Parc national du Mercantour

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Parc national du Mercantour
(Cœur)
Image illustrative de l'article Parc national du Mercantour
Catégorie UICN II (parc national)
Identifiant 664
Emplacement Alpes-Maritimes et Alpes-de-Haute-Provence (France)
Coordonnées 44° 10′ 00″ N 7° 05′ 00″ E / 44.166667, 7.08333344° 10′ 00″ N 7° 05′ 00″ E / 44.166667, 7.083333
Superficie 685 km2[1]
Création 18 août 1979
Administration Parcs nationaux de France
Site web Site officiel

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Parc national du Mercantour(Cœur)
Parc national du Mercantour
(Aire optimale d'adhésion)
Catégorie UICN V (paysage terrestre/marin protégé)
Identifiant 103154
Superficie 1 460 km2[1]

Le parc national du Mercantour est un des dix parcs nationaux de France. Il est situé sur les départements des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence (France).

Il est plus particulièrement connu pour être l'un des plus sauvages de France, et l'un des plus variés sur le plan des paysages, aux contrastes très marqués : sa situation géographique très particulière, à une heure de la Côte d'Azur, apporte des touches méditerranéennes à ces montagnes alpines. C'est là que le loup a naturellement fait son retour en France en 1992 depuis l'Italie.

Sommaire

Histoire[modifier]

Afin de protéger la faune, les territoires centraux du massif du Mercantour ont d'abord été classés Réserve royale de chasse en 1859 par le roi Victor-Emmanuel II, puis Réserve de chasse en 1946 par arrêté préfectoral et Réserve en 1953 par arrêté ministériel. Le parc national a été créé en 1979. Depuis 1987, il est jumelé avec le parc régional voisin Parco naturale Alpi Marittime en Italie (sur le massif de l'Argentera), avec lequel il possède 33 km de frontière commune et avec lequel un projet de Parc européen est aussi à l'étude. En 1992, le loup fait un retour naturel depuis l’Italie. En 2001, le site du Parc national du Mercantour et il Parco delle Alpi Marittime est inscrit sur les listes indicatives du Patrimoine mondial de l'UNESCO. En 2009, un nouveau décret modifie son décret fondateur (1979), et sa future charte est élaborée par le lancement d’une concertation.

A partir de 2013, le Parc bénéfice d'une entité de gestion commune avec le parc naturel des Alpes maritimes, côté italien, sous l'appellation de Parc naturel européen, prélude à une inscription éventuelle au Patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO et laboratoire d'une coopération transfrontalière en matière de gestion d'espaces naturels protégés[2].

Depuis la fin des années 1990, l'association Aléa célèbre à la lisière du parc une messe souvenir pour les défunts[3].

Territoire[modifier]

Le Mercantour en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le territoire du parc national du Mercantour s'étend sur deux départements, 28 communes, 68 500 hectares en zone centrale et 136 500 hectares en zone périphérique. Son point culminant est la cime du Gélas à 3 143 mètres. Huit vallées principales composent le parc :

Partie française de l'ancienne réserve de chasse des rois d'Italie qui occupait avant 1861 les deux versants des Alpes, le parc du Mercantour est jumelé depuis 1987 au parc naturel italien delle Alpi Marittime (anciennement de l'Argentera) avec lequel il possède 33 km de frontière commune. Ces deux organismes gèrent en commun le suivi des espèces animales qui parcourent l'ensemble de ce domaine protégé. Ainsi les bouquetins gagnent leur quartiers d'été dans le Mercantour après avoir hiverné dans l'Argentera, tandis que les mouflons effectuent le trajet inverse.

Attraits touristiques[modifier]

Le parc connait un attrait croissant et est visité annuellement par plus de 800 000 visiteurs, pour de la randonnée pédestre, de l'alpinisme, du ski de randonnée, ...

Parmi les sites les plus visités :

Le parc possède 600 km de sentiers entretenus et balisés, dont le GR 5, le GR 52A qui constitue le sentier panoramique du Mercantour et traverse la vallée des Merveilles, le GR 56.

Témoins des affrontements du XVIIIe siècle, du XIXe siècle et de la Seconde Guerre mondiale de nombreux vestiges militaires subsistent sur le territoire du Parc, notamment autour de l'Authion et dans la Haute Tinée (Isola). Débris militaires et barbelés font l'objet de campagnes de nettoyage régulières.

Géographie[modifier]

Le noyau central du massif du Mercantour, dans le nord-est, le long de l'axe frontalier, est constitué de roches cristallines. Il est entouré de roches sédimentaires.

De nombreux glaciers (tels à la cime du Gélas, au mont Clapier, au lac d'Allos) recouvraient les hauteurs du massif jusqu'au début du XXe siècle. Avec l'action soutenue des cours d'eau, ils ont profondément marqué la morphologie des reliefs et vallées.

Flore et faune[modifier]

En 2007, les estimations faisaient état de 3 200 espèces végétales et animales.

Flore[modifier]

Du fait de la variété du terrain et du climat (influencé par la jonction des Alpes et de la Méditerranée), le parc possède plus de 2 000 espèces de plantes dont plus de 40 endémiques[4], telles des saxifrages, des orchidées.

Peuplant les pentes, feuillus (chêne pubescent, pin sylvestre, chêne vert) et résineux (sapin, épicéa, puis mélèze et pin cembro) se succèdent au fil de l'altitude jusqu'à 2 200 mètres.

Faune[modifier]

Faune sauvage[modifier]

On y a d'ores et déjà dénombré plusieurs centaines d’espèces (certaines sont présentes depuis la fin des glaciations) dont notamment 197 espèces de vertébrés sur le territoire dont 53 sont menacées. Grâce à l’action du Parc national, ces animaux qui, pour certains, ont failli disparaître, fréquentent à nouveau les montagnes du Mercantour. Protégés par les statuts du Parc, cerfs, sangliers, chevreuil, chamois (plus de 8 000 individus), bouquetins (1 100 individus), mouflons prospèrent.

Sur ce même territoire, 153 espèces d’oiseaux permettent des rencontres inattendues; la chouette de Tengmalm habituée aux basses températures côtoie le hibou petit duc d’Afrique du Nord. Dans les airs ou sur terre, il est également possible d'observer le gypaète barbu (réintroduit dans le parc depuis 1993), l'aigle royal, le tétras lyre, le lagopède, mais aussi chocard à bec jaune ou crave à bec rouge en altitude.

Les loups français[modifier]

L'administration du Parc a aussi eu la lourde tâche de gérer le retour des loups sauvages (entre trente et quarante individus en 2010[5], les 2 premiers ayant été aperçus pour la première fois par des gardes du Parc le 5 novembre 1992[6]) venus de façon naturelle des Abruzzes (Italie) et très mal vus des bergers. Elle a conduit une politique active de sensibilisation auprès des bergers directement exposés au nouveau problème de cohabitation. Des mesures ont été prises : parcage des troupeaux la nuit et introduction d'un chien de berger (le patou des Pyrénées) très dissuasif contre les attaques de loups.

De plus, ces dernières années, des loups auraient été aperçus dans divers autres massifs alpins français : dans le Vercors, les Hautes-Alpes, l'Isère, la Drôme, la Savoie.

Élevage[modifier]

Les autorités et agents du parc favorisent l’élevage bovin, caprin et ovin, en particulier de la Brigasque, race de moutons locales menacée de disparition[7]. En 2002, le parc comptait 85 000 moutons dont 500 brigasques et 670 vaches.

Inventaire du vivant[modifier]

En association avec le parc italien, un inventaire du vivant sans précédent en Europe est en cours de réalisation depuis 2007 sur le territoire des deux parcs. Sur une période de dix ans, des chercheurs vont dresser un inventaire de la biodiversité de cette zone naturelle. Les principales espèces concernées par ce travail sont les petits invertébrés. En 2008, seul le parc national américain des Great Smoky Mountains a déjà lancé un programme, depuis 1998, d'un telle envergure de recensement du vivant sur une zone délimitée[8].

Projet controversé des Balcons du Mercantour[modifier]

En août 2008, le Président du Conseil général des Alpes-Maritimes, Christian Estrosi, lance un projet d'aménagement de sentiers en montagne baptisé Balcons du Mercantour[9]. Ce projet, d'un coût de 20 000 000 d'euros, vise, à terme (2011), à la création d’un itinéraire de randonnée de haute altitude, reconnu internationalement, à l’image du Tour du Mont Blanc, de Chamonix-Zermatt ou des Dolomites et prévoit la création ou le réaménagement de 140 kilomètres de sentiers le long de la crête frontalière du massif du Mercantour et la construction ou la réhabilitation de douze refuges (dont certains en zone centrale du Parc national). Une des volontés affichées du projet est d'ouvrir l'accès à la montagne au plus grand nombre, et en particulier aux familles, plus précisément, il s'agit d'en faire un « produit d'appel accessible à tout un chacun » selon les termes de M. Estrosi[10].

Cette annonce, faite alors que des pelleteuses sont déjà en action, mobilise très rapidement une forte opposition[11], certains défenseurs de l'environnement y voyant une irruption du tourisme de masse dans un espace protégé par le statut de Parc National, soulignent que la zone concernée par la première tranche des travaux est riche en espèces végétales protégées (notamment le Saxifrage à nombreuses fleurs, endémique au Mercantour) et dénoncent le manque de concertation dans ce dossier[12].

Deux manifestations successives (Refuge de Rabuons, samedi 20 septembre 2008 et Centre Administratif Des Alpes Maritimes, vendredi 26 septembre 2008) rassemblent des représentants du personnel du Parc National du Mercantour, des botanistes, des pratiquants de la montagne et des élus locaux.

Le 25 septembre 2008, Christian Estrosi annonce l'arrêt des travaux pour une durée de six mois et met finalement en place une commission de concertation.

Le projet est actuellement abandonné.

Notes[modifier]

  1. a et b Parc national du Mercantour, sur Parcs nationaux de France. Consulté le 28 mars 2010
  2. Developpement-durable.gouv.fr - Création du premier Parc naturel européen, 4 juin 2013
  3. Mercantour : une messe fait polémique, Le Figaro, 26 juillet 2012.
  4. Atlas du Parc National du Mercantour, De l’olivier aux landes et pelouses alpines, tous les étages de végétation sont représentés et se succèdent offrant la diversité d'un voyage fictif de la Méditerranée à l'Arctique. Le mélèze peut sans doute symboliser dans le Mercantour la beauté et la diversité de la végétation tant il mérite son titre d’"arbre de lumière". p. 56
  5. Geo N°380 Octobre 2010 p.52
  6. Cause et historique du retour du loup en France
  7. Atlas du Parc National du Mercantour, sur http://atlas.parcsnationaux.org, 2002. Consulté le 22 juillet 2012
  8. Le Monde, édition du 19 juin 2008, Un grand inventaire du vivant dans le Mercantour
  9. http://www.balconsdumercantour.fr Site officiel du projet
  10. "Les Balcons du Mercantour: un intinéraire haute altitude en projet" - Article de Jean-Pierre Largillet le 28 août 2008 sur Rivierabiz.com
  11. http://vigilance-mercantour.fr/blog Blog d'opposants au projet
  12. "Balcons du Mercantour: le projet fait débat" - Article de Jean-Pierre Largillet le 17 septembre 2008 sur Rivierabiz.com

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

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Bibliographie[modifier]

  • Collectif. Coordination et lecture : Christine Michiels pour le Parc national du Mercantour et Christiane Mattei pour le Conseil général des Alpes-Maritimes ; Conseillers scientifiques : Georges Barbier, Jean-Paul David, Jean-Loup Fontana, Jean-Claude Malausa, Parc national du Mercantour, Un pays et sa mémoire à découvrir et à partager, Paris, Guides Gallimard, juin 2002, 264 p. (ISBN 2-74-240884-3).
    Lac d’Allos, Vallée des Merveilles, Gélas, Alpages, Gorges de Daluis, Fortifications, Alpi-Maritime, Randonnées - Roya-Bévéra, Vésubie, Haut-Var, et Cians, Tinée, Haut-Verdon, Ubaye
     

Liens externes[modifier]