Tokusatsu

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Affiche du premier film Godzilla en 1954.

Le tokusatsu (特撮), contraction de tokushu satsuei (特殊撮影) qui signifie « effets spéciaux », est le nom générique de toutes les productions vidéo qui utilisent les effets spéciaux et l’esthétique liée à ces productions. L’idée de tokusatsu s’est propagée grâce au succès mondial du premier film tokusatsu, Godzilla, qui est créé en 1954 en imitant le film King Kong. Le tokusatsu devient complètement indépendant des genres de films hollywoodiens, malgré sa base qui est l’imitation du film King Kong.

Le tokusatsu est fondé par Eiji Tsuburaya , qui est un des créateurs du film Godzila, et responsable des effets spéciaux.

Le succès du film Godzila contribue à la célébrité de tokusatsu, et différents types de séries de tokusatsu sont créées par plusieurs entreprises, qui elles aussi ont beaucoup de succès. Malgré la réduction du nombre de séries tokusatsu après la prospérité dans les années 1970, les séries traditionnelles ont actuellement encore du succès, autant que les séries animées japonaises qui sont populaires autour du monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot tokusatsu est une contraction de tokushu satsuei (特殊撮影) qui signifie « effets spéciaux »[1],[2],[3],[4]. Ce mot est créé par les médias japonais pour simplifier le mot SFX[Lequel ?], qui signifie aussi effets spéciaux, à l’attention des non-experts, pendant la mode des films Toho qui emploient les effets spéciaux[2]. Il apparaît brusquement dans les magazines entre 1957 et 1958. Au départ, ce mot ne désigne que les techniques de trucages utilisant des illusions visuelles pour créer des images inexistantes. Ensuite il se généralise dans les années 1970, et il est souvent employé après les années 1990[2], pour désigner des séries télévisées ou des films japonais qui emploient les effets spéciaux et l’esthétique liée à ces productions[3],[2].

Origine de l'idée[modifier | modifier le code]

L’entreprise japonaise Toho (東宝) veut imiter le film King Kong qui utilise l’animation en volume[5], créé aux États-Unis en 1933, et qui a un grand succès tout autour du monde, dans lequel une créature détruit la ville. D’abord, les équipes de Toho ont l’idée de faire l’animation en volume avec un modèle de pieuvre[6],[5]. Cependant, cette idée demande trop de temps et de travail, car ils calculent que cela prendrait sept ans pour créer un film entier avec une créature à huit pieds. Pour réduire le temps, ils arrivent à l’idée de bouger le modèle depuis l’intérieur au lieu de le déplacer à chaque fois par l’extérieur. En effet, ils se documentent sur le tyrannosaure pour créer un monstre[5]. À cette époque, la majorité des gens pensent que les dinosaures se tenaient debout verticalement et cette posture leur donne d’avoir l’idée de faire entrer un acteur dans le monstre. C’est ainsi qu’ils ne perdent plus de temps pour bouger le modèle ni prendre des photos une par une. La création du premier film tokusatsu, Godzila, dure six mois. Il sort en 1954.

Effets spéciaux[modifier | modifier le code]

La particularité de tokusatsu est l’irréalité radicale[6]. Par contre, dans les films américains, les effets spéciaux sont souvent employés comme moyens pour rendre l’irréalité plus réelle : il s’agit du réalisme des mouvements et des créatures. Pour présenter les monstres, l’animation en volume est ordinairement utilisée pour avoir des mouvements rapides et réels. En revanche, dans les tokusatsu, tous les monstres sont des créatures bizarres, mais comme ce sont les acteurs qui bougent dans ces monstres, les mouvements sont limités et réels. La contradiction des créatures irréelles et des mouvements humains rend le tokusatsu plus irréel[6].

Fondateur[modifier | modifier le code]

Eiji Tsuburaya (円谷英二) est souvent présenté comme le fondateur de tokusatsu[7],[6],[3], car parmi les créateurs du film Godzila, il est le responsable des effets spéciaux. Pour filmer, il étudie les techniques en observant, une par une, toutes les pellicules de King Kong, qu’il a obtenues lui-même[6].

Série télévisée[modifier | modifier le code]

Après le succès de Godzila, plusieurs entreprises commencent à créer des séries télévisées de tokusatsu. Pendant la période de l'économie de bulle au Japon, le nombre des séries augmente jusqu’à avoir seize séries télévisées en un an en 1973, ce qui représente le nombre le plus élevé dans l’histoire[8].  81 séries ont existé dans les années 1970[8]. Cependant, ce nombre a baissé, en raison de la fusion entre des séries et de la disparition de certaines d’entre elles, à cause des frais couteux et de l’absence de successeurs aux metteurs en scène[3]. Aujourd’hui, trois séries traditionnelles (super sentai, kamen rider et ultraman) sont encore filmées et diffusées régulièrement à la télévision[3].

Production[modifier | modifier le code]

Type[9][modifier | modifier le code]

Les séries Henshin hero (変身ヒーロー) : ce sont des séries avec des héros qui se transforment.[modifier | modifier le code]

  • Kamen rider (仮面ライダー) : ce sont des héros en armure entomoïde et en moto.
  • Metal hero (メタルヒーロー) : ce sont des héros en armure métallique. (X-Or, Jiban, B-Fighters)
  • Super sentai (スーパー戦隊) : ce sont des héros en armure colorée, qui sont les power rangers en version américaine.

Les séries kaiju (怪獣) : ce sont des séries de luttes contre des créatures étranges ou des batailles entre ces monstres.[modifier | modifier le code]

  • Godzila (ゴジラ) : ce sont des séries autour d’un monstre géant venu de la mer pacifique.
  • Ultraman (ウルトラマン) : ce sont des séries de batailles entre des humains et des géants contre des monstres.

Les séries de science-fiction : ce sont des séries qui contiennent des histoires du futur ou des aventure spatiales.[modifier | modifier le code]

Les séries yokai (妖怪) : ce sont des séries avec des monstres traditionnels au Japon.[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Les séries tokusatsu réussissent d’abord à attirer beaucoup de spectateurs avec trois concepts[3] :

  1. Une vidéo que personne n’a jamais vue ;
  2. Une vidéo irréelle ;
  3. Une vidéo dont personne ne sait comment elle a été filmée.

La série Godzila qui est l’exemple typique des séries tokusatsu, donne lieu à 28 films jusque 2004, et elle rapporte presque cinquante milliards de yens de recettes totales.  En tenant compte de la fluctuation des prix, ce montant pourrait actuellement valoir trois fois plus[3].

En outre, les ventes totales mondiales des séries traditionnelles de tokusatsu, kamen rider et super sentai, à la fin de 2011, représentent 52.1 milliards de yens. Les ventes totales de la série animée One Piece s’élèvent à 28.8 milliards de yen et à 44.7 milliards de yens pour la série Kido Senshi Gundam. Ces chiffres montrent la grandeur de l’économie des tokusatsu comparée aux séries animées japonaises[3].

Influence[modifier | modifier le code]

Presque tous les enfants au Japon, particulièrement les garçons, ont vu les séries tokusatsu au moins une fois et la plupart savent imiter les actions des coups spéciaux ou de transformation de leur héros préféré[5].

Référence[modifier | modifier le code]

  1. (ja) デジタル大辞泉,百科事典マイペディア,世界大百科事典 第2版,大辞林 第三版,日本大百科全書(ニッポニカ),精選版 日本国語大辞典, « 特撮(トクサツ)とは », sur コトバンク (consulté le 10 janvier 2019)
  2. a b c et d (ja) « 日本特撮に関する調査 », sur mediag.bunka.go.jp (consulté le 10 janvier 2019)
  3. a b c d e f g et h (ja) « 特撮産業論概論2013 », sur www.u-bunkyo.ac.jp (consulté le 10 janvier 2019)
  4. (en) « Tokusatsu », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  5. a b c et d (ja) NHK, « JAPANGLE [総合 小学] », sur NHK for School (consulté le 10 janvier 2019)
  6. a b c d et e Karasawa, S. (2016) 私のこだわり人物伝 円谷英二 -特撮の神様
  7. « 創業者・円谷 英二 | 株式会社 円谷プロダクション », sur www.tsuburaya-prod.co.jp (consulté le 10 janvier 2019)
  8. a et b (ja) « 特撮ヒーローの歴史 », sur ryu.web5.jp (consulté le 10 janvier 2019)
  9. (ja) « 特撮テレビ番組一覧 », dans Wikipedia,‎ (lire en ligne)