Bataille d'Auberoche

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Bataille d'Auberoche
Description de cette image, également commentée ci-après
L'armée française assiège la citadelle d'Auberoche et catapulte un messager anglais par-dessus les murs. Miniature de Jean Froissart, XIVe siècle.
Informations générales
Date 21 octobre 1345
Lieu Auberoche (Aquitaine)
Issue Victoire anglaise
Belligérants
Blason pays fr FranceAncien.svg Royaume de FranceRoyal Arms of England (1340-1367).svg Royaume d'Angleterre
Commandants
Louis de Poitiers †Arms of Edmund Crouchback, Earl of Leicester and Lancaster.svg Henry de Grosmont
Forces en présence
7000 hommes1500 hommes
Pertes
importanteslégères

Guerre de Cent Ans

Batailles

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Coordonnées 45° 13′ nord, 0° 54′ est

Géolocalisation sur la carte : Aquitaine

(Voir situation sur carte : Aquitaine)
Bataille d'Auberoche

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bataille d'Auberoche

La bataille d'Auberoche (anglais : Battle of Auberoche), est une action significative entre les forces françaises et anglaises pendant les premières années de la Guerre de Cent Ans. Elle s'est déroulée au village d'Auberoche, près de Périgueux , dans le nord de l'Aquitaine. À l'époque, la Gascogne appartenait à la couronne anglaise et son armée locale y était composée en grande partie de natifs de la région. La bataille s'est déroulée sur la rivière Auvézère qui séparait de manière non officielle les terres du royaume de France du royaume d'Angleterre.

La campagne[modifier | modifier le code]

Le village et le château d'Auberoche sont saisis par le comte de Derby, qui a débarqué depuis l'Angleterre en juin 1345 et a vu son armée grossir avec l'arrivée de Gascons dans ses rangs. Derby conduit un raid de vaste envergure le long de la frontière gasconne avec la France, s'emparant de la ville de Bergerac en août. Avant de rentrer à Bordeaux afin de se réapprovisionner en troupes et en vivres, Derby prend Auberoche. En octobre 1345, les Français décident de contrattaquer en plaçant 7,000 hommes sous les ordres de Louis of Poitiers. Poitiers reçoit l'ordre du duc de Normandie de reprendre Auberoche afin de soulager ce dernier, qui doit s'emparer de La Réole.

Le siège[modifier | modifier le code]

Les Français bloquent l’accès au château d'Auberoche, empêchant toute aide anglaise depuis l'ouest. Pendant le siège, une anecdote (probablement apocryphe) apparut : un messager qui cherchait à rejoindre les lignes anglaises afin de demander de l'aide fut capturé et renvoyé au château d'Auberoche par les Français, qui le catapultèrent avec leur baliste. Le soldat anglais fut alors grièvement blessé. Bien que cette anecdote ait été répétée par le chroniqueur Jean Froissart, les historiens la considèrent comme peu probable[1].

Un messager parvint pourtant à traverser les lignes françaises et à rejoindre le comte de Derby, qui rassembla sur-le-champ une armée composée de 1,500 Anglo-Gascons. Le campement français était divisé en deux, la majorité des soldats s’étant établie près de la rivière entre le château et le village tandis qu’une force moins nombreuse avait pour mission d’empêcher toute tentative de fuite par le nord.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 21 octobre 1345, les Anglais commandés par Derby avancèrent depuis Périgueux pendant la nuit, traversant la rivière à deux reprises, et s’installèrent à l’aube sur une colline surplombant l’armée française. Conscient de son infériorité numérique, Derby avait attendu pendant plusieurs jours l’arrivée de renforts du comte de Pembroke mais avait désormais fini par perdre patience. À l’aube du 21 octobre, les Anglais restèrent cachés derrière leur colline, espérant l’arrivée imminente de Pembroke. Derby convoqua alors ses officiers, dont Wauthier de Masny, et décida de passer à l’attaque, capitalisant sur un effet de surprise qui sèmerait la confusion dans les rangs français et empêcherait une défense efficace.

Derby alla lui-même espionner les rangs des Français et décida d’organiser un assaut en trois corps d’armée : sa cavalerie devant charger en direction du sud, son infanterie émergeant des bois aux alentours afin d’enfoncer l’arrière-garde française et ses archers tirant eux-mêmes depuis les bois. L’attaque fut conduite alors que les Français s’apprêtaient à déjeuner, ce qui les plongea dans la panique et le désarroi du fait de la surprise. Les unités françaises qui s’échappèrent comme une masse compacte furent des proies faciles pour les archers anglais, qui décochèrent des flèches dans la mêlée et firent ainsi de nombreuses victimes. Le combat se poursuit encore avant que les Français ne décident de battre en retraite. À ce moment-là, Frank Halle, le commandant anglais d'Auberoche, décida de faire une sortie qui bouscula l’arrière de l’armée française. Cette nouvelle attaque, additionnée à une nouvelle charge de la cavalerie de Derby, précipita une déroute totale chez les Français.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les forces françaises qui devaient surveiller le château furent les seules à pouvoir s’échapper sans grand désordre, car elles n’avaient pas essayé de poursuivre le combat. Elles laissèrent derrière elles une précieuse quantité de vivres, qui soulagea grandement la garnison assiégée. Le commandant français Louis de Poitiers mourut de ses blessures et son second, Bertrand de L'Isle-Jourdain, fut fait prisonnier. Plusieurs autres nobles furent faits prisonniers et leurs rançons enrichirent les hommes de Derby. Derby lui-même aurait gagné 67,000£ grâce aux puissantes rançons qu’il auraient touchées.[2]

La bataille eut des conséquences politiques sérieuses. L’avancée du duc de Normandie en Aquitaine fut annulée, et aucune action militaire française ne fut menée en Gascogne pendant six mois. Les communications entre les ducs de Normandie et de Bourbon furent de plus coupées, empêchant toute contre-offensive coordonnée contre les Anglais qui étaient pourtant numériquement surpassés. Derby utilisa cette opportunité inespérée pour s’emparer d’autres forteresses locales, dont celle de Montségur. Il mit également avec succès le siège devant La Réole et Aiguillon (Lot-et-Garonne), plaçant fermement l'intégralité de la région sous contrôle anglais.

Le moral et le prestige basculèrent définitivement du côté des Anglais, permettant l’enrôlement de nombreux autres soldats. La région apporta son soutien aux Anglais. Avec ce succès, les Anglais avaient réussi à placer sur toute l'Aquitaine une hégémonie qui ne disparaîtrait qu'en 1453 avec la bataille de Castillon[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. A.H. Burne, The Crécy War, p. 105
  2. Sumption, Trial by Battle, p. 470
  3. A.H. Burne, The Crécy War, p. 113

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]