Stefan Nemanja

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cyrillic letter Dzhe.svg Cette page contient des caractères cyrilliques. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Histoire des Serbes
Image illustrative de l'article Stefan Nemanja
Antiquité
Zorsines
Drvan
Serbie blanche
Moyen-Âge
Prince de Serbie Blanche
Vlastimir
Mihailo Vojislavljević
Stefan Nemanja
Stefan IV Uroš Ier
Stefan Milutin
Stefan Uroš IV Dušan
Lazar Hrebeljanović
Stefan Lazarević
Occupation Turcs et Empire d'Autriche
Migrations serbes
Histoire des Serbes sous l'occupation ottomane
Nouvelle Serbie (province historique)
Slavo-Serbie
La Serbie au XIXe siècle
Karađorđe
Miloš Ier Obrenović
Alexandre Karađorđević
Pierre Ier de Serbie
La Serbie et la Yougoslavie monarchique
Attentat de Sarajevo
Alexandre Ier de Yougoslavie
Yougoslavie
La Serbie et la Yougoslavie titistes
Josip Broz Tito
Yougoslavie
La Serbie dans la Yougoslavie post-titiste
La Serbie dans la Yougoslavie de Milošević
République serbe de Krajina
Guerres de Yougoslavie
La Serbie et le Monténégro
Serbie-et-Monténégro
La Serbie et les Serbes aujourd'hui
Serbie
Belgrade
République serbe de Bosnie
Diaspora serbe
Stefan Nemanja.

Stefan Nemanja, en français Étienne Némania, en serbe cyrillique Стефан Немања (né en 1117 - mort le 13 février 1199), était un souverain de la principauté médiévale serbe de Rascie à partir de 1166, fondateur de la dynastie des Nemanjić. Durant son règne, il unifia les principales principautés serbes et acquit une large autonomie.

Il se retira dans un monastère en 1196 sous le nom de Syméon, puis fonda avec son fils Saint Sava le monastère de Hilandar sur la Sainte Montagne. L'Église orthodoxe l'a canonisé sous le nom de saint Syméon le Myroblite. Il meurt dans le monastère de Hilandar sur la Sainte Montagne le 13 février 1199. Il est fêté le 27 janvier sous le calendrier Julien.

Descendance[modifier | modifier le code]

Il est le fondateur de la dynastie des Nemanjić. Il laissa cinq enfants dont trois fils qu'il eut avec sa femme Ana :

et deux filles :

  • Efimija Nemanjić, se marie à Thessalonique avec le despote d'Épire ;
  • une dernière fille dont le nom a été oublié, épouse d'un bojar de Skoplje.

Nemanja est né à Ribnica, aujourd'hui Podgorica. Il fut d'abord baptisé selon le rite catholique, puis il fut baptisé dans le respect du rite orthodoxe à Ras dans l'église Saint-Pierre. Il est le fils de Zavida.

La conquête et l'établissement du pouvoir de Nemanja[modifier | modifier le code]

Nemanja avait autorité sur les territoires orientaux de la Serbie. En 1163, Manuel Ier Comnène donne à Nemanja la région de Dubročica pour fief héréditaire, il lui donne aussi le titre de Zupan. Nemanja mène alors sa propre politique sur ses terres sans en débattre avec ses frères Tihomir, Stracimir et Miroslav. Il fait construire plusieurs églises et monastères pour consolider le christianisme orthodoxe, notamment le monastère de Saint-Nicolas dans les environs de Kuršumlija ou l'église de la Sainte Vierge. Sa politique d'indépendance vis-à-vis de ses frères, les décide à agir contre lui. Ils le firent enfermer, mais Nemanja réussit à s'enfuir et à regagner ses terres. À partir de là, il chassera ses frères et se proclamera grand Zupan en 1166.

Manuel Ier reçoit Tihomir qui le convainc de la trahison de Nemanja envers lui. L'empereur de Constantinople offrit alors une aide militaire à Tihomir, des latinikons francs, mercenaires turcs et grecs. En septembre 1168, les armées de Tihomir et de Nemanja se rencontrèrent dans le Nord du Kosovo dans la région de Zvečan près du village de Pantino. Nemanja vainquit. Dans sa tentative d'échapper à Nemanja, Tihomir se noya dans la rivière de Sitnica.

Nemanja décida alors que l'empereur ne méritait plus son soutien, car il avait encouragé ses frères contre sa politique d'autonomie, alors que c'est Manuel, lui-même, qui avait donné à Nemanja l'autonomie en lui offrant la région de la Dubrocica. Il décida de se libérer de la tutelle de l'Empire grec, il profita de la guerre entre Venise et Constantinople en 1171. Allié à Étienne III de Hongrie, Nemanja se préparait à marcher sur les terres grecques, lorsque la mort du roi de Hongrie le laissa seul en face de Manuel. Il décida alors de négocier avec Manuel 1er, après lui avoir exprimé sa soumission, Nemanja fut invité à Constantinople par l'Empereur où il lui pardonna et lui donna le titre de grand Zupan. Par la suite, Nemanja sera fidèle à sa parole jusqu'à la mort de l'empereur Manuel.

La Serbie de Nemanja.

Au retour de Constantinople il réaffirme son autorité[modifier | modifier le code]

En 1176 à son retour, Nemanja obéit à Manuel qui lui avait demandé de pardonner à ses deux autres frères. Il nomma Miroslav, Prince de Hum, l'actuelle Herzégovine, et Stracimir, Prince de la Morava de l'Ouest. Nemanja poussa aussi Prvoslava, le fils de Tihomir à renoncer à son héritage en sa faveur. La même année, il poursuivit aussi les bogomiles, plus connus en Occident sous le nom de cathares, qu'il chassa définitivement de ses terres, après avoir eu l'accord de l'Assemblée.

La campagne de Niš[modifier | modifier le code]

En 1183, Nemanja décida de participer aux côtés de la Hongrie à une guerre contre l'Empire grec. En effet, Manuel Ier Comnène était décédé en 1180, Nemanja n'est plus lié à sa promesse envers le nouvel Empereur byzantin, Alexis II Comnène. Les deux armées occupèrent, au profit de la Serbie, la ville et la région de Niš. Les Grecs étaient en déroute, mais devant les portes de Sofia le Roi de Hongrie Béla III fut renversé par des manœuvres diplomatiques et financières par Constantinople. Nemanja continue alors seul la guerre contre Byzance, il ne visa Sofia, mais poursuivit son objectif d'unir les terres serbes, il s'emparera des régions autour de la ville de Vranje, toute la vallée de la Morava sur les deux rives, du Kosovo, de Hvosno et Lab que l'on appelle aujourd'hui la Métochie.

La campagne de l'Adriatique[modifier | modifier le code]

Après avoir récupéré une importante partie des terres peuplées de Serbes dans l'est, Nemanja décida de reprendre à Byzance les terres qui l'avaient vu naître, les terres de la Dioclée, et qui étaient, pour lui, celles de ses ancêtres. En 1184, l'armée des trois frères, (Miroslav et Stracimir avaient rejoint Nemanja dans cette campagne), était devant les murs de la riche République de Dubrovnik. La ville était orthodoxe et peuplée de Serbes, comme toute la région, mais elle était jalouse et surtout très fière de son indépendance, et elle résista à l'armée de Nemanja deux fois de suite. En effet, après un premier échec en 1184, Nemanja revint en 1185 devant ces murs, pour subir un nouvel échec militaire. En 1186, Nemanja décida alors de libérer les autres villes de la région qui étaient sous domination byzantine, l'armée serbe prend les villes de Svac, Bar, Danj, Sard et Ulcinj avec une étonnante rapidité.

Nemanja conquiert l'autonomie serbe vis-à-vis de Byzance[modifier | modifier le code]

Nemanja joua des rivalités de la Hongrie et de Byzance pour préserver son autonomie. En 1190, il reçut avec faste à Nis l'empereur Frédéric Barberousse, en partance pour Jérusalem pour la 3e croisade, et lui proposa de devenir son vassal si leurs armées attaquaient ensemble Byzance. Barberousse refusa poliment l'invitation de son hôte et le quitta en bon terme pour reprendre sa route vers Jérusalem.

En 1190, Constantinople n'étant plus menacée par Barberousse qui s'était noyé dans la rivière Saleph en Asie Mineure, lança une reconquête dans les Balkans. Nemanja, battu à la bataille de la Morava, négocia avec l'empereur Isaac II Ange et dut rendre une partie de ses dernières conquêtes, mais reçut en échange la reconnaissance de son autonomie. Son second fils Stefan épousa ainsi la princesse Eudoxie, nièce d'Isaac et fille du futur empereur byzantin Alexis III Ange, qui lui attribua 1195 le titre de Sébastokrator.

Vœux monastiques et canonisation[modifier | modifier le code]

Icône de Saint Simeon.

En 1195, Alexis III Ange monta sur le trône de Constantinople. Nemanja avait alors plus de 80 ans. Lors de l'Assemblée de 1196, il fit part de son intention de passer la main à son fils Stefan et de se consacrer à la vie monastique. Il donna à Vukan, son fils ainé, l'autorité sur la Dioclée et à Rastko, la région de Hum, future Herzégovine.

Sa vie de moine débuta d'abord à Studenica, où il prit le nom de Syméon, mais même dans cette vie monastique où il pensait peut-être, retrouver la méditation et la paix, il fut rejoint par son passé et l'action. Son fils Rastko donna la région de Hum à son frère Vukan et partit pour le Mont Athos dans le Monastère de Vatopedi. Il demanda à son père de venir le rejoindre.

Tous les deux restaurèrent le Monastère de Hilandar et devinrent les mécènes du Mont-Athos. En deux ans, Syméon avait fait de la Serbie l'un des piliers de la chrétienté orthodoxe. Saint Sava poursuivit avec talent l'œuvre de son saint père. Le 13 février 1199, Syméon s'éteignit à Hilandar. Immédiatement, ses fils demandèrent qu'il soit proclamé saint. Cela fut fait : « Saint Syméon le Myroblite[1] » était inscrit au calendrier, fêté le 13 février.

L'expulsion des hérétiques Bogomiles[modifier | modifier le code]

Les bogomiles, chassés de Serbie par les Stefan, vinrent s'installer en Bosnie et y fondèrent un foyer qui prit rapidement de l'essor. Cela tendit les relations entre les deux princes serbes Kulin (ban) et Stefan[2]. La sœur de Kulin était mariée au frère du prince Stefan Nemanja, Miroslav, prince de Zachlumie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le titre de Myroblite honore les saints dont les reliques ont miraculeusement suinté du myron, une huile parfumée.
  2. Dennis P. Hupchick et Harold E. Cox, Les Balkans Atlas Historique, Economica, Paris, 2008, p. 24

Annexes[modifier | modifier le code]

= Sources[modifier | modifier le code]

  • Dusan Batkovic, Histoire du peuple serbe, Éd. L'âge d'homme (ISBN 282511958X)
  • Georges Castellan, Histoire des Balkans, XIVe-XXe siècle, Éd. Fayard (ISBN 2213605262)
  • Vladimir Corovic, L'histoire illustré des serbes (deuxièmes livre de Nemanja à 1389), Éd. Politika (ISBN 8633125218)
  • Donald M. Nicol, Les Derniers siècles de Byzance, 1261-1453, Éd. les Belles Lettres (ISBN 2251380744)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :