Âge de bronze des comics

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Âge de bronze des comics
Pays États-Unis
Période début des années 1970 — 1986
Période liée

L'âge de bronze des comics est une période de l'histoire de la bande dessinée américaine qui s'étend du début des années 1970 à 1986. L'âge d'argent des comics peut être défini par le retour des super-héros sur le devant de la scène, et cela est marqué par le numéro 4 du comic book Showcase daté de septembre 1956, dans lequel apparaît un nouveau Flash, scénarisé par Robert Kanigher, dessiné par Carmine Infantino et encré par Joe Kubert. Le passage de cette période à celle de l'âge de bronze est moins facilement datable, mais cela correspond bien à une période où l'on voit apparaître de nombreux changements qui la différencient des périodes précédente et suivante. Elle est constituée de l'arrivée d'une nouvelle génération d'auteurs, de nouveaux genres qui remplacent les plus classiques, de nouvelles formes de diffusion et de vente des comics, l'apparition de nouveaux formats (mini-séries et graphic novels) et la meilleure reconnaissance du travail des artistes. La fin de cette période est généralement datée de 1986. En effet cette année sont publiés Crisis on Infinite Earths, qui a commencé en 1985 et qui refond totalement l'univers DC, Batman: Dark Knight de Frank Miller et Watchmen d'Alan Moore qui renouvellent le genre des super-héros et enfin Maus dont le premier tome reprend les épisodes sortis depuis des années dans le magazine RAW et qui est diffusé dans des librairies généralistes attirant ainsi un public différent de celui qui lit des comics.

Origines[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Jack Kirby chez DC Comics sert parfois à marquer le début de l'âge de bronze

Si le passage de l'âge d'or des comics à l'âge d'argent est facilement identifiable par l'instauration du comics code, abrégée en CCA[1], il n'est pas aussi aisé de séparer l'âge d'argent de l'âge de bronze. En effet, le changement tient plus de l'évolution que de la rupture et les prémices de l'âge de bronze existent déjà dans la période précédente. Plusieurs éléments marquent cette période. L'un d'entre eux est le réalisme qui tend à s'imposer[2]. Or cet aspect était déjà présent dans certains comics publiés par DC (Batman de Neal Adams) ou Marvel. Particulièrement chez cette dernière, les héros doutent et connaissent des difficultés que peuvent connaître les lecteurs (difficultés relationnelles, peines de cœur, etc.)[3]. Les séries de l'âge de Bronze accentuent cela et tendent à ancrer encore plus les héros dans le monde réel.

Jack Kirby chez DC Comics[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Jack Kirby chez DC est l'une des dates retenues pour marquer le début de l'âge de bronze. En 1970, Jack Kirby est mécontent de ne pas être assez reconnu comme auteur des comics qu'il dessine. De plus, alors que ses collaborations avec Stan Lee ont permis à Marvel de devenir l'une des deux principales maisons d'édition, il estime ne pas gagner assez et comme il est toujours payé à la page, il ne bénéficie d'aucune couverture sociale en cas de maladie. Il peut enfin être licencié à tout moment en cette période où de nombreux auteurs de sa génération sont remplacés par une nouvelle génération d'artistes. Ce malaise devient de notoriété publique parmi les auteurs de comics et cela amène Carmine Infantino responsable de DC Comics à inviter Kirby pour qu'il quitte Marvel et rejoigne DC. Pour que Kirby saute le pas Infantino accepte les conditions de Kirby. Celui-ci pourra créer ses comics et sera donc reconnu totalement comme auteur[4]. La nouvelle du départ de Kirby crée un choc dans le lectorat et la question de la survie même de Marvel sans Kirby est posée. Finalement, Marvel reste le leader des ventes de comics et les remplaçants de Kirby imposent leur style sans que les ventes en pâtissent[5]. Chez DC Kirby crée Le Quatrième Monde qui regroupe quatre séries Superman's Pal Jimmy Olsen, qu'il reprend au numéro 133, Mister Miracle, New Gods et Forever People [6],[7].

Amazing Spider-Man 96[modifier | modifier le code]

Une autre date importante est celle de mai-juillet 1971 qui correspond à trois numéros de Amazing Spider-Man (n° 96 à 98), écrits par Stan Lee et dessinés par Gil Kane, publiés sans le sceau du comics code[8]. Le ministère de la santé avait demandé à Stan Lee de publier une histoire mettant les lecteurs en garde contre les méfaits des drogues. Stan Lee, qui est aussi le responsable éditorial, accepte et demande à la Comics Code Authority de publier cette histoire avec le sceau du Comics Code. La CCA refuse car la règle est d'interdire toute évocation des drogues. Cependant, les membres de l'instance suggère aux éditeurs de réfléchir aux évolutions que doit connaître le code afin d’être plus en phase avec la société. Stan Lee passe donc outre et publie ces trois comics. Peu après, le comics code est réécrit et la mention de drogue devient acceptable s'il s'agit de la condamner[9]. Un autre changement important est l'acceptation de la présence de monstres s'ils reprennent des monstres de la littérature ; les vampires et les loups garous peuvent donc de nouveau être des personnages de comics[10].

La mort de Gwen Stacy[modifier | modifier le code]

Enfin une dernière date est parfois préférée. C'est celle de juin 1973 car dans le numéro 121 de The Amazing Spider-Man Gwen Stacy, la fiancée de Peter Parker meurt[8]. L'histoire commence comme un classique combat entre le héros et le vilain, le Bouffon vert. Celui-ci ayant découvert l'identité secrète de Spider-Man enlève sa fiancée Gwen Stacy. Lors du combat le Bouffon jette du pont de Brooklyn la jeune femme inconsciente. Spder-Man la rattrape grâce à sa toile avant qu'elle ne touche l'eau mais l'arrêt de la chute est trop brusque et Gwen Stacy meurt. Ce qui est le plus marquant dans cet épisode est que le personnage n'est pas ressuscité par la suite. Cela illustre la tendance au réalisme qui s'impose. En effet, jusqu'alors les héros et les personnages récurrents principaux étaient de fait «immortels» mais à partir de cet épisode, la mort est une réalité[11].

Crises dans le monde des comics[modifier | modifier le code]

Chute des ventes[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1960, les ventes de comics connaissent une lente érosion et les années 1970 suivent cette voie. Au début de l'année 1971 les éditeurs prévoient de vendre 300 millions de comics qui rapporteront 50 millions de dollars. Ce chiffre est le même que celui du début des années 1960 alors que depuis le pays a connu une période d'inflation[12]. Les bénéfices diminuent donc. Cette baisse d'intérêt pour les comics est expliquée par un développement d'autres sources de divertissements dont la principale est la télévision[13].

Les éditeurs disparaissent les uns après les autres. Il n'en reste plus que 6 au début des années 1980 : Marvel, DC, Archie, Harvey, Gold Key et Charlton[14]. Gold Key disparaît en 1984[15] et Charlton en 1986[16]. Cependant cela ne signifie pas que l'édition de bandes dessinées s'achemine vers une disparition inéluctable. D'autres éditeurs apparaissent dans la seconde moitié des années 1970. Dans la première moitié la bande dessinée underground a décliné jusqu'à disparaître. En effet, l'esprit de la contestation de la fin des années 1960 s'est éteint et avec lui les media qui l'accompagnait[17].

DC : explosion et implosion[modifier | modifier le code]

Depuis le début des années 1970, les ventes de comics diminuent progressivement. De plus les coûts de production augmentent avec l'inflation et les prix augmentent. Durant l'âge d'argent le prix était passé de 10 cents à 15 cents alors que le nombre de pages était tombé à 32 dont 25 pages de bandes dessinées[18]. Les années 1970 suivent le même chemin et en 1971, Carmine Infantino augmente le prix des comics de DC à 25 cents. En 1977, les comics en moyenne coûtent 35 cents et n'ont plus que 17 pages de bandes dessinées. La hausse des coûts présage alors une augmentation prochaine de 5 cents en moyenne. Pour prévenir cela et pour augmenter les revenus, la présidente de DC Comics, Jenette Kahn décide de monter le prix à 50 cents mais d'augmenter le nombre de pages. Les comics prévus auront 44 pages, couverture comprise, dont 25 pages de bande dessinée. De plus 26 nouveaux comics s'ajoutent à ceux existant. La date choisie pour cet évènement intitulé DC Explosion est celle de la sortie prévue du film Superman en juin 1978. Même si celle-ci est repoussée à décembre et que des ajustements mineurs doivent être fait, l'évènement a lieu tout de même à partir du début du mois de juin[19]. Malheureusement, après seulement trois semaines les responsables de Warner ordonnent de diminuer le nombre de comics. La raison tient à ce qu'en début d'année les ventes de comics chez DC ont chuté. La cause principale est probablement le blizzard qui a frappé les États Unis durant l'hiver 1977-78 entraînant des problèmes importants dans la distribution des biens de consommation, dont les comics, et une baisse des achats. Les lecteurs étant limités dans leurs déplacements vont moins chez le marchand de journaux. Cette explication ne touche pas les responsables de Warner qui décident de réorganiser la politique éditoriale de DC. 24 comics sont supprimés, le nombre de pages redescend à 17 et le prix des comics est fixé à 40 cents. La DC explosion devient la DC Implosion[20]. Cela a pour conséquence plusieurs licenciements alors que de nombreux artistes indépendants sont avertis que DC n'a plus besoin d'eux. Plusieurs projets ne sont même pas mis en vente et des séries anciennes sont aussi supprimées. Même Detective Comics échappe de peu au couperet[21]. Cette crise chez DC apparaît alors comme un signal clair que l'industrie des comics risque de bientôt disparaître. La crise dans laquelle s'enfonce les États Unis où se mêlent récession, inflation et baisse du pouvoir d'achat touche aussi le monde du divertissement et les aventures des super-héros attirent de moins en moins les lecteurs[22].

Réponses à la crise[modifier | modifier le code]

De nouvelles formes de vente[modifier | modifier le code]

Denis Kitchen : fondateur de Kitchen Sink Press, maison d'édition indépendante

Les comics underground connaissent eux aussi une crise. Ils disparaissent en tant qu'éléments de la contre-culture et de la contestation politique. Les auteurs de comix cherchent alors d'autres moyens d'expression et se tournent vers l'édition de magazines de bandes dessinées. Art Siegelman fonde avec Françoise Mouly en juillet 1980 la revue RAW[23]. L'année d'après Robert Crumb propose la revue Weirdo[24]. De plus, pour se faire connaître les auteurs qui veulent être indépendants, qu'ils soient des auteurs underground ou des nouveaux venus, vont s'appuyer sur de nouveaux lieux de vente, les magasins spécialisés dans la vente de comics[25], et un nouveau système de distribution le Direct market imaginé en 1972 par Phil Seuling. Ce système permet de distribuer rapidement les comics dès qu'ils sortent des imprimeries jusqu'aux magasins spécialisés. Les invendus ne peuvent plus ensuite être renvoyés à l'éditeur et, en échange, les magasins peuvent commander ce qu'ils veulent dans des quantités très limitées et bénéficient d'une marge plus importante. Ceci permet aux éditeurs de compenser la chute progressive des ventes chez les marchands de journaux et aux auteurs indépendants de trouver des éditeurs qui ne se soumettent pas au comics code et ne vendent que dans ces magasins spécialisés. Ainsi, en 1974, Mike Friedrich publie le comics Star Reach dans lequel se retrouvent des dessinateurs comme Jim Starlin, Neal Adams et Dick Giordano[26]. Dave Sim auteur de Cerebus the Aardvark imite Friedrich et auto-édite son comics distribué uniquement grâce au Direct market. Alors qu'en 1974 il n'y avait que trente magasins spécialisés, ils sont plus de huit cents en 1978. Les auto-éditeurs sont donc assurés d'avoir assez de points de vente pour atteindre le lectorat potentiel[27]. Cela permet aussi à des éditeurs indépendants de développer des lignes de comics. Parmi ceeux-ci on trouve Pacific Comics qui est le premier éditeur à proposer des comics accessibles uniquement dans les magasins spécialisés. Il édite ainsi Captain Victory and the Galactic Rangers et Silverstar de Jack Kirby. D'autres éditeurs se font progressivement un nom et trouvent leurs places comme Kitchen Sink Press, créé par Denis Kitchen, qui publie les œuvres de Howard Cruse et Trina Robbins. NBM Publishing propose des bandes-dessinées étrangères telles que Corto Maltese d'Hugo Pratt ou Lone Sloane de Philippe Druillet. Eclipse Comics se fait un nom avec les comics de Donna Barr, Chuck Dixon, Scott McCloud, etc. Toutes ces nouveaux éditeurs vont prendre la place de groupes existants qui ne parviennent pas à s'adapter à tous ces changements[28].

Ces éditeurs restent mineurs et ne font pas d'ombre aux deux grands, Marvel et DC mais en 1984, Mirage Studio fondé par Kevin Eastman et Peter Laird pour éditer leur création bouleverse le schéma. En effet les Tortues Ninja connaissent rapidement le succès et se déclinent en série animée et en film dans les années 1990 et font l'objet d'un important merchandising[26].

Des comics en phase avec la société américaine[modifier | modifier le code]

Les comics des années 1970 se différencient de leurs prédécesseurs sur de nombreux points mais l'un des plus importants est prise en compte des évolutions de la société américaine. Ce phénomène est le plus souvent nommé social relevance. Les combats habituels entre super-héros et super-vilains s'ancrent dans la réalité et s'accompagnent d'une mise en question de celle-ci. Ainsi, le Comics Code interdisait toute mention de la drogue. Les héros vivaient donc dans un monde aseptisé où ce fléau n'existait pas. Lorsque une agence de santé du gouvernement américain demande à Marvel de produire des comics pour mettre en garde les jeunes lecteurs des dangers de la drogue, Stan Lee écrit trois épisodes de Spider-Man où on voit celui-ci sauver un drogué prêt à se jeter d'un toit persuadé qu'il pourra s'envoler et dans lesquels Harry Osborn s'enfonce dans l'addiction qui le conduit à suivre la voie de son père, le Bouffon vert. Bien que ce soit une demande du gouvernement qui soit à l'origine de ces épisodes, la Comics Code Authority refuse d'apposer son sceau sur les comics. Stan Lee décide alors de se passer de ce blanc-seing[29],[30]. Le contre-coup de cette décision est la réécriture du code autorisant finalement la présence de drogue dans les comics à la seule condition que son usage soit condamné. DC quelques mois après propose ce qui est souvent présenté comme le premier comics approuvé par le Comics Code et dans lequel l'usage de la drogue est abordé. Il s'agit du numéro 85 de Green Lantern / Green Arrow dans lequel Speedy, l'assistant de Green Arrow se révèle être un junkie. La couverture de Neal Adams montre alors Speedy se tenant le bras et au premier plan une seringue. Ce comics n'est pas le premier à avoir le sceau et dans lequel la drogue est évoquée[31]. Le premier numéro de Deadman montre le héros s'opposer à un trafiquant mais dans ce cas, la drogue, toujours cachée dans une valise, n'est qu'un élément criminel et son usage et ses conséquences ne sont jamais présentées. En revanche, l'épisode de Green Lantern traite clairement du problème[32].

Cet épisode de Green Lantern est dans la droite ligne des précédents écrits aussi par Dennis O'Neil et dessinés par Neal Adams. Le héros accompagné de Green Arrow traverse les États-Unis et en montrent le côté sombre : racisme, fanatisme religieux, pollution... Cependant, même si depuis ces épisodes sont considérés comme des classiques, ils n'attirent pas les lecteurs et une nouvelle équipe reprend le titre après seulement un an[33]. Green Lantern est une exception par la virulence du discours de Dennis O'Neill et l'intégration des problèmes de la société américaine se font le plus souvent par touches plus légères, que ce soit la défiance envers le gouvernement après le scandale du Watergate, l'intégration des minorités, le développement du féminisme ou le racisme.

Diversité[modifier | modifier le code]

Les héros blancs ne sont plus seuls[modifier | modifier le code]

Les personnages noirs[modifier | modifier le code]
cosplay de Luke Cage

Durant l'âge d'or et l'âge d'argent des comics, les héros et leur entourage sont quasiment tous des blancs. Les personnages noirs sont le plus souvent caricaturaux comme Li'l eightball, personnage de dessin animé produit par Walter Lantz[34] et adapté ensuite dans des comics, ou Ebony White, l'assistant du Spirit créé par Will Eisner[35]. Il n'est en aucun cas possible de créer des héros noirs. Le seul essai connu est celui de Lobo créé par le dessinateur Tony Tallarico assisté du scénariste Don Arneson pour Dell Comics. Ce cow-boy noir a droit à son propre comics en décembre 1965 mais les distributeurs ne livrent pas le comics dans les maisons de la presse et 90% des exemplaires reviennent à l'éditeur[36]. L'apparition de la Panthère noire en 1966 dans un épisode des Quatre Fantastiques est de ce fait remarquable. Il faut cependant noter que T'Challa est un prince africain et non un afro-américain et qu'il reste un personnage secondaire, opposant puis allié aux Fantastiques. Un nouveau pas est franchi par Marvel en 1969 avec la création du Faucon qui est un jeune noir issu du ghetto et qui devient un personnage récurrent dans l'univers Marvel en étant l'assistant de Captain America. Il faut attendre les années 1970 pour qu'enfin des héros noirs aient droit à leurs titres. Le cinéma a montré la voie avec la blaxploitation et les éditeurs s'engouffrent dans ce genre. En 1971, Gary Friedrich crée le personnage de Butterfly, la première super-héroïne noire dans le magazine Hell-Rider publié par Skywald. Toutefois le titre ne connaît que deux numéros et n'est pas autant diffusé que les comics[37]. Ce personnage qui surgit dans une histoire secondaire de ce magazine n'a pas laissé de marque importante et le plus souvent c'est Luke Cage, dans le comic book Luke Cage, Hero for Hire, dont le nom est retenu pour indiquer le début de la prise en compte de la minorité noire dans les comics. Ce personnage est un afro-américain mis en prison dans le premier numéro de la série et qui après une expérience scientifique ratée gagne le pouvoir d'avoir la peau plus dure que l'acier et une force phénoménale. La série se vend bien dans un premier temps avant de décliner. Elle est renommée Power man puis à partir de 1978, Luke Cage fait équipe avec Iron Fist, personnage né de la vague kung-fu de ces années 1970[38].

En 1972, La panthère noire obtient aussi son comics. Marvel publiait une série intitulée Jungle Action dans laquelle étaient surtout réédités des récits dont les héros, des tarzanides étaient tous blanc. Don McGregor qui travaillait comme relecteur, propose à Marvel d'inclure des héros noirs dans ce comics. On lui demande alors de scénariser les aventures de la panthère noire. Le comics dure 24 numéros jusqu'en novembre 1976[39]. En janvier 1977 la Panthère noire revient, cette fois dans un comics à son nom, scénarisé et dessiné par Jack Kirby[40]. D'autres super-héros noirs sont créés durant ces années 1970 : Blade dans Tomb of Dracula en 1973, Frère Vaudou en 1973, Le Goliath noir (qui a droit à un bref comics à son nom) en 1975 etc. chez Marvel. Chez DC on trouve le Green Lantern John Stewart en 1972, Tyrock en 1976 comme membre de la Légion des super-héros, Black Lightning (premier super-héros noir a avoir un comics à son nom chez DC) en 1977, etc[41].

Autres origines[modifier | modifier le code]

La diversité du peuple américain se retrouve aussi avec la création de super-héros d'origine asiatique comme Feu du soleil dans les pages de X-Men en 1970, Shang-Chi en 1973[41]. Toutefois, dès les années 1940 des personnages asiatiques peuvent apparaître. Ainsi dans Girl Commando publié en 1943, une des héroïnes est chinoise et lutte contre l'envahisseur japonais[42]. Quelques Amérindiens complètent cet élargissement des origines ethniques des personnages de comics. Wyatt Wingfoot est créé dès 1966 par Stan Lee et Jack Kirby dans le numéro 50 de Fantastic Four mais il n'est pas un super-héros. C'est Red Wolf qui a droit à cet honneur en 1970 chez Marvel Comics. D'autres amérindiens chez Marvel appartiennent à une équipe Épervier en 1975 chez les X-men et Shaman en 1979 dans le comics the Uncanny X-men en tant que membre de la Division Alpha[41].

Héroïnes[modifier | modifier le code]

Red Sonja : une féministe en bikini de métal

Le retour en force du féminisme dans les années 1960 aux États-Unis[43] a déjà trouvé une voix dans les comics underground avec des auteures plus nombreuses que chez les éditeurs grand-publics qui traitent de sujets plus politiques ou sociétaux (homosexualité, égalité homme-femme...)[44]. Ainsi Trina Robbins dessine en 1970 un comic strip intitulé Belinda Berkeley publié dans le journal féministe It Ain't Me, Babe. Cette même année elle coédite le premier comics entièrement réalisé par des femmes intitulé It Ain't Me, Babe, publié par Last Gasp. En 1972, se forme le groupe Wimmen's Comix Collective qui publie cette année le premier numéro de Wimmen's Comix [45]. Dans ce comics sont publiées des histoires traitant du mariage, de l'avortement et d'autres sujets intéressant les femmes et jamais traité ainsi jusqu'alors.On trouve aussi durant cette période Mary Wings qui écrit et dessine Come Out Comix le premier comics homosexuel[46].

Chez les éditeurs grand public, la présence d'héroïne n'est pas exceptionnelle. Wonder Woman éditée depuis 1941 est l'héroïne la plus visible mais elle n'est pas la seule que ce soit durant 'âge d'or ou l'âge d'argent des comics.. Ainsi Marvel ajoute une super-héroïne dans chacune de ses équipes : les quatre fantastiques (la Femme Invisible, les vengeurs (la guêpe ou les X-men (Jean Grey). Cependant, le discours qu'elles tiennent dans les comics est très loin du féminisme. Aussi, quand un article dans Ms. vante l'aspect féministe de Wonder Woman, l'éditeur met l'accent sur cet aspect. Les super-héroïnes se font ensuite plus nombreuses et certaines apparaissent dans un comics à leur nom. Chez Marvel on trouve Red Sonja guerrière barbare apparue dans un comics de Conan le Barbare qui a ensuite sa propre série dans Marvel Feature 1-7 (novembre 1975 - novembre 1976) puis sa propre série 1-15 (janvier 1977 - mai 1979). Ce personnage incarne alors selon l'histoirien William Blanc « une forme de libération féministe »[47]. Puis en 1977 arrive Spider-Woman créée par Archie Goodwin et Marie Severin [48] et en 1980 Miss Hulk.créée par Stan Lee et John Buscema[49].Un autre chiffre montre la montée en puissance des femmes dans les comics grand public. Durant l'âge d'argent chez DC le rapport entre le nombre d'héroïnes créées et celui des héros est de 2 pour 10 par an. Ce rapport passe à près de 4 pour 9 entre 1970 et 1975 pour s'égaliser dans les années suivantes[50]. Il n'en reste pas moins que ces super-héroïnes sont noyées dans un monde d'hommes qui reflète la place des femmes dans la création des comics. En dehors des comics underground les dessinatrices sont une poignée[44].

Le retour des X-men[modifier | modifier le code]

Len Wein le créateur des nouveaux X-men

Les X-men, créés en 1962 par Stan Lee et Jack Kirby sont dans les années 1960 un comics secondaire et en 1970, il est celui dont les ventes sont les plus faibles. Il est donc décidé de l'arrêter. Cependant les derniers numéros scénarisés par Dennis O'Neil et dessinés par Neal Adams attirent de nouveau les lecteurs. Martin Goodman, propriétaire de Marvel, décide finalement de garder le comics mais de n'y mettre que des rééditions des anciens épisodes[51]. En 1974, Arthur Landau, président de Marvel, voyant la baisse continue des ventes de comics et celle des revenus qu'ils produisent, suggère de créer une équipe de super-héros dont chaque membre viendrait d'un pays où Marvel distribue ses comics. Le but est alors de développer les ventes à l'international et le fait de voir un personnage de son pays devait encourager les achats. Roy Thomas peu avant son départ du rôle d'éditeur en chef, confie le travail à Gary Friedrich et Dave Cockrum et demande à ce que des X-men soient repris dans cette équipe. Après le départ de Thomas, Len Wein est nommé éditeur en chef et hérite du projet[52]. Il met en place l'équipe des nouveaux X-men, aidé par Chris Claremont qui est éditeur assistant, et écrit la première aventure de ce groupe dans le Giant-Size X-Men n°1. Cette nouvelle génération de X-men remplace la précédente à partir du numéro 94. écrit par Claremont qui restera le scénariste de la série pendant seize ans[53]. Entre-temps l'idée originale de Landau a été oubliée et il n'est plus question d'atteindre le lectorat européen et asiatique par la présence de héros venant de pays où les comics de Marvel sont distribués. Sunfire le japonais quitte l'équipe, Colossus et Tornade viennent de pays où Marvel n'est pas présent[54]. Cette série est pourtant un succès important pour Marvel. L'une des raisons évoquée est la diversité de ses membres, alors que dans l'équipe originelle tous étaient des WASP[55]. Cette diversité permet de mieux revenir à l'idée de base des mutants, à savoir un groupe qui est rejeté pour ce qu'il est. Le thème essentiel de l'exclusion est ainsi mis en avant. De plus le travail du dessinateur John Byrne qui succède à Cockrum à partir du numéro 108 est aussi important pour l'attrait de la série[56].

La série est celle qui connaît les meilleures ventes mais il faut attendre plusieurs années pour que cela amène la création de séries dérivées. La première, Dazzler, n'en est pas une à proprement parlée puisque si le personnage apparaît bien pour la première fois dans un épisode des X-men, il n'est pas une création de Claremont et le comics dont Dazzler est la vedette n'est pas lié à l'univers des X-men. En effet, Dazzler est le fruit d'une commande de la maison de disque Casablanca Records[57]. Jim Shooter, responsable éditorial de Marvel au début des années 1980 ne souhaite pas une multiplication des séries avec les X-men et préfère les voir apparaître de temps en temps dans d'autres comics ou dans des mini-séries. Cependant, Chris Claremont et Louise Jones, éditrice des X-men, proposent une nouvelle série intitulée New Mutants. Shooter accepte alors et les personnages sont créés d'abord dans un roman graphique avant que ne soit publiée leur série au début de 1983. Tout comme les X-men cette nouvelle série, scénarisée par Claremont et dont les héros sont des mutants se vend très bien[58]. C'est seulement à partir de la deuxième partie des années 1980, lors de la période de l'âge moderne des comics que les X-men vont devenir une franchise et que les séries vont se multiplier en commençant par Facteur-X en 1985[59].

Mort, résurrection et naissance des genres[modifier | modifier le code]

Les années 1970 voient la quasi-disparition de genres qui existaient depuis des décennies. Les romance comics, déjà réduits à la portion congrue après 1950[60] disparaissent tout à fait et les westerns et les comics de guerre se raréfient. D'autres genres apparaissent sur les stands à leurs places comme l'heroic fantasy, l'horreur ou le kung fu.

Heroïc Fantasy[modifier | modifier le code]

Roy Thomas scénariste des adaptations de Conan le barbare

À la fin des années 1960, de nombreux fans demandent à Marvel Comics d'adapter de romans de fantasy comme ceux de J. R. R. Tolkien, Edgar Rice Burroughs ou Robert E. Howard. À la demande de Stan Lee Roy Thomas tente sans succès de convaincre plusieurs agents avant de se rabattre sur l'œuvre de Howard qu'il avait délibérément ignorée, persuadé que les droits seraient trop élevés. Finalement, Thomas convainc le propriétaire des droits des œuvres d'Howard et en octobre 1970 sort le premier numéro de Conan the Barbarian scénarisé par Roy Thomas et dessiné par Barry Windsor-Smith. Les premiers numéros se vendent mal et Stan Lee est prêt à cesser l'expérience dès le septième numéro mais Thomas le persuade de poursuivre l'essai. Cela se révèle probant car à partir du huitième numéro, les ventes remontent progressivement et le comics devient rentable[61]. Après 24 numéros Windsor-Smith laisse la place à John Buscema. Le comics paraît jusqu'en 1993 et connaît 275 numéros[62]. Comme le comics s'avère finalement rentable, d'autres appartenant au même genre sont publiés les années suivantes. Roy Thomas adapte un autre personnage créé par Robert E. Howard, Kull d'abord dans le numéro 10 de l'anthologie Creature on the Loose daté de mars 1971 et dessiné par Berni Wrightson puis dans son propre comics intitulé Kull The Conqueror en juin 1971. Le premier numéro est dessiné par Ross Andru et encré par Wally Wood mais dès le deuxième numéro ceux-ci sont remplacés par John et Marie Severin[63]. DC lance aussi ses propres titres d'Heroic fantasy d'abord avec une adaptation en 1975 du Cycle des épées de Fritz Leiber puis avec une création originale la même année. Warlord de Mike Grell est publié de 1973 à 1989. L'histoire raconte comment un pilote de l'armée américaine arrive et se retrouve bloqué dans un royaume fantastique sous-terrain[64]. D'autres titres suivent encore comme Claw the Unconquered, Stalker ou Arion, Lord of Atlantis. D'autres éditeurs suivent le mouvement : Gold Key avec Dagar the Invincible en 1972, Seabord Publishing avec Wulf the Barbarian, etc. Ces derniers disparaissent assez vite mais les titres publiés par DC et Marvel ont une parution assez longue[65].

Horreur[modifier | modifier le code]

Dracula, joué par Bela Lugosi dont l'apparence est proche de celle choisie par les auteurs de Tomb of Dracula

Les comics d'horreur avaient disparu en 1954 lors de l'instauration du Comics Code[66] et il était interdit d'évoquer les vampires, les loups-garous ou les zombies dans les comics[n 1]. Toutefois, si durant les années 1950, la règle est strictement suivie, elle est peu à peu assouplie. Dans un premier temps, les monstres sont acceptés dans les comics humoristiques, l'aspect effrayant étant laissé de côté[67]. Ainsi DC Comics à partir d'octobre 1965 propose plusieurs épisodes de The Adventures of Bob Hope dans lesquels se trouvent un vampire, un loup-garou, le monstre de Frankenstein et une zombie[68] et ACG Comics montre dans le comics Herbie 20 daté de septembre 1966 le héros combattre Dracula[69]. En 1969, Gold Key publie l'adaptation de la série télévisée Dark Shadows où les vampires ont un rôle important marqué par la présence du mot sur la couverture. Cependant Gold Key est un des rares éditeurs à ne pas soumettre ces comics au Comics Code Authority car ceux-ci ont toujours été voulus comme acceptables par tous[70]. Cette adaptation montre que l'horreur n'est plus le repoussoir des années 1950. Que ce soit au cinéma, à la télévision ou dans les romans, ce genre se diffuse sans entrave et l'évolution du Comics Code en 1971 est à l'image de l'évolution des goûts de la société américaine. Ainsi, en février 1971 le comics code est réécrit[71] et les monstres classiques sont de nouveaux acceptés. Les éditeurs vont rapidement user de cette liberté retrouvée pour proposer des comics d'horreur. Ceux-ci sont incarnés chez Marvel par Tomb of Dracula créé par Gerry Conway mais scénarisé surtout par Marv Wolfman et dessiné par Gene Colan, Werewolf by Night de Gerry Conway et Mike Ploog ou Ghost Rider de Gary Friedrich et Mike Ploog. Chez DC ce sont surtout House of Mystery et House of Secrets qui servent de demeure aux histoires d'horreur. Ainsi c'est dans House of Secrets qu'apparaît, dans le numéro 92, daté de juillet 1971, Swamp Thing de Len Wein et Bernie Wrightson.

Kung Fu[modifier | modifier le code]

Le Kung fu : inspiration pour de nombreux comics de l'âge de bronze

Le troisième genre caractéristique des années 1970 est le comics de kung-fu. En 1973, Jim Starlin, fan de la série télévisée Kung Fu propose à Roy Thomas de lancer un comics de ce genre. Marvel ne peut obtenir les droits de la série télévisée, une série originale est donc préférée. Elle met en Shang-Chi est créé par Steve Englehart et Jim Starlin en décembre 1973 dans Special Marvel Edition #15. Shang-Chi est le fils de Fu Manchu, le personnage des romans de Sax Rohmer dont Marvel a obtenu les droits et s'il lutte à ses côtés dans la première histoire, c'est pour ensuite s'en séparer et le combattre. Au dix-neuvième numéro, Special Marvel Edition est renommé en Shang-Chi, master of Kung-Fu. Il s'agit du dernier de Steve Englehart alors que Starlin a déjà dû abandonner la série après trois numéros car il avait trop de projets en cours. Doug Moench prend le titre en main et reste le scénariste quasiment jusqu'à la fin en 1983[72]. L'attrait pour les arts martiaux chinois et les films de ce genre ne se démentant pas; Marvel présente un second héros nommé Iron Fist créé par Roy Thomas et Gil Kane en mai 1974. Celui-ci apparaît d'abord dans le quinzième numéro d'une anthologie intitulée Marvel Premiere qui permet de tester des nouveaux personnages avant de leur accorder un comics à leur nom s'ils sont assez populaires. C'est donc le cas pour Iron Fist qui obtient son comics en 1975[72]. Lorsque les ventes déclinent et que le comics est arrêté, Iron Fist apparaît dans les pages de Power man et finalement fait équipe avec lui[73].

Marvel est donc le premier éditeur a profiter de la mode du kung-fu pour créer des comics mais d'autres éditeurs suivent. DC en 1974 annonce qu'il va publier une adaptation de la série Kung-Fu. Cependant des désaccords entre l'éditeur et les propriétaires des droits empêchent la création de cette série. DC décide alors d'adapter un roman intitulé Dragon's Fist écrit par Dennis O'Neil et Jim Barry. O'Neil scénarise le comics intitulé Richard Dragon, Kung-Fu Fighter dont le premier numéro sort en mai 1975. Les dessins sont de Leo Durañona remplacé par Jim Starlin, Alan Weiss et Al Milgrom pour le deuxième numéro et par Jack Kirby pour le troisième. Ce n'est qu'à partir du quatrième épisode qu'un dessinateur, Eric Estrada, est désigné pour garder la série, ce qu'il fait jusqu'en 1977, lorsque la série est arêtée[74]. Charlton Comics tente aussi de profiter de cette mode et lance Yang créé en 1973 par Joe Gill et Warren Sattler puis et House of Yang créé en 1975 par Joe Gill et Sanho Kim. La première série compte 18 numéros et la seconde 6[75].

Les comics pour enfants[modifier | modifier le code]

DC Comics et Marvel Comics sont les deux principaux éditeurs des années 1970, ils ne sont pas les seuls et d'autres sociétés sortent leur épingle du jeu en proposant le plus souvent autre chose que des comics de super-héros. Ainsi Archie Comics et Harvey Comics visent un public plus jeune et les aventures de leurs héros sont moins violentes. Archie s'appuie sur le héros, Archie Andrews dont le comics se vend en moyenne à plus de 480 000 exemplaires, soit plus que Superman. Profitant de ce succès Archie Comics présente une ligne dont Archie Andrews ou ses amis sont les personnages principaux. L'attrait pour le comics est favorisé par la diffusion de plusieurs séries de dessins animés dès 1968. Dans les années 1970 sont programmés Sabrina ans the Groovy Goolies, Josie and the Pussycats et Archie's Funhouse[76]. Harvey Comics, quant à lui, vise le très jeune public. Casper le gentil fantôme, Richie Rich et les autres héros se vendent très bien avec des exemplaires qui peuvent encore atteindre le million[77]. Richie Rich surtout est la vedette de Harvey. En effet au cours des années 1970, les ventes diminuent progressivement et en 1976, de nombreuses séries sont arrêtées mais celles mettant en scène Richie se multiplient et en 1977, 132 titres avec ce héros sont publiés. L'historien des comics John Jackson estime qu'en moyenne chaque comics se vend à 100 000 exemplaires et qu'au total 13 millions de comics Richie Rich sont vendus[78]. Cependant la fin des années 1970 et le début des années 1980 voient un délaissement des enfants pour ces comics et l'entreprise florissante du début des années 1970 s'éteint au milieu des années 1980[79].

Crossovers[modifier | modifier le code]

Les années 1970 marquent aussi l'apparition du premier crossover entre deux maisons d'édition. En 1975, DC et Marvel publient conjointement une adaptation du Magicien d'Oz[80] et l'année d'après elles renouvellent l'expérience mais cette fois-ci en publiant une aventure mettant en présence Superman et Spider-Man écrite par Gerry Conway, dessinée par Ross Andru, Neal Adams et John Romita, Sr. et intitulée Superman vs. The Amazing Spider-Man: The Battle of the Century,[81]. Il faut attendre 1981 pour que de nouveaux crossovers entre les deux éditeurs paraisssent. Superman et Spiderman se retrouvent dans Marvel Treasury Edition #28: Superman and Spider-Man de Jim Shooter et John Buscema puis Hulk et Batman se rencontrent dans Batman vs. The Incredible Hulk scénarisé par Len Wein et dessiné par José Luis García-López et Dick Giordano. L'année suivante paraît Marvel and DC Present Featuring The Uncanny X-Men and The New Teen Titans de Chris Claremont et Walt Simonson. Ce crossover est le dernier entre les deux éditeurs avant qu'ils se retrouvent douze ans plus tard[82].

Des formats différents du comic book[modifier | modifier le code]

Les comic strips[modifier | modifier le code]

Howard Chaykin, dessinateur de la première mini-série

Le comic strip quotidien publié dans les journaux et le comic book paraissant régulièrement sont jusque dans les années 1970 les formats classiques de la bande dessinée américaine. D'ailleurs les relations entre ces deux modes de publication sont toujours fortes. Ainsi des personnages de comic books ont droit à des séries en strip comme Spider-man scénarisé par Stan Lee et dessiné par John Romita à partir du 3 janvier 1977 ou Howard the Duck par Steve Gerber et Gene Colan à partir du 6 juin de la même année[26]. Cependant, la bande dessinée sous cette forme tend à décroître rapidement et Spider-Man est le dernier strip d'aventures à être un succès[83]. De plus le nombre de lecteurs de journaux diminue ce qui entraîne une disparition de plusieurs quotidiens. Les strips ont donc moins de lieux de diffusion et moins de lecteurs[84]. Certaines créations de l'époque sortent cependant du lot : Doonesbury, Garfield et For Better or For Worse. Le premier est créé par Garry Trudeau en 1968[85] mais est diffusé nationalement à partir du 26 octobre 1970 et raconte la vie du baby boomer Michael Doonesbury. Ce strip est surtout connu pour être le premier dans lequel l'auteur commente l'actualité politique. Cela lui vaut en 1975 un prix Pulitzer et en 1977 un court métrage adapté de ce comics reçoit un prix spécial au festival de Cannes[86]. C'est aussi un strip régulièrement censuré par les journaux qui finalement le reprennent face au mécontentement de leurs lecteurs après cette suppression. Il a été censuré lorsqu'un des personnages s'est révélé homosexuel, quand deux personnages non-mariés ont été montrés dans le même lit, lorsque Dick Cheney est montré insultant un sénateur, etc. Dans un tout autre registre, Garfield créé le 19 juin 1978 par Jim Davis est lui aussi un strip à succès. D'abord diffusé par United Feature Syndicate dans une quarantaine de journaux lors du lancement, il est visible dans plus de 2000 dix ans plus tard. Le personnage est à partir de 1982 adapté en dessin animé. Ses strips sont régulièrement republiés en recueils qui se classent dans la liste des meilleurs ventes de livres établie par le New York Times. Jim Davis détient d'ailleurs un record puisqu'en 1982, sept de ses recueils se retrouvent en même temps dans le même classement[87]. Enfin, For Better or For Worse de Lynn Johnston raconte la vie de la famille Peterson qui s'inspire beaucoup de la vie de l'auteure. Ce strip humoristique aborde cependant souvent des sujets de société sensibles comme l'homosexualité (qui a valu au strip d'être censuré par certains journaux), la maltraitance des enfants, le racisme[88]. Cependant de tels comics, auxquels s'ajoutent les séries plus anciennes comme les Peanuts, sont minoritaires et ne peuvent cacher la crise que connaît aussi le comic strip[83].

Nouveau format : la mini-série[modifier | modifier le code]

Les années 1970 vont voir apparaître deux nouveaux formats proposés par les éditeurs classiques. La mini-série est un ensemble de comic book qui permet de raconter une histoire complète en quelques numéros, le roman graphique s'inspire des albums de bandes dessinées européens dans lesquels on trouve une histoire complète. La première mini-série est The World of Krypton écrit par Alan Kupperberg et dessiné par Howard Chaykin et Murphy Anderson et date de 1979. Elle est constituée d'une histoire qui à l'origine devait paraître dans le comics Showcase et qui était déjà écrite et dessinée lorsque ce comics est supprimé. Les responsables de DC Comics décident donc de la publier dans un format inédit[89].

Le roman graphique[modifier | modifier le code]

Will Eisner considéré souvent comme l'inventeur du roman graphique

L'origine du roman graphique est plus difficile à cerner car plusieurs titres se disputent l'honneur d'être le premier publié sous cette forme. Les origines de cette forme de bande dessinée sont à rechercher dans les années 1920-1930 avec les œuvres de Lynd Ward, auteur américain ou celle de l'artiste allemand Otto Nückel Destiny: A Novel in Pictures publié aux États-Unis en 1930. Cependant, ces œuvres, considérés a posteriori comme les ancêtres des romans graphiques, ne génèrent pas de successeurs et la bande dessinée aux États-Unis se cantonnent pendant des décennies aux comic strips et aux comic books. Les années 1970 marquent la véritable naissance du roman graphique en Amérique puisque cette forme de récit va se développer aussi bien chez les éditeurs grand public que chez les indépendants. En 1971, Archie Goodwin et Gil Kane produisent Blackmark un album de 119 pages qui rétrospectivement a été surnommé «le premier roman graphique américain»[90]. L'année suivante Burne Hogarth reprend le personnage de Tarzan dans un album inédit intitulé Tarzan of the Apes publié par Watson-Guptill. Un second album suit en 1976. En 1976, sort aussi Bloodstar de Richard Corben qui est le premier à être défini comme roman graphique sur la couverture. Enfin en 1978 est publié par Eclipse Comics, Sabre: Slow Fade of an Endangered Species de Don McGregor et Paul Gulacy qui est le premier roman graphique destiné uniquement aux magasins spécialisés de comics[90]. Toutes ces œuvres, qu'elles datent des années 1920 ou des années 1970, n'empêchent pas que souvent c'est A Contract With God and Other Tenement Stories de Will Eisner qui est considéré comme le premier roman graphique américain[83]. Ce format se développe ensuite peu à peu et va servir à désigner aussi bien des créations originales que des compilations d'épisodes de comics[83].

Les magazines de bande dessinée[modifier | modifier le code]

Si les comic books sont soumis au comics code, les magazines n'ont pas à s'en soucier puisqu'ils ne s'adressent pas aux enfants et adolescents. Cela permet une plus grande liberté de ton que ce soit dans l'évocation de l'horreur, de la sexualité ou dans l'humour. Les magazines d'horreur peuvent se permettre d'aller plus loin dans le gore et de mettre des jeunes femmes dénudées dans leurs comics. Un exemple en est le premier numéro de Adventure into Horror publié par Stanley Publications dont l'une des histoires montre selon la couverture des Naked Slaves of the Master of Hell[n 2],[91].

Les deux grands éditeurs de comics DC et Marvel proposent aussi des magazines visant un public plus adulte et sans la menace du comics code. DC depuis le rachat de EC Comics publie le magazine humoristique Mad sous la direction de William Gaines aidé du rédacteur en chef Al Feldstein.

Parution de Heavy Metal version américaine de Metal Hurlant.

Les magazines de Marvel[modifier | modifier le code]

Bruce Lee, une des inspirations des héros de kung fu

En mai 1971, Stan Lee responsable éditorial de Marvel Comics décide de lancer un magazine en noir et blanc de bandes dessinées intitulé Savage Tales et où se retrouve Conan le Barbare mais Martin Goodman, propriétaire de Marvel refuse qu'un second numéro sorte. En 1972, Goodman quitte définitivement Marvel, laissant Stan Lee enfin libre de créer une ligne de magazines. Le premier, Monster Madness sort en 1972 et n'est pas un magazine de bandes dessinées. Les trois numéros sont constitués de textes et de photographies d'anciens films fantastiques auxquelles Stan Lee ajoute des bulles humoristiques[92]. C'est à partir de 1973 que sont lancés régulièrement des magazines dont la plupart sont constituées de récits d'horreur : Monsters unleashed (mars 1973), Tales of the Zombie (avril 1973), Dracula Lives (juin 1973), Vampire Tales (août 1973), The Haunt of Horror (mai 1974) et Monsters of the Movies (juin 1974)[93]. D'autres genres sont aussi testés durant cette période faste. Tout d'abord Savage Tales reprend en octobre 1973 complété en août 1974 par Savage Sword of Conan the Barbarian[94] publié jusqu'en 1995 avec 235 numéros[95]. En avril 1974, comme le kung fu est à la mode est publié The Deadly Hands of Kung Fu[93]. Celui-ci présente des aventures de Shang-Chi et celles d'un nouveau groupe de héros les Sons of the Tiger créés par Gerry Conway au scénario et Dick Giordano au dessin. Pour compléter ces bandes dessinées se trouvent des articles sur le kung fu et les éléments de culture populaire s'y rapportant (Bruce Lee, films...)[96]. Le mois d'après arrive le magazine Planet of the Apes inspiré par les films et la série télévisée annoncée pour le mois de septembre 1974. Enfin des magazines d'humour complètent l'offre éditoriale de Marvel : Crazy magazine (octobre 1973) et Comix Book (octobre 1974). Ce dernier, qui ne connaît que trois numéros, est exceptionnel car il est constitué de bandes dessinées réalisées par des auteurs de comics underground comme Art Spiegelman, Trina Robbins, Howard Cruse, Skip Williamson, etc.[97],[98].

Cette décision d'éditer une ligne de magazines dans lesquels les artistes de Marvel ne craignent pas la censure du Comics Code a des répercussions sur les autres éditeurs. En effet, comme la place sur les présentoirs des marchands de journaux est limitée, les distributeurs limitent la diffusion des autres magazines de bande dessinée. Si Warren Publishing supporte difficilement cette concurrence, Skywald n'y survit pas et dépose le bilan en 1975[93]. Marvel n'a finalement pas beaucoup plus de chance avec ses magazines d'horreur qui sont tous arrêtés en 1975 car les ventes ne suffisent pas à couvrir les frais de ces magazines coûteux[99]. Cela ne décourage pas Stan Lee qui crée une nouvelle série de magazines. À Crazy (1973 - 1983)[100], The Savage Sword of Conan, Planet of the Apes (1974-1977)[101] et The Deadly Hands of Kung Fu (1974-1977) s'ajoutent Doc Savage (1975-1977)[102], Kull and the Barbarians (trois numéros en 1975)[103], Marvel Preview une anthologie qui dure de 1975 à 1980 avant d'être renommée en Bizarre Adventures de 1980 à 1983[104], Masters of Terror (deux numéros en 1975)[105] et Unknown Worlds of Science Fiction (6 numéros en 1975)[106]. En 1977 sort Rampaging Hulk renommé en 1978 en Hulk ! qui dure jusqu'en 1981[107]. Enfin en 1979 le comics Tomb of Dracula cesse de paraître mais un magazine du même nom poursuit les aventures du prince des ténèbres jusqu'en 1980[108]. En 1983 paraissent les derniers numéros des magazines restant Crazy et Bizarre Aventure. Seul Savage Sword of Conan the Barbarian traversera les années 1970 et 1980 avant de disparaître en 1995[109].

La question du droit d'auteur[modifier | modifier le code]

Jusque dans les années 1970, la question du droit d'auteur n'existe pas. Les auteurs de comics sont payés à la page et l'éditeur garde tous les droits sur les personnages, les histoires publiées et les planches. Les créateurs sont rarement crédités et le nom des scénaristes et des dessinateurs n'apparaissent pas. Par ailleurs, certaines séries sont signées du nom de leur créateur mais sont réalisées par d'autres. Ce système de ghost artist est courant dans les comic strips. La série est alors plus importante que l'artiste. Peu à peu les artistes sont nommés dans les comics, surtout lorsque leur style est reconnaissable et peut attirer une partie du lectorat[25]. Au début des années 1950, EC Comics nomme les dessinateurs de chaque histoire publiée dans leurs comics mais le scénariste reste encore dans l'ombre. Dans les années 1970, les différentes personnes (scénariste, dessinateur, encreur, lettreur) participant au comics sont parfois nommées mais elles n'ont toujours aucun droit sur leurs travaux[110]. Accorder les crédits aux auteurs varie selon les éditeurs. Ainsi chez Harvey Comics les noms des auteurs des comics destinés aux enfants (Casper le gentil fantôme, Richie Rich, etc.) n'apparaissent jamais car le lectorat constitué de jeunes enfants ne s'intéresse pas à cela et achète le comics seulement pour les personnages. De plus, les différents dessinateurs doivent reprendre le style maison, établi surtout par Warren Kremer et ne pas faire preuve d'originalité. D'ailleurs Kremer, bien qu'il ait été un des piliers de cette maison d'édition n'est reconnu que dans les années 1980 quand il travaille un temps pour Marvel Comics[111]. Il en est de même en partie chez DC Comics. Les auteurs les plus importants ont leur noms inscrits sur le comics, voire utilisé pour attiré le lecteur. C'est le cas lorsque Jack Kirby arrive chez DC. L'inscription des noms devient systématique à partir de 1970. En effet dans le numéro 83 de House of Secret se trouve l'histoire intitulée The Stuff Dreams are made Oof est supposée avoir été racontée par un wandering wolfman. La Comics Code Authority menace de ne pas apposer son sceau sur le comics jusqu'à ce que le scénariste Gerry Conway explique à ses membres que Wolfman est le nom de auteur réel du comics Marv Wolfman. Un accord entre DC et la CCA est trouvé lorsque Conway propose que Wolfman soit correctement crédité comme auteur. À partir de ce moment les scénaristes sont tous crédités chez DC Comics[112].

Fondation de l'Academy of Comic Book Arts en 1970.

Après ce premier pas vers la reconnaissance des auteurs vient celle qui concerne leur rétribution et plus particulièrement la question de la propriété des planches originales. À la suite de la création en 1973 de la nouvelle maison d'édition de Martin Goodman, Atlas Seaboard, et à ses conditions avantageuses pour les artistes, DC Comics, la même année, décide de rendre les pages des comics qui paraissent et accorde un petit pourcentage des bénéfices en cas de réimpression des comics et d'utilisation dans un autre média[110]. En 1976, Marvel suit l'exemple de DC. Les pages anciennes stockées seront rendues à partir du milieu des années 1980 car un recensement de celles-ci et une vérification de l'auteur de la page doivent être opéré avant. En 1978, les lois américaines sur le copyright changent. Les éditeurs vont donc proposer de nouveaux contrats qui leur assurent les droits de propriété sur les créations des artistes mais cela ne se fait pas sans conflit entre les auteurs et les éditeurs. Ces tractations s'achèvent pour les dernières en 1987, et sont les derniers soubresauts des procédures judiciaires émaillant les années 1970 et opposant les auteurs et les éditeurs. Les démêlés judiciaires les plus importants sont ceux de Gary Friedrich contre Marvel, la famille Kirby contre Marvel et les familles de Jerry Siegel et Joe Shuster contre DC[113], etc.). Pour ces derniers, après un très long procès, DC les reconnaît en 1976 comme les créateurs de Superman. Dans le même ordre d'idée, en 1981, après que Pacific Comics a instauré un versement des royalties pour les auteurs, les deux grands éditeurs que sont DC et Marvel suivent le mouvement[26].

Relations avec les autres médias[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Ralph Bakshi réalisateur du film d'animation Fritz le chat.

Durant les années 1970 et le début des années 1980 sortent au cinéma plusieurs films inspirés de comics. La plupart ne doivent rien aux comics de l'époque et sont des adaptations d'œuvres plus anciennes. Trois films s'inspirent des EC Comics. Le premier, Histoires d'outre-tombe (Tales from the Crypt) de 1972 est un film à sketchs, réalisé par Freddie Francis et comprend cinq histoires. L'année suivante sort Le Caveau de la terreur (The Vault of Horror), dirigé par Roy Ward Baker, autre film à sketchs[114]. En 1985 sort le film Une créature de rêve (Weird Science), réalisé par John Hughes et produit par Joel Silver. Le scénario est inspiré d'une histoire de Al Feldstein parue dans Weird Science no 5 Made of the Future. Le film est par la suite développé en une série nommée elle aussi Weird Science, Code Lisa en français[115].

En 1980 sort Flash Gordon qui reprend le comic strip créé en 1934 par Alex Raymond et en 1984 c'est Sheena, reine de la jungle créée par Will Eisner et Jerry Iger en 1937[116] qui a droit à sa version cinématographique[117].

  • En 1972 Fritz le chat
  • Sortie en du film Superman en 1978 et Superman 2 en 1980 Superman 3 en 1983
  • Heavy Metal 1981
  • Swamp Thing en 1980

Télévision[modifier | modifier le code]

Les relations entre les comics et la la télévision sont anciennes. De nombreuses séries sont adaptées en comics, entre autres par Dell Comics et Gold Key. Par ailleurs les personnages de comics ont été plusieurs fois adaptés en dessins animés voire en série.

Dessins animés[modifier | modifier le code]

Harvey Comics[modifier | modifier le code]

Harvey Comics possède depuis 1959 les droits des personnages de dessins animés produits par les Famous Studios comme Casper le gentil fantôme et plusieurs dessins animés sont produits dans les années 1960 et diffusés sur le réseau de télévision ABC puis en syndication[118],[119]. En 1967, les droits des personnages de Famous Studios sont totalement rachetés par Harvey Comics qui produit de nouveaux dessins animés diffusés sous le titre générique de HarveyToons[118] distribués ensuite en syndication jusqu'à la fin des années 1980[120].

Il faut ensuite attendre 1979 pour que de nouveaux dessins animés avec ces héros soient diffusés. Hanna-Barbera produit d'abord Casper's First Christmas puis une nouvelle série diffusée en 1979 et 1980 le samedi et intitulée Casper and the angels. Casper est alors un voyageur de l'espace, accompagné dans son vaisseau par deux jeunes filles, Mini et Maxi, et par un autre fantôme, Hairy Scarey[121]. Après Casper, Richie Rich a aussi droit à son dessin animé à partir de novembre 1980 sur ABC et toujours produit par Hanna-Barbera. La diffusion de ce programme cesse en 1984[122].

Marvel Comics[modifier | modifier le code]
DC Comics[modifier | modifier le code]

Séries[modifier | modifier le code]

Marvel Comics[modifier | modifier le code]
DC Comics[modifier | modifier le code]


Téléfilms[modifier | modifier le code]

Marvel Comics[modifier | modifier le code]
DC Comics[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

La suite[modifier | modifier le code]

L'âge de bronze laisse la place à l'âge moderne des comics, parfois nommé âge sombre des comics, en 1986-87 avec la publication de trois séries majeures : Batman: Dark Knight (Batman: The Dark Knight Returns) de Frank Miller, Watchmen de Alan Moore et Dave Gibbons, Crisis on Infinite Earths de Marv Wolfman au scénario et George Perez au dessin, tous trois édités par DC.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) texte original de la CCA sur Wikisource.
  2. Les esclaves nues du maître de l'enfer

Références[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]