Robert Knolles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Blason Robert Knolles.svg Robert Knolles
Naissance 1325
Comté de Cheshire
Décès 15 août 1407 (à 83 ans)
Sculthorpe
Origine England Arms 1340.svg Anglais
Allégeance England Arms 1340.svg Royaume d'Angleterre
COA fr BRE.svg Duché de Bretagne
Grade Capitaine
Conflits Guerre de Cent Ans
Guerre de Succession de Bretagne
Faits d'armes Combat des Trente
Bataille d'Auray
Bataille de Nájera

Robert Knowles, Robert Knolles ou Robert Kanolle (1325-1407) est une personnalité militaire anglaise considérée comme l'un des grands capitaines de la guerre de Succession de Bretagne et du début de la guerre de Cent Ans.

En 1358, il entre dans Châteauneuf-Val-de-Bargis. En 1359, il occupe Cusset puis Saint-Pourçain, mais il doit fuir devant l’armée des nobles bourbonnais, auvergnats et foréziens[1]. Il pille Auxerre le 10 mars 1359[2]. Il s'empare de Ménétréol-sous-Sancerre en 1361.

Knowles subit une franche défaite à Pontvallain[3] et en Champagne (1371-1372)[4], infligée par les troupes commandées par Bertrand Du Guesclin. Robert Knowles trouve refuge en Bretagne chez John, duc de Bretagne, nommé par le roi Charles V au traité de Guérande du 12 avril 1365.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Né dans le Cheshire, il fait ses premières armes à l'occasion de la guerre de Succession de Bretagne, prenant parti pour le duc Jean IV contre le prétendant Charles de Blois que favorise le roi de France. En 1351, il participe au Combat des Trente au cours duquel il est vaincu et capturé.

Libéré après une rançon, Robert Knolles réussit en 1355 à s'emparer du château de l'île d'Yeu. Au printemps 1356 il seconde Henri de Lancastre, lors de sa chevauchée à travers la Normandie pour rejoindre le Prince Noir en Poitou. L'ost de Jean II les fait cependant reculer. Knolles parvient tout de même, avec sa troupe, à prendre Domfront.

Après Poitiers, au service de Charles II de Navarre[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Poitiers (1356), il met ses hommes, environ 1 000 Anglo-Gascons, au service de Charles II de Navarre lors de la tentative de prise du pouvoir de ce dernier en 1358. Il s'empare de Châteauneuf et ravage la vallée de la Loire. Puis suivant le chemin du sel entre Loire et Yonne, il arrive sur Malicorne qu'il prend à la fin de 1358. Il ne l'a pas sitôt pris qu'il doit repousser Arnaud de Cervole et ses 2000 hommes, que Charles V avait recruté. Cervole vient de visiter le pape à Avignon et, passant par la sente des Bourguignons, rejoint le roi à Meaux avec ses troupes. Dans les environs de Saint-Sauveur il apprend la présence de Knolle à Malicorne et décide de l'attaquer. Mais malgré les renforts des habitants des villages voisins, plusieurs assauts n'ont pas raison de la pugnacité de Knolle, et Cervole doit repartir sur une défaite.

Knolle fait de Malicorne son quartier général et s'en sert comme base pour piller les environs, prenant plusieurs châteaux (la Motte-Chanlay au ferrier de Tannerre, qui permet de piller les voyageurs vers Paris[5] et où il laisse responsable de la garde de son lieutenant Dauquin de Halton[6] ; Régennes, qui met à rançon la navigation sur l'Yonne[5] et où il laisse Jean de Dalton[6],...). Il pousse une pointe jusqu'à Auxerre en janvier 1359, mais est repoussé. Revenant dans ses pénates malicorniens, il se concerte avec des capitaines navarrais dont celui de Ligny-le-Châtel et d'autres installés de même façon que lui aux environs de Troyes. Entretemps la population auxerroise, toute à son succès, a la bêtise de renvoyer les troupes de gentilshommes qui l'ont défendue ; et Knolle prend Auxerre le 10 mars 1359. Malicorne ne suffisant pas à contenir tout son riche butin, il doit en mettre une partie à Châteauneuf[5].

Cette année 1359, Robert Knolles prend Cusset puis assiège Saint-Pourçain[7]. Mais il doit en fuir devant l’armée des nobles bourbonnais, auvergnats et foréziens[8]. Cette période lui gagne sa réputation de personnage cruel et sans scrupule.

Plus tard dans l'année, le connétable Robert de Fienne vient à Auxerre négocier avec les anglo-gascons. À la demande des auxerrois il obtient des anglais, contre de larges quantités de vin en tribut, le passage en bateaux du vin et autres marchandises par le pertuis de Régennes. Selon cet accord, les anglais détruiront la Motte Chanlay à Tannerre, Ligny-le-Château, Malicorne et Régennes à leur départ de ces places fortes ; en contrepartie ils s'engagent à ne prendre aucune ville, château ni place forte pendant un an et à ne pas faire la guerre aux lieux rançonnés[6].

1360-1370[modifier | modifier le code]

Le 24 octobre 1360, le traité de Brétigny (signé le 8 mai) est ratifié, ce qui oblige Knolle à quitter les lieux[note 1]. Ce qu'il fait de fort mauvais gré car les auxerrois lui devaient toujours la rançon de 40 000 florins qu'ils lui ont promise en échange de ce qu'il n'a pas détruit la ville, et ni le roi Jean ni celui d'Angleterre ne daignent le soutenir dans ses efforts pour mettre la main sur ce pactole. Fort fâché, il quitte Malicorne après y avoir tout détruit, village et château, ainsi que tout ce qui était à portée de sa main aux alentours. Cinq cent ans plus tard, l'église de Malicorne portait encore la marque de son passage, gravée à la pointe dans un de ses murs[5].
Il retourne en Bretagne et assiste à nouveau Jean IV dans sa lutte pour la possession du duché. Robert Knolles s'empare de Ménétréol-sous-Sancerre en 1361 mais échoue devant Sancerre. En septembre 1364, il remporte la bataille d'Auray. Charles de Blois est massacré pendant le combat et Bertrand Du Guesclin, son principal capitaine, est capturé. Dès lors, la mainmise de Jean IV sur le duché est assurée et confirmée par le roi Charles V au Traité de Guérande du 12 avril 1365.

En 1367, il accompagne Édouard de Woodstock dit le « Prince Noir », et John Chandos en Castille où ils remportent la bataille de Najera contre Henri II de Castille et Bertrand Du Guesclin, de nouveau capturé. En 1369, il assiste le Prince Noir, malade, en Aquitaine. En 1370, la guerre contre la France reprend. Édouard III le met à la tête d'une armée. En juillet, il débarque à Calais avec 3 000 hommes dans le but de mener une nouvelle chevauchée afin de forcer le roi Charles V à accepter les termes du traité de Brétigny-Calais. Comme dans toute chevauchée, Robert Knolles pratique alors un pillage méthodique. Il attaque sans succès Arras, Reims, Troyes puis revient vers Paris qu'il assiège et où quelques faubourgs éloignés sont incendiés. Charles V applique sa stratégie habituelle de refus de la bataille en s'enfermant derrière les murailles de Paris, fortement marqué par la défaite de Poitiersson père avait été fait prisonnier. Le commandement de Robert Knolles est alors contesté par ses lieutenants : ceux-ci, de haute noblesse, acceptent mal d'être dirigés par un capitaine de basse extraction, malgré sa grande expérience. Son armée se décompose alors en plusieurs bandes, ce qui permet à du Guesclin de lui infliger des défaites à Pontvallain[3] et en Champagne (1371-1372)[4].

Knolles retourne alors en Bretagne où il fait face à une mutinerie de certains de ses hommes, fatigués de se battre pour un maigre butin. Il abandonne alors la partie et se réfugie dans son château de Derval que lui a offert Jean IV, qui l'avait lui-même pris de force à la Maison de Rougé.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

En 1373, il sort de sa retraite pour aider Jean IV, de nouveau en lutte contre Charles V. Le temps des victoires est cependant passé. Du Guesclin parvient à conquérir une grande partie du duché et Knolles doit rentrer en Angleterre. En 1377, il est l'un des commandants de la flotte envoyée contre les Espagnols. En 1380, sous les ordres de Thomas de Gloucester, comte d'Essex et de Buckingham, il reprend cependant pied en Bretagne et aide Jean IV à reconquérir son duché. En 1381, à la demande du nouveau roi Richard II, il sort à nouveau de sa retraite pour mater la révolte des paysans menée par Wat Tyler et John Ball.

Robert Knolles a dédié une grande partie de sa fortune à des œuvres de charité : construction d'un collège et d'une aumônerie à Pontefract, fondation d'un hôpital anglais à Rome, restauration des églises de Sculthorpe et de Harpley.

Il meurt à Sculthorpe dans le Norfolk le 15 août 1407.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Nicolas Savy, « The Chevauchée of John Chandos and Robert Knolles : Early March to Early June, 1369 », Journal of Medieval Military History, Boydell Press, vol. 7 « The Age of the Hundred Years War »,‎ , p. 38-56.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Auvergne/Bourbonnais/Velay (987 - 1497) - Histoire Généalogie - La vie et la mémoire des hommes
  2. « lien brisé » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  3. a et b Saumur au cœur des combats
  4. a et b « La guerre de Cent Ans entre les Anglais et les Français, avec Jeanne d'Arc - lien brisé » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  5. a, b, c et d Ambroise Challe, Malicorne-en-Gâtinais, Hautefeuille-sous-Malicorne, dans Monographies des villes et villages de l'Yonne et de leurs monuments, 1837.
  6. a, b et c Lebeuf 1743, p. 224, volume 2.
  7. « Robert Knolles, dit Canolles ou Robin Quanole, vint assiéger Saint-Pourçain où s'était fortifié Thomas de La Marche, « lieutenant du duc de Bourbon dans tous les païs gouvernés par iceluy ». Le Capitaine anglais s'y cassa les dents et, en représailles, fait ravager ce célèbre vignoble » (cf. Marcellin Bourdet, Thomas de la Marche, Bâtard de France et ses aventures (1318 – 1361), Riom, 1900).
  8. Auvergne/Bourbonnais/Velay (987 - 1497). Thierry Sabot, Histoire Généalogie - La vie et la mémoire des hommes.

Liens externes[modifier | modifier le code]


Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « note », mais aucune balise <references group="note"/> correspondante n’a été trouvée, ou bien une balise fermante </ref> manque.