Nikola Pašić

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Nikola Pašić
Никола Пашић
Nikola Pašić
Nikola Pašić
Fonctions
5e premier ministre du Royaume de Yougoslavie

(&&&&&&&&&&&013043 ans, 6 mois et 27 jours)
Monarque Pierre Ier de Serbie
Prédécesseur Milenko Vesnić
Successeur Ljubomir Davidović
7e premier ministre du Royaume de Yougoslavie

(&&&&&&&&&&&&05181 an, 5 mois et 2 jours)
Monarque Alexandre Ier de Yougoslavie
Prédécesseur Ljubomir Davidović
Successeur Nikola Uzunović
47e Président du Conseil de la Serbie

(&&&&&&&&&&&&05181 an, 4 mois et 29 jours)
Monarque Alexandre Ier de Serbie
Prédécesseur Sava Grujić
Successeur Jovan Avakumović
63e Président du Conseil de la Serbie

(&&&&&&&&&&&&01695 mois et 18 jours)
Monarque Pierre Ier de Serbie
Prédécesseur Sava Grujić
Successeur Ljubomir Stojanović
66e Président du Conseil de la Serbie

(&&&&&&&&&&&&08132 ans, 2 mois et 21 jours)
Monarque Pierre Ier de Serbie
Prédécesseur Sava Grujić
Successeur Pera Velimirović
69e Président du Conseil de la Serbie

(&&&&&&&&&&&&06181 an, 8 mois et 10 jours)
Monarque Pierre Ier de Serbie
Prédécesseur Stojan Novaković
Successeur Milovan Milovanović
72e Président du Conseil de la Serbie

(&&&&&&&&&&&022716 ans, 2 mois et 19 jours)
Monarque Pierre Ier de Serbie
Prédécesseur Marko Trifković
Successeur lui-même en tant que premier ministre du Royaume de Yougoslavie
Biographie
Nom de naissance Nikola Pašić
Date de naissance
Lieu de naissance Zaječar (Principauté de Serbie)
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Belgrade (Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes)
Nationalité serbe puis Yougoslave
Parti politique Parti radical populaire

Signature
Présidents du gouvernement serbe

Nikola Pašić (en serbe cyrillique : Никола Пашић ; né le à Zaječar et mort le à Belgrade), était un diplomate et un homme politique serbe. Il fut le chef du Parti radical ; il fut plusieurs fois maire de Belgrade (en 1890-1891 et en 1897) ; il fut premier ministre à plusieurs reprises, en 1891-1892, en 1904-1905, de 1906 à 1908, de 1909 à 1911, de 1912 à 1918 ; puis premier ministre du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes en 1918, de 1921 à 1924 et de 1924 à 1926.

La jeunesse[modifier | modifier le code]

Nikola Pašić est né à Zaječar à l’est de la Serbie, dans une famille serbe venue de Bulgarie. Selon la légende sa mère se remaria avec un Serbe qui donna au jeune Nikola son nom de Pašić.

Il effectua ses premières études à Zaječar, puis à Negotin et à Kragujevac. En 1866, il fut étudiant à la Faculté de Technologie de l' Université de Belgrade et, en 1868, il fut envoyé à l’École Polytechnique de Zurich, où il obtint le titre d’ingénieur[1]. Il travailla à la construction de la ligne ferroviaire reliant Vienne à Budapest.

Le Parti radical[modifier | modifier le code]

De jeunes Serbes étudiaient en Suisse, acquis pour certains aux idées socialistes. Ils allaient devenir les chefs du futur Parti radical de Serbie. Parmi eux, on trouve notamment Svetozar Marković, un des pères du socialisme en Serbie. Nikola Pašić devint l’ami de Marković, mais aussi de Pera Todorović, Pera Velimirović, Lazar Paču, Jovan M. Žujović et Mita Rakić. En 1875, journaliste pour la presse serbe en Europe, il se rend dans les Sandjaks de Bosnie et d'Herzégovine pour couvrir pour ce journal les événements de la Crise de 1875[1].

À son retour en Serbie, Nikola Pašić pris ses distances vis-à-vis de Svetozar Marković. Après la mort de ce dernier en 1875, Pašić devint le chef du mouvement radical, dans lequel il exerce rapidement une influence importante[1]. En 1878, il fut élu à la Skupština, l’Assemblée nationale de Serbie. En 1880, il forma un groupe d’opposition à l’Assemblée nationale de Serbie et, en janvier 1881, le Parti radical populaire fut fondé et Nikola Pašić en fut élu président à l’unanimité, avec le programme politique similaire du programme des radicaux français.

La rébellion du Timok[modifier | modifier le code]

Le parti de Pašić, appuyé sur les paysans, s'affirme de plus en plus comme la principale force politique du royaume[2]. Aux élections de septembre 1883, il obtint 54 % des suffrages, contre 30 % en faveur du parti du Progrès favorable au roi Milan Ier. Malgré cela, le roi demanda à Nikola Hristić de former un gouvernement. Hristić fut obligé de dissoudre l’assemblée.

La décision de désarmer la population rendit l’atmosphère encore plus tendue. Une révolte eut lieu à l’est de la Serbie dans la vallée du Timok. Immédiatement, le Roi Milan accusa les radicaux et envoya une armée pour mater la rébellion, composée de paysans armées[2]. Pašić, qui s’était réfugié en Bulgarie, est condamné à mort par contumace. Gracié en 1889, il revient en héros reprendre la direction du Parti radical[2].

En 1885, le roi Milan déclara la guerre à la Bulgarie. Après la défaite des Serbes, une amnistie générale fut proclamée contre les rebelles du Timok. Cependant, Nikola Pašić demeura en exil jusqu’à l’abdication du roi Milan, en 1889. Quelques jours après l’abdication du souverain, les radicaux formèrent leur premier gouvernement sous la direction de Sava Grujić.

Premières responsabilités politique nationales[modifier | modifier le code]

Le Président de l’Assemblée nationale et le maire de Belgrade[modifier | modifier le code]

Le , Nikola Pašić fut élu président de l’Assemblée nationale, fonction qu’il exerça jusqu’au . Le , il fut également élu maire de Belgrade (il le resta jusqu’au . Il fut encore deux fois président de l’assemblée, du jusqu’en septembre 1895 et du au . Il fut encore maire de Belgrade du au 25 novembre de la même année.

Le premier gouvernement[modifier | modifier le code]

Le , Nikola Pašić devint premier ministre pour la première fois. Cependant en mai 1890, l’ex-roi Milan revint en Serbie et commença à faire campagne contre Pašić et les radicaux. Le , Kosta Protić, l’un des trois régents qui gouvernaient à la place du jeune roi Alexandre, mourut. Selon la constitution, l’Assemblée nationale dut lui choisir un remplaçant. Mais l’Assemblée étant en vacance, Pašić voulut la convoquer en session extraordinaire. Jovan Ristić, le plus puissant des deux régents restant, craignant que Pašić ne soit à son tour élu comme corégent, s’opposa à la réunion de la session extraordinaire. Le , Pašić démissionna.

Diplomate[modifier | modifier le code]

Pour exercer le pouvoir avant d’atteindre sa majorité, le roi Alexandre renvoya le conseil de régence. Il proposa à un radical modéré, Lazar Dokić, de former un gouvernement. Pašić refusa d’y participer. En 1893-1894, le jeune roi, en partie pour se débarrasser de lui, l’envoya en tant que représentant extraordinaire à Saint-Pétersbourg. Actif à Saint-Petersbourg, il crée les conditions d'un rapprochement entre le royaume de Serbie et l'empire russe, considérant que la Serbie ne pourra s'émanciper de la tutelle autrichienne qu'avec l'aide de la Russie[2].

À partir de 1897, Alexandre gouverna avec l’aide de son père, l’ex-roi Milan ; détestant tous deux Pašić, ils le firent arrêter en 1898.

L’attentat d’Ivanjdan[modifier | modifier le code]

En juin 1899, un ancien pompier, Đura Knežević, fut condamné à mort pour tentative d’assassinat contre l’ex-roi Milan. Le soir même, Milan fit une déclaration dans laquelle il affirma que le Parti radical se trouvait derrière cette tentative. Tous les chefs du parti furent arrêtés, y compris Pašić. L’empereur d’Autriche envoya un émissaire à Belgrade pour informer Milan que l’Autriche-Hongrie s’opposerait à la dynastie des Obrenović si Pašić était tué. Cependant, le gouvernement de Belgrade, avant de relâcher Pašić, lui fait signer un texte reconnaissant sa responsabilité dans la tentative d'assassinat[3]. Ayant la vie sauve, mais discrédité (le document est publié), il se retire de la vie politique, durant les dernières années du règne d'Alexandre[3].

L’assassinat du roi Alexandre Obrenović[modifier | modifier le code]

Le , le roi Alexandre et sa femme, Draga Mašin, furent assassinés, en même que le premier ministre Dimitrije Cincar-Marković et le ministre de la Défense, Milovan Pavlović. Le nouveau roi, Pierre Ier Karađorđević fut accepté par le peuple.

Le , après les élections, le Parti radical accèda au pouvoir ; il y resta pendant quinze ans. Mais Pašić laissa momentanément à d’autres le soin de diriger les divers cabinets.

Le principal homme d'État serbe, 1903-1918[modifier | modifier le code]

Deuxième expérience gouvernementale[modifier | modifier le code]

Le , Nikola Pašić devint ministre des Affaires étrangères dans le cabinet de Sava Grujić. Il fut lui-même Premier ministre du au , tout en conservant son poste aux Affaires étrangères. Pendant dix ans, la Serbie connut un développement économique considérable.

Du au , Nikola Pašić fut de nouveau chef du gouvernement. Depuis 1878, la Bosnie-Herzégovine, tout en restant encore officiellement dans l’Empire ottoman, était occupée par l’Autriche-Hongrie. En 1908, l'Empire d'Autriche annexa le pays. Les Serbes protestèrent, mais en vain. Pašić forma deux autres cabinets ; le premier du jusqu'au , l’autre à partir du .

Chef de guerre[modifier | modifier le code]

Les Guerres balkaniques[modifier | modifier le code]

Il contribua au succès des Guerres des Balkans qui permirent à la Serbie d’occuper les territoires de l'ancienne Serbie médiévale, où les Serbes étaient minoritaires (Kosovo et Macédoine) : pour ne pas avoir à reconnaître les mêmes droits à leurs habitants albanophones et bulgarophones, les Parlementaires ne se réunirent jamais en Grande assemblée comme l'exigeait l'article 3 de la Constitution.

Dans les mois qui précèdent le déclenchement du conflit mondiale, devant faire face à la sourde opposition du gouvernement austro-hongrois, il participe à la mise en place d'une nouvelle ligue balkanique, réunissant les vainqueurs de la Deuxième Guerre balkanique, la Serbie, la Grèce et la Roumanie : cette ligue, constituée sous l'égide de la Russie, est avant tout dirigée contre l'empire austro-hongrois[4].

Le , l’archiduc François-Ferdinand fut assassiné à Sarajevo. Les Autrichiens accusèrent aussitôt la Serbie et lui déclarèrent la guerre le  ; ce fut le début de la Première Guerre mondiale.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La maison de Nikola Pašić à Belgrade

Après une série de batailles en 1914-1915 (bataille du mont Cer, bataille de la Kolubara), les armées autrichiennes durent reculer.

Nikola Pašić premier président du conseil du royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes[modifier | modifier le code]

Le 24 novembre, la Voivodine serbe à Novi Sad proclama l'unification inconditionnelle avec la Serbie, tandis que le Monténégro, par les décisions d'une assemblée populaire tenue à Podgorica le 26 novembre, se réunit avec la Serbie. Le , le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes fut créé après que les représentants du Conseil populaire de Zagreb demandèrent au roi Alexandre de s'unir avec la Serbie. Pašić devint de facto le premier ministre de ce nouveau pays. Mais le , le prince régent Alexandre appela Stojan M. Protić à former un nouveau gouvernement.

Nikola Pašić fut néanmoins le principal négociateur serbe à la Conférence de Paix de Paris de 1919.

Des élections eurent lieu le . Encore une fois, le Parti radical fut l’une des plus importantes forces politiques du pays. Le , Nikola Pašić forma une coalition et il devint à nouveau premier ministre. Le , une nouvelle constitution fut proclamée à Vidovdan ; elle organisait le nouveau Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. La Slovénie, la Croatie, la Dalmatie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine et la Voïvodine entraient au sein du nouveau État yougoslave centralisé.

Pašić demeure ensuite premier ministre jusqu’au . Il mourut d'une crise cardiaque à Belgrade le .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dušan T. Bataković, “Nikola Pašić, les radicaux et la “Main noire” : Les défis à la démocratie parlementaire serbe (1903-1917)“, Balcanica, vol. XXXVII (2006), Belgrade 2007, pp. 143-169.
  • Christopher Clark, Les somnambules : Été 1914 : comment l'Europe a marché vers la guerre, Paris 2013, Flammarion,‎ 2013, 668 p. (ISBN 978-2-0812-1648-8)
  • Vladimir Ćorović, Ilustrovana istorija Srba, Vol. VI ; Politika NM & Narodna Knjiga, Belgrade 2006, (ISBN 86-331-2525-0)
  • Georges Devas, La nouvelle Serbie. Origines et bases sociales et politiques. Renaissance de l'État politique et développement historique, dynastique. Revendications libératrices, Paris, Berger-Levrault 1918.
  • Alex N. Dragnich,
    • Nikola Pašić, Serbia and Yugoslavia, New Brunswick, New Jersey 1974.
    • The Development of Parliamentary Government in Serbia, East European Monographs, Boulder Colorado 1978.
  • Fritz Fischer, Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918), Paris, Editions de Trévise,‎ 1970, 654 p.
  • Vasa Kazimirović, Nikola Pašić i njegovo doba 1845-1926, Vol.I & II (1990); Nova Evropa;
  • Pierre Renouvin, La crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France,‎ 1962, 779 p..
  • Carlo Sforza, Pachitch et l'union des Yougoslaves, Paris, Gallimard 1938.
  • Đorđe Đ. Stanković, Nikola Pašić i Hrvati, Belgrade, BIGZ 1995.
  • Miloš Trifunović, Istorija Radikalne stranke, SRS, Belgrade, 1997.