Kachgar

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Kachgar
Qeşqer (Kāchí) 喀什 (قەشقەر)
Localisation de la ville de Kachgar dans la préfecture de Kachgar (en jaune)
Localisation de la ville de Kachgar dans la préfecture de Kachgar (en jaune)
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Région autonome ouïghoure du Xinjiang
Préfecture Kachgar
Statut administratif Ville-district
Code postal 844000[1]
Code aéroport KHG
Indicatif 998
Démographie
Population 400 225 hab. (2010)
Densité 721 hab./km2
Géographie
Coordonnées 39° 28′ 00″ N 76° 03′ 00″ E / 39.466667, 76.0539° 28′ 00″ Nord 76° 03′ 00″ Est / 39.466667, 76.05  
Altitude 1 290 m
Superficie 55 500 ha = 555 km2
Températures
moyennes
mois le plus froid −6 °C
mois le plus chaud +26 °C
annuelles +11,6 °C
Pluviométrie 58 mm
Localisation

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Kachgar

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Kachgar

Kachgar (Kashgar, Kashi) (喀什 ; pinyin : Kāshí ; ouïgour : قەشقەر / Qeşqer, ou يېڭىشەھەر [2]) est une ville de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang (ou Turkestan chinois). Son nom signifie « caverne (ghar en arabo-persan) de jade (qash en ouïgour) ».

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville de Kachgar se situe à l'ouest du désert du Taklamakan au pied des montagnes du Tian Shan. L'oasis de Kachgar se trouve au point de rencontre des routes nord et sud qui contournent le désert de Taklamakan. La route du Karakoroum qui emprunte le col de Khunjerab relie Kachgar à la ville d'Islamabad au Pakistan. Le Kirghizistan voisin est aussi accessible depuis Kachgar via les cols de Torugart et d'Irkeshtam.

Histoire et culture[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Sous la dynastie chinoise des Han, le général han Ban Chao fut envoyé pour soumettre les royaumes de la région qui s'étaient rebellés. Après avoir soumis la région, il y installa des souverains pro-chinois, et poussa ses explorations vers l'Ouest jusqu'à la Mésopotamie et au-delà.
  • Pendant toute la période allant du IIe siècle jusqu'à l'arrivée de l'Islam au IXe siècle, Kachgar et sa région furent une terre où dominait le bouddhisme hīnayāna (« Petit Véhicule »).
  • À l'époque de la dynastie Tang (618-907), les Chinois avaient pleine souveraineté sur Kachgar, et y installèrent une garnison.
  • Le christianisme se diffusa en Chine, sous sa forme nestorienne, à partir de l'an 635. On trouve encore un évêché nestorien à Kachgar au XIVe siècle[3].
  • L'avancée de l'Islam, au IXe siècle, repoussa la mainmise chinoise.
  • Au XIIIe siècle, ce sont Gengis Khan et ses successeurs qui prennent le contrôle de la région (et d'ailleurs, de la Chine); puis ce furent les armées de Tamerlan qui déferlèrent sur l'Asie centrale; vinrent ensuite des guerres entre différentes tendances religieuses de l'islam[4].
  • Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que l'Empire chinois retrouva la maîtrise de Kachgar et de sa région.
  • L'intérêt de la Russie pour la région fut au XIXe siècle un foyer d'instabilité dans le Turkestan chinois. Profitant de cette situation et de la lassitude des musulmans de la région vis-à-vis du despotisme mandchou, le chef militaire Yakoub Beg (ou en transcription anglaise Yaqub Beg; en pinyin 阿古柏 ; en persan یعقوب بیگ) conquiert Kachgar et Yarkand et prend progressivement le contrôle de la région. D'abord vassal du Khan de Kokand, il déclare l'indépendance de la Kachgarie ou Kasgharie en 1866, et y établit un pouvoir musulman, qui fut vite contesté par ses sujets. Profitant de la concurrence entre Chine, empire ottoman, Russie et Grande-Bretagne, Yakoub Beg signa des traités avec ces dernières puissances et obtint des armes de l'empire ottoman, mais fut impuissant à décider ses partenaires à le soutenir effectivement contre la première. Les forces chinoises, menées par le général Tso tsung T'ang, entamèrent la reconquête et défirent les forces de Yakoub Beg, qui meurt (à un moment et dans des circonstances donnant lieu à controverse) vers 1877.

Culture[modifier | modifier le code]

Yak au marché de Kachgar

Kachgar a été le point de rencontre des routes de la soie du Sud et du Nord pendant deux mille ans, car c'était un lieu remarquablement situé, après la traversée du désert de Taklamakan à l'Est, et après les hautes montagnes du Pamir lorsqu'on vient de l'Ouest, et qu'il fallait échanger les yaks contre des chameaux. Sa population à 90 % ouïghoure continue d'exercer sa vocation principale : le commerce. À la différence d'Ürümqi, la capitale officielle du Xinjiang, complètement chinoise, Kachgar a su rester une ville à l'identité ouïgoure fortement marquée. Celle-ci est notamment réputée dans la région pour son marché du dimanche, réputé le plus gros marché d'Asie centrale, et où se pressent des commerçants de tous les pays alentour (Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizistan, Afghanistan, Pakistan et Inde).

À la fin des années 2000, les autorités ont lancé un programme de destruction de la vieille ville ouïgoure, dont les habitants sont relogés dans de nouveaux quartiers en périphérie (jusqu'à plusieurs kilomètres de distance). Selon le magazine Time, plus de 85 % du vieux Kachgar devrait être rasé avant fin 2009[5]. Ainsi, sous prétexte de « rénovation » afin de palier les risques sismiques consécutifs au séisme de 2008, de nombreuses habitations historiques de Kachgar sont détruites afin de bâtir des maisons certes plus sûres, mais que les locaux assimilent à la destruction d'un patrimoine architectural[6].

Kachgar est le lieu d'origine du linguiste Mahmoud de Kachgar qui composa vers 1075 en arabe un remarquable Recueil des langues turques (dîwân lughât 'at-turk) qui est une source précieuse de connaissance de divers dialectes turcs médiévaux.

Un conte des Mille et une nuits (Le Conte du tailleur, du bossu, du Juif, de l’Intendant et du Chrétien) se déroule à Kachgar.

Principaux monuments et sites[modifier | modifier le code]

Le tombeau d'Abakh Khoja
  • Mosquée de Aid Kah : C'est la plus grande mosquée de Kachgar, et peut-être la plus grande en Chine. Cette « mosquée du Vendredi » peut abriter jusqu'à 10 000 fidèles. Dans son état actuel, elle remonte à la première moitié du XVIIIe siècle, mais fondée en 1442. La salle des prières est soutenue par 140 piliers de bois.
  • Tombe de Yusup Hazi Yajup : C'est la tombe d'un poète et d'un penseur ouighour du XIe siècle. Son poème épique, La connaissance du bonheur, est particulièrement connu. La tombe est surmontée d'une coupole bleue.
  • Mausolée d'Abakh Khoja : Construit au XVIIe siècle, c'est le lieu le plus sacré du Xinjiang, et l'un des plus beaux exemples d'architecture islamique en Chine. Abakh Khoja était à la tête de six villes de la région, tout en étant vénéré comme un prophète. Sa renommée était telle que ce mausolée prit finalement son nom, alors qu'il avait en fait été construit pour son père Yusup. On appelle aussi ce mausolée du nom de Xiang Fei, en souvenir de la petite-fille de Abakh Khoja, Iparhan, qui fut la « concubine parfumée » de l'empereur Qianlong.
  • Grottes des Trois Immortels (Sianxian Dong) : Ces trois grottes datent probablement du IIe siècle après Jésus-Christ. Ce sont donc les grottes bouddhistes les plus anciennes de Chine. Elles sont situées en hauteur sur une falaise de grès, au point d'être pratiquement inaccessibles.
  • Ruines de Ha-Noi : C'était une ville du temps de la dynastie Tang, pendant la seconde moitié du VIIe siècle. On y voit des vestiges de puits karez, destinés à irriguer l'endroit[7].
  • Wupoer : On y trouve la tombe de Mahmoud de Kashgar, l'éminent linguiste du XIe siècle précédemment cité. Son tombeau a été reconstruit en 1983.

Population[modifier | modifier le code]

La population était estimée à 400 225 en 2010 et à 318 890 habitants en 1999[8]

La population est à forte majorité ouïghoure, bien que la proportion de Hans soit en constante progression.

On y parle l'ouïghour et le dialecte chinois de Kachgar du mandarin Zhongyuan.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Kachgar est de type désertique avec une pluviométrie annuelle de seulement 64 mm. Les températures connaissent de forts contrastes en fonction de la saison en raison du caractère continental du climat. Les températures moyennes vont d'environ −6 °C pour le mois le plus froid à +26 °C pour le mois le plus chaud, avec une moyenne annuelle de 11,8 °C[9].

Relevé météorologique de Kachgar-altitude:1289 m (période 1961-1990)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −10,7 −6,5 1,6 8,6 12,8 16 18,6 17,4 12 4,7 −1,9 −8,1 5,4
Température moyenne (°C) −5,6 −1,2 7,7 15,5 19,9 23,6 25,7 24,4 19,4 12,3 3,7 −3,9 11,8
Température maximale moyenne (°C) 0,2 4,7 13,9 22,1 26,5 30,3 32,1 30,8 26,2 19,7 10,1 1,5 18,2
Précipitations (mm) 2,5 5,5 5,8 5,5 11,4 6,5 7,5 8,3 5,9 2,5 1,9 1,2 64,5
Nombre de jours avec précipitations 0,8 1,3 1 0,9 1,4 1,5 1,3 1,7 1,2 0,6 0,4 0,3
Source : Le climat à Kachgar (en ° C et mm, moyennes mensuelles) Hong-Kong Observatory


Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques du Xinjiang, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. Noms géographiques, « يېڭىشەھەر: Chine », Geomondiale.fr (consulté le 21 Janvier 2013)
  3. * De Babylone à Pékin, l'expansion de l'Église nestorienne en Chine par Joseph Yacoub, Professeur de sciences politiques à l’université catholique de Lyon.
  4. Judy Bonavia : Route de la Soie. Éditions Olizane, pages 247 à 251, ISBN 2-88086-343-0
  5. Time (magazine), v. 174, n° 9, du 7 septembre 2009, p. 40.
  6. Patrick Saint-Paul, « Les Ouïgours sous une poigne de fer », in Le Figaro, jeudi 7 novembre 2013, page 12.
  7. Judy Bonavia : Route de la Soie. Éditions Olizane, pages 252 à 257, ISBN 2-88086-343-0
  8. (en) National Population Statistics Materials by County and City - 1999 Period, in China County & City Population 1999, Harvard China Historical GIS
  9. (en) Températures et pluviométrie moyennes à Kachgar, Historique des relevés météorologiques à Kachgar

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]