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Pierre II de Bretagne

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Pierre II
Illustration.
Sceau du duc en 1454.
Titre
Duc de Bretagne et comte de Montfort

(7 ans, 2 mois et 3 jours)
Prédécesseur François Ier
Successeur Arthur III
Biographie
Titre complet Comte de Guingamp
Dynastie Maison de Montfort
Nom de naissance Pêr a Vreizh
Date de naissance
Date de décès (à 39 ans)
Lieu de décès Nantes (Bretagne)
Sépulture Collégiale Notre-Dame de Nantes
Père Jean V
Mère Jeanne de France
Conjoint Françoise d'Amboise

Image illustrative de l’article Pierre II de Bretagne
Ducs de Bretagne

Pierre II de Bretagne dit le Simple, né le et mort le à Nantes, fils cadet du duc Jean V et de Jeanne de France, fille du roi de France Charles VI, est duc de Bretagne de 1450 à sa mort.

Son règne n'est pas marqué par de très grands événements. Pierre II participe à la fin de la guerre de Cent Ans en combattant dans le camp du roi de France et organise sa succession à moyen terme en faisant épouser la fille du duc François Ier, Marguerite, par son cousin François d'Étampes, futur François II.

Époux de Françoise d'Amboise, faite par la suite bienheureuse par l'Église catholique, il favorise la canonisation d'un prédicateur dominicain mort en Bretagne, Vincent Ferrier (1350-1419), proclamée en juillet 1455 par le pape Calixte III.

Pierre II de Bretagne en prière devant la Vierge à l'Enfant (livre d'heures de Pierre II de Bretagne)
Tombeau de Pierre II et de Françoise d'Amboise

Origines familiales et formation

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Il fait partie de la maison de Montfort, qui règne sur le duché de Bretagne du milieu du XIVe siècle (guerre de Succession de Bretagne) à la fin du XVe siècle (mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII)

Il est fait comte de Guingamp par son père Jean V (1389-1442).

Combats en Normandie contre les Anglais (1449-1450)

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Il combat les Anglais dans les dernières années de la guerre de Cent Ans (1337-1453).

En 1449 et en 1450, il est en Normandie aux côtés de son frère le duc François Ier de Bretagne et de son oncle Arthur], connétable de France (dit « le connétable de Richemont ») et participe à la prise de plusieurs villes, notamment Coutances, Saint-Lô et Fougères, ville bretonne proche de la Normandie.

Avènement (1450)

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Pierre II devient duc, à la mort de François Ier. N'ayant pas de fils, celui-ci, suivant les dispositions du premier traité de Guérande (1365) qui exclut les filles de la succession, désigne son frère Pierre de préférence à ses filles Marguerite et Marie, pour lui succéder (déclaration du ).

Le nouveau duc rend l'hommage féodal au roi de France le à Montbazon, près de Tours[1].

Débuts du règne (1451-1453)

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Procès des assassins de Gilles de Bretagne (1451)

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Sous l'influence de son oncle Arthur de Richemont, Pierre II fait poursuivre les assassins de son autre frère, Gilles. L'assassin effectif, Olivier de Méel, est jugé par les États de Bretagne réunis à Vannes le , condamné à mort et décapité le suivant. Ses acolytes sont suppliciés par la sénéchaussée de la ville. Quant à l'instigateur du meurtre, Arthur de Montauban, il réussit à s'échapper et à se cacher dans le couvent de l'ordre des Célestins de Paris où il reste jusqu'au règne de Louis XI de France.

Création des « neuf baronnies de Bretagne » (1451)

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C'est sous le règne de Pierre II qu'est formalisée l'institution des « neuf anciennes baronnies de Bretagne », censées faire le pendant aux neuf évêchés de Bretagne. Lors des États de 1451, trois nouvelles baronnies sont créées en faveur de :

Ces trois baronnies s'ajoutent aux quatre contrôlées par la maison de Laval (Vitré, Châteaubriant, Retz et la Roche-Bernard) et à celles d'Ancenis, détenue par la maison de Rieux, et de Léon, détenue par la maison de Rohan[2]

Participation des Bretons à la bataille de Castillon (1453)

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En 1453, Pierre II envoie 1 500 chevaliers en Guyenne, sous le commandement nominal de son cousin germain François d'Étampes et la direction effective des sires de Montauban et de la Hunaudaie.

Ces troupes participent à la bataille de Castillon, victoire française qui amène rapidement la chute de Bordeaux, ce qui met fin aux liens pluriséculaires (depuis 1154) entre le duché d'Aquitaine et les rois d'Angleterre de la maison Plantagenêt[3].

Conflit ecclésiastique à Rennes (1453)

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Le duc doit ensuite arbitrer le conflit de préséance qui oppose Perrine du Feu, abbesse de Saint-Georges de Rennes, à l'abbé de Saint-Melaine soutenu par l'évêque de Rennes.

Malgré une bulle du pape Nicolas V, datée du , condamnant les prétentions de l'abbesse, Pierre II doit intervenir par ordonnance lors de l'intronisation du nouvel évêque, Jacques d'Espinay, le 1454 afin de contraindre l'abbesse récalcitrante[4].

Une année riche en événements (1455)

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Préparation de la succession

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En 1455, il devient évident que Pierre II et son épouse, Françoise d'Amboise, ne peuvent avoir d'enfants. Avec les problèmes de santé de Pierre II, se pose la question de sa succession, car son successeur désigné, le connétable Arthur de Richemont, âgé de 62 ans, est lui-même dépourvu de descendance légitime malgré trois mariages.

Pour éviter d'éventuelles contestations, le duc décide de marier sa nièce, Marguerite de Bretagne, fille ainée de François Ier, à son cousin, François de Bretagne, comte d'Étampes, deuxième dans l'ordre de succession agnatique. Pour formaliser cette union, le duc convoque les États de Bretagne, qui se réunissent à Vannes le , dans la salle haute de la Cohue. Y sont rassemblés les principaux seigneurs bretons, ainsi que les évêques, les abbés et les représentants des villes.

Tous approuvent le mariage envisagé Pierre II. Les noces débutent le par une grande messe à la cathédrale Saint-Pierre de Vannes, présidée par l’évêque de Nantes Guillaume de Malestroit. La cérémonie est suivie de banquets et de bals au château de l’Hermine, tandis que des joutes animent la place des Lices.

« Au disner, le duc mena la dame nouvelle espousée en la salle de l’Hermine, où elle prit place au milieu du dais… Le duc disna dans la chambre à parer avec les principaux seigneurs… Le duc avait le marié près de lui, sous son dais… Après le disner, environ quatre heures commencèrent les danses aux haults menestriers. Le duc mena Madame de Malestroit, Monsieur de Laval mena la duchesse, les autres seigneurs les autres dames, et continuèrent les danses jusqu’à la nuit… Le lendemain commencèrent les joutes, qui durèrent quatre jours ; et après que les seigneurs les eurent passé en grande joie, festes et esbatemens, ils quittèrent Vennes. »

— Pierre Le Baud

Visite à la cour de France

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L'année 1455 est aussi marquée par la visite de Pierre II à la cour de France. Pierre II, répondant à une invitation de Charles VII, part de Redon à la mi- et est reçu à Mehun-sur-Yèvre avec amitiés et magnificence avant d'atteindre Tours. Il est de retour à Redon le .

Canonisation de Vincent Ferrier

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Cette même année voit également l'accomplissement d'un grand projet de Pierre II, la canonisation de Vincent Ferrier, pour laquelle une enquête canonique avait été engagée par le pape Nicolas V le .

C'est finalement Calixte III, successeur de Nicolas V, lui aussi originaire de Valence (royaume d'Aragon), qui adresse au duc la bulle solennelle du notifiant la canonisation du prédicateur.

Les premières cérémonies en son honneur ont lieu en Bretagne le devant le tombeau du saint à Vannes, en présence du cardinal Alain IV de Coëtivy, évêque de Dol[5].

Ce même cardinal de Coëtivy obtient en 1455 une bulle de Calixte III confirmant la création d'une église des Bretons à Rome : l'église Saint-Yves-des-Bretons.

Mort et funérailles

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Il meurt le 22 septembre 1457. Son oncle Arthur de Richemont lui succède sous le nom d'Arthur III, pour seulement un peu plus d'un an.

De son vivant, alors qu'il n'était encore que comte de Guingamp, Pierre II s'éta&it fait construire un tombeau sculpté dans la collégiale Notre-Dame de Nantes. Dans son testament du , il confirme sa volonté d'y être inhumé.

Le tombeau et l'église ont subi des déprédations au cours de la Révolution française. En 1803, au moment de la démolition de l'église, l'ingénieur Pierre Fournier et ses ouvriers constatent à l'ouverture du tombeau qu'il ne se trouve à l'intérieur qu'un mannequin[6].

Cela suscite des interrogations : Pierre II est-il mort le ou a-t-il organisé le simulacre de sa mort pour fuir ? On ne le saura probablement jamais.[réf. nécessaire]

Bilan du règne de Pierre II

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Le règne relativement court de ce duc n'a pas marqué l'histoire. Ses contemporains ont décrit Pierre II « le Simple » , bien conseillé par sa femme, mais peu fait pour la fonction ducale, lourd d'esprit comme de corps, sujet à des sautes d'humeur et timide[7].

En , il épouse Françoise (1427-1485), fille de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars et prince de Talmont. Ce mariage reste sans descendance.

Par la suite, l'Église a conféré à Françoise d'Amboise la qualité de « bienheureuse », notamment pour avoir fondé le Carmel de Vannes, puis le Carmel des CouëtsBouguenais, près de Nantes).

Notes et références

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  1. Le Moyne de La Borderie et Pocquet du Haut-Jussé 1906, p. 364-365.
  2. Le Moyne de La Borderie et Pocquet du Haut-Jussé 1906, p. 386-392.
  3. Le Moyne de La Borderie et Pocquet du Haut-Jussé 1906, p. 368-369.
  4. Le Moyne de La Borderie et Pocquet du Haut-Jussé 1906, p. 370-371.
  5. Barthélémy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé, Les Papes et les Ducs de Bretagne, COOP Breizh Spézet (2000) (ISBN 284346 0778). « Calixte III et les ducs Pierre II et Arthur III » p. 495-540.
  6. Bernard Le Nail, Dictionnaire biographique de Nantes et de Loire-Atlantique, Pornic, Le Temps éditeur, , 414 p. (ISBN 978-2-36312-000-7), p. 326.
  7. Leguay et Martin 1982, p. 166.

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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