Chien de montagne des Pyrénées

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Chien de montagne des Pyrénées
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Chien de montagne des Pyrénées.
Chien de montagne des Pyrénées.

Espèce Chien (Canis lupus familiaris)
Région d’origine
Région Pyrénées Drapeau de la France France Drapeau de l'Espagne Espagne
Caractéristiques
Silhouette 50 à 64 kg, chien de grande taille, fortement charpenté
Taille 65 à 80 cm, grand chien
Poil Assez long, plat et souple, bien fourni
Robe Blanche, ou blanche avec des taches grises, jaunes ou orange
Tête Pas trop forte, stop en pente douce, cou fort, truffe entièrement noire
Yeux Petits, en amandes, légèrement obliques, de couleur brun ambré
Oreilles Tombantes, plutôt petites, situées à hauteur de l'œil
Queue Assez longue, touffue, en panache, fournie
Caractère affectueux, agressif envers les inconnus au troupeau, protecteur envers le troupeau, obstiné. Réservé à l'égard des inconnus.
Nomenclature FCI
  • groupe 2
    • section 2.2
      • no 137

Le chien de montagne des Pyrénées ou montagne des Pyrénées ou patou (occitan : pastor[1]) est une race ancienne de chien de berger, utilisé dans les Pyrénées pour la protection des troupeaux contre les attaques des prédateurs. Chien de grande taille, fortement charpenté, à poils longs et robe blanche, il est mentionnée dans des écrits dès le XIVe siècle et le standard de race est fixé au début du XXe siècle.

Élevé et socialisé en famille, c'est aussi un chien de garde ou un chien de compagnie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, il est utilisé pour garder les châteaux et protéger les troupeaux contre les prédateurs (ours, loups, lynx et même l'homme). Il est mentionné au XIVe siècle par Gaston Phoebus. Très apprécié au XVIIe siècle, il partagea la gloire de la cour du roi Louis XIV.

La première description du patou apparaît dans le livre du comte de Bylandt en 1897. Le standard officiel auprès de la Société centrale canine est enregistré en 1923, à l'initiative de M. Sénac-Lagrange, membre de la Réunion des amateurs de chiens pyrénéens. Le standard actuel a très peu été modifié depuis, seuls des détails y ont été ajoutés.

Le patou s'était fait plus rare dans les campagnes en raison de la disparition des grands prédateurs mais suite au retour du loup dans les Alpes françaises, il connaît un regain d'intérêt auprès des bergers.

En 1965 il a été rendu célèbre par la série télévisée française Belle et Sébastien, puis par la version animée japonaise homonyme.

Standard[modifier | modifier le code]

Standard du chien de montagne des Pyrénées élaboré en 1923.

Tête[modifier | modifier le code]

La tête ne doit pas paraître trop forte en comparaison de la taille. La largeur maximale du crâne est égale à sa longueur. Il est légèrement bombé du fait de la crête sagittale perceptible au toucher. La protubérance occipitale étant apparente, le crâne en sa partie postérieure a une forme ogivale. Les arcades sourcilières ne sont pas marquées, le sillon médian est à peine perceptible au toucher entre les yeux. Le stop est en pente douce.

Can montaña Pirineos.JPG

Le museau est large, légèrement plus court que le crâne, s'amenuisant progressivement vers son extrémité. Vu de dessus il a la forme d'un V à la pointe tronquée. Il est bien rempli sous les yeux. La truffe est entièrement noire. Les babines sont peu tombantes et recouvrent juste la mâchoire inférieure. Elles sont noires ou très fortement marquées de noir, ainsi que le palais. La denture doit être complète, les dents saines et blanches. Les incisives supérieures recouvrent les incisives inférieures sans perte de contact.

Les yeux sont plutôt petits, en amande, légèrement obliques, d'expression contemplative et de couleur brun ambré. Les paupières ne sont jamais lâches, elles sont bordées de noir. Le regard est doux et rêveur. Les oreilles sont placées à hauteur de l’œil, assez petites et de forme triangulaire, elles s'arrondissent à leur extrémité. Elles tombent à plat contre la tête, et sont portées un peu plus haut lorsque le chien est en éveil.

Le cou est fort, assez court, avec des fanons peu développés.

Les défauts de la tête sont les suivants :

  • Tête trop lourde, de forme rectangulaire.
  • Crâne trop large, front bombé.
  • Stop trop marqué ou inexistant.
  • Lèvres trop descendues formant babine.
  • Pigmentation insuffisante de la truffe, du bord des paupières et des lèvres.
  • Yeux ronds, clairs, enfoncés ou proéminents, trop grands ou trop petits, trop rapprochés ou trop écartés. Troisième paupière visible. Expression dure.
  • Oreilles larges, longues, papillotées, plissées, portées rejetées en arrière, attachées haut.

Corps[modifier | modifier le code]

Le chien de montagne des Pyrénées mesure de 70 à 80 cm au garrot pour les mâles et de 65 à 75 cm pour les femelles. Une tolérance de 2 cm au-dessus est admise pour les sujets parfaitement typés.

Le Chien de Montagne des Pyrénées, 2 ans et demi

La longueur du corps de la pointe de l'épaule à la pointe de la fesse est légèrement supérieure à la hauteur du chien au garrot. La hauteur du sternum au sol est à peu près égale à la moitié de la hauteur au garrot mais jamais inférieure. Le garrot est large, le dos est solide. La croupe est légèrement obliques avec des hanches assez saillantes. Le flanc est peu descendu.

La poitrine est large et profonde. Elle descend au niveau du coude, pas plus bas, sa hauteur est égale ou légèrement inférieure à la moitié de la hauteur du chien au garrot. Les côtes sont légèrement arrondies.

La queue descend au moins à la pointe du jarret. Elle est touffue et forme un panache, elle est portée basse au repos, avec son extrémité formant un crochet de préférence. Elle se relève sur le dos en s'arrondissant fortement, seule son extrémité touchant le rein (en faisant la roue, « arroundera » selon l'expression des montagnards pyrénéens) quand le chien est en éveil.

Les pattes avant sont d'aplomb, forts. Le bras est musclé et de longueur moyenne, l'avant bras est droit, fort et bien frangé. L'épaule est moyennement oblique. Le pied est peu allongé, compact, avec les doigts un peu cambrés. Les postérieurs présentent des franges plus longues et plus fournies que les antérieurs. Vus de derrière, ils sont perpendiculaires au sol. La cuisse est bien musclée, pas très longue et moyennement oblique, « gigotée ». Le grasset est moyennement angulé et dans l'axe du corps.

La jambe est de longueur moyenne et forte. Le jarret est large, sec, moyennement coudé. Les membres postérieurs portent chacun des ergots doubles et bien constitués. Les membres antérieurs portent parfois des ergots simples ou doubles.

La démarche du chien de montagne des Pyrénées est puissante et aisée, jamais empreinte de lourdeur, le mouvement est plus ample que rapide, et non dénué d'une certaine souplesse, ni d'une certaine élégance. Les angulations de ce chien lui permettent des allures soutenues.

Robe[modifier | modifier le code]

Un chiot de race montagne des Pyrénées âgé de deux mois

Épaisse et souple, la peau présente souvent des taches de pigmentation sur tout le corps. Le poil est bien fourni, plat, assez long et souple, assez crissant sur les épaules et le dos, plus long à la queue et autour du cou où il peut onduler légèrement. Le poil de la culotte, plus fin et plus laineux est très fourni. Le sous-poil est également bien fourni.

La robe est blanche ou blanche avec des taches d'apparence grise (poil de blaireau ou louvet) ou jaune pâle, ou orange (« arrouye ») en tête, aux oreilles et à la naissance de la queue et parfois sur le corps. Les taches poil de blaireau sont les plus appréciées.

Caractère[modifier | modifier le code]

Au sein d'un troupeau, c'est un gardien remarquable. Son rôle n'est pas de rassembler les moutons mais de les protéger. Pour ce faire, on l'habitue très tôt à vivre avec eux, de sorte qu'il les considère ensuite comme sa famille. Si le chien détecte un intrus, il aboie et s'interpose entre le troupeau et ce qu'il considère comme une menace. Il faut pourtant faire très attention en montagne, car étant très protecteur pour le troupeau, il n'hésitera pas à mordre les promeneurs qui passeront à proximité.

Au sein d'une famille, c'est un animal qui est naturellement un bon gardien, du fait de son caractère protecteur. Il possède un grand sens de la famille et sait très bien reconnaître des amis qu'il n'a pas vus depuis longtemps. Très doux avec les enfants et plutôt placide, il est cependant peu adapté à la vie citadine. C'est en effet un chien qui a besoin d'espace et dont l'aboiement puissant peut se révéler une source de gêne pour les voisins.

Santé[modifier | modifier le code]

Famille de trois générations : grand mère, mère et fils.

Le chien de montagne des Pyrénées peut présenter des problèmes au niveau des hanches, et plus rarement des coudes, souvent d'origine génétique. Comme tout chien de race géante : OCD, osteochondrite disséquante des épaules, unilatérale ou bilatérale. Luxation de rotule, unilatérale ou bilatérale. Entropion aux yeux. Si tout se passe bien, il peut avoir de 9 à 12 petits. Il vit à peu près 12 ans. Vers 10 ans ou voire un peu avant, le chien peut avoir des becs de perroquet qui poussent sur la colonne et peuvent amener une paralysie totale des membres ; à faire vérifier chaque année.

Le Patou est sujet à la torsion dilatation de l'estomac comme tout grand chien, il est important et impératif de le nourrir deux fois par jour à l'âge adulte. Ne pas occasionner d'effort, de jeux, de stress, de travail avant et après le repas. Le Patou n'est pas un gros mangeur donc sa nourriture doit-être de très grande qualité en apport énergétique et hautement digestible.

Il est également de la plus haute importance de ne jamais laver son chien Montagne des Pyrénées, s'il est sale, il suffit d'attendre qu'il sèche, et de lui donner un bon brossage, son poil auto-nettoyant s'il n'est pas lavé le protègera contre les intempéries. En temps normal, brossez votre chien Patou toutes les semaines afin d'éviter les nœuds aux culottes, à la queue, derrière les oreilles surtout. En période de mue ne soyez pas surpris de la perte considérable de sa belle fourrure surtout avant les fortes chaleurs.

Les différents chiens de montagne des Pyrénées[modifier | modifier le code]

Le patou est souvent confondu avec le labrit ou berger des Pyrénées, considéré aujourd'hui comme le plus ancien chien de berger français (il fut exposé en 1921).

Montagne pyrenees.jpg
  • Caractéristiques : c'est, contrairement au patou (grand chien de garde), un chien de taille moyenne (de 40 à 50 cm), de physionomie légère. Sa tête ressemble à celle de l'ours brun, avec une truffe noire, des yeux marron aux paupières cernées de noir et des oreilles droites. Il possède, en outre, des membres nerveux et musclés. Son poil est long et raide, épais et laineux sur le dos. La robe peut être de couleur grise, gris argent, blanc/jaune avec des graduations variées.
  • Aptitudes : Le labrit a la réputation d'être un chien vif, audacieux et intelligent mais aussi rustique (rarement malade, résistant non seulement aux intempéries, mais aussi à des maladies comme celle de Carré) et résistant. Il supporte la faim pendant plusieurs jours, car il est réputé brouter de l'herbe (qui sans vraiment le nourrir, trompe sa faim). Aussi, il n'est pas rare de voir dans un même troupeau, spécialement en Espagne, un Berger et un Montagne des Pyrénées, car ils ont deux fonctions fort distinctes.

Emplois : utilisé pendant les guerres comme chien de guerre mais uniquement pour la recherche des blessés, aujourd'hui il se distingue comme un excellent chien de berger. Sa vivacité et sa fidélité en font également un chien de compagnie très apprécié.

Races cousines[modifier | modifier le code]

Télévision et cinéma[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antonio Guardamagna, Le chien de montagne des Pyrénées, De Vecchi,‎ 1995 (ISBN 2732821357)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Occitan pastor prononcé « pastour »

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]