre le mercenaire espagnol ; en retour, ce dernier ravage les terres tourangelles de Bueil[225],[226]. À en croire le récit romancé du Jouvencel, Gilles de Rais — désireux de s'emparer de Château-l'Hermitage — emprisonne Jean de Bueil à Sablé à une date indéterminée[n 68]. Bien que Bueil soit un parent par alliance de Rais et La Trémoille[n 69] ainsi qu'un ancien compagnon d'armes[n 70], il demeure un allié des maisons d'Anjou et d'Amboise, ennemies du grand chambellan[227]. Toujours selon Le Jouvencel, Bueil parvient à se libérer puis à s'emparer de Sablé[228].

De surcroît, à une date également imprécise, la garnison du château de Champtocé s'attaque à la suite de Yolande d'Aragon alors que celle-ci se rend en Bretagne. Les hommes d'armes de Gilles de Rais dépouillent le convoi de nombreux chevaux et bagages[n 71].

Mort de Jean de Craon[modifier | modifier le code]

Jean de Craon, le grand-père de Gilles de Rais, meurt au mois de novembre 1432[229].

Disgrâce de La Trémoille et espacement des engagements militaires[modifier | modifier le code]

Le connétable Arthur de Richemont, enluminure sur parchemin, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, fo 17 vo, XVe siècle, BnF[230].

Un énième complot est ourdi contre Georges de la Trémoille, vraisemblablement sous les auspices du connétable de Richemont et de Yolande d'Aragon. Fin juin 1433, à Chinon, le grand chambellan est assailli dans sa chambre par Pierre d'Amboise (seigneur de Chaumont et cousin de l'ancien conjuré Louis d'Amboise), Jean de Bueil, Prigent de Coëtivy et Pierre de Brézé. Conduit par Jean de Bueil au château de Montrésor, La Trémoille s'engage à libérer Louis d'Amboise et à payer une rançon de 6.000 écus à son geôlier. Lors des états généraux tenus à Tours en septembre 1433, Charles VII entérine la chute de son ancien grand chambellan. La maison d'Anjou retrouve toute son influence à la cour, le jeune Charles d'Anjou devient l'homme clef du Conseil royal et les complices de l'enlèvement de La Trémoille — dont Jean de Bueil, ennemi de Gilles de Rais — acquièrent « grand gouvernement et autorité » auprès du souverain[231]. Gilbert Motier de La Fayette reprend son titre de maréchal après l'avoir perdu en 1429 au profit de Gilles de Rais, destitution probablement voulue à l'époque par La Trémoille[n 72].

En février 1434, les Anglais menacent la ville de Sillé, siège du fief d'Anne de Sillé, veuve de Jean de Craon. En réaction, les chefs de la maison de Laval — André de Lohéac et Guy XIV de Laval — ainsi que leur cousin Gilles de Rais prennent part à une expédition militaire commandée par le connétable Arthur de Richemont. L'avant-garde de l'armée est placée sous les ordres des maréchaux de Rieux et de Rais. Ce dernier, bien que doté de troupes fastueuses, apparaît isolé au sein des seigneurs présents — le connétable au premier chef ainsi que Prigent de Coëtivy, Jean de Bueil, Charles d'Anjou et le duc Jean d'Alençon — qui appartiennent majoritairement à la coalition d'ennemis de La Trémoille. L'armée étant arrivée devant Sillé dans le Maine en présence des Anglais, les deux partis se séparent sans combattre[232],[233],[234],[235].

Vers le milieu de l'année 1434, en dépit de son éloignement forcé de la cour, La Trémoille exhorte toujours Gilles de Rais à poursuivre la guerre contre les Bourguignons. Vraisemblablement déjà ruiné par ses dépenses militaires, le baron de Rais ne tente guère d'empêcher les troupes du duc Philippe de Bourgogne de s'emparer de Grancey. Consécutivement à la chute de cette ville en août 1434, le roi Charles VII convoque son maréchal et menace de lui retirer sa charge[n 73],[236].

Le , Charles VII proclame la mise sous interdit du baron de Rais[10].

Dilapidation du patrimoine[modifier | modifier le code]

Vestiges du château de Tiffauges.

Les informations relatives à la dilapidation des biens de Gilles de Rais proviennent en majeure partie d'un mémoire rédigé vers 1461-1462 par ses héritiers, version augmentée d'un premier mémoire à l'origine de la mise sous interdit du maréchal en 1435[10].

Les médiévistes ne s'accordent pas tous quant à la fiabilité de cette source. Ainsi, Jacques Heers en minore la portée, estimant le document trop à charge puisque sa finalité vise à annuler les ventes passées des biens fonciers de Gilles de Rais en arguant la prodigalité de ce dernier[n 74]. « À la fois tendancieux et instructif[237] », le mémoire n'en est pas moins exploité de manière critique par les historiens. En sus des actes des procès, Matei Cazacu regarde ce texte comme « le plus important document connu à ce jour sur Gilles de Rais (...), formidable effort de reconstitution des écarts d'une vie et d'une personnalité[10]. »

De surcroît, les pièces comptables relatives à la gestion du patrimoine et aux dépenses du baron de Rais ne subsistent guère qu'à l'état d'épaves. Ces lacunes documentaires compliquent toute étude comparative qui permettrait de vérifier précisément les accusations lancées par les héritiers dans leur mémoire.

Partant, l'historien François Macé remarque que le mémoire a beau être « toujours la base indispensable à toute description de [la] fortune [de Gilles de Rais] (...), de nombreux auteurs se contentent de reprendre ce document » sans se référer aux études de l'abbé Bourdeaut et de René Blanchard qui fournissent « les matériaux d'une analyse plus poussée[238]. » François Macé lui-même présente « une seigneurie nantaise au XVe siècle » en se basant sur des comptes postérieurs à la mort du maréchal de Rais[n 75] ou antérieurs à sa majorité[n 76]. Admettant par conséquent que son étude est « loin, très loin d'épuiser les problèmes liés à la fortune de Gilles de Rais », le chercheur considère la possibilité d'étudier l'évolution de la seigneurie tout au long du XVe siècle grâce à des éléments trouvés dans d'autres propriétés du baron. Cependant, l'historien demeure « conscient que les interrogations restent toujours aussi nombreuses[239]. »

Étudiant une autre source primaire, à savoir le minutier du clerc Jean de Recouin, notaire-juré du Châtelet d'Orléans durant les années 1430, la chercheuse Élodie Martin constate que l'état de conservation des premières et dernières pages du registre rend impossible la lecture des actes correspondants. Qui plus est, elle signale des pages découpées ou manquantes, presque toutes relatives à Gilles de Rais, notant que ces pertes remontent déjà au XIXe siècle[240]. Ce constat effectué, elle dénombre finalement quatre-vingt-dix-huit actes se rapportant aux dépenses effectuées durant le séjour de Gilles à Orléans, de septembre 1434 à août 1435. Élodie Martin ajoute :

« Bossard estime, suivant en cela les héritiers, que les factures étaient surestimées, mais des comparaisons demeurent difficilement faisables. L'analyse précise [des] opérations orléanaises [de Gilles de Rais] reste à faire[241]. »

Dépenses militaires[modifier | modifier le code]

Selon le mémoire, Gilles de Rais a une garde de deux cents hommes à cheval.

Dépenses somptuaires[modifier | modifier le code]

Rais est également accusé de traîner à sa suite plus de cinquante individus, chapelains, enfants de chœur, musiciens, pages et serviteurs. Sa chapelle est tapissée de drap d'or et de soie. Les ornements, les vases sacrés sont d'or et enrichis de pierreries. Il a aussi un jeu d'orgues qu'il fait toujours porter devant lui. Ses chapelains, habillés d'écarlate doublé de menu vair et de petit gris, portent les titres de doyen, de chantre, d'archidiacre, et même d'évêque, et il a de plus député au pape pour obtenir la permission de se faire précéder par un porte-croix.

Dépenses festives[modifier | modifier le code]

Heures d'Étienne Chevalier enluminées par Jean Fouquet, musée Condé, Chantilly, XVe siècle.
Les spectateurs dans les échafauds assistent à un mystère consacré au martyre de sainte Apolline.

Le mémoire des héritiers accuse le maréchal de donner à grands frais des divertissements, et notamment des représentations théâtrales :

« Item, faisait foire jeux, farces, morisques, jouer mystères à la Pentecôte et à l’Ascension, sur de hauts eschaffaux, sous lesquels estoit hypocras et autres forts vins comme en une cave. Qu'il se tenait en villes comme Angers, Orléans et autres, auquel lieu Orléans il demeura un an sans cause et y dépensa quatre-vingts à cent mille écus, empruntant de qui lui voulait prêter, engageant les bagues et joyaux pour moins qu'ils ne valaient, puis les rachetant bien cher, vendant et engageant ses terres, et donnant blancs signés et procure sans en prendre connaissance[242],[243],[244],[245]. »

Les commémorations orléanaises de la levée du siège comportent des mises en scène, entre autres spectacles, probablement célébrés dès 1429[246]. Ainsi, dix ans après l'intervention de Jeanne d'Arc, un registre des comptes de la ville d'Orléans pour l'année 1439 mentionne que la cité du Val de Loire acquiert pour sept livres tournois « un estendard et bannière qui furent à Monseigneur de Reys [Rais] pour faire la manière de l'assault comment les Tourelles furent prinses sur les Anglois le huitième jour de may[247]. »

En outre, le minutier du notaire-juré Jean de Recouin atteste du séjour de Gilles de Rais à Orléans de septembre 1434 à août 1435[240], confirmant ainsi l'indication fournie par le mémoire des héritiers.

À partir de ces sources, plusieurs chercheurs — du philologue romaniste François Guessard au chartiste Matei Cazacu — déduisent qu'un spectacle monumental aurait été joué dans la ville : le Mystère du siège d'Orléans[248],[247], œuvre dont ils attribuent la commande, voire la composition partielle, à Gilles de Rais[249],[250],[251],[252],[253].

Gérard Gros, professeur de Lettres médiévales, conjecture également que la ville d'Orléans aurait cessé de mettre en scène l'œuvre théâtrale après l'année 1440 en raison de la réputation infamante acquise par le maréchal à la suite de sa pendaison. Pour la même raison, Gros estime que le texte définitif du mystère — établi postérieurement à l'année 1440, selon toute vraisemblance — minimiserait le rôle actif joué par Gilles de Rais lors de la levée du siège en 1429[254].

Cependant, Vicki L. Hamblin, professeur de français à l'université Western Washington, considère a contrario que le personnage du « sire de Rais » se conforme de manière adéquate au rôle historique de son modèle, accompagnant Jeanne d'Arc de Blois à Orléans et participant à la délivrance de la ville, d'où il ressort que « le fatiste qui reprenait la narration des chroniques et les témoignages des procès de la Pucelle ne se préoccupait pas du sort de cet individu[255]. »

Si l'on se fie au nombre de ses répliques, le pendant théâtral de Gilles de Rais ne tient qu'un rôle « mineur » dans le mystère[256], bien qu'il puisse symboliser par sa seule présence l'armée combattant aux côtés de Jeanne d'Arc[257]. Toutefois, cette interprétation « symbolique » est contestée par Vincent Petitjean, docteur en littérature comparée, pour qui le personnage du sire de Rais n'a pas d'« importance particulière » dans la pièce puisqu'il y « occupe essentiellement une fonction de « passeur » » chargé de convoyer la Pucelle à Orléans[258].

L'historien médiéviste Philippe Contamine résume ainsi les questions soulevées par les sources :

« Gilles de Rais exerça-t-il ses fonctions de généreux mécène précisément à Orléans, lors de son séjour ? Parmi les mystères et moralités joués et mis en scène à son initiative et à ses frais, y eut-il un mystère relatif à l'histoire de Jeanne d'Arc et du siège d'Orléans ? La mention du compte de la ville en 1435 a-t-elle un lien quelconque avec cet éventuel mystère ? Enfin, le Mystère du siège d'Orléans est-il le même, en tout ou en partie, que celui qui aurait été commandité par Gilles[259] ? »

Aliénation des domaines[modifier | modifier le code]

Situation du pays de Retz dans le duché de Bretagne, au sud du pays nantais.

Mais tout cela occasionne des frais énormes qui l'obligent, en 1434, à vendre au duc Jean V de Bretagne les places de Mauléon, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, du Loroux-Bottereau, de Pornic et de Champtocé-sur-Loire.

Pour se livrer à ses profusions, Gilles de Rais aliène une partie de ses terres. Parmi les acheteurs, on compte les bourgeois d'Angers et « les manieurs d'argent de la cour bretonne », l'évêque-chancelier Jean de Malestroit et Geoffroy Le Ferron, futur trésorier général[260].

Les difficultés financières du baron de Retz prennent un tour dramatique. Face à cela, sa famille (son frère cadet René de La Suze en tête) lui intente un procès afin d'interdire à quiconque d'acheter des terres lui appartenant[261]. Elle obtient un arrêt du parlement de Paris qui défend au maréchal d'aliéner ses domaines. Le roi ne voulant pas approuver les ventes déjà faites, le duc Jean V de Bretagne s'oppose à la publication de ces défenses et refuse d'en donner de semblables dans ses États.

René de La Suze, frère de Gilles, et ses cousins André de Lohéac et Guy XIV de Laval, irrités de ce refus, s'efforcent de conserver ces places dans leur famille et résistent au duc Jean V ; mais ce dernier les reprend et enlève à son gendre Guy XIV de Laval, cousin de Gilles, la lieutenance générale de Bretagne pour la confier à Gilles de Rais lui-même, avec lequel il consomme tous ses marchés en 1437.

En 1438, le baron de Rais intervient comme lieutenant général du duché contre un parent des Penthièvre, ennemis jurés de Jean V : Jean de Hardepenne, sire de Montaignu et de Belleville[262].

Crimes[modifier | modifier le code]

Coup de force de Saint-Étienne-de-Mer-Morte[modifier | modifier le code]

Le clocher isolé, dernier vestige de l'église romane de Saint-Étienne-de-Mer-Morte.

En 1434, Gilles de Rais avait confié la châtellenie de Saint-Étienne-de-Mer-Morte à son frère René de la Suze. Se ravisant, le maréchal avait récupéré le château par un coup de force puis conservé son bien en s'accordant avec son cadet à Nantes le [263].

Gilles aliène de nouveau cette terre à la suite d'une transaction avec Geoffroy Le Ferron, trésorier et homme de confiance du duc Jean V de Bretagne. L'officier ducal confie l'administration de la châtellenie à son frère Jean Le Ferron, clerc tonsuré. Le baron tente derechef de se réapproprier le château afin de le revendre à son cousin, le sire de Vieillevigne, mais Jean Le Ferron s'y oppose[264].

Plaque du clocher de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, commémorant l'attentat commis par Gilles de Rais le 15 (ou le 16) mai 1440.

En représailles, le jour de la Pentecôte ou au lendemain de cette fête religieuse, le 15 ou le , Gilles de Rais place en embuscade une troupe de cinquante à soixante hommes dans un bois voisin de Saint-Étienne-de-Mer-Morte. Le maréchal pénètre en armes dans l'église paroissiale et interrompt la grand-messe de l'officiant Jean Le Ferron, injuriant ce dernier et menaçant de le tuer avec une guisarme s'il ne sort pas du sanctuaire[n 77]. Effrayé, le clerc tonsuré s'exécute en emboîtant le pas du marquis Lenano de Ceva, capitaine piémontais au service de Gilles. Après avoir ouvert les portes du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte à ses agresseurs, Jean Le Ferron y est incarcéré avec un receveur et Jean Rousseau, sergent général du duché de Bretagne[265],[266],[267],[268].

De la sorte, Gilles de Rais porte simultanément atteinte aux majestés divine et ducale. D'une part, il commet un sacrilège en violant les immunités ecclésiastiques[269]. D'autre part, il porte la main sur des serviteurs ducaux dans le diocèse même de l'évêque de Nantes, Jean de Malestroit, l'influent chancelier de Jean V de Bretagne[n 78].

Le duc breton condamne son vassal à rendre la place forte à Jean Le Ferron sous peine d'avoir à payer une amende de 50 000 écus d'or[270]. Gilles de Rais fait alors conduire son prisonnier à Tiffauges, forteresse poitevine sise hors de la juridiction bretonne[271].

En juillet 1440, le baron de Rais se rend à Josselin afin d'y rencontrer son suzerain Jean V de Bretagne mais la teneur de leurs propos demeure inconnue[n 79].

Enquêtes ecclésiastique et séculière[modifier | modifier le code]

Probablement peu de temps après l'attentat de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, une enquête secrète est lancée sur les rumeurs qui courent à l'encontre de Gilles de Rais. Le , les résultats de l'enquête ecclésiastique sont publiés sous forme de lettres patentes par l'évêque Jean de Malestroit : Rais est accusé par la rumeur publique de viols et meurtres commis sur de nombreux enfants ainsi que d'invocations et pactes démoniaques[272]. Parallèlement, l'enquête de la justice séculière procède à l'audition des mêmes témoins[273].

Le , le duc Jean V de Bretagne s'entretient à Vannes avec son frère, le connétable de France Arthur de Richemont. Compromis dans la Praguerie contre le roi Charles VII au printemps 1440, Jean V souhaite obtenir de Richemont, grand officier royal, une promesse d'assistance mutuelle. Pour ce faire, le duc octroie notamment au connétable la terre de Bourgneuf-en-Retz, bien de Gilles de Rais[274],[275]. Richemont retourne ensuite dans le domaine royal et s'empare de Tiffauges, libérant l'otage Jean Le Ferron[273].

Le , le sire de Rais est cité à comparaître devant le tribunal ecclésiastique de Nantes, sous les accusations de « meurtres d'enfants, de sodomie, d'invocations de démons, d'offense à la Majesté divine et d'hérésie[273] ».

Le , le baron est arrêté en son château de Machecoul par Jean Labbé, capitaine d'armes au service du duc de Bretagne[276],[n 80]. Deux des gens de Gilles de Rais sont également arrêtés, Henriet Griart et Étienne Corillaut dit « Poitou ». Probablement déjà en fuite, Gilles de Sillé et Roger de Briqueville ne sont pas appréhendés.

S'ouvre alors l'instruction du procès civil qui va être l'instrument de sa chute. Le maréchal est emprisonné dans le château de Nantes tandis que le duc de Bretagne charge son commissaire, Jean de Toucherond, de commencer une enquête[réf. nécessaire].

Procès[modifier | modifier le code]

Premières audiences[modifier | modifier le code]
Dessin de la tombe de Jean de Malestroit « en cuivre jaune devant le crucifix au milieu de la nef de l'église cathédrale de Saint-Pierre de Nantes ». Anonyme (Louis Boudan ?), 1695, BnF.

À la suite de son arrestation le , Gilles de Rais comparaît à une date inconnue devant la cour séculière de Nantes, présidée par Pierre de l'Hôpital, président et juge universel de Bretagne, grand officier du duc Jean V[n 81]. Le baron doit répondre des chefs d'accusation relatifs aux assassinats d'enfants et à l'attentat de l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte suivi de l'occupation du château du même lieu. Cependant, la relation officieuse de cette première audience ne mentionne que la réponse de Gilles aux juges civils à propos de l'affaire de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, sans aucune référence aux meurtres[277].

Le 18 septembre, dans le cadre du procès séculier, le clerc Jean de Touscheronde commence à recueillir les témoignages des parents des enfants disparus[278].

Le , dans la grande salle supérieure du château de la Tour Neuve, Gilles de Rais comparaît pour la première fois devant l'officialité de Nantes, autrement dit le tribunal ecclésiastique présidé par Jean de Malestroit, tout à la fois évêque de Nantes, président de la Chambre des comptes de Bretagne et chancelier du duc Jean V. Cette dernière charge fait de Malestroit « le supérieur hiérarchique de toute l'administration judiciaire, y compris celui de Pierre de L'Hôpital, président et juge universel[279]. »

Le « promoteur [autrement dit le procureur] aux causes de la foi » Guillaume Chapeillon accuse le baron d'avoir commis l'« hérésie doctrinale » et l'assigne donc à comparaître le 28 du mois devant le représentant de l'Inquisition pour la ville et le diocèse de Nantes : le dominicain Jean Blouyn, vicaire de l'inquisiteur du royaume de France Guillaume Merici[280]. Au cours de cette première audience, la cour ecclésiastique n'évoque apparemment pas les chefs d'accusation relatifs aux meurtres d'enfants, à l'instar de la cour séculière[280]. En tout état de cause, Gilles de Rais consent à comparaître devant ses deux juges, l'évêque-chancelier et le vice-inquisiteur, à la date convenue par le tribunal de l'Église[280].

Par conséquent, Jacques Chiffoleau, historien de la religion et des institutions médiévales, estime :

« que l'on devrait parler des procès. Si l'évêque de Nantes engage l'affaire par l'intermédiaire de son juge — l'official — il s'adjoint bientôt le représentant de l'Inquisiteur de France — ce qui transforme la cause et lui donne les traits d'une procédure inquisitoriale typique —, et il est relayé ou doublé par le juge du duc, pour un jugement typiquement séculier, laïc. Ce caractère double ou triple du procès pose le problème, capital à l'époque de Jean V et de Charles VII, des rapports entre le religieux et le politique, de la nature théologico-politique du pouvoir[281]. »

Selon la conceptualisation de la souveraineté au XVe siècle, la tenue de ces « procès jumeaux, jumelés, presque mixtes » se justifie par la double nature — temporelle et éternelle — d'un « crime irrémissible » de lèse-majesté ducale et divine[282].

Témoignages des parents[modifier | modifier le code]

La cour ecclésiastique consacre finalement la séance du à écouter dix plaignants hors de la présence de Gilles de Rais, la comparution du baron étant ajournée au 8 octobre[283]. Parallèlement, du 27 septembre au 8 octobre, Jean de Touscheronde poursuit l'audition de nombreux parents d'enfants disparus, dans le cadre de l'enquête civile[284].

Accumulation des charges[modifier | modifier le code]
Miniature représentant le procès de Gilles de Rais (XVIIe siècle). Armes du président Bouhier, manuscrit à peinture, latin 17663, Paris, BnF.
Tour dite du « Vieux Donjon », Château des ducs de Bretagne, Nantes.

Le samedi , dans la salle basse du château de la Tour Neuve, les dix plaignants de la séance du 28 septembre sont entendus derechef par la cour ecclésiastique.

Le même jour, dans une grande salle supérieure du château, le seigneur de Tiffauges comparaît de nouveau devant cette même cour, composée cette fois de l'évêque Malestroit et de l'inquisiteur dominicain Jean Blouyn, assistés de notaires publics et de scribes. Le « président de Bretagne » Pierre de l'Hôpital, responsable de la cour séculière, est également présent.

Le « promoteur aux causes de la foi » Guillaume Chapeillon expose oralement les articles de l'accusation, dévoilant l'ensemble des délits et crimes reprochés à Gilles de Rais.

Le médiéviste Jacques Chiffoleau rappelle que « (...) les accusations lancées contre le maréchal forment en réalité un triptyque obligé dont l'origine est très ancienne et qui unit très étroitement :
1º) la rébellion, c'est-à-dire le refus intériorisé de l'ordre légitime ;
2º) le pacte avec le diable, qui donne des pouvoirs magiques ;
3º) les actes contre nature, [telle] la sodomie[285] »
.

Cependant, Chiffoleau précise qu'en « insistant sur le poids de la procédure et sur les modèles très forts qui gouvernent alors les juges », il ne prétend pas — en tant qu'historien — délivrer une vérité judiciaire sur les procès[286].

Face aux accusations, le sire de Rais souhaite récuser ses juges. Jean de Malestroit et le frère Blouyn rejettent aussitôt son appel, considéré comme « frivole », au motif qu'il n'est pas présenté par écrit. Le baron nie « la vérité desdits articles » et conteste qu'il y ait matière à procès, tout en s'affirmant comme « vrai chrétien ». Le promoteur jure alors de dire la vérité puis il prie Gilles de prêter le même serment, en vain. Malestroit et Blouyn somment Gilles de jurer, le menaçant d'excommunication, mais l'accusé persiste dans son refus et ses dénégations. En réaction, l'évêque de Nantes et le vicaire de l'inquisiteur assignent le promoteur Guillaume Chapeillon et le maréchal de Rais à comparaître le mardi 11 octobre[287].

Le jour dit, Malestroit et Blouyn ajournent la comparution de Gilles de Rais au surlendemain. Ils entendent de nouveau, en la salle basse du château de la Tour Neuve, les plaintes et les lamentations des parents des victimes, qui supplient l'évêque et le vice-inquisiteur « de pourvoir à la justice nécessaire et opportune[288]. »

Le jeudi 13 octobre à 9 heures du matin, en la grande salle supérieure du château, en présence de Malestroit, Blouyn, l'Hôpital et de personnalités nantaises, le promoteur Guillaume Chapeillon lit l'acte d'accusation de quarante-neuf articles devant Gilles de Rais. Interrogé à ce sujet par l'évêque et le vice-inquisiteur, le seigneur de Tiffauges refuse de reconnaître l'autorité de ses juges et les traite de « simoniaques » et de « ribauds », ce qui entraîne en réaction son excommunication[289].

Cette excommunication l'effraie, et il se résout alors à faire des aveux en échange de la levée de cette sanction, ce qui lui est accordé. Certains auteurs y voient une preuve de sa foi en l'Église et dans le jugement de Dieu[290].

Excommunication et aveux[modifier | modifier le code]

Sa première confession, dite « confession hors jugement[n 82] » est prononcée « volontairement, librement et douloureusement » le 21 octobre 1440 dans la « chambre haute » du château nantais de la Tour Neuve, où il est emprisonné[291] L'accusé répète, en l'assortissant de nouvelles précisions, cette confession à l'audience du 22 octobre[292].

Alchimie et évocations diaboliques[modifier | modifier le code]

Les 16 et 17 octobre 1440, le prêtre malouin Eustache Blanchet et Francesco (François) Prelati, clerc toscan originaire de Montecatini Terme près de Pistoia, comparaissent devant la cour ecclésiastique. Ces deux serviteurs du sire de Rais affirment que leur maître s'adonnait à l'alchimie en vue de trouver la pierre philosophale[293]. À cet effet, le baron envoyait quérir dans le royaume de France et à l'étranger « des maistres qui se entremetoient de l'art d'arquemie », accusation qui sera ultérieurement reprise par les héritiers de Gilles dans le mémoire visant à démontrer sa prodigalité[294]. Blanchet aurait ainsi recruté Prelati en 1438, lors d'un voyage à Florence[295].

Outre les expériences alchimiques, Prelati déclare avoir tenté d'invoquer un démon familier nommé « Barron[n 83] » au château de Tiffauges, en présence de Gilles de Rais[296]. Le clerc prétend également avoir interrogé l'esprit malin dans une prairie près de Josselin, par conséquent non loin du château où se tint l'entrevue de juillet 1440 entre le duc Jean V de Bretagne et Gilles de Rais[297].

Suivant les « schèmes interprétatifs[n 84] » des juges, ces propos incriminent le seigneur de Tiffauges en associant étroitement « sa rébellion à l'égard de Dieu et du duc » et ses rapports avec le diable. Puisque des invocations démoniaques visant à accroître le pouvoir et la richesse du maréchal auraient été perpétrées, a fortiori à proximité de Jean V, ces « actes indicibles » menaceraient directement le pouvoir ducal en sus d'offenser gravement le Créateur. À ces deux accusations principales s'adjoint une troisième, les « attentats contre la nature », autrement dit la sodomie et les meurtres commis par Gilles de Rais. Ainsi se construit « un système très cohérent dont les éléments, en partie mythologiques, sont complètement interdépendants[298],[299]. »

Jugement et exécution de la peine[modifier | modifier le code]
Exécution de Gilles de Rais, gibet et bûcher (XVIe siècle ?). Armes du président Bouhier, manuscrit à peinture, Paris, BnF.

Le jugement est prononcé le 25 octobre[300] au château du Bouffay par le tribunal présidé par le juge universel de Bretagne, Pierre de l'Hôpital. Gilles de Rais a été excommunié pour « apostasie hérétique [...] évocation des démons [...] crime et vice contre nature avec des enfants de l'un et de l'autre sexe selon la pratique sodomite. » La sentence de la cour ecclésiastique reproche à Gilles de Rais cent quarante meurtres « ou plus[11] » tandis que la sentence de la cour séculière n'arrête pas de nombre exact[301]. Gilles de Rais et ses deux valets sont condamnés à être pendus, puis brûlés. À sa demande, le tribunal lui accorde trois faveurs : le jour de l'exécution, les familles des victimes pourront organiser une procession, il sera exécuté avant ses complices et son corps ne sera pas entièrement brûlé pour être inhumé.

Le lendemain matin, le mercredi , après une messe à la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, l'exécution est accomplie en « prairie de Biesse », partie amont de l'île de Grande Biesse[n 85]. Tandis que ses valets, Poitou et Henriet, sont laissés sur le bûcher, le corps de Gilles de Rais en est retiré, avant d'être trop abîmé par les flammes[302],[303],[n 86].

Conformément à la requête qu'il avait formulée et qu'on lui avait accordée avant son exécution, son corps est enseveli dans l'église du couvent des Carmes, à Nantes. Ce couvent et le monument funéraire dédié à sa mémoire seront détruits durant la Révolution française, et son corps sans doute jeté dans la Loire.[réf. nécessaire]

Un monument expiatoire — croix de pierre ou calvaire — fut construit chaussée de la Madeleine près de l'actuel Hôtel-Dieu de Nantes sur ce qui est actuellement la place Alexis-Ricordeau[304] (et non sur le lieu d'exécution lui-même qui se déroula sur la rive opposée de la Loire[n 87]) afin de commémorer le souvenir du supplice et devient un lieu de pèlerinage pour femmes enceintes[305],[306],[307]. Les vestiges de ce petit monument dit de « Notre-Dame-de-Crée-Lait » sont actuellement conservés au musée archéologique de Nantes[308],[309].

Sort des acolytes[modifier | modifier le code]

Francesco Prelati et Eustache Blanchet[modifier | modifier le code]
Portrait de René d'Anjou en prière.
Heures de René d'Anjou, Angers, 1437 ? (Mss, ms. Latin 1156 A, fo 81 vo, BnF, Paris).

Condamné à la prison perpétuelle, Francesco Prelati réussit probablement à s'évader puis trouve refuge à la cour du duc René d'Anjou, hors de la juridiction du duc de Bretagne. Par des tours de prestidigitateur, le jeune clerc parvient à valoriser ses soi-disant talents d'alchimiste auprès du « bon roi de Sicile », qui le nomme capitaine du château de La Roche-sur-Yon[310]. Adoptant désormais l'identité de François de Montcatin (d'après le nom francisé de sa commune natale), l'aventurier toscan profite de sa nouvelle position pour assouvir sa vengeance sur Geoffroy Le Ferron, devenu entretemps trésorier de France[n 88].

Ruines du château de La Roche-sur-Yon (en médaillon : Charles de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon en 1527).

Ce dernier, se rendant à Taillebourg auprès de l'amiral Prigent de Coëtivy, est de passage à La Roche-sur-Yon le 7 décembre 1444. Invité au château par le capitaine-alchimiste, Le Ferron y est injurié par le prêtre Eustache Blanchet avant d'être emprisonné arbitrairement sur ordre de Prelati, qui lui reproche sa propre incarcération nantaise du temps du procès de Gilles de Rais. Afin d'extorquer une énorme rançon au trésorier, les deux anciens serviteurs du maréchal lui font subir de mauvais traitements durant deux mois et demi. Entre autres tortures morales et physiques, Francesco Prelati et Eustache Blanchet tentent d'effrayer Le Ferron en feignant de découvrir parmi ses papiers une lettre factice qui le compromet dans une trahison imaginaire de Prigent de Coëtivy[311].

Informés de la situation, des officiers de René d'Anjou exigent que Prelati amène Le Ferron devant le conseil ducal. Le capitaine fait mine d'obtempérer avant de reconduire le trésorier de France dans son cachot. Douze jours plus tard, le chevalier Guy d'Aussigny, seigneur de Trèves et lieutenant du roi « ès pays de Poitou, Saintonge, gouvernement de La Rochelle et Angoumois », se présente avec une compagnie de cinquante hommes de guerre devant la forteresse yonnaise. Refusant de délivrer Geoffroy Le Ferron, Francesco Prelati s'oppose à la reddition de la place et effectue une sortie avec sa propre troupe, provoquant un accrochage qui se solde par la mort d'un soldat de Guy d'Aussigny[312].

Peu après, deux officiers de René d'Anjou essayent derechef d'obtenir de Francesco Prelati qu'il leur livre Geoffroy Le Ferron. Le capitaine italien finit par y consentir après versement de la rançon du trésorier de France. Ce dernier est transféré à Angers, où il dépose vainement une plainte auprès de la chambre des comptes d'Anjou. Le Ferron parvient à être conduit sous escorte auprès du roi René d'Anjou à Nancy mais il demeure un temps en détention dans cette ville, où séjourne alors le roi de France. Charles VII a vent de l'affaire, ce qui entraîne la saisine du parlement de Paris. Le Conseil royal rend finalement un arrêt qui condamne à mort Francesco Prelati et Jacques Chabot[n 89], son principal complice. Vers la fin de mars 1446 ou au début du mois suivant, l'ex-invocateur de démons subit le supplice du feu pour ses crimes[310],[313].

Renvoyé devant la cour du parlement avec plusieurs autres comparses de Prelati, Eustache Blanchet fait constamment défaut de janvier 1448 à mars 1451. Le 18 mai 1453, le parlement rend son arrêt définitif, condamnant le prêtre et ses acolytes à restituer les biens de Geoffroy Le Ferron, à faire amende honorable au roi et au trésorier de France, au paiement d'une amende ainsi qu'au bannissement perpétuel et à la confiscation de leurs biens[314].

Roger de Briqueville[modifier | modifier le code]

Descendance et postérité[modifier | modifier le code]

De son épouse Catherine de Thouars, Gilles de Rais ne laisse qu'une fille : Marie de Montmorency-Laval dite « Marie de Rais », qui lui succède à la tête de la baronnie de Retz.

Catherine de Thouars se remarie le avec Jean II de Vendôme, vidame de Chartres, dont elle aura deux autres enfants : Jean de Vendôme (né vers 1443) et Jacqueline de Vendôme.

Marie de Rais se marie deux fois : le avec Prigent VII de Coëtivy (1399-20/07/1450), amiral de France, gouverneur de La Rochelle, puis en 1451 avec André de Montfort-Laval dit « André de Lohéac » (1408-29/12/1486), seigneur de Lohéac et de Montjean, amiral de France puis maréchal de France (et cousin de Gilles de Rais). De ses deux unions, Marie de Rais n'aura aucun enfant.

C'est ensuite son oncle René de La Suze, frère cadet de Gilles de Rais, qui hérite de la baronnie de Retz. Marié à Anne de Champagne(-au-Maine), René en a une fille : Jeanne de Montmorency-Laval dite « Jeanne de Rais », qui lui succède. Jeanne se marie le à François de Chauvigny (1430-15/03/1491), vicomte de Brosse.

Par la suite, la baronnie de Retz quittera alors la famille de Montmorency-Laval pour passer à la famille de Chauvigny (André de Chauvigny, fils de François de Chauvigny et de Jeanne de Rais), puis aux familles de Tournemine, d'Annebault, de Clermont(-Tonnerre), de Gondi, de Blanchefort-Créquy, de Neufville-Villeroy et de Brie-Serrant, jusqu'à la Révolution française.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Jules Michelet[modifier | modifier le code]

L'abbé Eugène Bossard
vers l'âge de 35 ans
(env. 1888).
Gilles de Laval, baron de Retz. Illustration de Deschamp dans Histoire de la magie, du monde surnaturel et de la fatalité à travers les temps et les peuples (1870) de Pierre Christian (alias Pierre Pitois)[315].

Eugène Bossard[modifier | modifier le code]

Arthur Bourdeaut[modifier | modifier le code]

Émile Gabory[modifier | modifier le code]

Georges Bataille[modifier | modifier le code]

Dans son livre Le Procès de Gilles de Rais, paru en 1959, Georges Bataille voit en Gilles de Rais la figure exemplaire d'une époque de la féodalité où la raison balbutiante n'avait pas encore muselé la fête archaïque de la violence : « Sa noblesse a le sens d'une violence ne regardant rien et devant laquelle il n'est rien qui ne cède[316] ».

Jacques Heers[modifier | modifier le code]

Matei Cazacu[modifier | modifier le code]

Selon l'historien et archiviste paléographe Matei Cazacu, la pratique de l'alchimie et des messes noires est avérée chez Gilles de Rais. On pourrait relever le viol — et peut-être l'assassinat — de huit enfants dont on connaît le nom exact, leurs parents apportant des témoignages impliquant précisément l'entourage du seigneur de Tiffauges[290].

Jacques Chiffoleau[modifier | modifier le code]

Jacques Chiffoleau, historien médiéviste, juge que les procès de Gilles de Rais sont reconstruits en fonction de la procédure inquisitoriale. Toutefois, un passage du texte latin lui pose problème :

« Je n'ai jamais rencontré ça dans aucun interrogatoire inquisitorial que je connaisse. Cette description complètement sadienne... Je ne connais pas avant Sade des textes de ce genre. Quand on tombe là-dessus, on est dans un état de perplexité extrême. Est-ce que c'est inventé ou pas ? On est forcément obligé de suspendre son jugement, je dirais presque, même quand on est persuadé que la procédure, par ailleurs, a été plus que bricolée et tend à faire avouer des choses inavouables. On reste absolument perplexe[317]. »

Michel Meurger[modifier | modifier le code]

Mythe et postérité littéraire[modifier | modifier le code]

Mythe de Barbe-Bleue[modifier | modifier le code]

La Barbe bleue, gravure sur bois de Gustave Doré parue dans Les contes de Perrault, Paris, Jules Hetzel, 1862, planche en regard de la p. 56.

Gilles de Rais a peut-être inspiré Charles Perrault dans le cadre de la rédaction du conte La Barbe bleue (1697)[318],[319], bien que la vie et les actions du seigneur de Tiffauges présentent peu de rapports avec celles de l'ogre. Le chartiste Matei Cazacu conjecture que Perrault, par le biais de ses études de droit, aurait pu avoir accès à l'une des nombreuses transcriptions des procès du maréchal[320], celles-ci circulant dans les milieux juridiques sous l'Ancien Régime[321],[322],[323].

Prosper Mérimée et Stendhal interprètent les traditions régionales relatives à Barbe Bleue « comme un souvenir mythifié de Gilles de Rais »[324] ». Quant au polygraphe Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob »), il fournit aux lecteurs de ses Curiosités de l'histoire de France une explication romanesque en prêtant fictivement au seigneur de Rais une barbe noire aux « reflets presque bleuâtres » censément à l'origine du surnom légendaire[325],[324].

Aujourd'hui encore, au pays de Retz, on désigne toujours Gilles de Rais par l'appellation de « Barbe Bleue » : le château de Machecoul, où Gilles commit ses crimes et où il fut arrêté, est communément appelé « château de Barbe Bleue ».[réf. nécessaire] Au terme d'un processus de mythification, Gilles de Rais va devenir au fil des siècles un personnage légendaire.

Portraits fictifs[modifier | modifier le code]

Physionomie[modifier | modifier le code]

Gilles de Retz, sculpture de George S. Stuart, photographie de Peter d'Aprix (George S. Stuart Gallery of Historical Figures® archive).
Cette vue d'artiste figure un Gilles de Rais imberbe, la coupe en sébile. Vêtu d'une armure recouverte d'une cotte d'armes, il tient sous le bras un bassinet à plumail.

Il n'existe ni description, ni portrait de Gilles de Rais réalisé de son vivant qui soit parvenu jusqu'à nous. On ignore donc à quoi il ressemblait physiquement[326],[327],[328],[329].

Selon la traduction par Georges Bataille et Pierre Klossowski de la « confession en jugement » incluse dans les actes en latin des procès, le seigneur de Tiffauges déclare qu'il a « toujours été de nature délicate » durant sa jeunesse[330]. L'écrivain Michel Hérubel entend ces propos au sens de complexion physique[331],[332] mais le chartiste Matei Cazacu signale que la traduction de Bataille et Klossowski est quelque peu hâtive, l'adjectif delicatus pouvant également signifier « mignon, recherché, luxueux, efféminé, galant, licencieux[333]. »

La première description du sire de Tiffauges, « homme de bon entendement, belle personne et de bonne façon », apparaît tardivement, en 1582, dans l’Histoire de Bretaigne du juriste breton Bertrand d'Argentré[334]. L'essayiste Michel Meurger remarque que « le Gilles de Rais judiciaire, homme sans visage, insaisissable à la psychologie historique, acquiert un corps et un esprit » pour la première fois dans cet ouvrage[329], point de départ du jeu des filiations d'un siècle à l'autre.

En 1841, dans le tome V de son Histoire de France, Jules Michelet cite intégralement le signalement apocryphe composé par Bertrand d'Argentré sans mentionner nominalement le juriste breton comme source. Le célèbre professeur du Collège de France popularise ainsi l'image d'un seigneur aux traits séduisants : « C'était, dit-on, un seigneur « de bon entendement, belle personne et de bonne façon »[335],[336]. »

En 1863, dans le tome II de son Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, l'archiviste paléographe Auguste Vallet de Viriville modernise et enrichit de nouveaux détails imaginaires la description de Gilles de Rais selon d'Argentré : « C'était un beau jeune homme, gracieux, pétulant, d'un esprit vif et enjoué, mais faible et frivole[337]. »

Parallèlement aux historiens qui accréditent ainsi un portrait chimérique, la littérature complète le tableau. En 1858, dans ses récits romancés intitulés Curiosités de l'histoire de France, le polygraphe Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob ») affuble fictivement Gilles d'une chevelure blonde détonnant avec une barbe noire aux « reflets presque bleuâtres, qui avaient fait donner au sire de Rays le surnom de Barbe Bleue, surnom populaire en Bretagne, où son histoire s'est métamorphosée en conte fantastique[325],[324]. » Entre autres détails inventés par « le bibliophile Jacob » et promis à une belle fortune littéraire, cette singulière pilosité faciale et ce sobriquet prêtés au seigneur de Tiffauges assimilent ce dernier au personnage de Charles Perrault[324].

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Personnalité[modifier | modifier le code]

Bel esprit ?[modifier | modifier le code]
Tueur en série ?[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Toutes les effigies de Gilles de Rais sont posthumes et imaginaires. Une gravure censée le représenter a été publiée en 1731 dans Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées de Dom Bernard de Montfaucon[338]. Légendée Gilles de Laval[n 90], cette figure équestre reproduit un document plus ancien, remontant au XVe siècle[339] : une miniature sur parchemin légendée simplement Laval, incluse dans lʼArmorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII[340].

Que ce soit dans l'enluminure Laval du XVe siècle ou dans la copie Gilles de Laval gravée au XVIIIe siècle, les traits du visage du chevalier en armure sont dissimulés par son heaume fermé tandis que son écu et la housse de sa monture arborent de manière visible les armoiries des comtes de Laval — et non celles des barons de Rais[n 91]. Bien que Dom Bernard de Montfaucon croit reconnaître le sire de Rais dans l'enluminure, la figure équestre ne peut être identifiée avec certitude selon le chartiste Auguste Vallet de Viriville, qui préfère y voir une représentation « de type abstrait » des comtes de Laval, image d'ordre héraldique plutôt que portrait individuel[n 92]. L'identification contestée de Montfaucon n'en sera pas moins reprise ultérieurement par d'autres auteurs, à commencer par l'abbé Bossard[n 93].

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Par ailleurs, Gilles de Rais est représenté imberbe, les cheveux mi-longs et « vêtu d'un costume Renaissance » anachronique[n 94] dans deux miniatures qui dépeignent respectivement son procès et son exécution. La première miniature orne une copie du procès ecclésiastique[n 95] et la seconde une copie du procès civil[n 96]. Frappées des armes de la famille Bouhier[n 97], les deux enluminures et leurs supports manuscrits étaient conservés autrefois par le juriste et historien Jean Bouhier, président à mortier au parlement de Dijon. En partie héritée de son grand-père[341],[342], la collection de recueils de manuscrits du président Bouhier s'inscrivait dans la tradition érudite consistant à rassembler, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des copies de procès relatifs aux crimes de lèse-majesté comme autant d'exemples de condamnations juridiques frappant la noblesse[321],[323],[n 98].

Remontant au XVIe siècle[n 99], la miniature de l'exécution figure le criminel repentant, les mains ligotées et jointes en un geste de prière, la tête et les yeux humblement baissés en signe de contrition. Datée du XVIIe siècle[343], l'autre miniature représente Gilles de Rais, le couvre-chef à la main, s'adressant à l'évêque mitré qui préside l'officialité durant le procès ecclésiastique.

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La plus célèbre vue d'artiste demeure l'huile sur toile d'Éloi Firmin Féron, commandée au peintre le 29 décembre 1834 par le gouvernement du roi Louis-Philippe Ier afin de légitimer la monarchie de Juillet « en récupérant et instrumentalisant les représentations historiques de l'ancienne France[344]. » Sur fond de prise d'une forteresse, « la barbe bien taillée[345] » et la chevelure mi-longue[n 100], fermement campé sur des moellons délabrés en s'appuyant sur une hache, Gilles de Rais en armure damasquinée prend place, en tant que figure militaire de la Guerre de Cent Ans, dans le cortège des maréchaux de France des galeries historiques du château de Versailles. Le versant criminel du personnage y est occulté.

Par la suite, de nombreuses représentations s'inspireront de l'œuvre picturale de Féron, portraiturant le plus souvent un baron de Retz barbu, aux cheveux mi-longs bruns ou noirs. La toile de Féron ou les différentes œuvres gravées d'après celle-ci sont fréquemment reproduites hors-texte, en frontispice ou en première de couverture des ouvrages consacrées à Gilles de Rais[346].

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La bande dessinée a également puisé dans les traditions littéraire et picturale relatives au sire de Rais. Ce dernier correspond à la toile de Féron[345] ainsi qu'à la description romanesque de Paul Lacroix[325], amalgame entre les figures historique et mythique du personnage, dans la série Jhen scénarisée par Jacques Martin. Le dessinateur Jean Pleyers y représente l'ogre de Tiffauges « beau et élégant[345] », arborant une barbe noire qui contraste avec des cheveux roux « en conformité avec la symbolique médiévale évocatrice du Malin[347]. »

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Rapports avec Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Miniature dite de Jeanne d'Arc à l'étendard (XVe siècle). Paris, Archives nationales.

Le motif du criminel monstrueux côtoyant Jeanne d'Arc a fasciné de nombreux auteurs[n 101],[348], qui ont évoqué à l'envi « l'idéal céleste et l'idéal infernal »[349] côte à côte sur les champs de bataille de la Guerre de Cent Ans. L'écrivain Alain Jost résume ainsi l'attrait exercé par cette dualité thématique devenue un véritable « topos s'agissant de Gilles de Rais[350] » :

« Quand on la [Jeanne] met en face du Gilles de Rais de la légende, l'effet dramatique est assuré et le symbolisme manichéen saute aux yeux. À l'époque, tous deux sont jeunes et marchent vers la gloire. Leurs destinées seront à la fois parallèles et radicalement opposées : jugés et exécutés tous deux, mais l'une gagnant l'auréole de la sainteté et l'autre les pieds fourchus du démon incarné. Le blanc et le noir, le vice et la vertu ! Gilles et Jeanne... Leurs prénoms mêmes sonnent si bien ensemble que les auteurs s'en donneront à cœur joie[351]. »

Dès lors, la littérature a brodé sur les sentiments du seigneur de Tiffauges vis-à-vis de Jeanne, en couvrant une palette allant de l'amitié à la dévotion religieuse, en passant par la fascination la plus trouble. Dans le roman Là-bas de Joris-Karl Huysmans, le personnage de Durtal présume que « le mysticisme de Gilles de Rais s'est exalté » aux côtés de la Pucelle[352], point de vue repris par l'historien Matei Cazacu[n 102]. Autre récit fictif dont les interprétations ont fait florès, le roman Gilles et Jeanne de Michel Tournier est à l'origine d' « une bonne partie de la littérature pseudo-historique répandant l'idée des relations amoureuses de Jeanne d'Arc avec Gilles de Rais », observe l'historien Olivier Bouzy[353]. La vision romanesque de Tournier, selon laquelle « Gilles de Rais s'est voulu l'inversion démoniaque de la sainteté de Jeanne d'Arc dans un scénario antinomique de mal absolu et d'autosacrifice final », a même été interprétée comme un fait établi par l'écrivain Allen S. Weiss[354].

Il n'en demeure pas moins que les textes du XVe siècle ne permettent pas d'établir une relation privilégiée entre les deux compagnons d'armes[170],[355],[356],[357]. Aucune source ne corrobore la conjecture d'un Gilles de Rais désespéré par le bûcher de Rouen au point de se retirer dans ses terres de l'Ouest et d'y cultiver le souvenir de Jeanne tout en sombrant parallèlement dans la dépression et la folie meurtrière[358]. De telles extrapolations prennent appui sur quelques faits malaisés à déchiffrer.

D'après la chronique de Perceval de Cagny, Jeanne d'Arc souhaite avoir Gilles de Rais et Raoul de Gaucourt à ses côtés lors de l'assaut donné à la porte Saint-Honoré le , fait d'armes dont l'échec signera la fin du siège de Paris[202]. Le chartiste Jules Quicherat souligne que Perceval de Cagny demeure l'un des chroniqueurs les plus dignes de foi de la geste de la Pucelle. L'essayiste Georges Bataille estime que Jeanne d'Arc, « en un moment qu'elle croit décisif », veut le maréchal près d'elle « ce qui, de toute façon, signifie qu'elle en apprécie la valeur militaire[203]. » Se focalisant sur la mention du sire de Rais tout en négligeant celle du sire de Gaucourt, certains auteurs ont glosé sur ce passage succinct de la chronique de Perceval de Cagny en supposant des liens étroits, voire sentimentaux, entre Gilles et Jeanne.

La présence attestée de Gilles de Rais le 26 décembre 1430 à Louviers, ville sise à sept lieues (environ 28 kilomètres) de Rouen où Jeanne d'Arc était alors détenue prisonnière, a parfois été interprétée comme une velléité de libérer la Pucelle[359]. Il ne s'agit que d'une hypothèse[360] et, au demeurant, une telle tentative ne semble pas avoir eu lieu.

Le Mystère du siège d'Orléans a été régulièrement associé à Gilles de Rais, plusieurs auteurs ayant qualifié le baron de mécène, inspirateur ou coauteur de cette œuvre théâtrale[n 103]. Le personnage du « mareschal de Rais », également dénommé « le sire de Rais » ou simplement « Rais », y est dépeint constamment comme un fidèle compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, à l'instar des autres capitaines entourant l'héroïne[n 104]. Cependant, « Rais » n'y tient pas un rôle prépondérant puisque ses interventions représentent quantitativement assez peu dans les 20 538 vers que compte le mystère[361],[362],[363]. En outre, le Mystère du siège d'Orléans ne semble ni être antérieur à 1450, ni avoir été joué sur scène[364],[365].

L'épisode des relations de Gilles de Rais avec Jeanne des Armoises demeure « mal documenté et difficile à interpréter[356] ». En 1439, le seigneur de Machecoul confie à l'écuyer gascon Jean de Siquenville « la charge et gouvernement des gens de guerre » précédemment placés sous les ordres de Jeanne (ou Claude) des Armoises. Gilles promet à Siquenville le titre de capitaine du Mans sous réserve que l'écuyer délivre cette ville tenue par les Anglais[n 105]. Arrêté ultérieurement par le dauphin Louis pour faits de pillage en pays angevin et poitevin, le Gascon s'évade de prison afin d'échapper au gibet puis sollicite sa grâce auprès du roi Charles VII[366]. De cet épisode parvenu jusqu'à nous grâce à une lettre de rémission accordée à Jean de Siquenville en juin 1441, il est délicat de conclure que Gilles de Rais ait reconnu l'imposture de la fausse Jeanne en 1439, la relevant pour ce motif de son commandement au profit de l'écuyer[367],[368],[369].

Faute de sources, il s'avère donc ardu de spéculer sur les relations entre Gilles et Jeanne. Les sentiments de la Pucelle vis-à-vis de son compagnon d'armes nous échappent totalement[370].

Doutes et tentatives de réhabilitation[modifier | modifier le code]

Siècle des Lumières[modifier | modifier le code]

Voltaire lisant « L'année littéraire de Fréron », huile sur toile de Jacques Augustin Catherine Pajou (1811)

Dans son Essai sur les mœurs (1756), Voltaire évoque laconiquement Gilles de Rais comme un supplicié ayant été « accusé de magie, et d'avoir égorgé des enfants pour faire avec leur sang de prétendus enchantements[371]. » Sur la base de ce passage succinct, le philosophe a été présenté par certains partisans de l'innocence de Gilles comme leur plus fameux précurseur[372],[373]. Bien qu'il émette des réserves quant à la culpabilité du seigneur de Tiffauges, Voltaire évite toutefois de se prononcer définitivement sur la question. Sa brève mention du procès d'octobre 1440, parmi d'autres procès médiévaux d'hérésie et de sorcellerie, lui permet principalement de vilipender le « fanatisme composé de superstition et d'ignorance », travers qu'il juge de tous temps mais caractérisant particulièrement sa conception d'un Moyen Âge obscurantiste en contraste avec les Lumières[374].

Dans un court passage de leur ouvrage L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur… (1784), des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur semblent rejoindre l'opinion du philosophe en proposant également la superstition comme cause plausible du supplice de Gilles de Rais. Les érudits religieux assurent dans un premier temps que le maréchal « se déshonorait en Bretagne par des actions infâmes qui excitaient le cri du public contre lui. » Mais, abandonnant ensuite le ton affirmatif, ils emploient des termes similaires à la prose voltairienne lorsqu'ils évoquent le cortège de « prétendus devins et magiciens » possiblement à l'origine des « horreurs » imputées au seigneur de Tiffauges, « horreurs dont il n'était peut-être point coupable[375]. » À l'instar de l’Essai sur les mœurs, L'art de vérifier les dates… amalgame ici les évocations diaboliques et les meurtres d'enfants, contrairement aux aveux de Gilles qui dissociaient en pratique les deux accusations[n 106]. Distinguées des « horreurs », les « actions infâmes » alléguées de manière évasive au début du passage ne concerneraient donc pas les crimes eux-mêmes mais peut-être les pratiques sodomites. Les bénédictins laissent finalement planer le doute sur la réalité des « horreurs », sans conclure à l'innocence[374].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Gilles de Retz, le vampire de Bretagne, illustration de Louis Charles Bombled (1862-1927) pour l’Histoire de France de Jules Michelet.
Gilles de Laval Seigneur de Retz, planche en couleurs dans l'ouvrage de Paul Lacroix, Costumes historiques de la France d'après les monuments les plus authentiques..., t. 3, 1852.

À deux exceptions près, les actes des procès ne mentionnent pas clairement de découvertes macabres dans les demeures et lieux de passage du maréchal, bien que l'exhumation d'importants restes humains soit évoquée erronément par certains historiens durant le XIXe siècle.

Ainsi, Pierre-Hyacinthe Audiffret, dans l'article « RETZ (Gilles de LAVAL, seigneur de) » de la Biographie universelle ancienne et moderne (1824)[376] affirme que « [p]our éliminer les traces de ses forfaits, [Gilles de Rais] faisait précipiter les cadavres dans les fosses d'aisances quand il était en voyage ; mais dans ses châteaux, il les brûlait et en jetait les cendres au vent. Malgré ces précautions, on en trouva quarante-six à Champtocé et quatre-vingts à Machecoul[377]. »

Prenant la suite de la Biographie Universelle, Jules Michelet désigne également par un pronom indéfini les auteurs de l'exhumation présumée des cendres compromettantes : « On trouva dans la tour de Chantocé une pleine tonne d'ossements calcinés, des os d'enfants en tel nombre qu'on présuma qu'il pouvait y en avoir une quarantaine. On en trouva également dans les latrines du château de la Suze, dans d'autres lieux, partout où il avait passé[378]. » Le professeur du Collège de France s'appuie sur les dépositions des chambriers Henriet Griart et Étienne Corillaut[n 107] pour alléguer cette macabre découverte champtocéenne, entre autres lieux, mais sa formulation ambiguë semble évoquer le résultat de fouilles entreprises par la justice ducale ou ecclésiastique.

Plusieurs auteurs et historiens[379],[380],[349],[381] jusqu'au Grand dictionnaire universel du XIXe siècle[382] emboiteront le pas à Jules Michelet, souvent par le biais d'une longue citation de son Histoire de France, reproduisant ainsi à l'envi cette « légende issue d'une mauvaise lecture des documents[n 108]. » Autre réminiscence micheletiste, le récit romancé de Pitre-Chevalier dans La Bretagne ancienne et moderne en vient même à évoquer la libération de jeunes filles prisonnières du sire de Rais[383], version fantaisiste réfutée notamment par l'abbé Eugène Bossard[384].

Dans la première monographie consacrée au châtelain de Tiffauges, Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 (1885), l'abbé Bossard ne doute pas de la réalité des crimes mais il relève que le récit micheletiste n'est qu'une extrapolation due à une lecture approximative des sources primaires, voire la réminiscence de l'œuvre « d'un historien mal informé[385]. » De fait, selon les actes des procès, il apparaît des propos des chambriers Henriet Griart et Étienne Corillaut que les restes des victimes ont été exhumés par les propres familiers et serviteurs de Gilles de Rais : Gilles de Sillé, Hicquet de Brémont, Robin Romulart ainsi que les chambriers eux-mêmes. Ces deux derniers attestent aux procès d'octobre 1440 que leur maître leur avait enjoint de retirer d'une tour près du château fort de Machecoul les « ossements desséchés » d'une quarantaine de victimes afin de les faire disparaître avant que René de La Suze et le sire de Lohéac ne s'emparent de cette forteresse bretonne[386].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Salomon Reinach[modifier | modifier le code]

Salomon Reinach utilise la presse pour faire connaître ses vues au grand public. Dans le journal Le Signal du 2 octobre 1902, il fait paraître une « Lettre sur Gilles de Rais, innocent », qu'il signe « Un amateur d'histoire vraie ». Dans L'Éclair du 16 janvier 1905, il publie un « Exposé de la question Gilles de Rais »[388].

Louis Perceau et Fernand Fleuret[modifier | modifier le code]
Gilbert Prouteau[modifier | modifier le code]

Le poète et écrivain Gilbert Prouteau prête à l'avocat Maurice Garçon des doutes concernant la culpabilité de Gilles de Rais ainsi que la velléité de rédiger un ouvrage plaidant la thèse de l'innocence[389],[390],[n 109]. Le livre projeté n'a pas vu le jour.

Postérieurement au décès de Maurice Garçon, l'écrivain affirme avoir été sollicité à Nieul-sur-l'Autise par « un dignitaire de la « Région » » dans le cadre de la préparation de « la route Gilles de Rais », un circuit touristique consacré aux châteaux du maréchal. L'ouvrage de commande doit étayer la démarche des promoteurs en « remett[ant] en cause la légende » et en « éclair[ant] les zones d'ombre du procès[n 110]. »

À l'en croire, le romancier « [met] une journée à découvrir la vérité [aux Archives][n 111] » puis laisse dormir son manuscrit pendant un an par crainte du refus d'un éditeur. Il finit par présenter son texte à l'avocat Jean-Yves Goëau-Brissonnière. Celui-ci accepte de devenir « le défenseur » de Gilles de Rais[391] et de réunir une « cour arbitrale », collège composé de personnalités[n 112] chargées de se livrer à une « révision » du procès tenu en 1440. Le texte romancé de Prouteau aurait servi d'inspiration au plaidoyer attribué à Goëau-Brissonnière, que l'avocat prononce dans l'amphithéâtre de l'UNESCO en mai 1992[392].

Illustration de l'amalgame légendaire entre alchimie et magie noire[393] : Gilles de Rais recueille le sang de ses victimes dans un laboratoire empli de cornues, alambics, grimoires et athanor (gravure de Jean-Antoine-Valentin Foulquier, 1862).

Le roman et la plaidoirie sont reproduits dans l'ouvrage Gilles de Rais ou la Gueule du loup (mai 1992)[394], juxtaposition de textes narratifs, d'extraits de minutes, de lettres romancées et d'un journal fictif tenu par un Gilles de Rais présenté comme un féru d'alchimie, alcoolique et esthète apologiste de la pédophilie[n 113], sinon comme un meurtrier d'enfants[395]. Gilbert Prouteau reprend la thèse de Salomon Reinach et Fernand Fleuret en faveur de l'innocence de Gilles de Rais, à savoir une machination judiciaire orchestrée par l'évêque-chancelier Jean de Malestroit[396],[397]. Les contradicteurs de Reinach et Fleuret sont traités de « cuistres » et de « trissotins de l'histoire » tandis que les romanciers Jean-Marie Parent et Roger Facon sont qualifiés d'« historiens de grand talent[398] » en raison de leur œuvre littéraire développant également la théorie du complot judiciaire ourdi à l'encontre du maréchal[399],[400].

La « cour arbitrale » se réunit derechef le dans la salle Clemenceau du Palais du Luxembourg, siège du Sénat[401]. Cette « cour » n'inclut aucun historien médiéviste et ne sollicite jamais l'avis d'experts de cette discipline historique[402]. Convié à s'exprimer quelques minutes, Michel Fleury, artisan menuisier « se disant historien amateur[401] » et archiviste-bibliothécaire de la Société d'études et de recherches historiques sur le pays de Retz[403], est fréquemment interrompu par l'avocat Henri Juramy, « président » de la « cour arbitrale[404],[n 114]. »

La « révision » du procès aboutit à l'acquittement du seigneur de Tiffauges[405] mais l'écrivain Alain Jost souligne que ce jugement ne peut prétendre à une valeur légale, « sa portée [étant] d'ordre moral, symbolique... et médiatique[406],[n 115]. » Michel Fleury insiste sur le fait que le « jury d'honneur », autoproclamé, n'a aucun caractère officiel[n 116].

L'historien médiéviste Jean Kerhervé, juillet 2005.

La Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (dont son vice-président Jean Kerhervé) réagit à l'événement médiatique organisé par la « cour arbitrale » en faisant part de ses objections méthodologiques devant cette « histoire-spectacle[407],[408],[409]. » Jean Kerhervé et son confrère médiéviste Olivier Bouzy publient des comptes rendus critiques, respectivement dans le journal Le Peuple breton en novembre 1992[410] et dans le bulletin Connaissance de Jeanne d'Arc en janvier 1993[392] ; préalablement, Philippe Reliquet avait effectué une mise au point dans un courrier publié par Le Monde le 5 septembre 1992.

Jean Kerhervé remarque qu'en dépit des considérations de Prouteau relatives aux sources prétendument manipulées ou mal interprétées par les précédents chercheurs, l'écrivain lui-même ne paraît ni avoir étudié les sources primaires originales (rédigées en moyen français et essentiellement en latin) ni maîtriser les compétences paléographiques nécessaires au déchiffrement de la cursive gothique du XVe siècle[n 117]. En outre, Prouteau est régulièrement pris en défaut sur ses connaissances en histoire de la religion, du droit et des institutions médiévales, notamment dans le cadre du duché de Bretagne[279]. Olivier Bouzy relève des erreurs et des approximations, voire des inventions forgées délibérément pour les besoins de la réhabilitation[392]. Alain Jost reproche à Gilles de Rais ou la Gueule du loup de « créer la confusion la plus totale entre les éléments historiques et l'imaginaire de l'auteur[411]. »

Par ailleurs, la couverture médiatique du « procès de révision » est blâmée pour son manque de recul critique. Bien que des périodiques qualifient ce « procès » de « parodie », « supercherie » et « pseudo-procès[412] », d'autres journalistes reproduisent parfois, sans vérification préalable, certains propos entendus à la séance publique du 9 novembre 1992 ou imprimés dans Gilles de Rais ou la Gueule du loup, « erreurs et manipulations comprises »[413],[n 118]. Le jeudi 18 juin 1992, une dépêche de l'AFP évoque ainsi un seigneur de Rais « plus grande fortune du royaume de France », en sus de faire état de ses prétendus aveux concernant 800 meurtres, chiffre inventé par Fernand Fleuret puis repris par Gilbert Prouteau et Goëau-Brissonnière[414],[415].

Auteur de canulars et « orfèvre de fausses citations[416] », le poète Gilbert Prouteau a été qualifié de facétieux et de provocateur[417]. Ainsi, le « procès de révision » tenu en 1992 aurait été une « farce monumentale (...) mont[ée] avec des comparses de haute volée », mystification dont Prouteau se serait amusé encore plusieurs années après les faits[418].

Jean-Pierre Bayard[modifier | modifier le code]

Paru la même année que le « procès de révision », Plaidoyer pour Gilles de Rais (octobre 1992) est un ouvrage de Jean-Pierre Bayard, auteur spécialisé dans l'ésotérisme, le rosicrucianisme, les sociétés secrètes et la franc-maçonnerie. Présentant le seigneur de Tiffauges comme une victime innocente de l'Inquisition, Bayard dédie son livre à l'avocat Jean-Yves Goëau-Brissonnière « en témoignage de notre communion d'esprit[419] » et, en conclusion, remercie ce dernier et Gilbert Prouteau « pour leur heureuse et courageuse campagne[420]. » La quatrième de couverture précise que ce Plaidoyer… « va dans le sens spirituel du « Comité de réhabilitation du Maréchal Gilles de Rais » ». En 2007, Goëau-Brissonnière préface l'ouvrage de son « frère » franc-maçon Bayard[421],[422] à l'occasion d'une republication chez Dualpha, maison d'édition proche de l'extrême droite française[n 119].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Georges Batailleéd.) et Pierre Klossowskiéd.), Procès de Gilles de Rais. Documents précédés d'une introduction de Georges Bataille, Société nouvelle des éditions Pauvert, (1re éd. 1959, le Club français du livre), 338 p. (ISBN 2-7202-0177-4).
  • Arthur Bertrand de Broussillonéd.) (ill. Paul de Farcy), La Maison de Craon, accompagnée du Cartulaire de Craon, t. II, Paris, Alphonse Picard et fils, (présentation en ligne).
  • Arthur Bertrand de Broussillonéd.) (ill. Paul de Farcy), La maison de Laval, 1020-1605. Étude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, t. II : Les Montmorency-Laval, 1264-1412, Paris, Alphonse Picard et fils, (lire en ligne).
  • Arthur Bertrand de Broussillonéd.) (ill. Paul de Farcy), La maison de Laval, 1020-1605. Étude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, t. III : Les Montfort-Laval, 1412-1501, Paris, Alphonse Picard et fils, (lire en ligne).
  • René Blanchard (extrait du Bulletin de la Société archéologique de Nantes), Observations sur quelques dates du cartulaire des sires de Rays, Nantes, Imprimerie Vincent Forest et Émile Grimaud, , 36 p., In-8° (lire en ligne).
  • René Blanchardéd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, t. I, Poitiers, Société française d'imprimerie et de librairie, coll. « Archives historiques du Poitou », , CXCI-320 p. (lire en ligne).
  • René Blanchardéd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, t. II, Poitiers, Société française d'imprimerie et de librairie, coll. « Archives historiques du Poitou », , VI-593 p. (lire en ligne).
  • Rémi Boucher de Molandonéd.), « La délivrance d'Orléans et l'institution de la fête du 8 mai : Chronique anonyme du XVe siècle récemment retrouvée au Vatican et à Saint-Pétersbourg », Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, Paris / Orléans, Société bibliographique / Herluison, t. 18,‎ , p. 241-345 (lire en ligne).
  • Jean de Bueil, Le Jouvencel : suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, t. Ier, Paris, Librairie Renouard, (lire en ligne).
  • Jean de Bueil, Le Jouvencel : suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, t. II, Paris, Librairie Renouard, (lire en ligne).
  • Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France : nouvelle édition, revue sur les manuscrits, suivie de divers fragments inédits, publiée avec notes, notices et éclaircissements par Vallet de Viriville, t. I, Paris, Pierre Jannet, 1858 (i), 271 p. (lire en ligne).
  • Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France : nouvelle édition, revue sur les manuscrits, suivie de divers fragments inédits, publiée avec notes, notices et éclaircissements par Vallet de Viriville, t. II, Paris, Pierre Jannet, 1858 (ii), IV-346 p. (lire en ligne).
  • Gérard Groséd.), Mystère du siège d'Orléans, Paris, Librairie générale française (LGF), coll. « Le Livre de poche / Lettres gothiques », , 1049 p. (ISBN 2-253-06675-3).
  • Guillaume Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458) : édition établie par Achille Le Vavasseur, Paris, Librairie Renouard, , 313 p. (lire en ligne).
  • Paul Guérinéd.) et Léonce Celieréd.), Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France, t. VIII, Poitiers, Société des archives historiques du Poitou, Typographie Oudin et Cie, (présentation en ligne, lire en ligne).
  • François Guessardéd.) et Eugène de Certainéd.), Le mistère du siège d'Orléans : publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du Vatican, Paris, Imprimerie impériale, coll. « Collection de documents inédits sur l'histoire de France / 1, Histoire politique », , LXVI-809 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Vicki L. Hamblinéd.), Le mistère du siège d'Orléans, Genève, Droz, coll. « Textes littéraires français » (no 546), , 818 p. (ISBN 2-600-00634-6, présentation en ligne).
  • André Joubert, « Le testament de Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Chantocé (avant 1432) », Revue historique et archéologique du Maine, t. 27,‎ , p. 340-346 (lire en ligne).
  • Louis de La Trémoïlleéd.), Les La Trémoïlle pendant cinq siècles, t. Ier : Guy VI et Georges (1343-1446), Nantes, Émile Grimaud éditeur-imprimeur, (lire en ligne).
  • Gilles Le Bouvier (dit le héraut Berry), Armorial de France, Angleterre, Écosse, Allemagne, Italie et autres puissances, composé vers 1450 par Gilles Le Bouvier dit Berry, premier roi d'armes de Charles VII, roi de France : texte complet, publié pour la première fois d'après le manuscrit original / précédé d'une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur... par M. Vallet de Viriville, Paris, Bachelin-Deflorenne, , XII-232 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Gilles Le Bouvier (dit le héraut Berry), Armorial de Gilles Le Bouvier : Héraut Berry / publié par Emmanuel de Boos, d'après le manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France (ms fr 4985), Paris, Éditions du Léopard d'or, coll. « Documents d'héraldique médiévale » (no 7), , 277 p. (ISBN 2-86377-120-5).
  • Ambroise Ledru (abbé), « Gilles de Rais dit Barbe-Bleue, maréchal de France. Sa jeunesse, 1404-1424 », L'union historique et littéraire du Maine, Le Mans, Imprimerie librairie Leguicheux, t. Ier,‎ , p. 270-284 (lire en ligne).
  • Paul Marchegayéd.), Cartulaire des sires de Rays, notice, tables analytique et alphabétique, choix de documents, liste des sires de Rays, Paris, J. Techener, , 96 p., in-8 (lire en ligne).
  • Paul Marchegayéd.), « Documents relatifs à Prigent de Coëtivy, seigneur de Taillebourg et amiral de France, tirés du chartrier de Thouars », Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, Paris / Saintes, Honoré Champion / Mme Z. Mortreuil, t. VI,‎ , p. 23-88 (lire en ligne).
  • Bernard de Montfaucon (Dom), Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées, t. III : La suite des rois depuis Charles V jusqu'à Louis XI inclusivement, Paris, Julien-Michel Gandouin et Pierre-François Giffart, (lire en ligne).
  • Hyacinthe Morice (Dom), Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tirés des archives de cette province, de celles de France et d'Angleterre, des Recueils de plusieurs sçavans Antiquaires, t. II, Paris, Charles Osmont, (lire en ligne).
  • Jules Quicheratéd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle : publiés pour la première fois d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale, suivis de tous les documents historiques qu'on a pu réunir et accompagnés de notes et d'éclaircissements, t. 4 : Témoignages des chroniqueurs et historiens du XVe siècle, Paris, Jules Renouard et Cie, , 540 p. (lire en ligne).
  • Jules Quicheratéd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle : publiés pour la première fois d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale, suivis de tous les documents historiques qu'on a pu réunir et accompagnés de notes et d'éclaircissements, t. 5 : Témoignages des poètes du XVe siècle. Lettres, actes et autres pièces détachées. Témoignages extraits des livres de comptes. Documents relatifs à l'Institution et aux premières célébrations de la fête du 8 mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans. Documents sur la fausse Jeanne d'Arc qui parut de 1436 à 1440. Supplément aux pièces et extraits concernant la Pucelle. Itinéraire de la Pucelle. Notice littéraire du procès du condamnation. Notice des pièces de la réhabilitation. Table analytique, Paris, Jules Renouard et Cie, , 575 p. (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études, essais et articles consacrés totalement ou partiellement à Gilles de Rais (présentation dans l'ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Hyacinthe Audiffret, « RETZ (Gilles de LAVAL, seigneur de) », dans Louis-Gabriel Michaud (dir.), Biographie universelle ancienne et moderne. Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, t. 35 : Raabe-Ricord, Paris, chez Madame C. Desplaces, 1843-18?? (1re éd. 1824) (lire en ligne), p. 470-471.
  • Armand Guéraud, Notice sur Gilles de Rais, Rennes, Imprimerie de A. Marteville et Oberthur, , 74 p.
    Réédition révisée dans : Prosper Levot (dir.), Biographie bretonne, recueil des notices sur tous les bretons qui se sont fait un nom, t. 2, Vannes / Paris, Cauderan / Dumoulin, (lire en ligne), p. 677-691.
  • Eugène Bossard (abbé), Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 : d'après des documents inédits, Paris, Honoré Champion, , VIII-414 p. (lire en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne].
    • Eugène Bossard (abbé), Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 : d'après des documents inédits, Paris, Honoré Champion, , 2e éd. (1re éd. 1885), XIX-426-CLXVIII p. (lire en ligne)
      Réédition augmentée d'une édition critique des actes en latin du procès, établie par le chartiste René de Maulde.
    • Eugène Bossard (abbé) (postface « Eugène et Gilles », François Angelier), Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 : d'après des documents inédits, Grenoble, Éditions Jérôme Millon, 1992 et 1997, 336 p. (ISBN 2-905614-72-2)
      Rééditions amputées des « pièces justificatives » établies par le chartiste René de Maulde.
  • Charles Lemire, Un maréchal et un connétable de France : le Barbe-Bleue de la légende et de l'histoire, Paris, Ernest Leroux, , 88 p.
  • Lucien Merlet, « Catherine de Thouars, femme de Gilles de Retz (1404-1462) », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, t. V,‎ , p. 93-111 (lire en ligne).
  • Jules Hébert, « Une cause célèbre au XVe siècle : Gilles de Rays », Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, Brest, imprimerie A. Dumont, série 2e, t. XVIII,‎ 1892-1893, p. 183-303 (lire en ligne).
  • Joris-Karl Huysmans, La magie en Poitou : Gilles de Rais, Ligugé, Imprimerie Saint-Martin, , 28 p. (lire en ligne).
    Réédition : Joris-Karl Huysmans (postface Jérôme Solal), Gilles de Rais : la Magie en Poitou suivi de deux documents inédits, Paris, Éditions Mille et une nuits, coll. « Petite collection » (no 523), , 62 p. (ISBN 978-27555-0001-1).
  • Louis François La Bessière, « Chalonnes-sur-Loire. Un mariage de grands seigneurs en 1422 », Revue de l'Anjou, Angers, Germain et G. Grassin,‎ , p. 335-351.
  • Jean de Cherveix, 200 viols par un maréchal de France. Relation du procès en hérésie, évocations, sodomie, contre Gilles de Laval, sire de Rais, maréchal de France, conseiller du roi, d'après les manuscrits de 1440, Paris, Offenstadt et Cie, , 133 p. (lire en ligne).
  • Noël Valois, « Le procès de Gilles de Rais », Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, Paris, Librairie Renouard, t. LIX,‎ , p. 193-239 (présentation en ligne, lire en ligne).
  • (en) Arthur Charles Howland, « Criminal Procedure in the Church Courts of the Fifteenth Century As Illustrated by the Trial of Gilles de Rais », Papers of the American Society of Church History, 2e série, vol. 5,‎ , p. 23-45 (lire en ligne).
  • Arthur Bourdeaut (abbé), « Chantocé, Gilles de Rays et les ducs de Bretagne », Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Rennes, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. V, Première partie,‎ , p. 41-150 (lire en ligne).
  • Émile Gabory, « La psychologie de Gilles de Rais », Revue du Bas-Poitou, Fontenay-le-Comte, imprimerie Henri Lussaud, no 3e livraison,‎ , p. 153-168 (lire en ligne).
  • Émile Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Raiz (dit, à tort, "Barbebleue"), Paris, Librairie académique Perrin et Cie, coll. « Énigmes et drames judiciaires d'autrefois », , 244 p. (présentation en ligne).
  • Jules de La Martinière, « Gilles de Rays en face de Jeanne d'Arc : lettres patentes accordant un orle de France en supplément d'armoiries au maréchal de Rays, Sully-sur-Loire, septembre 1429 », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XXI, no 228,‎ , p. 200-206 (lire en ligne).
  • Georges Meunier, Gilles de Rais et son temps, Paris, Nouvelles éditions latines, coll. « Vies romanesques », , 216 p.
  • Maurice Termeau, Gilles de Raiz dit à tort Barbebleue et la Maison de Sillé (1404-1440), Laval, Imprimerie-librairie Goupil, , 77 p.
    Tiré à part de la revue La Province du Maine.
  • Roland Villeneuve, Gilles de Rays : une grande figure diabolique, Paris, Denoël, coll. « La Tour Saint Jacques », , 288 p.
    Réédition revue par l'auteur :
    • Roland Villeneuve, Gilles de Rays : une grande figure diabolique, Verviers, Gérard, coll. « Bibliothèque Marabout / Univers secrets » (no 429), , 248 p.
    • Roland Villeneuve, Gilles de Rays : une grande figure diabolique, Genève, Crémille, coll. « Les personnages maudits de l'histoire », , 361 p.
  • Pierre Sadron, « Un singulier protecteur du théâtre au XVe siècle : Gilles de Rays (1404-1440) », Revue de la Société d'histoire du théâtre, Paris, Michel Brient / Société d'histoire du théâtre, t. I,‎ , p. 321-327.
  • Roland Villeneuve, « Huysmans et Gilles de Rais », La Tour Saint-Jacques, Paris, Tour Saint-Jacques, no 10 « 1907-1957. Numéro spécial sur J.‑K. Huysmans »,‎ , p. 56-61 (ISSN 0495-9434).
  • Jean Jacquinot, « Les Mémoires d'un touriste source possible de Là-bas : Gilles de Rais héros de roman de Stendhal et de Huysmans », La Tour Saint-Jacques, Paris, Tour Saint-Jacques, no 10 « 1907-1957. Numéro spécial sur J.‑K. Huysmans »,‎ , p. 62-71 (ISSN 0495-9434).
  • Georges Bataille, « Les remords et l'exhibitionnisme de Gilles de Rais », Les Lettres nouvelles, no 25,‎ 1959 (7e année), p. 2-14.
  • Michel Bataille et Jean Pesez, Gilles de Rais : suivi de Gilles de Rais, Jeanne d'Arc et ses compagnons, Paris, Club des amis du livre / Éditions Planète, , 312 p.
    Rééditions amputées de l'étude de Jean Pesez :
    • Michel Bataille, Gilles de Rais, Paris, J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse », , 320 p.
    • Michel Bataille, Gilles de Rais, Paris, Éditions Pygmalion, coll. « Bibliothèque infernale », , 284 p. (ISBN 2-85704-030-X).
  • Jacques Bressler, Gilles de Rais ou La passion du défi, Paris, Payot, , 211 p. (ISBN 2-228-70290-0).
  • Michel Hérubel, Gilles de Rais et le déclin du Moyen Âge, Paris, Librairie académique Perrin, , 384 p. (ISBN 2-262-00247-9).
  • Philippe Reliquet, Le Moyen Âge : Gilles de Rais. Maréchal, monstre et martyr, Paris, Belfond, , 288 p. (ISBN 2-7144-1463-X).
  • Arlette Laret-Kayser, « Gilles de Rais ou le syndrome du mal absolu », dans Hervé Hasquin (dir.), Magie, sorcellerie, parapsychologie, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, coll. « Laïcité / Recherches » (no 5), , 237 p. (ISBN 2-8004-0843-X), p. 27-38.
  • Pierre Boutin, Pierre Chalumeau, François Macé et Georges Peyronnet, Gilles de Rais, Nantes, Centre national de documentation pédagogique (CNDP) et Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l'Académie de Nantes, , 158 p. (ISBN 2-86628-074-1).
  • Alain Gérard, « L'énigme Gilles de Rais », Revue 303, no 35,‎ , p. 52-59 (lire en ligne).
  • Jean Kerhervé, « L'histoire ou le roman ? », Le Peuple breton, no 347,‎ , p. 6-8.
    Repr. : Jean Kerhervé, « Gilles de Rais, de Gilbert Prouteau, ou le "Naufrage de L'Histoire" », Bulletin de l'Association bretonne, no 120,‎ .
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, vol. 1, Nantes, Éditions Joca Seria, , 58 p. (ISBN 2-908929-05-8).
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, vol. 2, Nantes, Éditions Joca Seria, , 58 p. (ISBN 2-908929-12-0).
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, vol. 3, Nantes, Éditions Joca Seria, , 58 p. (ISBN 2-908929-15-5).
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, vol. 4, Nantes, Éditions Joca Seria, , 58 p. (ISBN 2-908929-19-8).
  • Olivier Bouzy, « La réhabilitation de Gilles de Rais, canular ou trucage ? », Connaissance de Jeanne d'Arc, Chinon, no 22,‎ , p. 17-25 (lire en ligne).
  • Michel Fleury, « Gilles de Rais ou les malheurs de l'Histoire », Bulletin de la Société d'études et de recherches historiques du pays de Retz, Paimbœuf, Éditions du pays de Retz, no 13,‎ , p. 4-7.
  • Michel Hérubel, Gilles de Rais ou la fin d'un monde, Paris, Jean Picollec, , 336 p. (ISBN 2-86477-120-9).
  • Jacques Heers, Gilles de Rais, Paris, Perrin, coll. « Vérités et légendes », , 249 p. (ISBN 2-262-01066-8).
    Réédition : Jacques Heers, Gilles de Rais, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 93), , 249 p. (ISBN 2-262-02326-3, présentation en ligne)
  • Alain Jost, Gilles de Rais, Alleurs / Paris, Marabout, coll. « Histoire et mystères », , 260 p. (ISBN 2-501-02230-0).
  • Élodie Martin, « Gilles de Rais, client de Jean de Recouin, notaire orléanais, 1433-1438 », Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 21,‎ , p. 14-38.
  • Olivier Bouzy, « Le Procès de Gilles de Rais. Preuve juridique et "exemplum" », Connaissance de Jeanne d'Arc, Chinon, no 26,‎ , p. 40-45 (lire en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Gilles de Rais, un serial killer pédophile ? Note sur les lectures d'un procès célèbre depuis 1440 et sur son actualité supposée », Actes du colloque sur la pédophilie organisé par le tribunal de grande instance de Créteil (décembre 1997), Paris,‎ .
  • Gérard Gros, « Le Seigneur de Rais et Jeanne : étude sur une relation, d'après le Mistère du siège d'Orléans », dans Jean Maurice et Daniel Couty (dir.), Images de Jeanne d'Arc : Actes du colloque de Rouen, 25, 26, 27 mai 1999, Paris, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Études médiévales » (no 1), , VIII-281 p. (ISBN 2-13-049952-X), p. 117-126.
  • Michel Meurger, « L'Imaginaire de Gilles de Rais : la bête, l'esthète et Barbe-Bleue », Le Visage Vert, Paris, Joëlle Losfeld, no 10,‎ , p. 20-55 (ISBN 2-84412-085-7, présentation en ligne).
  • Jacques Boislève, « Monstruosité et marginalité chez Gilles de Rais », dans Arlette Bouloumié (dir.), Figures du marginal dans la littérature française et francophone, Angers, Presses de l'Université d'Angers, coll. « Recherches sur l'imaginaire » (no 29), , 228 p. (ISBN 2-903075-96-4, lire en ligne), p. 27-37.
  • Vincent Petitjean, « De chair et de saint : Huysmans et Gilles de Rais », dans François Jacob et Pierre Nobel (dir.), Entre dieu et diable : littérature et spiritualité, Paris, L'Harmattan, coll. « Religion et sciences humaines », , 250 p. (ISBN 2-7475-5248-9), p. 227-248.
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  • Michel Meurger, Gilles de Rais et la littérature, Rennes, Terre de brume, coll. « Terres fantastiques », , 237 p. (ISBN 2-84362-149-6, présentation en ligne).
  • Matei Cazacu, Gilles de Rais, Paris, Tallandier, , 384 p. (ISBN 2-84734-227-3).
    Réédition : Matei Cazacu, Gilles de Rais, Paris, Tallandier, coll. « Texto », , 387 p. (ISBN 978-2-84734-896-5)
  • Pierre Savy, « Le Procès dans l'histoire, l'histoire dans le Procès », dans Laurent Ferri et Christophe Gauthier (dir.), L'Histoire-Bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille : actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille, Paris, École nationale des chartes, 7 décembre 2002, Paris, École des chartes, coll. « Études et rencontres de l'École des chartes » (no 18), , 150 p. (ISBN 2-900791-78-2), p. 85-98.
  • Olivier Guyotjeannin, « Entre histoire et document : les annales de la vie criminelle de Gilles de Rais », dans Laurent Ferri et Christophe Gauthier (dir.), L'Histoire-Bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille : actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille, Paris, École nationale des chartes, 7 décembre 2002, Paris, École des chartes, coll. « Études et rencontres de l'École des chartes » (no 18), , 150 p. (ISBN 2-900791-78-2), p. 99-106.
  • Jean-Pierre Le Bouler, « Georges Bataille, le Moyen Âge et la chevalerie. De la thèse d'École des chartes (1922) au Procès de Gilles de Rais (1959) », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris / Genève, Librairie Droz, t. 164,‎ , p. 539-560 (lire en ligne).
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  • Zrinka Stahuljak, « « Archéologie pathologique » : Le Moyen Âge et l'histoire de la médecine », dans Élodie Burle-Errecade et Valérie Naudet (dir.), Fantasmagories du Moyen Âge. Entre médiéval et moyen-âgeux : [actes du colloque international, 7-9 juin 2007, Université de Provence], Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, coll. « Sénéfiance » (no 56), , 280 p. (ISBN 978-2-85399-733-1, lire en ligne), p. 209-216.
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  • (en) Ben Parsons, « Sympathy for the Devil : Gilles de Rais and His Modern Apologists », Fifteenth-Century Studies / edited by Barbara I. Gusick and Matthew Z. Heintzelman, Rochester, New York / Woodbridge, Suffolk, Camden House / Boydell & Brewer, vol. 37,‎ , p. 113-137 (ISBN 978-1-57113-526-1).
  • (en) Zrinka Stahuljak, Pornographic Archaeology : Medicine, Medievalism, and the Invention of the French Nation, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, , VIII-338 p. (ISBN 9780812244472), chap. 4 (« Gilles and Joan, Criminal and Genius: Medical Fictions and the Regeneration of the French Race »), p. 99-127.
  • Peter Frei, « La modernité en procès : le Gilles de Rais de Georges Bataille », Fabula. Zeitschrift für Erzählforschung / Journal of Folktale Studies / Revue d'études sur le conte populaire, De Gruyter, vol. 54, no 1-2,‎ , p. 17–29 (ISSN 1613-0464 et 0014-6242).
  • Vincent Petitjean, Vies de Gilles de Rais, Paris, Classiques Garnier, coll. « Perspectives comparatistes » (no 35), , 562 p. (ISBN 978-2-8124-4759-4, présentation en ligne).

Études sur le contexte historique[modifier | modifier le code]

  • René Blanchard, « Le Pays de Rays et ses seigneurs pendant la guerre de Cent ans (1341-1372) », Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, Nantes, Bureaux de la société archéologique, t. 37,‎ , p. 87-110 (lire en ligne).
  • Jean-Patrice Boudet, Entre science et nigromance : astrologie, divination et magie dans l'Occident médiéval (XIIe-XVe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire ancienne et médiévale » (no 83), , 624 p. (ISBN 978-2-85944-544-7, présentation en ligne).
  • Olivier Bouzy, « Les débuts du règne de Charles VII : 1418-1428 », Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, Orléans, Centre Jeanne d'Arc, no 27,‎ , p. 41-141.
  • Olivier Bouzy, Jeanne d'Arc en son siècle, Paris, Fayard, , 317 p. (ISBN 978-2-213-67205-2, présentation en ligne).
  • Boris Bove, Le temps de la guerre de Cent ans : 1328-1453, Paris, Belin, coll. « Histoire de France », , 669 p. (ISBN 978-2-7011-3361-4, présentation en ligne).
  • Jean-Christophe Cassard, « René d'Anjou et la Bretagne : un roi pour cinq ducs », dans Jean-Michel Matz et Noël-Yves Tonnerre (dir.), René d'Anjou (1409-1480). Pouvoirs et gouvernement : [actes du colloque international, Angers, 26-28 novembre 2009], Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire », , 400 p. (ISBN 978-2-7535-1702-8), p. 249-267.
  • René Cintré, « Un exemple de contestation péagère au XVe siècle. Le péage de Champtocé sur Loire, d'après le procès de 1412-1414 », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, t. 92, no 1,‎ , p. 13-25 (lire en ligne).
  • René Cintré, Les marches de Bretagne au Moyen Âge : économie, guerre et société en pays de frontière, XIVe et XVe siècles, Pornichet, Éditions Jean-Marie Pierre, , 238 p. (ISBN 2-903999-11-2).
  • Pierre Champion, « Notes sur Jeanne d'Arc. Le complot de Louis d'Amboise, d'André de Beaumont, et d'Antoine de Vivonne (1429-1431) », Le Moyen Âge. Bulletin mensuel d'histoire et de philologie, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, t. 23,‎ , p. 180-197 (lire en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Dire l'indicible. Remarques sur la catégorie du nefandum du XIIe au XVe siècle », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 45e année, no 2,‎ , p. 289-324 (lire en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Jeanne devant ses juges : (entretien) », L'Histoire, no 210,‎ , p. 40-45.
  • Jacques Chiffoleau, « L'hérésie de Jeanne : note sur les qualifications dans le procès de Rouen », dans Jean-Patrice Boudet et Xavier Hélary (dir.), Jeanne d'Arc : histoire et mythes, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire », , 292 p. (ISBN 978-2-7535-3389-9), p. 13-55.
  • Philippe Contamine, Guerre, État et société à la fin du Moyen Âge : études sur les armées des rois de France, 1337-1494, t. 1, Paris, École des hautes études en sciences sociales, coll. « Les réimpressions des Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales », (1re éd. 1972, Mouton), XXXVIII-450 p. (ISBN 2-7132-1816-0, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Philippe Contamine, Guerre, État et société à la fin du Moyen Âge : études sur les armées des rois de France, 1337-1494, t. 2, Paris, École des hautes études en sciences sociales, coll. « Les réimpressions des Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales », (1re éd. 1972, Mouton), 757-V p. (ISBN 2-7132-1816-0).
  • Philippe Contamine, « L'action et la personne de Jeanne d'Arc, remarques sur l'attitude des princes français à son égard », Bulletin de la société historique de Compiègne, t. 28 « Actes du colloque Jeanne d'Arc et le cinq cent cinquantième anniversaire du siège de Compiègne, 20 mai – 25 octobre 1430 »,‎ , p. 63-80 (lire en ligne).
  • Philippe Contamine, « Un acteur du sacre de Charles VII : Georges de La Trémoille », Travaux de l'Académie Nationale de Reims, vol. 171 « L'histoire de Reims en questions »,‎ , p. 190-211.
  • Philippe Contamine, La noblesse au royaume de France, de Philippe le Bel à Louis XII : essai de synthèse, Paris, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Moyen âge », , 385 p. (ISBN 2-13-048763-7, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Philippe Contamine, « Yolande d'Aragon et Jeanne d'Arc : l'improbable rencontre de deux parcours politiques », dans Éric Bousmar, Jonathan Dumont, Alain Marchandisse et Bertrand Schnerb (dir.), Femmes de pouvoir, femmes politiques durant les derniers siècles du Moyen Âge et au cours de la première Renaissance, Bruxelles, De Boeck, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge », , 656 p. (ISBN 978-2-8041-6553-6), p. 11-30.
  • Philippe Contamine, Olivier Bouzy et Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1214 p. (ISBN 978-2-221-10929-8, présentation en ligne).
  • Eugène Cosneau, Le connétable de Richemont (Arthur de Bretagne), 1393-1458, Paris, Librairie Hachette et Cie, , XV-712 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Gaston Du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II : Le roi de Bourges, 1422-1435, Paris, Librairie de la société bibliographique, , 667 p. (lire en ligne).
  • Jean Favier, La Guerre de Cent ans, Paris, Fayard, , 678 p. (ISBN 2-213-00898-1, présentation en ligne).
  • Pierre-Roger Gaussin, « Les conseillers de Charles VII (1418-1461). Essai de politologie historique », Francia, Munich, Artemis-Verlag, vol. 10,‎ , p. 67-130 (lire en ligne).
  • Vicki L. Hamblin, « Jehanne, personnage iconique dans le Mystère du siège d'Orléans », dans Jean-Patrice Boudet et Xavier Hélary (dir.), Jeanne d'Arc : histoire et mythes, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire », , 292 p. (ISBN 978-2-7535-3389-9), p. 143-153.
  • Michael Jones, « Jean IV et le pays de Retz : l'exercice et les limites du pouvoir ducal à la fin du XIVe siècle », dans Échanges et pouvoirs au pays de Retz à la fin du Moyen Âge : Le printemps de l'histoire, Machecoul, 14 avril 2007, les actes du Colloque / [organisé par la] Société des historiens du pays de Retz, La Bernerie-en-Retz, Société des historiens du pays de Retz, , 64 p., p. 31-41.
  • Michael Jones, « Marguerite de Clisson, comtesse de Penthièvre, et l'exercice du pouvoir », dans Éric Bousmar, Jonathan Dumont, Alain Marchandisse et Bertrand Schnerb (dir.), Femmes de pouvoir, femmes politiques durant les derniers siècles du Moyen Âge et au cours de la première Renaissance, Bruxelles, De Boeck, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge », , 656 p. (ISBN 978-2-8041-6553-6), p. 349-368.
  • André Joubert, « Ramefort de Gennes et ses seigneurs au XVe siècle : d'après les archives inédites du château de la Sonnière », Revue historique et archéologique du Maine, Mamers / le Mans, G. Fleury et A. Dangin / Pellechat, t. VIII,‎ , p. 38-56 (lire en ligne).
  • Jean Kerhervé, L'État breton aux XIVe et XVe siècles : les ducs, l'argent et les hommes, vol. 1 et 2, Paris, Éditions Maloine, (ISBN 2-224-01703-0 et 2-224-01704-9, présentation en ligne).
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  • Gerd Krumeich (trad. Josie Mély, Marie-Hélène Pateau et Lisette Rosenfeld, préf. Régine Pernoud), Jeanne d'Arc à travers l'histoire [« Jeanne d'Arc in der Geschichte : Historiographie, Politik, Kultur »], Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque Albin Michel. Histoire », , 348 p. (ISBN 2-226-06651-9).
  • Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale, 1213-1532, Rennes, Éditions Ouest-France, coll. « Université », , 435 p. (ISBN 2-85882-309-X, présentation en ligne).
  • Auguste Longnon, « Les limites de la France et l'étendue de la domination anglaise à l'époque de la mission de Jeanne d'Arc », Revue des questions historiques, Paris, Librairie de Victor Palmé, t. XVIII,‎ , p. 444-546 (lire en ligne).
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  • Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789, t. VI, Paris, Furne et Cie, (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Jules de la Martinière, « Un grand chancelier de Bretagne, Jean de Malestroit, évêque de Saint-Brieuc (1405-1419) et de Nantes (1419-1443) », Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Paris, Honoré Champion, t. I,‎ , p. 9-52 (lire en ligne).
  • Françoise Michaud-Fréjaville, « « Va, va, fille de Dieu. » De l'usage du « tu » et du « vous » dans les sources concernant Jeanne d'Arc (1430-1456) », Cahiers de recherches médiévales, Orléans / Paris, CEMO / Honoré Champion, no 12 « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc »,‎ , p. 157-169 (lire en ligne).
  • Françoise Michaud-Fréjaville, « Cinéma, histoire : autour du thème « johannique » », Cahiers de recherches médiévales, Orléans / Paris, CEMO / Honoré Champion, no 12 « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc. En hommage à Françoise Michaud-Fréjaville »,‎ , p. 285-300 (lire en ligne).
  • Jules Michelet, Histoire de France, t. 5, Paris, Librairie classique et élémentaire de Louis Hachette, (lire en ligne), p. 208-215.
  • Charles Mourain de Sourdeval, « Les sires de Retz et le château de Machecoul », Mémoires de la Société archéologique de Touraine, Tours, Imprimerie de Mame, t. II,‎ 1843-1844, p. 27-70 (lire en ligne).
  • Yves-Henri Nouailhat, « Les revenus des seigneurs de Rays au Moyen Âge », La revue du Bas-Poitou et des provinces de l'Ouest, Fontenay-le-Comte, Société des amis du Bas-Poutou, no 2, 75e année,‎ , p. 114-126 (lire en ligne).
  • Georges Peyronnet, « Les complots de Louis d'Amboise contre Charles VII (1428-1431). Un aspect des rivalités entre lignages féodaux en France au temps de Jeanne d'Arc », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris / Genève, Librairie Droz, t. 142,‎ , p. 115-135 (lire en ligne).
  • René Planchenault, « La conquête du Maine par les Anglais : les campagnes de Richemont (1425-1427) », Revue historique et archéologique du Maine, Le Mans, imprimerie Monnoyer, t. LXXXIX,‎ , p. 125-152 (lire en ligne).
  • René Planchenault, « La conquête du Maine par les Anglais : la lutte de partisans (1427-1429) », Revue historique et archéologique du Maine, Le Mans, imprimerie Monnoyer, t. XCIII,‎ , p. 24-34 ; 160-172 (lire en ligne), [lire en ligne].
  • René Planchenault, « La conquête du Maine par les Anglais : la lutte de partisans (1427-1429) (suite et fin) », Revue historique et archéologique du Maine, Le Mans, imprimerie Monnoyer, t. XCIV,‎ , p. 47-60 (lire en ligne).
  • Gildas Salaün, « Sceaux médiévaux liés au pays de Retz, conservés au musée départemental Dobrée », dans Échanges et pouvoirs au pays de Retz à la fin du Moyen Âge : Le printemps de l'histoire, Machecoul, 14 avril 2007, les actes du Colloque / [organisé par la] Société des historiens du pays de Retz, La Bernerie-en-Retz, Société des historiens du pays de Retz, , 64 p., p. 57-63.
  • Auguste Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, t. II : 1429-1444, Paris, Jules Renouard, , XV-462 p. (lire en ligne).
  • Auguste Vallet de Viriville, « Examen critique du Mystère du siège d'Orléans », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris, Librairie A. Franck, 5e série, t. 5,‎ , p. 1-17 (lire en ligne).
  • Laurent Vissière, « Georges de La Trémoille et la naissance du parti angevin », dans Jean-Michel Matz et Noël-Yves Tonnerre (dir.), René d'Anjou (1409-1480). Pouvoirs et gouvernement : [actes du colloque international, Angers, 26-28 novembre 2009], Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire », , 400 p. (ISBN 978-2-7535-1702-8), p. 15-30.
  • (en) Malcolm Walsby, The Counts of Laval : Culture, Patronage and Religion in Fifteenth and Sixteenth-Century France, Aldershot, Ashgate, , 220 p. (ISBN 9780754658115, présentation en ligne), [présentation en ligne].

Littérature et essais consacrés à la réhabilitation de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]

Littérature, théâtre[modifier | modifier le code]

Couverture illustrée du roman d'Émilie Carpentier, Les Prisonniers de Tiffauges (1892).
Gilles de Retz et la louve Astarté, illustration de Frank Richards pour le roman The Black Douglas (1899) de S. R. Crockett.
Roland Brévannes, Le Baiser de la démone (série Les Messes noires), Paris, Librairie des publications populaires, s.d. (1906 ?) ; illustration de Bluck
  • Michel Bataille, Le Feu du ciel, Paris, Robert Laffont, , 312 p.
  • Alexandre Bessot de Lamothe, Les Mystères de Machecoul, Paris, Charles Blériot, , 295 p.
    Réédition en fac-similé : Alexandre Bessot de Lamothe, Les Mystères de Machecoul, Paris, Le Livre d'histoire, coll. « Petite bibliothèque insolite » (no PBI14), , 293 p. (ISBN 978-2-7586-0460-0, présentation en ligne).
  • Hippolyte Bonnellier, Raiz, vol. 1 et 2, Paris, Alardin, (présentation en ligne).
  • Georges Bordonove, Requiem pour Gilles, Paris, Julliard, , 246 p.
    Réédition : Georges Bordonove, Gilles de Rais, Paris, Pygmalion, coll. « Bibliothèque infernale », , 281 p.
  • Roland Brévannes, Les Messes noires, reconstitution dramatique en 3 parties et 4 tableaux, donnée au théâtre de la Bodinière, le 17 février 1904. Musique de scène de René Brancour, Courbevoie, imprimerie de E. Bernard, , 31 p., In-8º obl.
  • Roland Brévannes, Les Messes noires, Paris, Librairie des publications populaires, (1re éd. précédemment paru sous le même titre dans une série de fascicules s.d.), 800 p.
  • Émilie Carpentier, Mémoires de Barbe-Bleue, Paris, Joseph Vermot, , 323 p.
    Réédition : Émilie Carpentier, Les Prisonniers de Tiffauges, Paris, Alexandre Hatier, , 240 p.
  • Blaise Cendrars, Films sans images. Serajevo. Gilles de Rais. Le Divin Arétin, Paris, Denoël, , 255 p.
    Recueil de pièces radiophoniques.
  • Hugo Claus (trad. Marnix Vincent, adaptation de Jean-Claude Carrière), Gilles et la nuit [« Gilles en de nacht »], Paris, Calmann-Lévy, coll. « Petite bibliothèque européenne du XXe siècle », , 76 p. (ISBN 2-7021-2401-1).
  • Pierre Combescot, Pour mon plaisir et ma délectation charnelle, Paris, Grasset, , 188 p. (ISBN 978-2-246-63101-9, présentation en ligne).
  • Enzo Cormann, La Plaie et le Couteau : tombeau de Gilles de Rais : suivi de L'apothéose secrète, Paris, Éditions de Minuit, , 140 p. (ISBN 2-7073-1440-4, présentation en ligne).
  • Gérard Delangle, Gilles de Rais, monstre ou demi-dieu, Les-Loges-en-Josas, Comedia Nova, , 82 p.
  • Marc Dubu (préf. Edmond Locard), Gilles de Rays : magicien et sodomiste, Paris, Les Presses de la Cité, , 250 p.
  • Aimé Giron et Albert Tozza, La bête de luxure : Gilles de Rais, Paris, Ambert, (1re éd. s.d.), 372 p.
  • Vicente Huidobro, Gilles de Raiz, Paris, José Corti, coll. « Ibériques », , 308 p. (ISBN 2-7143-0271-8, présentation en ligne).
  • Joris-Karl Huysmans, Là-bas, Paris, Tresse et Stock, , 15e éd. (1re éd. 1891), 441 p. (lire en ligne). Réédition : Librairie générale française (LGF), coll. « Le Livre de poche », 1988, 412 p., (ISBN 2-253-04617-5).
  • Marie-Joseph-Albert-François Jean (alias Albert-Jean), Le Secret de Barbe-Bleue (Gilles de Rais), 1404-1440, Paris, Sfelt, , 247 p.
  • Paul Lacroix (alias le bibliophile Jacob), Curiosités de l'histoire de France : 2esérie : procès célèbres, Paris, Adolphe Delahays, , 363 p. (lire en ligne), « Le maréchal de Rays », p. 1-119.
  • Pierre La Mazière, Gilles de Rays, Paris, Éditions du Laurier, coll. « Les Vies en marge », , 285 p.
  • Tom Lanoye (trad. Alain van Crugten), Sang & roses : suivi de Mamma Medea [« Bloed en Rozen »], Arles, Actes Sud, coll. « Actes Sud-Papiers », , 173 p. (ISBN 978-2-7427-9738-7, présentation en ligne).
  • Hubert Lampo (trad. Marian Van Zaanen, préf. Gilbert Van de Louw), Le Diable et la Pucelle [« De duivel en de maagd »], Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Lettres et civilisations des Flandres et des Pays-Bas », , 163 p. (ISBN 2-85939-765-5, présentation en ligne).
  • Martine Le Coz, Gilles de Raiz ou la confession imaginaire, Paris, Seuil, , 318 p. (ISBN 2-02-010637-X) Réédition : Monaco, Éditions du Rocher, 2002, 318 p., (ISBN 2-268-04268-5).
  • Martine Le Coz, Gilles de Rais, ignoble et chrétien, Nantes, Éditions Opéra, , 143 p. (ISBN 2-908068-41-9).
  • Michel Peyramaure, La Lumière et la boue, vol. 3 : Les roses de fer, Paris, Robert Laffont, , 315 p. (ISBN 2-221-00681-X).
  • Roger Planchon, Gilles de Rais : suivi de L'infâme, Paris, Gallimard, coll. « Le manteau d'Arlequin », , 182 p.
  • Marcel Priollet (sous le pseudonyme de René-Marcel de Nizerolles), Les Aventuriers du ciel, voyages extraordinaires d'un petit parisien dans la stratosphère, la lune et les planètes, fascicule no 42 : « La véridique histoire de "Barbe-bleue" », Paris, Joseph Ferenczi et fils éditeurs, juillet 1936, 16 p.
  • Raymond Queneau, Les Fleurs bleues, Paris, Gallimard, , 278 p.
  • Michel Ragon, Un amour de Jeanne, Paris, Albin Michel, , 167 p. (ISBN 2-226-13596-0, présentation en ligne).
  • Jean de Roche-Sèvre, Les Derniers jours de Barbe-Bleue (Gilles de Rais), Nantes, imprimerie d'Émile Grimaud, , 362 p.
  • Prudence-Guillaume de Roujoux, Histoire des rois et des ducs de Bretagne, t. 4, Paris, Dufey, (1re éd. 1828-1829, Ladvocat), 500 p. (lire en ligne), p. 296-320.
  • (en) Samuel Rutherford Crockett, The Black Douglas, New York, Doubleday & McClure Co, (lire en ligne).
  • Michel Tournier, Gilles et Jeanne, Paris, Gallimard, , 139 p. (ISBN 2-07-024269-2). Réédition : même éditeur, coll. « Folio », 1985, 151 p., (ISBN 2-07-037707-5).

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Leone Frollo, L'or du démon [« Barbablu »], Paris, Elvifrance, coll. « Terror - les nouvelles fleurs du mal » (no 7), .
  • Leone Frollo, Le salaire du malin [« Barbablu »], Paris, Elvifrance, coll. « Terror - les nouvelles fleurs du mal » (no 8), .
  • Richard Peyzaret (dit F'murr), Jehanne au pied du mur, Tournai, Casterman, coll. « Les Romans (À suivre) », , 98 p. (ISBN 2-203-33404-5). Réédition : Richard Peyzaret (dit F'murr), Jehanne au pied du mur, Bruxelles / Paris, Casterman, coll. « Classiques », , 188 p. (ISBN 2-203-39700-4, présentation en ligne)
    Le seigneur de Tiffauges apparaît brièvement dans cette bande dessinée humoristique et délibérément anachronique. « Complétement beurrés », Gilles de Rais et Dunois tentent de brûler leur compagne de beuverie Jehanne d'Arque sur la place du marché à Rouen. Après coup, le sire de Rais assiste une première fois au sacre royal du canard Charles VII… puis au second sacre célébré après une distorsion temporelle occasionnée par la désintégration du démiurge Djeu. Gilles lorgne ensuite avec insistance le jeune Gargoylus Jr. dans une taverne. En sortant de celle-ci, le maréchal se fait acclamer par deux passants (« Vive Gilles de Rais, protecteur de nos z'enfants ! »). Gilles disparaît alors de l'histoire, bien qu'il ait promis à Jehanne d'Arque de venir la rejoindre auprès d'Attila le Hun, jugeant ce dernier « sympathique ».
  • Gilles de Rais apparaît en tant qu'ami du rôle-titre dans la plupart des albums de la série Jhen (1984-2012), parue chez Casterman et dessinée par Jean Pleyers sur des scénarios de Jacques Martin.
  • Hugo Pratt (scénario et dessins), Les Helvétiques, Paris, Casterman, (1re éd. 1988), 76 p. (ISBN 978-2-203-03362-7, présentation en ligne).
    Lors de cette aventure onirique, Gilles de Rais est convoqué par le diable pour siéger aux côtés de Jeanne d'Arc (« la télégraphiste de Dieu ») comme juré au procès de Corto Maltese. Évoquant la probabilité d'une « histoire fausse », Satan semble douter de la crédibilité des crimes du maréchal.
  • Paul Gillon (scénario et dessins), Jehanne, t. 1 : La sève et le sang, Paris, L'écho des savanes / Albin Michel, , 60 p. (ISBN 978-2226065766).
  • Paul Gillon (scénario et dessins), Jehanne, t. 2 : La Pucelle, Paris, L'écho des savanes / Albin Michel, , 109 p. (ISBN 2-226-09416-4).
    Les amours érotiques de Jeanne d'Arc et Gilles de Rais.
  • Éric Corbeyran (scénario), Horne Perreard (dessins) et Angélique Césano (couleurs), Le saigneur de Tiffauges, Toulon, Soleil, , 47 p. (ISBN 978-2-302-00882-3).
  • Valérie Mangin (scénario) et Jeanne Puchol (dessins), Moi, Jeanne d'Arc, Vincennes, des Ronds dans l'O, , 96 p. (ISBN 978-2-917237-34-2, présentation en ligne).
  • Jean-Luc Clerjeaud (scénario), Jean-Charles Gaudin (scénario) et Stéphane Collignon (dessins), Les démons d'Armoises, vol. 1 : Prelati, Toulon, Soleil, , 47 p. (ISBN 978-2-302-01977-5).
  • Jean-Luc Clerjeaud (scénario), Jean-Charles Gaudin (scénario) et Stéphane Collignon (dessins), Les démons d'Armoises, vol. 2 : Jehanne des Garous, Toulon, Soleil, , 47 p. (ISBN 978-2-302-03151-7).
  • Fabrice Hadjadj (scénario), Jean-François Cellier (dessins) et Nicolas Bastide (couleurs), Jeanne la pucelle, t. 2 : À la guerre comme à la paix, Toulon, Soleil, , 47 p. (ISBN 978-2-302-03838-7).
  • Kōta Hirano, Drifters, vol. 1 et suivants, Paris, Tonkam, coll. « Young », , 205 p. (ISBN 978-2-7595-0604-0).
    Dans ce manga, le seigneur de Tiffauges se réincarne en colossal guerrier à la longue chevelure blonde. Aux côtés d'autres personnages historiques ressuscités dans le cadre d'une guerre occulte orchestrée par le ténébreux Roi noir, il sert de second à une Jeanne d'Arc pyromane qui souhaite réduire le monde en cendres afin de lui faire expier sa propre fin sur le bûcher rouennais.
  • Utako Yukihiro et Madoka Takadono, Devils and Realist, vol. 1 et suivants, Paris, Tonkam, coll. « Young », , 177 p. (ISBN 978-2-7595-0689-7).
    Dans cet autre manga, Gilles de Rais apparaît sous les traits d'un nephilim androgyne au comportement désinvolte mais fort chatouilleux dès qu'on insulte la mémoire de Jeanne d'Arc.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Monstrum : le terrifiant destin de Gilles de Rais (2014), film réalisé par Éric Dick. Avec Didier Brice, Carmelo Carpenito, Cédrick Spinassou, Erik Mallet, Jacques Raveleau Duparc, Christian Van Tomme.
Films consacrés à Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais apparaît essentiellement au cinéma en tant que compagnon d'armes de Jeanne d'Arc dans un certain nombre de films dédiés à la Pucelle. Vincent Petitjean, docteur en littérature comparée, remarque que « le traitement cinématographique de Gilles fait de lui une ombre et ce, à double titre. Il est d'abord l'ombre de Jeanne, car c'est par elle qu'il est mis en lumière, et il est l'ombre de lui-même, la monstruosité à venir l'enveloppant déjà[425]. »

  • La Merveilleuse Vie de Jeanne d'Arc, fille de Lorraine (1929), film réalisé par Marco de Gastyne. Rôle interprété par l'écrivain et acteur Philippe Hériat.
    Annoncé par un intertitre comme le « Barbe-Bleue de la légende, seigneur sadique et raffiné (...), symbole d'une époque lourde de scandales, de cruauté et de grandeur », Gilles de Rais est dépeint comme un hobereau à la barbe sombre et au regard charbonneux, vêtu d'une élégante houppelande noire qui laisse transparaître sa poitrine dénudée. Tapi au sein d'une imposante forteresse aux murs étouffants, il n'en part pas moins armé de pied en cap, obéissant au mandement de son souverain qui le convie à délibérer au sujet d'une « paysanne qui se dit envoyée de Dieu pour nous porter secours ». Dès son arrivée à Chinon, refuge d'une cour « occupée à de futiles intrigues », le seigneur de Tiffauges prie Charles VII, représenté traditionnellement comme un roi falot, de recevoir prochainement la Pucelle. Gilles appuie même son propos par une citation des Écritures : « Saint Paul conseille d'éprouver les esprits pour savoir s'ils viennent de Dieu ! » Lorsque Jeanne parvient à son tour à Chinon pour demander audience au monarque, Rais se penche à l'oreille de ce dernier et lui suggère une mise en scène visant à « mettre à l'épreuve cette prétendue envoyée de Dieu », proposition qui réjouit le perfide chambellan La Trémoille. À l'instar du « Barbe-Bleue » dans la pièce Sainte Jeanne de George Bernard Shaw, Gilles s'installe sur le trône afin de tenir le rôle du souverain. L'héroïne ne se laisse pas mystifier par l'imposture et se dirige droit vers le véritable Charles VII dissimulé derrière un groupe de courtisans. Ce miracle impressionne fortement Gilles, qui se signe avec effroi. Par la suite, lors des derniers préparatifs des capitaines du roi, « Barbe-Bleue » se conforme à son surnom mythique en tentant de séduire la belle Ysabeau de Paule, damoiselle promise au jeune seigneur Guy de Laval. Jeanne d'Arc s'interpose alors et sermonne Gilles, qui s'incline avant de se retirer. Au moment de partir à la guerre, le sinistre corrupteur offre néanmoins une fleur à Ysabeau en lui demandant s'il est « bien prudent [à elle] de paraître en ce grand arroi de gens d'armes et de rudes compagnons ? » La jouvencelle lui répond : « Ne suis-je pas bien assurée, parmi tant de bonne et vaillante chevalerie. » Gilles s'en va, souriant sans mot dire. Le seigneur de Rais est montré une dernière fois devant Orléans, lors de l'assaut donné aux tourelles anglaises, tandis qu'il abaisse la visière de son heaume sur ordre de Jeanne avant de chevaucher hardiment[426].
  • Jeanne d'Arc (Joan of Arc) (1948), film réalisé par Victor Fleming. Rôle interprété par Henry Brandon.
  • Sainte Jeanne (1957), film réalisé par Otto Preminger d'après la pièce Sainte Jeanne de Bernard Shaw. Rôle interprété par David Oxley.
  • Jeanne d'Arc, le pouvoir et l'innocence (1989), téléfilm réalisé par Pierre Badel. Rôle interprété par Vincent Gauthier.
  • Jeanne la Pucelle (1994), film en deux parties réalisé par Jacques Rivette. Rôle interprété par Bruno Wolkowitch.
    Lors du procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc, Jean d'Aulon (joué par Jean-Pierre Becker) évoque ses souvenirs d'ancien écuyer de Jeanne en présentant Gilles de Rais comme « le seigneur Gilles de Laval, qui témoignait grande dévotion pour la Pucelle. » De fait, lors d'un flash-back remontant au siège d'Orléans, le sire de Rais s'approche pour la première fois de Jeanne en lui témoignant une admiration mystique : « Je le savais. Tu es de Dieu et non des hommes. » Gilles se prosterne ensuite devant l'héroïne, proclamant en latin puis en français qu'elle est « l'ange Gabriel envoyé pour nous sauver. » Lorsqu'il lui demande sa main à baiser, Jeanne lui enjoint d'arrêter, spécifiant qu'elle n'est « rien de tout ça[427]. » Par la suite, bien renseigné sur les tractations diplomatiques de son cousin La Trémoille, Gilles de Laval fait part à ses compagnons d'armes de son scepticisme relatif aux ardeurs guerrières du roi et du grand chambellan lors des préparatifs du siège de Paris. L'armée du sacre est finalement dissoute, consécutivement à l'échec de la prise de la ville. Prenant congé de la Pucelle, Gilles l'informe qu'il a commandé un mystère afin de célébrer leurs exploits militaires, bien que cela se révèle « plus cher que prévu. Tout est plus cher que prévu. » Troublé, le sire de Rais fait observer à Jeanne qu'elle n'est « pas un ange finalement », ce que celle-ci confirme en souriant. Gilles rétorque qu'il se sent « tout de même volé » puis lance à l'héroïne qu'elle a « changé ». Cette dernière répond : « Je ne crois pas ». Gilles réplique : « Alors c'est moi. Adieu. », disparaissant du film sur cette dernière tirade[428].
  • Jeanne d'Arc (1999), film réalisé par Luc Besson. Rôle interprété par Vincent Cassel.
Films lointainement inspirés de l'histoire de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]
  • Jacinto Molina (dit Paul Naschy) incarne Alaric de Marnac, personnage vaguement inspiré de Gilles de Rais[429], dans trois films d'épouvante espagnols :
    • El espanto surge de la tumba (titre anglais : Horror Rises from the Tomb), film réalisé par Carlos Aured en 1972.
    • El mariscal del infierno (également connu sous le titre : Los poseídos de Satán et sous le titre anglais : Devil's Possessed), film réalisé par León Klimovsky en 1974. Le personnage principal s'y intitule Gilles de Lancré.
    • Latidos de pánico (titre anglais : Panic Beats), film réalisé par Paul Naschy lui-même en 1983.
Projets cinématographiques abandonnés[modifier | modifier le code]
Durant les années 1970, Pier Paolo Pasolini et Luis Buñuel envisagent successivement des adaptations cinématographiques retraçant l'histoire de Gilles de Rais mais leurs projets n'aboutissent pas.
  • En 1970, Pier Paolo Pasolini effectue des repérages dans la vallée de la Loire en vue de réaliser Le Décaméron. Convié à un débat avec les étudiants de l'université de Tours, le cinéaste italien se voit remettre par l'anthropologue Franco Cagnetta un ouvrage portant « sur Gilles de Rais et les documents de son procès, en pensant que ça pouvait être un film pour moi. J'y ai pensé sérieusement pendant quelques semaines (en Italie, à cette époque, est sortie une très belle biographie de Gilles de Rais par Ernesto Ferrero). Naturellement, j'y ai alors renoncé. J'étais désormais pris par la Trilogie de la vie... » Pasolini précise qu'il souhaitait alors figurer une sexualité joviale comme « une compensation à la répression » et non réaliser « un film « cruel » » comme le sera ultérieurement Salò ou les 120 Journées de Sodome (1975) où le rapport sexuel, dépeint comme « obligatoire et laid », représente désormais « la réduction du corps à l'état de chose[430]. »
  • À l'instar de La Femme et le Pantin de Pierre Louÿs et du Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau, le roman Là-bas de Joris-Karl Huysmans figure parmi les « ouvrages modernes, brûlants et inquiétants » de la littérature française que le jeune Luis Buñuel dévore lors de son séjour à la Résidence d'étudiants de Madrid vers 1920. Devenu cinéaste, Buñuel demeure fidèle à ses lectures de jeunesse en les adaptant pour le grand écran. Après avoir réalisé Le Fantôme de la liberté (1974), il écrit avec le scénariste Jean-Claude Carrière un traitement contemporain de Là-bas. Gérard Depardieu accepte d'interpréter le châtelain de Tiffauges durant les séquences médiévales du film. Cependant, le réalisateur — déjà âgé à l'époque — abandonne le projet en raison du caractère potentiellement éprouvant du tournage. Selon Jean-Claude Carrière, Buñuel considère également le temps des scandales comme révolu. Ainsi, le cinéaste ne parvient « ni [à] prendre au sérieux [la présence du Diable], ni [à] s'en moquer résolument », jugeant désormais superflue et facile la séquence de la messe noire perpétrée par le chanoine Docre[431]. Le scénario du film a été publié :

Télévision[modifier | modifier le code]

  • Benoît Brione campe Gilles de Rais dans Catherine (1986), feuilleton télévisé réalisé par Marion Sarraut d'après la série de romans Catherine de Juliette Benzoni.
  • Vincent Gauthier joue le seigneur de Tiffauges dans Jeanne d'Arc, le pouvoir et l'innocence (1989), téléfilm réalisé par Pierre Badel d'après le livre éponyme de Pierre Moinot.
  • Gilles de Rais acquiert la physionomie globuleuse du personnage surnaturel « Caster » dans l'anime Fate/zero, adaptation du light novel éponyme qui retrace une guerre contemporaine entre des mages se disputant le Graal par le biais de leurs « servants », âmes réincarnées de divers héros mythiques.Après le supplice de Jeanne d'Arc en 1431, Gilles de Rais se détourne de l'Église en se jetant à corps perdu dans l'occultisme et les dépravations meurtrières pendant huit longues années. Il finit sur l'échafaud à l'initiative de ses ennemis aiguillés par la cupidité plutôt que par un quelconque souci de justice. Quelques siècles plus tard, un tueur en série japonais invoque fortuitement l'esprit de Gilles de Rais en tant que « servant » de classe Caster, sorte de familier maîtrisant la magie. Se surnommant lui-même « Barbe bleue », Caster / Gilles de Rais poursuit ses crimes sous le regard admiratif de son maître mortel, tout en demeurant hanté par le souvenir de l'héroïne. Arborant désormais une longue robe noire de sorcier surmontée d'une grande collerette dentelée, l'ancien chevalier médiéval recourt au « livre des sortilèges de Prelati », grimoire relié en peau humaine, afin de conjurer des horreurs lovecraftiennes sur Terre et provoquer in fine la divinité chrétienne, qu'il tient pour moqueuse et cruelle en raison du destin de Jeanne d'Arc. Personnalité en marge de la guerre du Graal, Caster nourrit une fascination à l'endroit du servant Saber, incarnation féminine du roi Arthur en qui il croit reconnaître la Pucelle malgré les dénégations de l'intéressée.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'abbé Eugène Bossard affirme que la graphie contemporaine Retz a été adoptée au XVIe siècle, postérieurement à la mort de Gilles de Rais[1]. De surcroît, l'abbé estime que Rais « est l'orthographe exacte du temps de Gilles », opinion contestée par Jules Hébert qui préfère la forme Rays au motif que Gilles signait de la sorte[2].
    René Blanchard confirme l'anachronisme de la graphie Retz au XVe siècle mais à la différence des deux auteurs susmentionnés, il insiste sur l'orthographe fluctuante du nom au Moyen Âge [3].
    Matei Cazacu corrobore ce jugement, en indiquant qu'on trouve la forme Rayz et, moins fréquemment, Raiz, Rais ou Rayx dans les textes médiévaux. En définitive, Cazacu préfère employer la graphie archaïque Rais communément associée au personnage[4].
  2. L'historien médiéviste Philippe Contamine souligne que Gilles de Rais est « tout à la fois, en raison de ses fiefs, Breton, Poitevin et Angevin »[6].
  3. Dans son ouvrage sur le tueur en série Joseph Vacher, le criminologue Alexandre Lacassagne distingue parmi d'autres criminels les « grands sadiques » qui commettent des « crimes à répétition », citant à ce titre « Gilles de Retz, Jack l'Éventreur, Vacher »[15].
    Souhaitant rappeler la réalité des « meurtres sadiques ou rituels » afin de réfuter un argument en faveur de l'innocence de Gilles de Rais, l'historien Émile Gabory mentionne à titre d'exemple « l'histoire du boucher hanovrien Haarmann qui, l'année dernière, tua vingt-huit jeunes gens (...) »[16].
    Ce tueur en série allemand est également cité par l'écrivain Georges Bataille lors d'une conférence tenue le 24 février 1958 à Fontenay-le-Comte : « Gilles de Rais fut une sorte de boucher de Haarman (sic) mais en grand. »[17].
    L'historien médiéviste Olivier Bouzy évoque Andreï Tchikatilo comme « un Gilles de Rais au petit pied »[18].
    Enfin, Matei Cazacu et l'essayiste Christian Denis qualifient Rais d'ancêtre médiéval des tueurs en série contemporains[19],[20].
  4. Fils de Jeanne Chabot « la folle », Guy « Brumor » de Montmorency-Laval avait épousé en secondes noces Tiphaine Husson, fille de Clémence Du Guesclin, elle-même sœur de Bertrand Du Guesclin. De par l'union contractée par son grand-père paternel « Brumor », Gilles de Rais est donc l'arrière-petit-neveu du fameux connétable du roi Charles V le Sage[29].
  5. Suivant l'expression de l'historien Bernard Guenée, les rois et les princes mènent depuis le XIIIe siècle une politique de « centralisation personnelle » visant à étendre leurs domaines respectifs par une succession d'acquisitions et de réunions de terres appartenant à leurs vassaux ou leurs voisins. Les « appétits territoriaux des ducs bretons » se manifestent à nouveau avec les Monforts, Jean IV et son fils Jean V[30].
  6. Le domaine désigne simultanément les terres ainsi que les droits et les revenus seigneuriaux qui s'y rattachent[31].
  7. Dans le « mémoire (intendits) des héritiers de Gilles de Rais » (vers 1461-1462), Gilles est qualifié de « noble et puissant seigneur, né et extraict de grandes et anciennes lignées et maisons, comme des maisons de Laval, de Roucy, de Montmorency, de Rays et de Craon, qui sont très grandes, nobles et anciennes maisons yssues et descendues des plus grandes maisons du royaulme de France »[43].
  8. Prêtre du diocèse du Mans et président de la Société historique de la province du Maine, le chanoine Ambroise Ledru (1849-1935) reproduit en annexe de son article des témoignages collectés dans le cadre d'une enquête judiciaire effectuée à Angers en 1461-1462 à la demande de René de Rais, le frère cadet de Gilles. De nombreux témoins attestent que l'ancien baron de Retz est né à Champtocé[44].
    Cependant, l'abbé Eugène Bossard lui assigne faussement le château de Machecoul pour berceau[45].
  9. Dans un article de la Biographie universelle ancienne et moderne (1824), le polygraphe Pierre-Hyacinthe Audiffret (1773-1841) fait naître Gilles de Rais en 1396[47].
    Le notable et érudit vendéen Charles Mourain de Sourdeval souligne que Pierre-Hyacinthe Audiffret suppute faussement cette année de naissance en se basant sur le mémoire des héritiers de Gilles de Rais (document édité par Dom Hyacinthe Morice en 1744 dans ses Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne...[48]). Audiffret puis Mourain de Sourdeval déduisent tous deux de la lecture du mémoire des héritiers que Gilles accomplit ses vingt ans en 1416, censément l'année du décès de son père, bien que l'érudit vendéen relève à juste titre le caractère contradictoire de cette information eu égard à l'année du mariage de Guy de Laval et de Marie de Craon, en 1404[49].
    Cette mauvaise lecture est due à une formulation ambiguë du mémoire : « Led. M. Gilles après le décès de fondit pere, venu à l'âge de 20. ans, prit l'adminiftration de tout fon bien, & en ufa deflors à fon plaifir, fans prendre le confeil de Meffire Jehan de Craon fon ayeul, fous le gouvernement duquel fondit bien eftoit en bail. » De fait, les héritiers n'associent pas l'année du décès de Guy de Laval-Rais à celle de la majorité de son fils ; ils signalent uniquement que Gilles de Rais dispose (bien mal) de son patrimoine dès ses vingt ans, postérieurement au décès de son père et indépendamment de l'avis de son grand-père maternel[50]. Nonobstant, l'interprétation erronée relative à l'année 1396 a été reprise plus récemment par Gérard Gros, professeur de Lettres médiévales[51],[52].
    Par ailleurs, le paléographe Auguste Vallet de Viriville avance (sans citer ses sources) que Gilles voit le jour « probablement en 1406[53] ».
    Eugène Bossard rappelle que le frère dominicain Augustin du Paz fixe au 5 février 1404 la date du mariage des parents de Gilles de Rais[54]. Se basant ensuite sur la durée d'une grossesse, l'abbé Bossard calcule que le fils aîné de Guy de Laval et Marie de Craon « vint au monde vraisemblablement vers le mois de septembre ou d'octobre de la même année[55] ».
    Vice-président de la Société académique de Brest, le docteur Jules Hébert souscrit à l'interprétation de Bossard, tout en élargissant le cadre temporel : « C'est donc aux derniers mois de cette année 1404, ou au commencement de l'année suivante, qu'il faut faire remonter la naissance de Gilles de Rays dont aucun historien n'a indiqué exactement la date[56] ».
    Entre autres témoignages recueillis pour l'enquête judiciaire effectuée à Angers en 1461-1462 à la demande de René de Rais, le chanoine Ambroise Ledru reproduit dans son article sur la jeunesse du seigneur de Champtocé les propos d'un dénommé Michel Guiot, sergent et garennier champtocéen, qui affirme que Gilles de Rais naquit « il [y] a [55] ans ou environ », autrement dit vers 1406 ou 1407[57].
    Dans son édition du Cartulaire des sires de Rays, le paléographe René Blanchard (1846-1920) insiste sur le fait que les actes datés des 5 et 17 février 1404 « parlent constamment du mariage au futur et ne laisse aucun doute sur ce point » ; conséquemment, « Gilles naquit au plus tôt à la fin de 1404. » Supposant que le baron de Rais n'aurait pu commencer trop jeune sa carrière militaire avant d'accéder « bientôt aux plus hauts grades », Blanchard ajoute qu'« il ne semble pas qu'on puisse reculer de beaucoup plus d'un an après l'union de ses parents la venue au monde de Gilles. » L'éditeur scientifique du Cartulaire... juge l'année 1407 trop tardive, ne prêtant aucune foi au témoignage de Michel Guiot au motif que le sergent champtocéen date erronément le décès de Jean de Craon[58].
    Le chartiste Matei Cazacu s'appuie sur les remarques de René Blanchard mais précise de surcroît que Jean de Craon et Guy de Laval devaient soumettre l'acte de leur accord au parlement de Paris préalablement au mariage. L'homologation a eu lieu le 2 mai 1404, procédure qui a retardé d'autant les noces de Guy de Laval et Marie de Craon, reportant ainsi la naissance de leur premier enfant « au plus tôt en 1405[59] ».
  10. L'abbé Arthur Bourdeaut formule l'hypothèse en évoquant la coutume médiévale des pèlerins qui se rendaient à Saint-Gilles afin de demander à « l'ermite de Septimanie » de leur donner un héritier[60].
    Sans citer Bourdeaut, l'historien Jacques Heers reprend l'hypothèse et la transforme erronément en affirmation (Heers 1994, p. 23), comme le signale le chartiste Matei Cazacu[61].
  11. Matei Cazacu affirme que René de Rais reçoit sa part d'héritage à l'occasion de sa majorité[65].
  12. Sans citer ses sources, Charles Mourain de Sourdeval affirme que Guy II de Laval-Rais décède avant son épouse Marie de Craon, cette dernière convolant ensuite avec Charles d'Estouville, seigneur de Villebon[69]. L'abbé Bossard reprend cette affirmation à son compte[70].
    Cependant, l'archiviste paléographe Bertrand de Broussillon précise qu'il s'agit d'une erreur d'homonymie : Charles d'Estouville épouse effectivement une Marie de Craon mais cette dernière n'appartient pas à la branche cadette de La Suze[71].
    De surcroît, la mère de Gilles de Rais précède son époux dans la tombe puisque dans son testament daté du 28 ou 29 octobre 1415, Guy II de Laval-Rais déclare vouloir être enterré à Notre-Dame de Buzay « près de la tombe de ma dite très chère épouse Marie de Craon » (« juxta sepulturam dicte carissime deffuncte uxoris mee Marie de Credonio[72] ».
    Matei Cazacu suggère que Marie de Craon décède « probablement en donnant naissance à son second enfant, René, en janvier 1414[73] ».
    La date exacte de sa mort demeure inconnue.
  13. La date du testament de Guy II de Laval-Rais, 28 ou 29 octobre 1415, est donnée par Matei Cazacu comme étant celle de la mort du père de Gilles de Rais[74]. L'abbé Bourdeaut date erronément du 28 septembre 1415 les dernières volontés du père de Gilles[75], erreur reprise par Georges Bataille[76] puis Jacques Heers[77].
    Dans son testament, Guy II de Laval-Rais déclare être « atteint d'une grave infirmité corporelle » (« infirmitate gravi detentus corpore »), sans plus de précision. Matei Cazacu émet prudemment l'hypothèse d'une atteinte de malaria, maladie sévissant à l'époque en Vendée, comme cause du décès[78].
    Dans un récit de fiction, le journaliste et romancier Pierre La Mazière (1879-1947) dépeint le père de Gilles éventré par un sanglier au cours d'un accident de chasse[79], mort spectaculaire reprise dans un roman de Marc Dubu[80] puis dans un essai de Georges Meunier[81]. Dès lors, cette version romancée est successivement prise pour argent comptant par Roland Villeneuve[82], Michel Bataille[83], Alain Jost[84] et Jacques Boislève[85].
  14. À titre anecdotique et sans citer leurs sources, Roland Villeneuve puis Matei Cazacu rapportent qu'Edward Paisnel (1925-1994), délinquant sexuel surnommé la « Bête de Jersey », aurait prétendu être un lointain descendant de Gilles de Rais et Jeanne Paynel (Villeneuve 1973, p. 27, n. 3 ; Cazacu 2005, p. 54).
  15. L'échec des deux premiers projets matrimoniaux a souvent été expliqué par les décès successifs de Jeanne Paynel et Béatrice de Rohan (notamment par Bossard et 1886, p. 15, 1886, p. 15, [lire en ligne]). Toutefois, cette précision biographique relative à Jeanne Paynel ne relève « que du roman » ainsi que l'affirme l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 50-51, [lire en ligne]) en s'appuyant sur les pièces justificatives publiées par Siméon Luce (Luce 1892, p. 319, [lire en ligne]).
    Émile Gabory puis Georges Meunier suggèrent qu'une rétractation de Jean de Craon pourrait expliquer l'inexécution du contrat de mariage avec Béatrice de Rohan : le seigneur de La Suze aurait ainsi fixé son choix sur Catherine de Thouars dont les attrayants domaines poitevins étaient limitrophes à ceux que Gilles de Rais devait recueillir ultérieurement (Gabory 1926, p. 18 ; Meunier 1949, p. 37). Roland Villeneuve conjecture en outre que la reprise de la guerre entre les Monfort et les Penthièvre pourrait avoir interrompu les tractations matrimoniales (Villeneuve 1955, p. 39) tandis que Matei Cazacu s'en tient au décès prématuré de Béatrice de Rohan comme explication plausible, au motif que la nièce du duc de Bretagne n'a « laiss[é] aucune trace dans la généalogie de sa famille » (Cazacu 2005, p. 54).
  16. Matei Cazacu note que l'abbé Bourdeaut et Jacques Heers emploient à tort la graphie « Milet » de Thouars (Cazacu 2005, p. 324, n. 46).
  17. Gilles de Rais et Catherine de Thouars descendent, respectivement par branches maternelle et paternelle, d'Amaury III de Craon. Voir le tableau généalogique établi par Lucien Merlet (Merlet 1891, p. 94, n. 1, [lire en ligne]) ; Bertrand de Broussillon 1893, p. 86 et n. 2.
  18. Il s'agit de revenus perçus dans l'île de Bouin, que se disputent Catherine de Machecoul (la mère de Jean de Craon) et Miles II de Thouars. Cf. Cazacu 2005, p. 57 ; Blanchard 1898, p. 182-193, no LXVIII, 9 avril 1399, [lire en ligne] ; Blanchard 1899, p. 308-310, no CCXLII, 1er mars 1402, [lire en ligne] ; Bertrand de Broussillon 1893, no 894 (A).
  19. Selon un procédé étudié par Henriette Benveniste, « Les enlèvements : stratégies matrimoniales, discours juridique et discours politique en France à la fin du Moyen Âge », Revue historique, no 573, janvier-mars 1990, p. 13-35, [lire en ligne].
  20. Cette union clandestine est mentionnée dans la missive du légat papal Jourdain, évêque d'Albano, adressée à son homologue d'Angers, Hardouin de Bueil. Voir pièce justificative I (en latin) du 24 avril 1422, publiée à la suite de l'article de Lucien Merlet (Merlet 1891, p. 100-101, [lire en ligne]).
  21. Acte considéré comme perdu (Blanchard 1898, p. CXII, [lire en ligne]).
  22. Survenue le , la mort de Béatrice de Rochefort permet à son veuf, Jean de Craon, d'épouser Anne de Sillé, femme de feu Jean de Montjean (décédé en avril 1418).
    Du mariage d'Anne de Sillé et de Jean de Montjean étaient nées Jeanne de Montjean (qui épousa Jean V de Bueil, dit le Jouvencel, compagnon d'armes puis ennemi du sire de Rais) et Béatrice de Montjean, épouse de Miles II de Thouars et mère de la propre femme de Gilles de Rais, Catherine de Thouars.
    En somme, le grand-père maternel de Gilles de Rais s'unit à la grand-mère maternelle de Catherine de Thouars (Cazacu 2005, p. 58).
  23. Lucien Merlet cite comme source l'original d'un parchemin conservé dans les archives d'Eure-et-Loir (Merlet 1891, p. 95, [lire en ligne]).
    Probablement en raison d'une confusion avec la missive du légat Jourdain (reproduite dans Merlet 1891, p. 100-101, [lire en ligne]), la date du est retenue comme étant celle du mariage par l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 52, [lire en ligne]), suivi par Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 84) et Jacques Heers (Heers 1994, p. 26), ce dernier s'appuyant sur Louis François La Bessière (La Bessière 1899, p. 335-351).
    Matei Cazacu rejoint quant à lui l'opinion de Lucien Merlet en optant pour le 26 juin 1422 (Cazacu 2005, p. 58 et note 23).
  24. À la suite d'une lecture erronée d'une étude de l'abbé Bourdeaut ou d'Émile Gabory, la demoiselle enlevée devient, sous la plume de Georges Bataille, la sœur cadette de Béatrice de Montjean et non plus celle du chambellan Jacques Meschin (Bataille et Klossowski 1985, p. 84-85).
    L'erreur de l'essayiste a été reproduite à deux reprises : « Principaux personnages de l'entourage de Gilles de Rais », dans Cahiers Gilles de Rais, décembre 1992, p. 29 ; « Les lieux de Gilles de Rais », dans Cahiers Gilles de Rais, mai 1993, p. 35 ; 39.
  25. Du temps des démêlés judiciaires de Jacques Meschin de la Roche-Aireault avec Jean de Craon et Gilles de Rais, le parlement royal siège à Poitiers consécutivement à la mainmise des Bourguignons sur Paris en 1418 (Didier Neuville, « Le Parlement royal à Poitiers (1418-1436) », Revue historique, 3e année, tome 6, janvier-avril 1878, p. 1-28, p. 272-314, [lire en ligne]).
  26. À l'époque, Gilles de Rais se proclamait également comte de Brienne.
    « Au XVe siècle, Brienne ne fait pas partie des domaines des seigneurs de Rais. [...] le nouveau maréchal de France, en route pour Reims, espérait certainement profiter de cette marche victorieuse pour récupérer des rançons, des terres prises aux « collaborateurs » [...]. Ne se proclamait-il pas comte de Brienne en juillet 1430 ? Mais ces rêves furent rapidement brisés » (Boutin et al. 1988, p. 99).
    Le titre de comte de Brienne était tenu par le comte Pierre Ier de Luxembourg-Saint-Pol, fidèle du duc de Bourgogne Philippe le Bon (La Chenaye-Aubert, Jacques Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, 1775, [lire en ligne], p. 226).
  27. L'abbé Eugène Bossard l'affirme (Bossard 1886, p. 16-23, [lire en ligne]), suivi par l'essayiste Roland Villeneuve (Villeneuve 1955, p. 39-42).
    A contrario, l'abbé Arthur Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 61-62, [lire en ligne]), Émile Gabory (Gabory 1926, p. 33) et Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 93) estiment peu vraisemblable la participation du jeune Gilles à cette guerre, signalant qu'aucun document ne l'atteste.
    Plus récemment, Matei Cazacu rejoint l'opinion de Bossard en s'appuyant sur les actes du duc et de la duchesse de Bretagne, documents publiés par René Blanchard, qui font état des récompenses reçues par Jean de Craon et Gilles de Rais. Cf. Cazacu 2005, p. 55-57 ; Blanchard 1898, acte XV daté de Vannes le , p. 18-19, [lire en ligne] ; acte XVI daté d'Oudon le , p. 20-21, [lire en ligne] ; acte LXX daté de Vannes le , p. 194-196, [lire en ligne] ; Blanchard 1899, acte CCXLIX daté de Nantes le , p. 318-320, [lire en ligne] ; René Blanchard (éd.), Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne, t. III, 1902, acte no 407 daté de Nantes le , p. 9, [lire en ligne].
  28. Sans citer ses sources, l'abbé Bourdeaut voit en Arthur de Richemont « le premier protecteur » de Gilles de Rais (Bourdeaut 1924, p. 62, [lire en ligne]).
    Plaçant délibérément le sire de Rais « dans le sillage des favoris [du roi] », le médiéviste Jacques Heers reprend presque mot à mot la formule de Bourdeaut en qualifiant le frère cadet du duc Jean V de « premier maître de Gilles ». En outre, Heers affirme que Jean de Craon et Gilles de Rais seraient « restés hommes de Richemont » depuis 1420, année de leur contribution à l'échec du complot des Penthièvre et à la délivrance de leur suzerain, le duc Jean V de Bretagne. Toutefois, à l'instar de Bourdeaut, Heers ne fournit pas de référence et ne précise pas davantage la relation de clientélisme — basée sur l'activité militaire ? — qui lierait Richemont et le baron de Rais (Heers 1994, p. 35 ; 38 ; 40).
    S'appuyant sur Jacques Heers, le médiéviste Olivier Bouzy place à son tour le seigneur de Machecoul dans la clientèle d'Arthur de Richemont dès le début de la décennie 1420 (entrée RAIS Gilles de Laval, seigneur de (1405-1440), dans Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 947).
    Quant à Matei Cazacu, il n'établit aucun lien particulier entre Richemont et Rais. Du reste, si le chartiste reconnaît que « l'arrivée de Richemont et des nobles bretons à la cour de Charles VII [donne] un nouvel élan à la guerre », il affirme que « Gilles de Rais n'avait pas attendu ce moment [la nomination de Richemont comme connétable le ] pour participer aux hostilités » (Cazacu 2005, p. 75).
    Pour une présentation générale de la notion complexe de clientèle : Christophe Piel, « Les clientèles, entre sciences sociales et histoire. En guise d'introduction », dans Hypothèses 1998. Travaux de l'École doctorale d'histoire de l'Université de Paris I, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, p. 119-129, [lire en ligne]. Pour l'étude spécifique d'une clientèle nobiliaire à la fin du Moyen Âge : Christophe Piel, « Clientèles nobiliaires et pouvoir royal », dans Hypothèses 1998. Travaux de l'École doctorale d'histoire de l'Université de Paris I, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, p. 137-144, [lire en ligne].
  29. En 1422, le dauphin Charles épouse Marie d'Anjou, fille du duc Louis II et de Yolande d'Aragon (entrée Marie d'Anjou (1404-1463), reine de France, dans Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 847-848).
  30. Issue d'un fils du roi de France Jean le Bon, la seconde maison d'Anjou-Provence est donc un rameau de la maison régnante des Valois. Bien que princes du sang, les ducs d'Anjou n'apportent pas nécessairement un soutien inconditionnel à Charles VII. D'une part, le duc Louis III se consacre à sa guerre italienne afin d'acquérir le titre de roi de Naples et de Sicile ; en conséquence, il confie le gouvernement du duché d'Anjou à sa mère Yolande d'Aragon, duchesse douairière, par un acte daté du (Bourdeaut 1924, p. 59, n. no 1, [lire en ligne]). D'autre part, en dépit d'une tradition présentant la belle-mère du roi de France comme « l'ange gardien » de son beau-fils et de Jeanne d'Arc (Bouzy 2007 ; Philippe Contamine, entrée Yolande d'Aragon (v. 1385-1442), reine de Sicile et duchesse d'Anjou, dans Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 1051-1052), Philippe Contamine nuance la question en notant que la reine de Sicile « défendait prioritairement (...) ses intérêts et les intérêts de [l]a maison [d'Anjou] — des intérêts complexes et pas toujours convergents ; dans une large mesure, en raison des circonstances, ces intérêts, non sans nuance, recouvraient ceux de Charles VII » (Contamine 2012, p. 29).
  31. Bien que Jean de Craon soit un important seigneur angevin, fortuné et détenteur de maints domaines manceaux, angevins et bretons, son influence à la cour ducale d'Anjou ne semble débuter qu'en 1423-1424. Auparavant, le seigneur de La Suze séjournait plus volontiers en Bretagne et avait même connu des différents juridiques avec les ducs d'Anjou au sujet du comté de Brienne et des terres de la famille de Roucy (Termeau 1945, p. 26-27).
  32. Bourdeaut 1924, p. 59-60, [lire en ligne].
    Dans le cadre géopolitique d'une diplomatie de stabilisation de la frontière commune entre les duchés d'Anjou et de Bretagne, Yolande d'Aragon cherche à marier son fils, le duc Louis III d'Anjou, à Isabelle, fille du duc Jean V de Bretagne. Parallèlement, la reine de Sicile tente d'imposer le principe de cette alliance à son gendre Charles VII (Bouzy 2007).
  33. Frère cadet du duc Jean V de Bretagne, Arthur de Richemont est également l'époux de Marguerite, sœur du duc Philippe de Bourgogne. Le médiéviste Olivier Bouzy estime par conséquent que l'épée de connétable est remise à Richemont en raison de ses liens familiaux censés faciliter des démarches diplomatiques auprès des deux ducs, ennemis déclarés du roi de France. La politique du connétable s'avérera être un échec : « Il va sans dire que cette vision idyllique d'une grande aristocratie luttant réconciliée et sans arrière-pensée pour le salut du royaume était d'une grande naïveté : c'était le rêve du retour au bon temps du roi Saint Louis, que les Bourguignons vantaient depuis le temps de l'ordonnance cabochienne. Le duc de Bourgogne, qui avait d'autres objectifs politiques, fit capoter les rêves de Richemont (...) » (Bouzy 2007).
  34. Parmi les conseillers forcés de quitter la cour royale : Tanguy du Chastel, Béraud d'Auvergne, Hardouin de Maillé, Robert Le Maçon ainsi que Jean Louvet, seigneur de Mérindol et président de la chambre des comptes d'Aix-en-Provence (Bouzy 2007).
  35. Détenues par Richemont, ces « terres estans au pays de Bretaigne » appartenaient à feu Miles de Thouars, père de l'épouse de Gilles de Rais. L'abbé Bourdeaut fournit ce détail « pour indiquer les rapports de Richemont et de Gilles de Rays », illustrant selon lui la défense des intérêts du baron par les agents de Charles VII (Bourdeaut 1924, p. 60, n. 3, [lire en ligne]).
  36. Sans référence, l'abbé Eugène Bossard affirme que « Gilles combattit pour la première fois pour la France » devant Saint-James de Beuvron (Bossard 1886, p. 28, [lire en ligne]).
    L'abbé Bourdeaut conteste cette assertion, bien qu'il reconnaisse « qu'un contingent manceau combattit à Saint-James » (Bourdeaut 1924, p. 61-62, [lire en ligne]).
    Plus récemment, Matei Cazacu juge plausible la participation de Gilles de Rais à l'affrontement. Selon le chartiste, l'absence du nom de Rais dans les chroniques relatant certaines batailles pourrait signifier que le baron ne s'y est pas particulièrement distingué, a contrario des récits de ses exploits relatifs à la prise du Lude, de Rainefort et de Malicorne (Cazacu 2005, p. 76 ; 79-80).
  37. Premier partisan de l'innocence de Gilles de Rais, Salomon Reinach met en exergue les accusations de traîtrise et d'anglophilie portées à l'encontre de l'évêque Jean de Malestroit en vue de noircir le futur juge du baron. L'archéologue dreyfusard façonne en conséquence l'image d'un Gilles héros de guerre français devenu la victime d'un tribunal armoricain présidé par un évêque félon nourrissant « les plus noirs desseins et les plus longs ressentiments » (Reliquet 1982, p. 48, n. 2). Nonobstant, les historiens jugent que le chancelier de Jean V était avant tout un partisan de l'autonomie du duché de Bretagne.
  38. Le médiéviste Olivier Bouzy observe qu'en sus de leur chronologie souvent incertaine, les chroniques médiévales confondent parfois les événements et les titulaires successifs des charges de chambellan ou de chancelier.
    Ainsi, Perceval de Cagny, chroniqueur du duc Jean d'Alençon, allègue que Jean de Malestroit aurait été enlevé en 1418 par les hommes du dauphin Charles, ce qui apparaît contradictoire avec les affirmations de Guillaume Gruel et du Religieux de Saint-Denis, ces deux chroniqueurs prêtant à Malestroit des penchants armagnacs à l'époque.
    Par ailleurs, le chancelier Malestroit aurait été (encore ?) enlevé en 1431, cette fois par le duc Jean d'Alençon désireux de faire pression sur son oncle Jean V de Bretagne afin d'obtenir les fonds nécessaires à la reconquête de son duché (Bouzy 2007).
  39. « [L]e Grand chambellan, à l'origine subordonné au Grand chambrier, avait lui-même sous ses ordres quatre chambellans ordinaires, prenant normalement leurs fonctions par quartiers. (...) [En l'absence du Grand chambellan], le premier chambellan exerce ses fonctions, (...) entre autres la garde du sceau secret et [sert] souvent (...) de conseiller principal du roi » (Bouzy 2007).
    À la suite de l'exécution de Pierre de Giac, Louis-Armand de Chalençon, seigneur de Beaumont, avait été nommé premier chambellan — avant le 13 mars 1427 — à l'instigation du connétable de Richemont, d'après l'historien Olivier Bouzy (Bouzy 2007 ; Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 53).
    Chroniqueur au service de Richemont, Guillaume Gruel prétend que son maître aurait ensuite favorisé l'ascension de La Trémoille à la charge de grand chambellan (office exercé précédemment par le bâtard d'Orléans), en dépit des réticences prophétiques du roi Charles VII (Gruel 1890, p. 54, [lire en ligne]).
    Contrairement aux allégations de Gruel, Olivier Bouzy estime que le souverain n'aurait pas eu « d'autre ressource que [...] de s'appuyer sur La Trémoille » afin de mettre un terme à la mainmise du connétable sur le conseil royal (Bouzy 2007 ; Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 54).
  40. Richemont a peut-être été également desservi par la brutalité de ses méthodes et exigences. En 1425, fort de l'appui de la maison d'Anjou en la personne de Yolande d'Aragon, Richemont avait évincé les anciens fidèles du roi. Olivier Bouzy considère que le connétable dominait le conseil royal par la force — au grand dam de Charles VII — en n'hésitant pas à commanditer l'exécution et l'assassinat de certains fidèles du souverain, tels Pierre de Giac et le Grand Écuyer Jean du Vernet, dit le Camus de Beaulieu (Bouzy 2007 ; Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 53).
    Philippe Contamine évoque une « incompatibilité d'humeur » entre Richemont et le roi (Contamine 2012, p. 29).
  41. Dans une lettre datée du , Charles VII loue la loyauté à la couronne française de quelques vassaux du duc breton, dont Gilles de Rais (Cosneau 1886, p. 530-531, [lire en ligne]).
    L'abbé Bourdeaut en vient à juger le sire de Rais « moins Breton qu'Angevin » (Bourdeaut 1924, p. 60, [lire en ligne]).
  42. Fermement établis en Normandie depuis 1419, les Anglais se lancent à l'assaut du comté du Maine en 1424 et en achèvent la conquête l'année suivante (André Joubert, « Documents inédits pour servir à l'histoire de la guerre de Cent-Ans dans le Maine de 1424 à 1444, d'après les Archives du British Museum et du Lambeth Palace de Londres », Revue historique et archéologique du Maine, tome 26, Mamers / Le Mans, G. Gleury & A. Dangin / Pellechat, 1889, p. 244, [lire en ligne] ; René Planchenault, « La conquête du Maine par les Anglais. La campagne de 1424-1425 », Revue historique et archéologique du Maine, tome LXXXI, 1925, Le Mans, imprimerie Monnoyer, p. 3-31, [lire en ligne]).
    Le duc Jean de Bedford, régent du royaume de France, se fait donner le duché d'Anjou et le comté du Maine par un acte daté du et confirmé à Rouen par le jeune roi Henri VI d'Angleterre le (Contamine 2012, p. 17-18).
  43. L'abbé Arthur Bourdeaut observe que la nomination de Jean de Craon en juin 1427 à la lieutenance générale en Anjou coïncide presque exactement avec l'ascension de Georges Ier de La Trémoille — lui-même issu de la maison de Craon — au titre de grand chambellan de Charles VII (Bourdeaut 1924, p. 61, [lire en ligne]).
    Georges Bataille conjecture que Craon aurait peut-être favorisé, grâce à sa dignité de lieutenant général et en raison de leur parenté, l'ascendant de La Trémoille à la cour royale (Bataille et Klossowski 1985, p. 87).
  44. D'après un mémoire rédigé vers 1461-1462 à la demande des héritiers de Gilles de Rais dans le cadre de procédures judiciaires relatives à la succession de ce dernier. Dans ce document, les héritiers incriminent les « folles dépenses » commises par leur parent dès qu'il eut atteint l'âge de 20 ans, avant même le décès de son aïeul Jean de Craon. Le mémoire mentionne ainsi l'entretien d'une troupe de deux cents hommes à cheval comme l'une des prodigalités du maréchal défunt, sans trop insister sur ce point (Morice 1744, col. 1337, [lire en ligne] ; Cazacu 2005, p. 252, annexe 1, articles 16, 17 et 18).
    Matei Cazacu pense que ce laconisme est dû à la volonté des héritiers de ne pas heurter Charles VII puisque les dépenses militaires de Gilles ont alors contribué à financer la guerre menée contre les Anglo-Bourguignons (Cazacu 2005, p. 130). Compte tenu des graves difficultés du Trésor royal à l'époque, le souverain était d'autant plus enclin à accepter l'engagement d'un sire de Rais capable d'assumer les frais d'entretien de ses troupes, notamment en avril 1429 lors de la constitution de l'escorte du convoi d'armes et de vivres destinés à Orléans assiégée (de Bueil 1889, p. 277, [lire en ligne] ; Boutin et al. 1988, p. 75).
  45. Le médiéviste Philippe Contamine souligne qu'à l'opposé des grandes batailles rangées comme Crécy ou Azincourt, la « guerre guerréante » désigne une guérilla « faite d'escarmouches, de surprises et de coups de main » (Philippe Contamine, « Jeanne d'Arc était-elle un génie militaire ? », L'Histoire, no 210, mai 1997, p. 37).
  46. Le château de Ramefort se dresssait à Gennes, aujourd'hui Gennes-sur-Glaize, dans le canton de Bierné en Mayenne (Longnon 1875, p. 476, [lire en ligne] ; Joubert 1880, p. 38-56, [lire en ligne] ; Planchenault 1933, p. 144, n. 5, [lire en ligne]).
  47. Outre l'appellation injurieuse « Français reniés » que l'on retrouve dans certaines sources, le Journal du siège d'Orléans dénomme « faux Français » les « Français partisans de l'union des deux couronnes » (Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 86).
  48. Témoignage (recueilli en 1461 ou 1462) de l'écuyer Jean, seigneur d'Alencé : « (...) il [Jean d'Alencé] fut en la guerre en la compaignie dudit feu sire de Rays et à aider à prandre les places et forteresees de Rameffort, de Malicorne et Le Lude, qui lors estoient detenues et occupées par les Anglois, anxiens ennemys de ce royaume » (Ledru 1893, p. 278, [lire en ligne]).
  49. Au gré des interprétations de chaque auteur, Ramefort et Malicorne sont conquises avant ou après le château du Lude.
    L'abbé Arthur Bourdeaut assigne la nomination de Jean de Craon au titre de lieutenant général en Anjou et dans le Maine (juin 1427) comme point de départ de l'engagement militaire de Gilles de Rais en pays manceau (Bourdeaut 1924, p. 61, [lire en ligne]). L'abbé se réfère ensuite aux chroniques de Jean Chartier et de Jean de Bourdigné afin de préciser que les places fortes de Ramefort, Malicorne et du Lude sont chronologiquement « conquises sous le gouvernement de La Trémoille », ce dernier devenant grand chambellan du roi en juin 1427 (Bourdeaut 1924, p. 64, [lire en ligne]).
    Toutefois, d'après un mandement du roi Henri VI en date du , Warwick dépêche John Fastolf dans le comté du Maine lors du mois d'avril 1427 afin de secourir la garnison anglaise du château de Malicorne. Le chef de guerre anglais prélève en conséquence un certain nombre de lances et d'archers parmi les troupes qui assiègent alors Pontorson (Planchenault 1933, p. 151-152, pièce justificative n° II, [lire en ligne]). Selon le chartiste René Planchenault (1897-1976), le siège de Malicorne mentionné dans ce mandement se rapporte à celui mené par Gilles de Rais et ses compagnons d'armes ; en outre, l'archiviste-paléographe soutient que la conquête de Ramefort précède celle de la forteresse malicornaise, avant même la reddition de Pontorson le (Planchenault 1933, p. 145, n. 1 et 2 ; p. 146, n. 1, [lire en ligne]).
    Cependant, sans se référer à ces épisodes particuliers, l'historien médiéviste Boris Bove note qu'à cette époque, les forteresses peuvent être successivement prises, perdues puis reconquises en raison de la faiblesse de leurs garnisons ou « des revirements sans fin des seigneurs locaux qui appartenaient souvent à des réseaux concurrents » (Bove 2009, p. 264), ce qui complique d'autant plus la datation précise de ce type de faits d'armes.
  50. Le chroniqueur Jean Chartier mentionne succinctement la mort du capitaine « Blacquebourne » lors de la prise du château du Lude, sans en préciser les circonstances (Chartier 1858 (I), p. 57-58, [lire en ligne]).
    Dans Le Jouvencel, traité d'art militaire et récit semi-biographique inspiré de la vie de Jean V de Bueil, il est spécifié a contrario que « Blaqueborne » eut la vie sauve grâce à Henri de Villebranche, seigneur de Broons (de Bueil 1887, p. XV-XVII, [lire en ligne] ; de Bueil 1889, p. 273-275, [lire en ligne]).
    Dans la chronique de Edward Hall, The Union of the Two Noble and Illustre Families of Lancastre and Yorke (1542), il est reporté que Blackburn fut mis à rançon et tous ses soldats massacrés (Hall's Chronicle, Containing the History of England During the Reign of Henry IV and the Succeeding Monarchs to the End of the Reign of Henry VIII, Londres, 1809, p. 140, [lire en ligne])) ; bien que tardive, la chronique de Hall intègre certaines informations provenant probablement de Pierre Basset, contemporain du roi Henri V d'Angleterre (selon le chartiste René Planchenault, « De l'utilité pour l'histoire de France de quelques chroniques anglaises de la première moitié du XVe siècle », Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 85, p. 118-128, [lire en ligne]).
    Au XIXe siècle, le polygraphe Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob ») prétend dans l'un de ses récits historiques romancés que Gilles de Rais aurait tué de sa propre main le capitaine Blackburn lors de l'assaut (Lacroix 1858, p. 6, [lire en ligne]). Prenant pour argent comptant cette affirmation fantaisiste, l'abbé Bossard se représente de surcroît le baron à la tête des assaillants qui escaladèrent les remparts ludois (Bossard 1886, p. 31, [lire en ligne]).
    Émile Gabory reproche généralement à Bossard de par trop subir l'influence de Lacroix (Gabory 1926, p. 240). Le « bibliophile Jacob » puis l'abbé n'en inaugurent pas moins une tradition erronée que plusieurs auteurs (dont Gabory lui-même, en l'occurrence) perpétueront (Gabory 1926, p. 32 ; Meunier 1949, p. 45 ; Bataille et Pesez 1966, p. 80 ; Bressler 1981, p. 53 ; Hérubel 1982, p. 78 ; Reliquet 1982, p. 49 ; Boutin et al. 1988, p. 72 ; Jost 1995, p. 34-35), voire accentueront par l'adjonction d'une prouesse imaginaire : Gilles de Rais aurait fendu Blackburn en deux (« Chronologie de Gilles de Rais », dans Cahiers Gilles de Rais, juin 1992, p. 24 ; Meurger 2003, p. 20-21).
    Rappelant les versions contradictoires du Jouvencel et de la chronique de Jean Chartier, Maurice Termeau juge « douteux » le fait d'armes du baron (Termeau 1945, p. 28, n. 3). Matei Cazacu s'en tient au Jouvencel, considérant ce récit comme un témoignage fiable au motif que Jean de Bueil compta parmi les assiégeants du château du Lude (Cazacu 2005, p. 79 ; n. 40, p. 327 ; dans cette note, Jean de Bueil est nommé par erreur « Jacques de Bueil »). Néanmoins, sans se référer spécifiquement à la prise du Lude, l'historien médiéviste Philippe Contamine insiste sur le caractère idéalisé de la guerre dépeinte dans Le Jouvencel : « une guerre fraîche et joyeuse, une guerre propre, le contraire même de la « sale guerre », une guerre courtoise et chevaleresque. On n'a pas le droit de mettre un ennemi à la question (la torture) pour le faire avouer. Il faut à tout prix respecter les sauf-conduits. » (Philippe Contamine, « Le Jouvencel de Jean de Bueil », Revue de la société des amis du musée de l'Armée, no 114,‎ , p. 53).
  51. Tenue par le connétable de Richemont — brouillé avec Charles VII à l'époque —, Chinon a été reconquise par les troupes royales en 1428. Dès lors, le château héberge essentiellement les capitaines du souverain tandis que la reine Marie d'Anjou et le dauphin Louis s'abritent dans une autre ville (Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 627).
    L'image d'une cour royale s'adonnant aux festivités au temps du siège d'Orléans relève d'une idée reçue, façonnée ultérieurement d'après des chroniques dénonçant les voluptés d'un Charles VII bien plus mûr (Michaud-Fréjaville 2005 (II) ; Bouzy 2007).
  52. Préalablement à son contrat avec Gilles de Rais, La Trémoille a tissé un réseau d'alliances avec le duc Jean d'Alençon, le comte Jean de Foix et le comte Charles de Clermont (Contamine 1996, p. 205-206).
    Selon l'historien Boris Bove, « ces contrats se présentaient sous forme de lettres patentes publiques qui engageaient réciproquement les partenaires à la fidélité, à déclarer leurs alliés et ennemis communs, à se prêter aide et conseil, ainsi qu'à protéger leur personne et leurs biens leur vie durant. »
    Le développement de ce type de contrat s'explique à l'aune des défaillances du régime féodal et de l'État monarchique mis à mal par les guerres civile et étrangère. Par souci de protection, la haute et moyenne noblesse accroît et renforce des liens de fidélité par le biais de tels contrats, en incluant plus fréquemment une clause relative à la prévention des complots qu'une clause de fidélité au roi, ce qui souligne l'impuissance du pouvoir central « à réguler les rapports de force au sein de la société politique » (Bove 2009, p. 273-274).
  53. Au début de l'année 1429, du temps du siège d'Orléans, un complot a été ainsi ourdi par Louis d'Amboise, André de Beaumont, seigneur de Lezay, et Antoine de Vivonne — alliés du connétable de Richemont — afin d'éliminer le grand chambellan Georges de La Trémoille, de s'assurer de la personne de Charles VII et de renouveler le Conseil royal. Éventée, la conspiration échoue. Le , André de Beaumont et Antoine de Vivonne obtiennent des lettres d'amnistie délivrées par le Conseil royal (Champion 1910, p. 181, [lire en ligne] ; Peyronnet 1984, p. 116, [lire en ligne]).
  54. De sensibilité républicaine et anticléricale, l'historien Henri Martin englobe Gilles de Rais dans son réquisitoire contre Charles VII et ses conseillers censément déloyaux envers Jeanne d'Arc et sa mission. Henri Martin affirme que « l'on n'a point à craindre à calomnier le maréchal de Retz » en lui attribuant le fiasco du siège de Paris (Martin 1855, p. 212-213, [lire en ligne]).
    En 1863, le chartiste Auguste Vallet de Viriville jauge défavorablement Gilles comme « l'homme de La Trémoille », placé sur ordre auprès de la Pucelle avant de délaisser celle-ci consécutivement à l'échec du siège de Paris (Vallet de Viriville 1863, p. 412, [lire en ligne]).
    A contrario, l'abbé Eugène Bossard tente de dissocier le sire de Rais de Georges de La Trémoille, félon présumé de l'épopée johannique, en vue de magnifier Gilles comme compagnon d'armes dévoué de l'héroïne, selon le schéma binaire d'une glorieuse tranche de vie contrastant avec une seconde partie biographique bien plus sombre (Bossard 1886, p. 36-37, [lire en ligne] ; Heers 1994, p. 70 ; Meurger 2003, p. 164).
    Quant à l'abbé Arthur Bourdeaut, il dépeint également le seigneur de Tiffauges comme l'homme du grand chambellan mais sans prêter à l'un et à l'autre cousin des intentions malignes à l'égard de Jeanne d'Arc ((Bourdeaut 1924, p. 69-70), [lire en ligne]).
    Faisant sienne l'opinion de son prédécesseur chartiste Vallet de Viriville, l'essayiste Georges Bataille montre Gilles de Rais comme le serviteur des « intérêts de La Trémoille », obéissant notamment à l'ordre de retraite qui met fin au siège de Paris le (Bataille et Klossowski 1985, p. 92). Georges Bataille représente de surcroît le seigneur de Tiffauges comme un « niais » aisément manipulé par ses serviteurs et, a fortiori, par Georges de La Trémoille, politique roué (Bataille et Klossowski 1985, p. 32-35), interprétation reprise par l'historien Georges Peyronnet : « Gilles fut un instrument docile de cet ambitieux intrigant [La Trémoille]. (...) Gilles exécuta, sans faille, mais apparemment sans bien comprendre ce qu'on lui faisait faire, grisé sans doute par les victoires, l'auréole du sacre, le luxe et les honneurs » (Boutin et al. 1988, p. 87). Peyronnet se garde de dépeindre La Trémoille comme un adversaire de la Pucelle mais il affirme que le grand chambellan n'en encadre pas moins l'héroïne par deux de ses alliés, Gilles de Rais et le duc Jean d'Alençon ((Peyronnet 1984, p. 134)).
    L'historien Jacques Heers expose que l'interrogation « fidélité absolue ou trahison, dévouement ou indifférence [de Gilles à l'égard de Jeanne d'Arc] » est « un faux problème » : « L'important n'est pas de chercher à sonder quels furent les véritables sentiments, penchants et intentions du sire de Rais, maréchal de France, un des capitaines de l'armée du roi ; cela ressort forcément de la spéculation [...] » Selon le médiéviste, Gilles de Rais ne se situe pas au plus niveau de décision : toujours « dans le sillage des favoris », il ne fait que « [suivre] un ordre de départ cautionné par le roi » en abandonnant le siège de Paris (Heers 1994, p. 71).
    L'historien chartiste Matei Cazacu exprime son désaccord avec les interprétations visant à réduire Gilles de Rais au rôle de créature subordonnée à La Trémoille, en rappelant que le contrat entre les deux hommes se rattache au réseau d'alliances mis en place par le grand chambellan pour défendre sa position politique contre les complots fomentés par Louis d'Amboise, entre autres périls. En cela, Cazacu estime que Gilles se place vis-à-vis de La Trémoille dans une position comparable à celle des grands seigneurs Alençon, Clermont et Foix, autres alliés du sire de Sully (Cazacu 2005, p. 90-91)
  55. « [E]n fait, Jeanne d’Arc ne put s'introduire et s'imposer [à la cour de Charles VII] qu'avec l'aval de Georges de La Trémoille et de Regnault de Chartres, suivis par le fidèle Raoul de Gaucourt, tous anti-bourguignons mais jusqu'à un certain point seulement, car tous pensaient qu'un jour ou l’autre il faudrait bien traiter ; la « trahison » de La Trémoille, un personnage certes très peu sympathique, est une fable, inventée postérieurement » (Contamine 2012, p. 29).
  56. Philippe Contamine constate « [qu'on] y verrait plus clair si l'on disposait de biographies un peu poussées sur des personnages tels Robert Le Maçon, Raoul de Gaucourt, Regnault de Chartres et surtout Georges de La Trémoille (l'étude systématique de leurs réseaux serait des plus éclairantes). » (Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 476).
  57. Philippe Contamine suppose que le sire de Rais était probablement « l'homme de La Trémoille. » L'historien n'en estime pas moins que Gilles « compta sans doute parmi les partisans les plus déterminés — et les plus actifs — du rapprochement France-Bretagne »à cette période (Contamine 1982, p. 76).
  58. « Elle [Jeanne d'Arc] fut esseyée à mettre les vivres dedans Orleans pour secourir la ville qui en avoit neccessité, où nul ne se osoit entremettre de ce faire. Monseigneur de Dunoys conduisoit le faict de la ville : Lahire saillit aux champs et mon maistre avec luy ; et vint le sire de Raiz, qui amena une belle compagnie d'Anjou et du Maine pour accompagner la Pucelle. », (de Bueil 1889, p. 277, [lire en ligne]).
    Néanmoins, Philippe Contamine remarque que Guillaume Tringant rédige tardivement ses commentaires du Jouvencel, plusieurs décennies après les événements relatés (Contamine 2012, p. 23).
  59. Parmi l'usage d'armes offensives caractérisant communément les gens d'armes, l'historien médiéviste Philippe Contamine souligne celui de l'épée et « surtout [celui de] la lance en bois, d'environ trois mètres de long, terminée par un fer. Ceci explique que, surtout dans la seconde moitié du XIVe siècle, « homme d'armes » ait eu comme équivalent normal, tant dans les sources archivistiques que narratives, « lance » ou « glaive ». » (Contamine 2003, p. 49).
  60. L'historien médiéviste Xavier Hélary souligne que le roi place le duc Jean d'Alençon à la tête de l'armée de la Loire car celui-ci est un prince du sang, de surcroît désireux d'en découdre avec les Anglais qui l'ont dépossédé de son duché. Passant en revue les différents capitaines de Charles VII susceptibles de commander l'armée, Hélary estime que Gilles de Rais n'est pas choisi car « trop jeune » tandis que le Bâtard d'Orléans — enfant naturel issu de la lignée royale des Valois — ne peut prétendre au même rang que d'Alençon.
  61. Le chroniqueur Jean Chartier mentionne uniquement le sire de Rais (Quicherat 1847, p. 77, [lire en ligne]). Cependant, une lettre adressée à Yolande d'Aragon par des gentilshommes angevins mentionne les trois autres « otages », terme désignant les chevaliers chargés de la garde de la sainte ampoule : le sire Jean de Graville, l'amiral Louis de Culant et Jean de Brosse, maréchal de Boussac (Quicherat 1849, p. 129, [lire en ligne] ; René Planchenault, « La « Chronique de la Pucelle » », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris, Auguste Picard, t. 93,‎ , p. 63 (lire en ligne)).
  62. Trois fidèles de Charles VII portent à l'époque le titre de maréchal de France. Le jour du sacre, Gilbert III Motier, seigneur de La Fayette, se voit retirer son titre au profit de Gilles de Rais. Sa disgrâce est peut-être motivée par la rancune de La Trémoille puisque cinq ans plus tôt, en 1424, La Fayette avait saisi sur ordre du roi des positions auvergnates occupées par le futur grand chambellan. Il est également possible que Charles VII ait voulu sanctionner Gilbert III Motier eu égard à son rôle lors de l'humiliante défaite de la « journée des Harengs » le (Peyronnet 1984, p. 124) ; ((Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 787-788).
    L'abbé Bourdeaut conclut que l'« élévation [de Gilles de Rais] au maréchalat fut l'effet de la faveur. » (Bourdeaut 1924, p. 79, [lire en ligne]). Matei Cazacu l'interprète comme une récompense royale pour services rendus à la guerre, soulignant que des lettres patentes de Charles VII brossent en septembre 1429 « un véritable panégyrique de l'action militaire de Gilles. » (Cazacu 2005, p. 96-98).
  63. Il s'agissait d'un fossé à sec de près de trois mètres de profondeur par endroits, qui renforçait le grand fossé rempli d'eau protégeant l'enceinte de Charles V (Henri Couget, Jeanne d'Arc devant Paris, Éditions Spes, 1925, p. 22, [lire en ligne]).
  64. Chartier 1858 (I), p. 144, [lire en ligne].
    Le chroniqueur Jean Chartier mentionne également la présence au sein des troupes françaises de Gilles de Sillé, cousin de Gilles de Rais, au cours d'escarmouches suivant les lendemains de la levée du siège de Lagny par les Anglais. Chartier précise également que Gilles de Sillé est alors fait prisonnier par les troupes ennemies.
    L'historien Noël Valois émet l'hypothèse que Michel de Sillé, un autre membre de cette vieille maison rattachée par des liens de parenté à Gilles de Rais, tombe aux mains des Anglais lors du siège de Sillé en 1434.
    Lors du procès de Gilles de Rais en 1440, les témoignages des familles et les aveux des accusés éclabousseront sérieusement Gilles de Sillé, alors en fuite. En outre, d'après certains témoins, une rumeur aurait été diffusée par des serviteurs de Michel de Sillé pour tenter d'expliquer les disparitions d'enfants : les Anglais auraient censément exigé vingt-quatre jeunes otages dans le cadre de la rançon « dudit sire Michel » (Bataille et Klossowski 1985, p. 307), prétexte jugé « absurde » et « invraisemblable » par les médiévistes eu égard aux usages du temps (Valois 1912, p. 207, n. 1, [lire en ligne] ; Bouzy 1993, p. 22, [lire en ligne]).
    Il est possible que le chroniqueur Chartier commette une confusion entre Gilles de Sillé et son frère Michel de Sillé, selon Michel Termeau. Cet historien estime que les Anglais s'emparent vraisemblablement de Michel de Sillé plutôt que de Gilles lors du siège de Lagny, et non lors du siège de la place de Sillé (Termeau 1945, p. 49-50, n. 2).
  65. Témoignage de Rappiot, représentant de Georges de La Trémoille, lors d'un procès opposant en 1445 l'ancien grand chambellan à Prigent de Coëtivy, gendre du défunt baron de Rais, dans le cadre de l'héritage conflictuel des biens du défunt : « [Gilles de Rais] fist en son temps de grans vaillances, comme d'avoir esté principal de lever les sièges d'Orléans et de Laigny (...) » (de La Trémoïlle 1890, p. 228, [lire en ligne]).
  66. Rédigé à Angers le , un contrat projetait d'unir le duc Louis III d'Anjou, fils de Yolande d'Aragon, à Isabelle de Bretagne, fille du duc Jean V, afin d'entériner l'alliance entre les maisons d'Anjou et de Bretagne. L'engagement est finalement rompu par Louis III d'Anjou, désireux d'épouser Marguerite de Savoie dans le cadre de ses ambitions relatives au royaume de Naples (Cassard 2011, p. 257). Conséquemment, Jean V de Bretagne marie sa fille Isabelle à Guy XIV de Laval en 1430, d'où une grave tension entre les deux duchés voisins ((Bourdeaut 1924, p. 72-73), [lire en ligne]). Bien que Yolande d'Aragon se présente comme le « lieutenant général » de son fils Louis III retenu en Italie, le duc d'Anjou — essentiellement préoccupé par sa couronne napolitaine — n'approuve pas systématiquement les démarches politiques de sa mère (Contamine 2012, p. 28).
  67. Lors de la rencontre au château de Champtocé le , le comte Guy XIV de Laval — cousin de Gilles de Rais et futur gendre du duc Jean V — se voit remettre une certaine somme par son suzerain breton afin d'amener des gens d'armes et de trait à Charles VII. Jean V de Bretagne paye également Xaintrailles — allié du grand chambellan — pour qu'il accompagne le comte de Laval auprès du roi en vue de poursuivre la guerre. Le médiéviste Philippe Contamine observe que « par des moyens obliques, il s'agissait donc de ramener le duc de Bretagne dans la guerre française. Or, nous savons que telle avait été l'idée de Jeanne d'Arc, l'année précédente » (Contamine 2012, p. 27).
  68. de Bueil 1889, p. 283-284, [lire en ligne]. Dans Le Jouvencel, « Crathor » est une place fictive servant à désigner différentes villes réelles (Orléans, Lagny-sur-Marne) selon les aventures décrites (Françoise Michaud-Fréjaville, « Le compagnon sans mémoire : le siège d'Orléans dans le Jouvencel de Jean de Bueil », Cahiers de recherches médiévales, no 12 « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc. En hommage à Françoise Michaud-Fréjaville »,‎ , p. 101-111 (lire en ligne)). En l'occurrence, « Crathor » s'applique à Sablé. Bien que Le Jouvencel mentionne des ennemis indistincts en cette circonstance, Guillaume Tringant — serviteur de Jean de Bueil — explicite dans ses commentaires les aventures romancées de son maître, dénonçant spécifiquement Gilles de Rais comme le geôlier du futur amiral de France.
    Dans l'« Introduction biographique et littéraire » de l'édition du Jouvencel annotée par Léon Lecestre, Camille Favre situe ces événements entre septembre 1429 et octobre 1430 en raison d'une pièce datée du . Dans celle-ci, Jean de Bueil s'intitule capitaine de Sablé, nommé à ce poste par Yolande d'Aragon et son fils Charles d'Anjou. Selon Camille Favre et Léon Lecestre, Jean de Bueil s'est donc emparé de la place de Sablé — tenue militairement par Gilles de Rais — à une date antérieure au mois d'octobre 1430 (de Bueil 1887, p. XXX-XXXVI, [lire en ligne] ; de Bueil 1887, p. 63, n. 1, [lire en ligne]).
    L'abbé Bourdeaut admet qu'il ne peut dater le conflit sablosien entre Gilles de Rais et Jean de Bueil ((Bourdeaut 1924, p. 74), [lire en ligne]) mais il mentionne des lettres datées du qui attestent d'un récent passage du baron de Rais à Sablé sans aucune mention de l'épisode décrit dans Le Jouvencel ((Bertrand de Broussillon 1900, p. 84-85), [lire en ligne]).
    Georges Bataille puis Matei Cazacu situent également la discorde entre Rais et Bueil durant l'hiver 1429-1430 (Bataille et Klossowski 1985, p. 94 ; Cazacu 2005, p. 100) tandis que le médiéviste Olivier Bouzy préfère placer leur affrontement dans le contexte de la guerre civile de 1432 (Bouzy 2013, p. 255).
  69. Jean de Bueil est l'époux de Jeanne de Montjean, sœur de Béatrice de Montjean. Cette dernière est la mère de Catherine de Thouars, femme de Gilles de Rais (Cazacu 2005, p. 58). De surcroît, Jean de Bueil est l'oncle par alliance de Georges de la Trémoille puisque Catherine de L'Isle Bouchard, seconde femme du grand chambellan, est issue de l'union entre Jean de L'Isle Bouchard et Jeanne, sœur de Jean de Bueil (Peyronnet 1984, p. 127).
  70. Jean de Bueil a combattu lors des campagnes angevines et mancelles de 1427 (de Bueil 1887, p. XV, [lire en ligne] ; de Bueil 1889, p. 273, [lire en ligne]) ainsi que lors du siège d'Orléans en 1428-1429 (Françoise Michaud-Fréjaville, « Le compagnon sans mémoire : le siège d'Orléans dans le Jouvencel de Jean de Bueil », Cahiers de recherches médiévales, no 12 « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc. En hommage à Françoise Michaud-Fréjaville »,‎ , p. 101-111 (lire en ligne).
  71. En 1451, la cour des comptes d'Angers évoque la responsabilité de Gilles de Rais et de son grand-père Jean de Craon dans ce pillage (Bourdeaut 1924, p. 75, [lire en ligne]), nécessairement antérieur au décès de Craon en novembre 1432 ((Joubert 1890, p. 341), [lire en ligne].
  72. On compte toujours trois maréchaux de France en 1433 puisque Gilles de Rais conserve son titre tandis que Gilbert Motier de La Fayette récupère le sien à l'occasion du décès du maréchal de Boussac, survenu la même année que le renvoi de Georges de La Trémoille (Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 788).
  73. D'après une plaidoirie du dans le cadre d'un procès entre Georges de la Trémoille et Prigent de Coëtivy (de La Trémoïlle 1890, p. 228, [lire en ligne]) ; (Du Fresne de Beaucourt 1882, p. 305-306).
    Philippe Contamine suppose que Gilles de Rais « fut sans doute remplacé par André de Laval-Lohéac » ((Contamine 2003, p. 267, n. 35)).
  74. Jacques Heers souligne l'imprécision du Mémoire, « manière de réquisitoire » à la tonalité véhémente » (Heers 1994, p. 17) ; « (...) de par sa nature même et son but avoué, ce Mémoire ne peut être que suspect, entaché d'exagérations, alourdi de fables » (Heers 1994, p. 89).
  75. Un compte de la baronnie de Rais de 1474, deux comptes de la châtellenie de Machecoul de 1461-1464 et 1497-1498, les comptes de la châtellenie de Champtocé en 1448...
  76. Les démêlés judiciaires entre Jean de Craon et des marchands de la Loire en 1414.
  77. « Ha, ribault, tu as batu mes hommes, et leur as fait extorsion ; viens dehors de l'église ou je te tueroy tout mort ! », propos tenus par Gilles de Rais selon la déposition de Lenano, marquis de Ceva (procédure ecclésiastique, 19 octobre 1440, passage en moyen français dans l'acte en latin), dans Bataille et Klossowski 1985, p. 290.
  78. L'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte se situe dans le diocèse de l'évêque Jean de Malestroit.
  79. D'après la déposition de Francesco Prelati faite le au cours du procès de son maître, Gilles de Rais souhaitait garantir sa liberté avant de risquer une entrevue avec le duc Jean V. Ainsi, le seigneur de Tiffauges aurait préalablement prié l'Italien d'évoquer à plusieurs reprises le « diable nommé Barron » dans une prairie près de Josselin en vue d'interroger l'esprit malin sur les intentions ducales (Bataille et Klossowski 1985, p. 152-153 ; 265-266).
  80. S'appuyant sur le récit romancé du polygraphe Paul Lacroix (Lacroix 1858, p. 14, [lire en ligne]), l'abbé Eugène Bossard prétend que Gilles de Rais aurait plaisanté en se référant au nom du capitaine Labbé : « J'avais toujours eu le dessein, dit [Gilles de Rais] en se tournant vers ses gens inquiets, comme pour les rassurer par la tranquillité apparente de son âme, j'avais toujours eu le dessein de me faire moine ; or, voici venir l'abbé, sous lequel je dois m'engager » (Bossard 1886, p. 251, [lire en ligne]). Néanmoins, ce trait d'esprit n'est qu'une « invention amusante, qu'aucun texte sérieux ne corrobore » (Gabory 1926, p. 157). Les circonstances exactes de l'arrestation du seigneur de Machecoul demeurent inconnues.
  81. Bataille et Klossowski 1985, p. 156 ; 295-298.
    Certains éléments du procès civil ne sont pas connus avec exactitude, notamment la date de la première comparution de Gilles de Rais devant le tribunal présidé par Pierre de l'Hôpital. Au demeurant, cette première audience n'est guère mentionnée par les biographes de Gilles de Rais, Georges Bataille excepté.
    La disparition vraisemblable des pièces originales du procès civil explique peut-être ces imprécisions. L'historien Olivier Bouzy remarque que certaines copies du procès civil parvenues jusqu'à nous se rapportent sans doute à des « résumé[s] composé[s] de morceaux choisis » car établis à des fins judiciaires en vue de contestations portant sur des fiefs et des douaires (Bouzy 1997, p. 42, [lire en ligne]).
  82. « (...) c'est-à-dire indépendante de la procédure ecclésiastique comme de la procédure séculière. », Bataille et Klossowski 1985, p. 165.
  83. Dans un manuscrit anonyme anglais du XVe siècle, le médiéviste Jean-Patrice Boudet repère « une conjuration adressée à Baron, (...) démon anthropomorphe de belle prestance, ce qui correspond d'ailleurs au signalement qu’en donne Prelati lors de sa déposition au procès de Gilles de Rais » (Jean-Patrice Boudet, « Deviner dans la lumière : note sur les conjurations pyromantiques dans un manuscrit anglais du XVe siècle », dans Sophie Cassagnes-Brouquet, Amaury Chauou et Daniel Pichot (dir.), Religion et mentalités au Moyen Âge : mélanges en l'honneur d'Hervé Martin, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire », , 611 p. (ISBN 2-86847-802-6, lire en ligne), p. 524-525.).
  84. Jacques Chiffoleau emploie ces termes à propos des juges du procès de condamnation de Jeanne d'Arc (Chiffoleau 1997, p. 43), au sens du dictionnaire Larousse (« schème : ensemble de concepts permettant de se faire une image de la réalité en résumant les éléments disparates de cette réalité à l'aide d'instruments fournis par la raison », [lire en ligne]).
  85. « Un pré situé au-dessus des ponts de Nantes » (Cazacu 2005, p. 172-173). L'île de Grande Biesse est désormais incorporée à l'actuelle île de Nantes et cette prairie correspond aux abords de ce qui est aujourd'hui le boulevard Vincent-Gâche.
  86. Selon une citation (sans source) reproduite dans le Grand Larousse de 1867, des reliques du seigneur de Rais auraient été prélevées à la suite de son exécution : « Aucunes [dames et damoiselles de son lignage] furent prendre des ossements du bon sire et les conservèrent pieusement, en souvenir de son grant repentir » (Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Librairie classique Larousse, 1867, t. 2, p. 214, [lire en ligne]).
    L'abbé Eugène Bossard attribue la citation à Jean Chartier (Bossard 1886, p. 340, [lire en ligne]) mais ce passage n'apparaît nulle part dans la Chronique de Charles VII, roi de France suivant l'édition établie par Auguste Vallet de Viriville en 1858.
    Quoi qu'il en soit, Émile Gabory juge la conservation de telles reliques bien peu vraisemblable puisque le cadavre fut préservé du feu pour être inhumé en terre chrétienne (Gabory 1926, p. 202).
  87. Cependant, la plupart des anciennes îles de la Loire dépendaient à cette époque du prieuré de la Madeleine qui se trouvait quai Magellan (anciennement « quai de la Madeleine ») au niveau du pont Général-Audibert (anciennement « pont de la Madeleine »).
  88. De 1439 à 1441, Geoffroy Le Ferron exerce les fonctions de trésorier et receveur général du duc Jean V de Bretagne, « après l'avoir puissamment aidé à dépouiller Gilles de Retz » (Kerhervé 1987, p. 155, vol. I). Le Ferron acquiert ainsi Saint-Étienne-de-Mer-Morte, terre que Gilles tente ensuite de se réapproprier par la force en commettant le sacrilège de la mi-mai 1440 (Bourdeaut 1924, p. 111-112, [lire en ligne]).
    En 1443, Le Ferron fait carrière à la cour royale comme trésorier de France et conseiller du roi Charles VII (Jean Kerhervé, « Une famille d'officiers de finances bretons au XVe siècle : les Thomas de Nantes », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, t. 83, no 1,‎ , p. 7-33 (lire en ligne)).
  89. L'écuyer Jacques Chabot, seigneur de Pressigny, avait également trempé dans d'autres crimes (Guérin et Celier 1898, p. 244, n. 2, [lire en ligne]).
  90. Outre la légende Gilles de Laval, Dom Bernard de Montfaucon désigne explicitement cette gravure dans le texte : « Gilles de Laval Seigneur de Rais Maréchal de France » (de Montfaucon 1731, p. 277, [lire en ligne]).
  91. Les armes des comtes de Laval sont « d'or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur ordonnés 2 et 2 et chargée de cinq coquilles d'argent » (Walsby 2007, p. 36). Membre associé de l'Académie internationale d'héraldique, Emmanuel de Boos décrit ces armoiries ainsi : « d'or à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize aiglettes d'azur » tout en rattachant le personnage en tenue héraldique à la famille de « Montmorency, baron de Laval, dans le Maine » (Le Bouvier 1995, p. 82).
    Identiques aux armoiries de la cotte d'armes portée par la figure héraldique du fo 78, les armes de « Laval » sont clairement identifiées par ailleurs grâce à une annotation manuscrite se rapportant au blason peint dans le coin supérieur gauche du fo 81 (enluminure sur parchemin, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, Paris, BnF, [lire en ligne]). Emmanuel de Boos rattache également ce blason au « sr de Laval » (Le Bouvier 1995, p. 84).
    Quant aux armes bien distinctes des barons de Rais (« Rez »), « d'or à la croix de sable, à la bordure d'azur semé de fleurs de lis d'or », elles sont reproduites dans l'écusson peint dans le coin inférieur gauche du fo 128 (enluminure sur papier, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, Paris, BnF, [lire en ligne] ; il est à noter qu'Emmanuel de Boos commet une erreur de date en affirmant que la bordure de France fut concédée à Gilles de Rais en 1424 au lieu de 1429 (Le Bouvier 1995, p. 128).
    Bernard de Montfaucon lui-même évoque les armoiries « de Laval » portées par son présumé « seigneur de Rais » (de Montfaucon 1731, p. 277, [lire en ligne]).
  92. Dans son édition commentée du manuscrit de lʼArmorial du héraut Berry, Auguste Vallet de Viriville n'identifie pas la figure héraldique du fo 78 avec Gilles de Rais (Le Bouvier 1866, p. 46, [lire en ligne]).
    Contestant l'opinion de Dom Bernard de Montfaucon, Vallet de Viriville soutient que les figures de l'armorial, bien qu'individualisées pour certaines, ne portraiturent pas systématiquement une personnalité (Le Bouvier 1866, p. 49-50, [lire en ligne]).
    Emmanuel de Boos précise qu'il « s'agit de portraits héraldiques, sans prétention au naturalisme » (Le Bouvier 1995, p. 7).
    Du reste, le caractère héraldique de ces figures est souligné par de nombreuses similitudes de composition. Ainsi, l'enluminure qui représente Jean II de Bourbon-Vendôme (fo 77, Paris, BnF, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, [lire en ligne]) est quasiment identique à celle du « comte de Laval », à l'exception des armoiries. Sur la planche LVIII des Monumens de la monarchie françoise... de Dom Bernard de Montfaucon, la gravure no 1 représentant Jean II de Bourbon-Vendôme figure à gauche de la gravure no 2 qui évoque censément « Gilles de Laval » (de Montfaucon 1731, [lire en ligne]).
  93. Eugène Bossard croit reconnaître « les armes de Rais et de Laval » sur la housse du cheval caparaçonné figurant dans la gravure de Dom Bernard de Montfaucon (Bossard 1886, p. 348, n. 1, [lire en ligne]).
    Par la suite, cette gravure de Montfaucon sera reproduite en couverture de plusieurs biographies de Gilles de Rais (Meunier 1949 ; Bataille 1968 ; Cazacu 2012).
  94. Jost 1995, p. 170.
    Suivant une tradition picturale, Gilles de Rais est peut-être représenté à la mode courante à l'époque où ces deux miniatures furent peintes, sans volonté de reproduire un quelconque réalisme médiéval — vestimentaire ou capillaire.
  95. Il s'agit du manuscrit latin 17663 conservé à la Bibliothèque nationale de France (Perceau et Fleuret 1921, p. XCVI, [lire en ligne]).
  96. D'après l'écrivain Fernand Fleuret (alias Ludovico Hernandez), la miniature aurait été « copiée par les soins du président Bouhier » et sa copie du procès civil aurait été collationnée sur une autre copie datée de 1530, à savoir le manuscrit 1 AP 585 conservé aux Archives nationales. Dans sa nomenclature des manuscrits, Fleuret considère le manuscrit 1 AP 585 des Archives nationales (que l'abbé Bossard et lui dénomment « le manuscrit de Thouars ») comme la plus ancienne copie existante du procès civil (Perceau et Fleuret 1921, p. XCV-XCVIII, [lire en ligne]).
    L'essayiste Georges Bataille estime également que cette copie « provenant des archives de La Trémoïlle », bien que « non authentique », « est la plus ancienne et la meilleure » (Bataille et Klossowski 1985, p. 293, n. 1).
    Toutefois, l'historien Olivier Bouzy souligne la confusion qui existe chez ces auteurs au sujet de la datation des copies des procès civil et canonique (Bouzy 1997, p. 40-45, [lire en ligne]).
  97. « D'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux croissants d'argent, et en pointe d'une tête de bœuf d'or », description physique du recueil coté H 73, Archives et manuscrits de la Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l'enseignement supérieur (Calames), [lire en ligne].
  98. Selon Jacques Chiffoleau, « des juges, des juristes ou des intellectuels de l'entourage royal » font copier jusqu'au milieu du XVIIIe siècle les actes des procès de Gilles de Rais — entre autres affaires judiciaires — en raison du caractère d'« exemplum parfait » de ce document évoquant la « défense de la majesté ». De la sorte, il existe bien plus d'exemplaires manuscrits des procès du seigneur de Tiffauges que de copies du procès de Jeanne d'Arc (Chiffoleau 2008, p. 15). Une dizaine de transcriptions des procès nantais de 1440 est actuellement conservée au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, dont le manuscrit français 5772 : Recueil de plusieurs procez criminels qui ne sont point imprimez, (s.l.n.d.), [lire en ligne].
  99. La date de 1530 est indiquée dans la fiche de l'image Exécution de Gilles de Rais (gibet et bûcher). Armes du président Bouhier (cliché coté RC-A-03432), Banque d'images de la Bibliothèque nationale de France.
  100. Dans cette représentation imaginaire, Gilles de Rais n'arbore pas la « coupe en sébile » à la mode masculine de l'époque, autrement dit la chevelure taillée en rond au-dessus des oreilles, avec la nuque et les tempes rasées (Adrien Harmand, Jeanne d'Arc. Ses costumes. Son armure. Essai de reconstitution, Paris, imprimerie Aulard, librairie Ernest Leroux, 1929, p. 35). Cette mode s'expliquerait « par la forme des bassinets et la façon d'attacher le camail » (Cinéma, histoire : autour du thème « johannique »).
  101. Parmi les œuvres littéraires et pièces de théâtre illustrant ce thème : Georg Kaiser, Gilles und Jeanne (1923) ; Philippe Dumond, Jacques Rougeon et Yan Philip, La passion de Jeanne d'Arc selon Gilles de Rais (1979) ; Michel Tournier, Gilles et Jeanne (1983) ; Hubert Lampo, Le diable et la pucelle (2002) ; Michel Ragon, Un amour de Jeanne (2003) ; Tom Lanoye, Sang et roses. Le chant de Jeanne et Gilles (2011)...
  102. Matei Cazacu conjecture que « Gilles de Rais a sans doute été ébranlé » par les accusations portées par le tribunal de Rouen contre la Pucelle, censément hérétique et invocatrice de démons. De surcroît, le chartiste considère que « nul n'a mieux décrit [l]a crise de conscience [de Gilles] que Huysmans dans son roman, Là-bas » (Cazacu 2005, p. 107-108).
  103. Matei Cazacu croit discerner dans le Mystère du siège d'Orléans le reflet de l'adversité entre le capitaine anglais John Fastolf et Gilles de Rais (Cazacu 2005, p. ???), interprétation contestée par Jacques Chiffoleau qui s'appuie sur la communication de Vicki L. Hamblin au colloque « Jeanne d’Arc : Histoire et mythes » tenu à Orléans les 9-10 mai 2012 (« Les Mardis de l'École des chartes », , [voir en ligne] ; [lire en ligne]).
  104. Tout en la pourvoyant de vivres destinées à Orléans ainsi que d'« artillerie » et d'or, le roi annonce à la Pucelle qu'il « commande exprès » au maréchal de Rais et à Ambroise de Loré » de « conduire [ses] gens » où elle le voudra (Gros 2002, p. 708-711, vers 11151-11161).
  105. Le Mans ne sera reprise aux Anglais qu'en 1448 (René Planchenault, « La délivrance du Mans (janvier-mars 1448) », Revue historique et archéologique du Maine, tome LXXIX, 1923, Le Mans, imprimerie Monnoyer, p. 185-202, [lire en ligne]).
  106. Dans sa « confession hors jugement », indépendante des procédures ecclésiastique et séculière, Gilles de Rais affirme avoir commis ses crimes « suivant son imagination et sa pensée, sans le conseil de personne, et selon son propre sens, seulement pour son plaisir et sa délectation charnelle, et non pour quelque autre intention ou quelque autre fin » (Bataille et Klossowski 1985, p. 165 ; 238-239).
  107. Michelet orthographie « Étienne Corillant » (Michelet 1841, p. 211, [lire en ligne].
  108. « Barbe Bleue à La Suze », Histoire du canton de La Suze sur Sarthe, Association pour l'étude du patrimoine sarthois, [lire en ligne].
    Cet article relève également la confusion commise par certains auteurs, dans la continuité de Michelet, entre le château de La Suze (dénommé à tort « château de Barbe-bleue ») et l'hôtel de La Suze sis à Nantes. Aujourd'hui disparu, l'hôtel nantais appartenait à Jean de Craon, seigneur de La Suze, qui lui laissa son nom (Termeau 1945, p. 26-27, n. 3) ; Gilles de Rais hérita de ce bien et en fit supposément le théâtre de certains crimes.
  109. Dans leur étude sur le diable parue en 1926, l'avocat Maurice Garçon et le psychiatre Jean Vinchon ne mettent pourtant pas en doute les crimes du baron de Rais. Les deux auteurs évoquent « le culte de Satan » comme « une création lente mais précise et habile » des démonologues. « Ainsi s'est formée une doctrine méthodique du sacrilège. Quelques crimes de fous comme Gilles de Rais, quelques examens de malades qui présentaient des déséquilibres sexuels plus ou moins caractérisés, confirmaient les travaux des érudits. » Maurice Garçon et Jean Vinchon, Le Diable : étude historique, critique et médicale, Paris, Gallimard, coll. « Les Documents bleus » (no 29), , 255 p., p. 35-36.
  110. Prouteau 1992, p. 27.
    Ultérieurement, Prouteau ne fait plus allusion à cette commande, se contentant d'évoquer le biologiste Henri Laborit comme source d'inspiration du procès de réhabilitation (Prouteau et Armange 2002, p. 99-100).
  111. Prouteau et Armange 2002, p. 99.
    Prouteau évoque ses recherches « aux Archives de Nantes » mais l'historien Jean Kerhervé pointe le fait que le poète confond constamment les archives de la Loire-Atlantique (où les actes des procès sont conservés) et la médiathèque de Nantes, où ne sont conservées que des copies (Kerhervé 1992, p. 7).
  112. Gérard Larcher, vice-président du Sénat (Prouteau et Armange 2002, p. 101) ainsi que le « bâtonnier Albert Brunois, un ex-ministre de la justice (Michel Crépeau), un ex-ministre de la culture (Jean-Philippe Lecat), le biologiste Henri Laborit, un parlementaire, des juristes... » (Jost 1995, p. 161). En font également partie André Chandernagor (Bayard 1992, p. 223) et le médecin Pierre Simon (Marilyn August, « Historians Seek To Rehabilitate Medieval Mass Murderer », The Associated Press, mardi 10 novembre 1992, [lire en ligne]).
  113. Lors d'un plaidoyer pro domo fictif de Gilles de Rais, Gilbert Prouteau prête à son personnage des propos justifiant les pratiques pédophiles (Prouteau 1992, p. 121-124). Employé dans le cadre de la réhabilitation du baron, ce procédé littéraire indigne l'écrivain Alain Jost : « Voilà Gilles de Rais mué en chantre lyrique (et moderne) de la pédophilie. D'autres auteurs ont tenté de justifier de cette façon les abus sexuels commis sur les enfants. (...) Que viennent faire ici ces arguments d'une révoltante mauvaise foi ? » (Jost 1995, p. 155-156).
  114. « Quant à la composition de la « Cour » [...], elle était édifiante : évidemment pas un seul spécialiste de l'histoire du Moyen Âge, uniquement quelques amis comparses. On n'a pas pris la peine d'entendre un seul historien. On s'est contenté de m'octroyer quelques minutes, discours sans cesse interrompu par les sarcasmes d'un président furieux. » (Fleury 1993, p. 5).
    Michel Fleury ne doit pas être confondu avec son homonyme Michel Fleury, historien, archéologue et vice-président de la Commission du Vieux Paris.
  115. Le quotidien Libération s'interroge sur la nature promotionnelle de l'audience du 9 novembre 1992 eu égard à la parution de l'ouvrage de Prouteau ((en) Marilyn August, « Historians Seek To Rehabilitate Medieval Mass Murderer », The Associated Press, mardi 10 novembre 1992, [lire en ligne]).
    Michel Fleury, membre de la Société d'études et de recherches historiques sur le pays de Retz, évoque une « farce médiatico-parisienne » : « La vraie nature de l'opération a en fait été dévoilée à l'issue du spectacle [du 9 novembre 1992] : cocktails, petits fours et distribution du livre de M. Prouteau aux journalistes et invités présents. Ce n'était donc qu'une opération publicitaire et promotionnelle pour un ouvrage. Dont acte. » (Fleury 1993, p. 5).
    Dans son livre d'entretiens avec Gilbert Prouteau, Xavier Armange fait notamment remarquer au poète qu'en « prenant le contrepied de l'Histoire, en dédouanant le sire de Rais, [il était] sûr de réussir un "hénaurme" coup médiatique. » Armange demande ensuite à Prouteau si sa lettre ouverte au président François Mitterrand en vue d'obtenir la réhabilitation de Gilles n'était pas « destinée à relancer les ventes » de son ouvrage Gilles de Rais ou la gueule du loup, ce à quoi l'écrivain répond également de manière « dilatoire » (Prouteau et Armange 2002, p. 102).
  116. « Cette séance tenue au Sénat le 9 novembre 1992 a pu s'y dérouler pour la seule et unique raison qu'elle bénéficiait du parrainage d'un sénateur qui, évidemment, ne représentait que lui-même dans cette affaire. L'or des palais nationaux ne conférait à cette manifestation aucun caractère officiel. » (Fleury 1993, p. 5). Prouteau précise que Gérard Larcher, alors vice-président du Sénat, siégait parmi les personnalités (Prouteau et Armange 2002, p. 101).
  117. Outre la confusion commise par Gilbert Prouteau entre les archives de la Loire-Atlantique et la médiathèque de Nantes, Jean Kerhervé souligne que le poète qualifie les archives en moyen français de « galimatias » (Prouteau 1992, p. 162) en sus de « déforme[r] allègrement les genres et les cas » lorsqu'il recopie des formules latines (Prouteau 1992, p. 32 ; 185 ; 225). Cf. Kerhervé 1992, p. 7.
  118. Préalablement à sa parution, Gilles de Rais ou la Gueule du loup (annoncé sous le titre L'Ombre d'un doute) a bénéficié d'une couverture médiatique grâce à un article du Nouvel Observateur, où le journaliste François Caviglioli reprend la trame et les inventions du roman de Prouteau tout en qualifiant ce dernier d'« historien » (François Caviglioli, « Victime en 1440 du premier procès stalinien de l'histoire ? Justice pour Barbe-Bleue ! », Le Nouvel Observateur, 12-18 décembre 1991, p. 88-89).
    En outre, le journaliste Jacques Cordy reprend à son compte les erreurs factuelles de Prouteau et Goëau-Brissonnière, notamment le chiffre des 800 victimes prétendument revendiquées par Gilles de Rais (« Cinq siècles après la condamnation de Gilles de Rais lors d'une parodie de procès, Barbe Bleue en appel devant un jury d'honneur », Le Soir, lundi 9 novembre 1992, p. 12, [lire en ligne]).
  119. « […] La majorité des livres diffusant les thèses d'extrême droite sont édités chez Dualpha. Son patron, Philippe Randa, est lui-même un ancien activiste de l'extrême droite musclée. Il assure la diffusion de ses propres livres et des auteurs qu'il édite (notamment la réédition d'ouvrages doctrinaux d'idéologues nazis comme Joseph Goebbels et Alfred Rosenberg, un théoricien du IIIe Reich). », « L'extrême droite en un clic », Le Soir, mardi 8 janvier 2008.

Références[modifier | modifier le code]

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