Witold Pilecki

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Witold Pilecki
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Witold Pilecki (prononcer piletski), né le 13 mai 1901 à Olonets et mort (fusillé) le 25 mai 1948 à Varsovie, est un militaire et résistant polonais.

Il est la seule personne connue internée de son propre gré dans le camp de concentration nazi d’Auschwitz. Il y organise la résistance et, dès 1940, informe les Alliés des conditions de détention des prisonniers et des atrocités commises dans les camps de concentration allemands. En 1943, il s'évade et prend part à l'insurrection de Varsovie l'année suivante. En 1948, Pilecki est exécuté par le régime communiste polonais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Witold Pilecki naît en 1901 à Olonets (au bord du lac Ladoga), en Russie, où sa famille avait été transférée de force après l'insurrection nationale polonaise de 1863 contre la Russie tsariste, car son grand-père y avait participé. En 1918, durant la Première Guerre mondiale, il intègre les unités de l'autodéfense polonaises à Wilno. Il participe ensuite à la guerre russo-polonaise (1919-1920) en commandant une section des scouts polonais, puis dans une unité de cavalerie. Pour sa bravoure, il est décoré deux fois de la croix militaire des braves (Krzyż Walecznych). Démobilisé, il retourne à l'école pour passer le bac et s'installe à la campagne.

En septembre 1939, il combat dans la cavalerie. Son peloton prend part dans les durs combats contre la Wehrmacht puis fait marche vers le sud-est en direction de Lwów. Le 17 septembre, après l'invasion soviétique de la Pologne orientale, il se retire à Varsovie. Le 9 novembre 1939, il forme l'Armée secrète polonaise, une des premières organisations de résistance en Pologne. Il organise un réseau clandestin à Varsovie mais également en Pologne centrale, à Siedlce, Radom et Lublin. Plus tard, cette organisation sera incorporée dans l'Armia Krajowa (AK - l'Armée de l'intérieur).

En 1940, il présente à ses supérieurs de la résistance le plan suggérant de pénétrer dans le camp de concentration allemand KL Auschwitz — nom allemand de la ville d'Oświęcim — afin de collecter des informations sur le camp et organiser la résistance de l'intérieur. Le 19 septembre 1940, avec des documents au nom de "Tomasz Serafiński", Pilecki se fait capturer volontairement pendant une des rafles allemandes dans les rues de Varsovie. Il est emmené avec 2 000 autres passants, dont Władysław Bartoszewski. Après deux jours de tortures dans les baraquements de la Wehrmacht, les survivants sont envoyés à Auschwitz.

Une fois à l'intérieur du camp, tout en travaillant dans les Arbeitkommandos, il organise l'Union des Organisations Militaires (Związek Organizacji Wojskowych, ZOW) principalement dans le but de collecter des informations sur les activités des Allemands, les transmettre à la résistance polonaise, ainsi que de préparer le combat contre les SS. ZOW a ainsi envoyé un rapport en octobre 1940 à Varsovie, le rapport a été transmis au gouvernement britannique en mars 1941. Witold Pilecki espérait que les Alliés parachutent des armes sur le camp pour aider les prisonniers à se libérer eux-mêmes ou encore que l'AK attaque le camp de l'extérieur. En 1943, comprenant que ces plans n'existent pas, il décide de convaincre personnellement ses supérieurs de la nécessité d'attaquer Auschwitz et, avec deux camarades, s'évade du camp. Il prépare un second rapport très détaillé sur la situation dans le camp. L'Armée de l'intérieur juge qu'elle n'a pas les effectifs suffisants pour attaquer frontalement le KL Auschwitz et demande de l'aide aux Alliés, mais les Britanniques refusent d'accorder une aide aérienne. Les informations du « rapport Pilecki »[1] sont jugées exagérées, car il y écrit que 2 millions de personnes ont été exterminées durant les premiers trois ans de l'existence d'Auschwitz, et en prévoit 3 millions dans les deux années à venir. Il provoque la même réaction que le « rapport Karski ».

Le 25 août 1943, Witold Pilecki arrive à Varsovie et commence son travail dans les services secrets où il intègre une section préparant la résistance à l'éventualité de l'occupation soviétique de la Pologne. Le 1er août 1944, débute l'insurrection de Varsovie et Witold Pilecki combat dans les différentes unités de l'Armée de l'intérieur — comme simple soldat et comme commandant de compagnie. À la suite de l'échec de l'insurrection, il est fait prisonnier.

Après la libération en 1945, il rejoint le 2e corps de l'armée polonaise au sein de l'armée britannique, stationné en Italie. Il reçoit pour mission de retourner en Pologne sous domination soviétique. Pilecki y collecte notamment les informations sur les crimes communistes contre les opposants au régime, les anciens résistants de l'Armée de l'intérieur ainsi que les soldats revenus du front occidental.

Le 8 mai 1947, il tombe lui-même entre les mains du Service de sécurité intérieure (UB). Torturé, jugé lors d'un procès public, il est reconnu coupable d'espionnage au profit des puissances occidentales et est condamné à mort le 15 mai suivant.

Dix jours plus tard, il est fusillé dans la prison de la rue Rakowiecka à Varsovie, lieu de détention des prisonniers politiques polonais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. - ici extraits

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Witold Pilecki (trad. Ursula Hyzy et Patrick Godfard), Le Rapport Pilecki : Déporté volontaire à Auschwitz (1940-1943), Notes historiques d'Isabelle Davion, Postface d'Annette Wieviorka, Champ Vallon,‎ 2014, 336 p. (ISBN 9-782-87673-955-0)
  • (fr) Marco Patricelli, Le Volontaire. Witold Pilecki, l'homme qui organisa la Résistance dans le camp d'Auschwitz, Jean-Claude Lattès, 2011.
  • (pl) E. Ciesielski, Wspomnienia Oświęcimskie [Mémoires d'Auschwitz], Kraków, 1968.
  • (en) J. Garlinski, Fighting Auschwitz: the Resistance Movement in the Concentration Camp, Fawcett, 1975 (ISBN 0-449-22599-2), reprinted by Time Life Education, 1993. ISBN 0-8094-8925-2
  • (fr) J. Garlinski, Volontaire pour Auschwitz : La Résistance organisée à l'intérieur du camp, traduit de l'anglais par Paul Chwat, Elsevier, 1976 (ISBN 2-8003-0137-6)
  • (pl) W. Gawron, Ochotnik do Oświęcimia [Volontaire pour Auschwitz], Calvarianum, Auschwitz Museum, 1992.
  • (en) K. Piekarski, Escaping Hell: the Story of a Polish Underground Officer in Auschwitz and Buchenwald, Dundurn Press Ltd., 1990 (ISBN 1-55002-071-4)
  • (pl) W.J. Wysocki, Rotmistrz Pilecki [Capitaine de cavalerie Pilecki], Pomost, 1994 (ISBN 83-85209-42-5)
  • (pl) A. Cyra, W.J. Wysocki, Rotmistrz Witold Pilecki, Oficyna Wydawnicza VOLUMEN, 1997 (ISBN 83-86857-27-7)