Langue liturgique

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Une langue liturgique est une langue utilisée par les croyants d'une religion lors de leurs cérémonies religieuses. On utilise surtout le terme de « langue liturgique » lorsque la langue religieuse est différente de la langue vernaculaire. En ce sens, toutes les religions n'ont pas de langue liturgique spécifique. Parfois, les croyants ne comprennent pas la langue liturgique de leur religion.

On parle plus généralement de langue sacrée ou de langue religieuse pour une langue considérée comme ayant une valeur religieuse supérieure à la langue quotidienne.

Une langue liturgique peut avoir plusieurs origines, et en particulier :

  • une origine géographique différente : c'est la langue du groupe qui a développé le premier la religion considérée ;
  • une origine historique : c'est la langue parlée à l'époque où la religion considérée s'est initialement développée.

Ces deux origines peuvent coexister.

Exemples de langues liturgiques[modifier | modifier le code]

Religions antiques[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

L'hébreu biblique est la langue sacrée par excellence du judaïsme, mais l'hébreu sous ses diverses formes historiques n'a jamais cessé d'être employé comme tel ; il s'est même essentiellement réduit à ce rôle à partir de l'époque où est sorti de l'usage quotidien, dès lors assuré par de nombreuses langues juives formées par l'usage par les Juifs les langues de leurs pays de résidence. L'hébreu a recommencé à être employé à des fins profanes l'époque de la Haskala, commencée au au XVIIIe siècle. Ce mouvement a finalement abouti à la constitution de l'hébreu moderne.

La liturgie juive fait également usage d'un variété d'araméen appelée judéo-araméen, employé dans la littérature talmudique et rabbinique.

Le guèze est une langue sacrée pour les Falashas d'Éthiopie.

Les Samaritains utilisent comme langue liturgique l'hébreu samaritain.

Christianisme[modifier | modifier le code]

À l'hébreu et l'araméen de l'Ancien Testament s'ajoute le grec de la koinè du Nouveau Testament. L'expansion du christianisme a conduit dès l'Antiquité à multiplier les langues liturgiques et y traduire les Écritures. Le prestige que cet emploi leur a conféré a souvent abouti à conserver inchangés dans la liturgie des états de langue anciens, tandis que la langue parlée continuait d'évoluer, aboutissant à la constitution de langues liturgiques au sens restreint défini plus haut. Dans certaines branches du christianismes, l'écart ainsi constitué a incité à revenir à la langue vernaculaire contemporaine : c'est un trait caractéristique des églises protestantes ainsi que de l'église catholique après le concile Vatican II.

Parmi les langues liturgiques du christianisme :

De façon générale, l'usage liturgique tend à maintenir des traits anciens dans des langues toujours vivantes. Par exemple, l'usage anglican de l'anglais comporte toujours des influences de l'anglais élisabéthain issues de la Bible du roi Jacques, publiée en 1611 et resté très longtemps la référence.

Islam[modifier | modifier le code]

L'arabe classique est la langue du Coran et par là la langue sacrée de l'islam.

Mazdéisme[modifier | modifier le code]

L'Avesta, ensemble des livres sacrés du mazdéisme, est rédigé en une langue iranienne spécifique, l'avestique. Celui n'est pas homogène tout au long de la collection : on peut y distinguer des états de langue de dates différentes.

Hindouisme[modifier | modifier le code]

La langue sacrée de l'hindouisme est le sanskrit en ses diverses variétés : sanskrit védique du Veda, sanskrit épique du Mahabharata et du Ramayana, sanskrit classique des commentateurs ultérieurs.

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Le canon bouddhique est rédigé en pali. D'autres langues importantes sont le chinois classique pour le bouddhisme mahayana en Chine, Corée, Japon et viêt Nam, et le tibétain classique (en) pour le bouddhisme vajrayana.

Jaïnisme[modifier | modifier le code]

Les textes fondateurs jaïns sont rédigés en une variété de magadhi appelé ardhamagadhi.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]