Vitesse maximale aérobie

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La vitesse maximale aérobie ou VMA, est la vitesse de course sur piste à partir de laquelle une personne consomme le maximum d'oxygène, c'est-à-dire atteint le VO2Max. En deçà de cette limite, la consommation d'oxygène croît avec l'intensité de l'effort et la plupart de l'énergie provient du métabolisme aérobie. Au-delà, la consommation d'oxygène reste constante et la puissance supplémentaire est assurée par la filière anaérobie lactique[1].

La VMA est utilisée en sport, par exemple pour la course à pied. À sa VMA, un sportif peut tenir 4 à 8 minutes[2]. À ce rythme environ 85 % de l'énergie est produite par le métabolisme aérobie et 15 % provient de la filière anaérobie lactique. C'est la production de protons hydrogène H+ par la filière anaérobie lactique qui diminue la capacité de contraction du muscle par acidose intracellulaire (acidification du milieu interne de la cellule musculaire) et trouble la contraction musculaire[1].

Détermination de la VMA[modifier | modifier le code]

À partir de la consommation maximale d'oxygène[modifier | modifier le code]

La formule de Léger et Mercier relie la VO2max et la VMA d'un coureur en supposant une technique de course idéale[3]

VMA = VO2max / 3,5

où la VMA est exprimée en km/h et la VO2max en ml/kg/min. — Dans la pratique, il est difficile d'obtenir la VO2max sans appareillage complexe, de sorte que la détermination se fait par des tests, de plus la VMA peut être inférieure à la prédiction en fonction de la technique[3].

À partir d'un test de terrain[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de tests dit progressifs consistent à soutenir une vitesse croissante par paliers jusqu'à décrochement : la VMA s'estime alors à partir de la vitesse du dernier palier réalisé, après correction éventuelle d'un biais. La régularité de l'allure peut être assurée par un lièvre (cycliste) ou par un système de repères régulièrement espacés et d'un avertisseur sonore. Existent aussi le test du demi-cooper, qui consiste à parcourir la plus grande distance possible en 6 minutes à allure régulière, et ses variantes sur 3 à 8 minutes (selon le temps de soutien estimé de la VMA). S'utilisent aussi un test ou une compétition réalisés sur une durée de l'ordre de 4 à 9 minutes, à savoir sur des distances allant de 1500 mètres à 3000 mètres selon le niveau de l'athlète.

Le test VMA de Astrand consiste en une course à allure continue de 3 minutes. À l'issue de la course on considère que la distance courue aurait été courue à allure VMA sur 3 minutes trente secondes. Une simple règle de trois suffit alors pour connaitre sa VMA : distance courue divisée par 210 secondes et multipliée par 3600, divisée enfin par 1000 pour obtenir une vitesse en kilomètres par heure.

Principaux tests de VMA
Test Allure Course Vitesse initiale Paliers
(durée ou distance)
Incrément de vitesse Estimation de la VMA
Luc-Léger progressive continue VMA - 4 km/h 1 min 0,5 km/h vitesse du dernier palier réalisé
Léger-Boucher progressive continue 8 km/h 2 min 1,0 km/h vitesse dernier palier réalisé
+0,5 km/h pour un palier réalisé aux 2/3
Conconi progressive continue 8 km/h 200 m 0,5 km/h vitesse des 1200 dernier mètres
Léger progressive aller-retours (20 m) VMA - 4 km/h 1 min 0,5 km/h fonction affine de la vitesse du dernier palier
G.Gacon 45-15 progressive intervalles 45 s-15 s 8 km/h 1 min 0,5 km/h vitesse du dernier palier réalisé
demi-Cooper constante continue VMA 6 min vitesse moyenne
VAMEVAL progressive continue 8 km/h 1 min 0,5 km/h vitesse du dernier palier réalisé
1 500 m à 3 000 m constante continue VMA 4 à 9 min vitesse moyenne

La VMA peut aussi être déterminée à partir de résultats de compétitions, par un nomogramme développé par Daniel Mercier[Qui ?][4].

Jean-Pierre Monciaux entraîneur et cofondateur du site internet Athlete Endurance propose depuis 2006 un test VMA de terrain basé sur le principe de l'accélération constante. Ce test s'apparente au VAMEVAL, cependant la vitesse change sensiblement à chaque plot tous les 20m.. Ce test disponible en version MP3 ou MP4 donne la vitesse en direct et s'utilise sans table de conversion. Le laboratoire UBIAE de Véronique Billat utilise également ce protocole pour la mesure du VO2MAX et de la VMA sur tapis roulant.

A défaut d'un test VAMEVAL ou du protocole utilisé par Athlete Endurance, Jean-Pierre Monciaux préconise le test en durée de 4' à vitesse constante. La durée de ce test s'appuye sur les travaux de Véronique Billat sur la notion de temps limite à VO2MAX.

Utilité[modifier | modifier le code]

La VMA est une bonne indication de la performance qu'un sportif peut réaliser sur des épreuves de l'ordre de 5 à 10 minutes, qui correspondent au demi-fond en course à pied. Pour des efforts plus longs comme la course de fond, la VMA permet d'avoir un ordre de grandeur de cette performance, avec une certaine incertitude dépendant de l'endurance du coureur. Pour des efforts de moins de 5 minutes comme le sprint, la VMA peut donner une indication avec une grosse marge d'erreur dépendant du métabolisme anaérobie lactique.

L'amélioration de la VMA est visée par tous les sportifs en endurance (fond et demi-fond) ; cela se fait notamment grâce à des entraînements « fractionnés » ou « par intervalles » incluant une succession d'efforts intenses aux alentours de la VMA (95-110 %) et de courts repos (inférieurs à la durée de l'effort et calculés pour ne permettre qu'une récupération semi-complète).

PMA[modifier | modifier le code]

La Puissance Maximale Aérobie (PMA) est la puissance développée par un individu pour atteindre la VMA. Ce paramètre est très utilisé en cyclisme car la VMA est un critère qui dépend de la vitesse de déplacement donc du terrain ainsi que du vent, et on ne peut pas l'utiliser en pratique. On utilise la PMA, mesurée avec un capteur de puissance[5].

Seuil anaérobie[modifier | modifier le code]

Le seuil anaérobie est le point à partir duquel le mode d'oxygénation change, c'est-à-dire qu'à ce niveau d'intensité, la filière anaérobie lactique commence à entrer dans la production d'énergie. Il est étroitement lié à la VMA (environ 85 % de celle-ci). Le recours au seuil anaérobie est plus précis pour des efforts de l'ordre de l'heure (contre-la-montre cycliste, semi-marathon).

La notion de seuil anaérobie est cependant sujette à controverse. Possédant différentes définitions (seuil ventilatoire, seuil lactate), sa détermination est également parfois difficile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Entraînement : les vitesses », sur http://www.volodalen.com (consulté le 6 juin 2007)
  2. « Explication et interprétation des résultats », sur http://www.vo2max.com.fr (consulté le 6 juin 2007)
  3. a et b Michel Dufour, La Gazelle et l'Athlète : Les qualités physiques tome III : L'endurance, Volodalen Editions,‎ 2011, 205 p. (ISBN 978-2-9522069-9-0), p. 59
  4. nomogramme développé par Daniel Mercier
  5. « PMA,VMA & interval training en cyclisme », sur http://www.velo-center.org (consulté le 6 juin 2007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]