Aristocratie polonaise

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En polonais, Szlachta [ʃlaxta] veut dire « noblesse ». Ce terme désignait toute l'ancienne classe noble du royaume de Pologne et grand-duché de Lituanie (République des Deux Nations). En polonais, le terme "Arystokracja" est utilisé pour désigner les familles nobles titrées.

Sommaire

Historique[modifier]

Noble polonais du XVIIe

La noblesse est née en Pologne aux alentours du Xe siècle à la suite de la création de l’État sur le territoire des Polanes. Elle était composée de l’ensemble des familles propriétaires et des combattants. Ces familles constituant alors l’élite du pays, elles se sont réunies autour d’un chef qui devint par la suite le roi. Chacune bénéficiait de terres, de privilèges et de titres de noblesse en rétribution du soutien qu'elles donnaient au roi. Progressivement, ces familles prirent de l’importance et concentrèrent autour d’elles de nouvelles familles nobles moins importantes (source d'un soutien). De même, ces familles de petite noblesse prirent de l’importance et réunirent de nouvelles familles nobles toujours moins importantes autour d'elles.

Ce schéma se reproduisit successivement pendant plus de huit siècles et a laissé en place deux groupes principaux constituant la noblesse polonaise :

  • la Magnateria, ou « haute noblesse », constituée par 200-300 personnes possédant des villes, des châteaux, de nombreuses terres et occupant souvent les plus hautes charges de l'État.
  • la petite noblesse de Pologne, en plus grand nombre et rassemblant les familles moins influentes, moins riches, à la tête de villages et de terres.

En 1791, la noblesse polonaise représentait environ 8 % de la population.

L'anoblissement ou l’agrégation d'étrangers à la noblesse polonaise (en polonais "indygenat") par le roi ou la Diète constituaient les seules sources de la noblesse polonaise.

Le portrait en pied à droite montre la tenue traditionnelle des nobles polonais. Ce style renvoie au sarmatisme et au mythe faisant descendre la noblesse polonaise des Sarmates. Le vêtement est caractéristique et se nomme żupan en polonais.

Caractéristiques des noms nobles[modifier]

Blason d'un clan polonais, œuvre de Tomek Steifer.

Les noms nobles en Pologne ne sont pas précédés d’une particule nobiliaire pour signaler l’appartenance à la noblesse. De même que la particule "de" n'est pas signe de noblesse en France, la présence ou l'absence de la terminaison -ski ne préjuge pas de la noblesse d'une famille polonaise. Les familles Radziwiłł ou Tyszkiewicz par exemple sont nobles malgré la terminaison. À l'inverse, la famille d'industriels de Łódź Poznański n'est pas noble malgré la terminaison.

Certaines familles nobles polonaises portent des noms composés. Ces noms sont composés du patronyme proprement dit et d'un surnom (en polonais "przydomek"). La syntaxe la plus courante en polonais est surnom-nom, par exemple Saryusz-Zamoyski. Ces noms composés ne sont toutefois utilisés aujourd'hui que par un petit nombre de familles et ne sont presque pas utilisés à l'oral. L'utilisation d'un surnom se retrouve beaucoup plus fréquemment parmi les familles nobles polonaises établies à l'étranger, comme par exemple le roi de Pologne auto-proclamé Geoffrey Potocki de Montalk. Le surnom porté peut avoir différentes origines :

  • les familles polonaises possédant un blason polonais correspondant à un ancien clan de noblesse polonaise pouvaient et peuvent faire figurer le nom de leur blason aux côtés de leur nom, par exemple Belina-Brzozowski. Certaines familles utilisent parfois l'ancien nom du clan, par exemple Jaxa-Konarski (dont le blason est Gryf).
  • certains surnoms sont apparus pour différencier les branches d'un clan, le surnom Saryusz aurait par exemple identifié la branche du clan Jelita originaire de Szarzyn près de Sieradz. Ce type de surnoms apparait aussi à la suite du nom, par exemple Sapieha-Kodeński.
  • d'autres encore ont été employés pour souligner l'origine familiale en rappelant l'origine familiale, par exemple Światopełk-Czetwertyński.

De ce fait, de multiples combinaisons existent et ont évolué au cours du temps.

Les titres de noblesse des familles polonaises[modifier]

Hiérarchie des titres de noblesse polonais et couronnes d'héraldique polonaise

En Pologne, les titres de noblesse ont été combattus par la noblesse comme créant des distinctions inacceptables en son sein. Lorsque vers 1420 le roi Ladislas II Jagellon sur les instances de sa troisième épouse s’apprête à faire comte son beau-fils Jan z Pilczy (pl), le chancelier du royaume Adalbert Jastrzębiec refusa d'apposer le sceau de l’État sur une décision contraire aux libertés et coutumes du pays. Pour les mêmes raisons, la noblesse s'opposa longtemps à la création d'ordres de chevalerie. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que fut créé l'ordre de l'Aigle Blanc par la dynastie saxonne sans être approuvé par la Diète. Cet ordre fut d'ailleurs décerné surtout à des étrangers.

Il est vrai que l'on trouve dans certaine chartes médiévales les termes de comes et baro. Depuis le XIXe siècle, les historiens polonais (par exemple O. Balzer, F. Piekosiński) ont montré que ces termes correspondaient à des qualificatifs individuels non transmissibles. Comes désigne un haut fonctionnaire comme le chef d'une place forte et baro un conseiller.

Un petit nombre de familles nobles polonaises porte toutefois un titre obtenu dans différentes circonstances :

  • 10 familles princières portent un titre du fait qu'elles descendent de souverains comme Rurik (par exemple Massalski), Gédymin (par exemple Czartoryski) ou encore de kniaź locaux (par exemple Gedroic);
  • aux XVIIIe 2 familles obtinrent un titre de la Diète : les Poniatowski en 1764 et les Poniński en 1773;
  • l'ensemble des autres titres de familles nobles polonaises furent obtenus auprès de souverains étrangers dès le XVIe pour un petit nombre (par exemple Radziwiłł) mais essentiellement au XIXe.

Aucune famille polonaise ne possède donc de titre qui ne soit confirmé par un document. Les seuls titres immémoriaux polonais des familles princières lituano-ruthènes furent confirmés dans l'Union de Lublin. La plupart d'entre elles eurent également leur titre confirmé par les souverains prussiens, autrichiens ou russes à l'époque des partages.

Parmi les titres portés par des familles nobles polonaises, nous retrouvons essentiellement ceux de Prince, Comte et Baron. Il existe également un petit nombre de familles ayant obtenu de Napoléon un titre de chevalier. Une seule famille polonaise porte un titre de marquis, Wielopolski.

Transmission de la noblesse en Pologne[modifier]

En Pologne la transmission de la noblesse comme dans l’ensemble des royaumes européens se faisait par les hommes.

La dévolution des titres nobiliaires quant à elle suit les règles propres du souverain qui les a accordés. Ainsi la plupart des titres dynastiques, prussiens, autrichiens et russes sont transmis par les hommes à l'ensemble de leurs enfants. Les titres du Saint-Siège ou du premier Empire sont le plus souvent personnels ou transmissibles par ordre de primogéniture masculine.

En Pologne, il peut être plus difficile de trouver une trace de la noblesse des familles non titrés ; en effet les nobles n’étaient pas comme en France ou au Royaume-Uni si bien répertoriés dans des registres précis. De grands travaux de vérifications ont été entrepris au XIXe par les puissances occupant alors la Pologne. On peut dans ces cas là trouver dans les archives des preuves de maintenue de noblesse. Par manque de moyens ou de documents toutes les familles nobles n'ont pas pu faire alors confirmer leur noblesse. Ce problème d’institutionnalisation des données est la cause des difficultés en ce qui concerne les origines nobles de certaines familles.

Au XXIe siècle[modifier]

Au XXIe siècle, on trouve toujours des nobles polonais, sur place ou disséminés dans le monde entier.

Dès le XIXe une partie de la noblesse polonaise émigre surtout en Europe occidentale pour échapper aux répressions des insurrections successives. Suite à ces répressions, un certain nombre de Polonais furent déportés en Sibérie. Les plus pauvres familles nobles ont également participé aux grandes vagues d'émigrations vers l'Amérique pour des motifs économiques.

De nombreux nobles ont émigré à la suite de la Première Guerre mondiale mais surtout des révolutions russes, qui représentaient pour cette population un grand danger.

La Seconde Guerre mondiale ainsi que la période de Guerre froide ont accentué ce phénomène de dissémination de nombreux Polonais fuyant le régime communiste.

On trouve donc de nos jours de nombreux nobles polonais dans les pays occidentaux tels que l’Allemagne, la Belgique, la Suisse mais surtout les États-Unis et la France.

Aussi, les noms composées ou à particule formés avec le nom de famille originel et le nom de blason (voir caractéristiques des noms nobles) sont rarement officiels dans les pays où la noblesse polonaise a immigré. Si une partie de la noblesse polonaise a régularisé cette situation de manière officielle (sur écrits officiels), une importante portion a gardé son simple nom de famille et articule la particule et le nom de blason de manière officieuse et orale.

Bibliographie[modifier]

Voir aussi[modifier]

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Articles connexes[modifier]