Monstre de Frankenstein

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Le Monstre de Frankenstein
Personnage de fiction apparaissant dans
Frankenstein ou le Prométhée moderne.

Le monstre de Frankenstein sous les traits de Boris Karloff.
Le monstre de Frankenstein sous les traits de Boris Karloff.

Alias La Créature de Frankenstein
Origine Drapeau de la Suisse Suisse
Sexe Masculin
Espèce Être artificiel
Cheveux Noirs
Activité Vagabond
Famille Victor Frankenstein (son créateur)

Créé par Mary Shelley
Interprété par Boris Karloff
Bela Lugosi
Christopher Lee
David Prowse
Robert De Niro
Rory Kinnear
et autres
Films Frankenstein (1931)
Frankenstein s'est échappé
Frankenstein (1994)
Romans Frankenstein ou le Prométhée moderne
Séries Frankenstein
Première apparition Frankenstein ou le Prométhée moderne

Le monstre de Frankenstein (ou Frankenstein, la créature de Frankenstein ou simplement le monstre) est un personnage de fiction qui est apparu pour la première fois dans le roman de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne. Il s'agit d'un être artificiel, créé par le savant Victor Frankenstein à l'aide d'un assemblage de cadavres ramenés ensuite à la vie.

Dans le roman — où il est appelé « le démon », « le monstre » et, le plus souvent « la créature » — comme dans les premiers films, le monstre n'a pas de nom. Une confusion s'est cependant opérée dans l'esprit du public entre le savant et sa créature, qui est fréquemment, et par abus de langage, désignée sous le nom de « Frankenstein », la confusion étant entretenue par diverses adaptations.

Intelligent et doué de la parole dans le roman de Mary Shelley, le monstre a été fréquemment présenté dans les adaptations comme une brute incapable de parler - ou parlant avec difficulté - ce changement, qui date de la première théâtrale en 1823, s'est retrouvé dans les long-métrages des années 1930 et la majorité des autres films mettant en scène le personnage.

Dans le roman[modifier | modifier le code]

Le jeune savant Victor Frankenstein, se demandant quelle est « l'essence même de la vie », décide de créer un être vivant de toutes pièces, mais est choqué par la laideur de la créature auquel il a donné la vie : le « monstre », tel que décrit dans le roman, mesure 2,43 m, soit huit pieds de haut, a une peau jaune laissant voir ses muscles et veines, un visage ridé, des cheveux abondants d'un noir brillant, des dents très blanches, des yeux sans couleur et un trait noir marque ses lèvres.

Frankenstein prend la fuite, abandonnant sa créature. Le monstre erre, tente tant bien que mal de survivre et subit discrimination, dégoût et peur par son apparence dans les lieux qu'il visite. Il prend domicile près d'une famille française, les De Lacey, apprend progressivement à parler et à lire, s'attache à eux et tente de se faire aimer, mais se fait violemment rejeter.

Pris de haine et de tristesse, il décide de commettre le mal en assassinant pour commencer le petit frère de Frankenstein, William (« Je peux, moi aussi, créer le désespoir ! ») et va trouver ce dernier, lui expliquant ses malheurs. Le monstre promet de laisser les humains en paix si Frankenstein lui fabrique une compagne. Le savant s'exécute, mais détruit au dernier moment son œuvre. Pour se venger, le monstre assassine Clerval, le meilleur ami de Frankenstein, puis sa fiancée Elisabeth. Frankenstein décide alors de poursuivre la créature, ce qui le mène au Pôle Nord. Alors qu'il était sur le point de mourir de froid, Frankenstein est recueilli sur le bateau de l'explorateur Robert Walton, auquel il raconte son histoire avant d'expirer. Walton trouve ensuite le monstre qui se lamente sur le corps de Frankenstein. La créature déclare à l'explorateur que ses crimes l'ont fait souffrir lui aussi et que, n'ayant plus de raison de vivre, il va mettre fin à ses jours en s'immolant sur un bûcher : il s'enfuit alors du bateau et disparait dans le brouillard.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Article connexe : Adaptations de Frankenstein.

L'adaptation cinématographique de 1931 produite par Universal, où le monstre est interprété par Boris Karloff, a considérablement marqué l'imaginaire collectif, au point d'être couramment associée au personnage, qu'il s'agisse de son physique ou de ses traits de personnalité. Le maquillage conçu par Jack Pierce pour les films de Whale, et repris ensuite dans toute la série des Universal Monsters, constitue depuis lors l'apparence la plus familière du monstre : ses principaux traits sont une tête de forme cylindrique, un front très épais, des boulons dans le cou — ou sur les tempes, dans certaines variantes — et un corps recouvert de points de suture.

Le monstre de Frankenstein interprété par Boris Karloff, qui influencera presque toutes les incarnations futures, présente de nombreuses différences avec son homologue littéraire :

  • il est amené à la vie par la foudre : ce n'est jamais précisé dans le roman, bien que le docteur Frankenstein remette en question ses connaissances scientifiques en voyant la foudre frapper un arbre et éveille le monstre en réunissant les « instruments de vie pour en communiquer une étincelle à la chose inanimée » (le terme « étincelle » pouvant être pris au figuré) ;
  • il est constitué de morceaux de cadavres déterrés au cimetière, qui tiennent en place par des gros points de suture : dans la version écrite, il prend des « os dans les charniers », pénètre dans « l'humidité infecte des tombeaux ou [torturait] des animaux vivants pour donner la vie à de l'argile inerte ». La créature n'est donc à l'origine pas composée uniquement de morceaux de cadavres ;
  • il a des électrodes sur le cou (inexistantes dans le roman de Mary Shelley, publié seize ans avant la création du terme par William Whewell en 1834) ;
  • il possède une intelligence amoindrie et un vocabulaire très réduit (alors que dans le roman, il est doté d'une très grande intelligence et s'exprime de manière sophistiquée). Dans le premier film de Whale, cette anomalie est expliquée par une scène où l'assistant du docteur fait accidentellement tomber le cerveau qu'il était chargé de voler dans un laboratoire pour construire le monstre, et le remplace alors par un autre, qui se trouve être un cerveau malade.

Le souhait du monstre d'avoir une compagne, déjà exprimé dans le roman, deviendra réalité dans le film La Fiancée de Frankenstein, mais celle-ci le repousse, dégoûtée, ce qui lui fait dire « She hate me » (« Elle détester moi »).

Boris Karloff a également interprété le monstre dans deux suites, La Fiancée de Frankenstein et Le Fils de Frankenstein. Le personnage du monstre a ensuite été repris au cinéma ou à la télévision par de nombreux autres acteurs, parmi lesquels Lon Chaney Jr. (Le Fantôme de Frankenstein), Bela Lugosi (Frankenstein rencontre le loup-garou), Glenn Strange (La Maison de Frankenstein et deux autres films), Christopher Lee (Frankenstein s'est échappé) ou Robert De Niro (Frankenstein (1994).

La série de films de la Hammer met en vedette le docteur, interprété en général par Peter Cushing, et non sa créature : dès lors, chacun de ces films met en scène une créature différente. Ces monstres ont cependant en commun avec la version d'Universal d'être représentés comme des êtres à l'intelligence réduite, généralement incapables de parler. Ce point est commun à des nombreuses autres versions : le téléfilm de 1973, bien que plus proche du roman que les précédents films, continue de représenter un monstre parlant avec difficulté, et qui ne parvient que dans une scène à prononcer une phrase cohérente. Le film de 1994 revient au contraire au concept d'un monstre intelligent, s'exprimant avec aisance.

Capacités[modifier | modifier le code]

Le monstre de Frankenstein est doté d'une force surhumaine qui lui permet de tuer facilement qui que ce soit en l'étranglant. Il est aussi très agile et peut se mouvoir à une vitesse surnaturelle dans les froides et hostiles montagnes. De plus, il est insensible au grand froid, ce qu'il exploite en laissant le docteur Frankenstein le poursuivre sur la banquise. Il craint principalement le feu à cause de souvenirs lui rappelant qu'il est poursuivi par des villageois en colère armés de torches et de fourches.

Dans les films, il conserve sa force surhumaine, ce qui lui fait commettre des meurtres, davantage par accident que par malveillance.

Citations[modifier | modifier le code]

Dans le roman[modifier | modifier le code]

  • « Tous les hommes haïssent les malheureux ; comme je suis haï ! Moi qui suis plus misérable que tout être humain ! »
  • « Comment oses-tu jouer ainsi avec la vie ? Fais ton devoir envers moi, je ferai le mien envers toi et le reste de l'humanité. »
  • « L'homme était-il vraiment à la fois si puissant et si vertueux et pourtant si cruel et si méprisable ? À certains moments, il me paraissait être une simple incarnation du mal, à d'autres ce que l'on peut concevoir de plus noble et de plus semblable à Dieu. Être un homme vertueux me semblait le plus grand honneur qui pût échoir à un être vivant ; être vil et cruel, comme on raconte que beaucoup l'ont été, me semblait la plus grande honte, un état plus abject que celui de la taupe aveugle ou du ver inoffensif. »
  • « Doit-on penser que je suis seul coupable alors que l'humanité entière a péché contre moi ? [...] Mais moi, pauvre misérable, je ne suis qu'une créature avortée, je mérite d'être battu et foulé aux pieds. »
  • « Vous me détestez, mais votre dégoût ne peut égaler celui que j'ai pour moi. »

Dans le film La Fiancée de Frankenstein[modifier | modifier le code]

  • « Seul, mauvais. Ami, bon. »
  • « Nous appartenons mort. »
  • « Elle détester moi. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Bazin, Christine Dupuit, Isabelle Labrouillère, Jean-Jacques Lecercle, Gwenhaël Ponnau, Isabelle Viville, Cahiers des paralittératures, n° 7, « Actes du colloque Frankenstein littérature/cinéma », Céfal, coll. « Cahiers des Paralittératures », avril 2002, 128 p., ISBN 978-2-87130-054-0, présentation en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]