Combat des Trente

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Combat des Trente
Description de cette image, également commentée ci-après
Octave Penguilly l’Haridon, Le Combat des Trente.
Informations générales
Date
Lieu « chêne de Mi-Voie », entre Ploërmel et Josselin
Issue Victoire du parti de Blois
Belligérants
Armoiries Bretagne - Arms of Brittany.svg Bretagne blésiste Royal Arms of England (1340-1367).svg Royaume d'Angleterre
Armoiries Bretagne - Arms of Brittany.svg Bretagne monfortiste
Armoiries Saint-Empire monocéphale.svg Saint-Empire
Commandants
Blason Jehan de Beaumanoir.svg Jean IV de Beaumanoir Robert Bemborough
Forces en présence
32 chevaliers ou écuyers 32 chevaliers ou écuyers
Pertes
6 morts 9 morts

Guerre de Cent Ans

Batailles

Guerre de Succession de Bretagne

Champtoceaux (1341) · Quimperlé (1342) · Hennebont (1342) · Morlaix (1342) · Vannes (1342) · Cadoret (1345) · La Roche-Derrien (1347) · Combat des Trente (1351) · Mauron (1352) · Montmuran (1354) · Rennes (1356-1357) · Auray (1364)

Le combat des Trente[1],[2] est un épisode de la guerre de Succession de Bretagne qui se déroula le [3] ou [1],[2] sur le territoire actuel de la commune de Guillac (Morbihan), entre Josselin et Ploërmel, près du « chêne de la lande de Mi-Voie ». À la suite d'un défi lancé par Jean IV de Beaumanoir[2], un combat est organisé entre trente partisans de Charles de Blois et trente partisans de Jean de Montfort[1].

Le combat des Trente[modifier | modifier le code]

Prémices[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de Succession de Bretagne, Josselin est aux mains de Jean de Beaumanoir, partisan de Charles de Blois alors que Ploërmel est tenu par l’Anglais Robert Bemborough (ou Brandebourch d'après Froissart), partisan des ducs de Bretagne de la maison de Montfort. Un jour que Beaumanoir se rend traiter avec Bemborough, il aperçoit des paysans bretons maltraités par des soldats anglais. Outré, il s’en plaint à son adversaire. La dispute qui s’ensuit conduit les deux hommes à déterminer les modalités d’un duel destiné à régler l’attribution du territoire.

Principe du duel[modifier | modifier le code]

Jean de Beaumanoir lance un défi à Robert Bemborough en lui proposant un tournoi à l'instar des chevaliers de la Table ronde. Celui-ci accepte et propose trente combattants dans chaque camp[4].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le , un combat épique se déroule près du « chêne de Mi-Voie », entre Ploërmel et Josselin. Les trente et un Bretons de Jean IV de Beaumanoir s’immortalisent en luttant contre les trente et un hommes commandés par Bemborough. Dans ce camp figure le célèbre aventurier Croquart dont Philippe VI de Valois aurait bien aimé s’attacher les services. Aux côtés de Robert Knolles, on remarque aussi le neveu de Thomas Dagworth, vainqueur de Charles de Blois à la bataille de La Roche-Derrien.

Bemborough et huit de ses hommes sont tués, ainsi que six hommes de Beaumanoir (sans compter ceux qui décèderont de leurs blessures)[5]. D’après la légende, ce dernier, épuisé par la chaleur, le combat et le jeûne, aurait réclamé à boire, ce à quoi son compagnon Geoffroy du Boüays lui aurait répondu « Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera »[7]. Cette parole devint la devise de la famille de Beaumanoir. Les Anglo-Bretons survivants se rendirent car il aurait été déloyal de priver les vainqueurs du bénéfice des rançons[5] : dans la guerre féodale on ne cherche pas à tuer sur le champ de bataille mais à rentabiliser sa campagne en capturant de riches prisonniers[9].

Croquart est déclaré meilleur combattant pour les Anglo-Bretons, Tinténiac étant, pour sa part, considéré comme le meilleur parmi les hommes de Beaumanoir.

L’issue du combat ne règle en définitive rien : deux jours plus tard, l'essentiel des combattants vainqueurs, partisans de Charles de Blois, pris dans une embuscade, sont tués[11]. La guerre de Succession, commencée en 1341, se poursuit ainsi jusqu'en 1365 et, finalement, c'est le camp des Montfort qui l'emporte avec le fils de Jean de Montfort, Jean IV.

Les combattants[modifier | modifier le code]

Interprétation[modifier | modifier le code]

On ne peut en aucun cas présenter ce combat comme une confrontation anglo-bretonne sans risquer de travestir la vérité historique. Il s’agit d’un épisode de la guerre de Succession où l’un des belligérants était neveu du roi de France, et l’autre était soutenu par l’Angleterre.

Pour l'historien Jean-Jacques Monnier, auteur de Histoire de Bretagne pour tous, « ce combat n'a pas réellement eu d'impact historique. Ce sont des chevaliers pro-Français qui se sont battus contre des chevaliers pro-Anglais sans aucune conséquence. C'était plutôt un tournoi. Ce combat avait été largement oublié jusqu'à ce qu'on le ressorte vers 1880 sous la IIIe République car on recherchait des commémorations à faire. Ce symbole qui était très ancien faisait l'unanimité à droite comme à gauche dans cette période où l'on avait soif de revanche entre les guerres de 1870 et 1914. Il fallait mobiliser le patriotisme ! »[12].

Postérité[modifier | modifier le code]

Rue des Trente, à Rennes.
  • La bataille des Trente est un poème du Barzaz Breiz par Théodore Hersart de La Villemarqué.
  • La Compagnie des Trente est une association d'escrime et reconstitution historique s'inspirant de ce fait d'armes[13].
  • Sous l'influence de la chouannerie, un monument sous forme d'obélisque, la Colonne des Trente, fut érigé au lieu-dit « La Pyramide » dans la commune de Guillac, pour saluer la mémoire des chevaliers qui se sont battus. Il fut inauguré le [14]. Mais on n'y trouve que les noms des combattants « blésistes »; ceux du camp « montfortiste » sont ignorés [15].
  • Une tapisserie représentant ce fameux combat a également été réalisée sous le règne de Charles V, afin de rappeler une des victoires françaises contre l'ennemi héréditaire[16].
  • Il existe aussi un jeu de société du même nom voulant reprendre l'histoire de ce combat[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Trente, Combat des (1351) (notice BnF no FRBNF12554334) [consulté le 16 août 2016].
  2. a, b et c Entrée « combat des Trente », sur Encyclopédie Larousse en ligne, Larousse [consulté le 16 août 2016].
  3. (en) Entrée « Combat of the Thirty (1351) » [« Combat des Trente (1351) »], dans John A. Wagner, Encyclopedia of the Hundred Years War [« Encyclopédie de la guerre de Cent ans »], Westport et Londres, Greenwood Press, , 1e éd., LV-374 p., 26 cm (ISBN 0-313-32736-X et 978-0-313-32736-0, OCLC 469709818, notice BnF no FRBNF40227045), p. 103-104 [lire en ligne (page consultée le 17 août 2016)].
  4. Frédéric Morvan, « Le combat des Trente », Becedia,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard 1980, p. 140.
  6. (!!! Changez pour le modèle {{Note}} à la place du modèle {{Ref}}.!!!)
  7. Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Âge, éd. Autrement, Paris, 2010.[6]
  8. (!!! Changez pour le modèle {{Note}} à la place du modèle {{Ref}}.!!!)
  9. Michel Balard, Jean-Philippe Genet et Michel Rouche, Le Moyen Âge en Occident, p. 231-232.[8]
  10. (!!! Changez pour le modèle {{Note}} à la place du modèle {{Ref}}.!!!)
  11. Jean-Jacques Monnier, Histoire de Bretagne pour tous - CD audio - Skol Vreizh, 2011.[10]
  12. Ouest-France, 18-07-2012
  13. Site de l'association : http://www.lacompagniedestrente.com.
  14. [http://guillac.fr/index.php/tourisme-et-patrimoine/patrimoine/la-colonne-des-trente.
  15. Le Combat des Trente, sur le blog Bucentaure, 11 décembre 2010.
  16. Jules Guiffrey, Inventaire des tapisseries du roi Charles VI vendues par les Anglais en 1422 [premier article], Bibliothèque de l'École des chartes, 1887, tome 48, p. 92.
  17. Le combat des Trente, fiche sur TricTrac.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]