Ouïghour

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la langue ouïghoure. Pour le peuple ouïghour, voir Ouïghours.
Ouïghour
ئۇيغۇرچە [Uyƣurqə] ou ئۇيغۇر تىلى [Uyƣur tili]
Parlée en Chine, Kazakhstan, Turquie, Ouzbékistan, Kirghizie
Région Xinjiang
Nombre de locuteurs est. 8 à 20 millions (2002)
Typologie SOV
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Xinjiang
Régi par Comité de la langue et de l'écriture ethnique du Xinjiang
Codes de langue
ISO 639-1 ug
ISO 639-2 uig
ISO 639-3 uig
IETF ug
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

L'ouïghour (en ouïghour : ئۇيغۇرچە Uyƣurqə ou ئۇيغۇر تىلى Uyƣur tili; en mandarin : 维吾尔语, Wéiwúěryǔ ; russe : Уйгурский) est une langue appartenant au groupe des langues turques de la famille des langues altaïques[1]. Il est parlé en Asie centrale, principalement au Xinjiang, en Turquie et au Kazakhstan. En français, on peut trouver le nom écrit sous les formes suivantes : ouïgour, ouigour, ouighour, uigur. On prononce en français (API) [uiguːʀ][2] ou [uiguʀ][3].

Les écritures ouïghoures[modifier | modifier le code]

Alphabets comparés : ouïghour en écriture arabe et en écriture latine.

L'ouïghour a d'abord été écrit dans un alphabet dérivé du sogdien. À partir de l'an 1000, des textes ouïghours en alphabet arabe apparaissent, suite à la conversion des Ouïghours à l'islam. En 1956, l'alphabet cyrillique est adopté, mais, dès 1959, on l'abandonne pour l'alphabet latin. En 1981, les autorités chinoises décident du retour à l'écriture arabe pour satisfaire les revendications des élites musulmanes ouïghoures[4].

L'écriture arabe ouïghoure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Écriture ouïghoure arabisée.

L'écriture latine ouïghoure[5][modifier | modifier le code]

L'UKY (« Uyghur Kompyutér Yéziqi » ou écriture latine ouïghoure), créé par un comité d'utilisateurs, d’informaticiens et de linguistes en 2001 comme forme unique de romanisation dans le contexte informatique, utilise l’alphabet latin avec la valeur des lettres la plus commune dans la communauté internationale et en limitant au minimum le recours à des signes diacritiques. Il vise ainsi à résoudre les problèmes d’entrée de l’ouïghour écrit dans les alphabets actuellement en usage (arabo-persan, pinyin, cyrillique ou même turc) sans pour autant ajouter la difficulté d’apprentissage d’un système de transcription trop complexe. Il faut préciser ici que jusqu’à l’apparition du UKY, les Ouïghours se trouvaient contraints d’avoir recours au chinois ou de créer leurs propres transcriptions, souvent peu systématiques, pour utiliser l’ordinateur ou communiquer sur le web. Ainsi, la lettre q pouvait souvent transcrire le son [tch] aussi bien que le son [q] et la lettre x représentait le plus souvent le son [ch].

Les autorités du Xinjiang ont décidé de permettre l’utilisation du UKY à titre expérimental, ce qui lui a permis de prendre un essor rapide. Aujourd’hui, certains sites Internet ouïghours et quelques livres ouïghours en ligne utilisent cette transcription. Il existe plusieurs logiciels pour convertir entre l’UKY, le cyrillique ouïghour et l'écriture arabo-persane.

L’introduction de l’UKY ne vise pas à mettre fin à l’existence de l’écriture arabo-persane. En effet, il existe de plus en plus de programmes informatiques en écriture arabo-persane mais les réalités socioéconomiques des régions ouïghoures se combinent aux difficultés techniques pour en limiter la portée.

Classification[modifier | modifier le code]

L'ouïghour appartient aux langues turques de l'est.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

L'ouïghour est parlé par 8,5 millions de personnes (chiffres de 2004) en Chine, principalement dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. L'ouïghour est aussi parlé par 300 000 personnes au Kazakhstan et il existe des communautés ouïghourophones en Afghanistan, en Australie, en Allemagne, en Inde, en Indonésie, au Kirghizstan, en Mongolie, au Pakistan, en Arabie saoudite, à Taïwan, au Tadjikistan, en Turquie, au Royaume-Uni, en France, aux États-Unis et en Ouzbékistan.

La population ouïghoure [1][modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ouïghours.
Jeune fille ouïghoure

Les Ouïghours constituent aujourd’hui la plus importante (officiellement, près de 9 millions) des minorités nationales reconnues de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang (« nouveau territoire ») de Chine, que les Ouïghours appellent le Turkestan oriental. Les Ouïghours, peuple de langue turque dont le nom signifierait « alliance, unité », habitent traditionnellement en Asie centrale, dans les oasis du Taklamakan, les bassins de Turfan et de la Dzoungarie et dans une partie du Ferghana. L’Empire ouïghour de Mongolie et les royaumes qui lui ont succédé en Asie centrale (Abdushükür Muhemmetimin, 2002) ont connu une brillante civilisation, jusqu’à leur absorption dans l’Empire mongol au XIIIe siècle. Au cours de cette histoire, les Ouïghours ont adopté le chamanisme, le manichéisme, le bouddhisme et le nestorianisme pour finalement se convertir à l’islam sunnite à partir du moment où les conquérants arabes battirent les Chinois en 751, ouvrant la voie à l’islamisation de l’Asie centrale. Sous l’influence de ces religions, les Ouïghours ont utilisé successivement et parfois de manière concurrentielle un grand nombre de systèmes d’écriture (turco-runique, brahmi, tokharien, sogdien) avant de développer sur la base de l’un des alphabets sogdiens leur propre système graphique, appelé depuis écriture ouïghoure ancienne. L’arrivée de l’islam et l’absorption des régions de peuplement ouïghour dans l’empire turco-mongol musulman des descendants de Gengis Khan (empire Djaghataï) ont amené le remplacement progressif de cette écriture par un alphabet arabo-persan, mais elle est passée aux Mongols puis aux Mandchous

Aujourd’hui, les Ouïghours de la Région autonome ouïghoure de Chine, après vingt ans de romanisation sur base d’un système inspiré du pinyin chinois, utilisent de nouveau l’alphabet arabo-persan (dorénavant « écriture ouïghoure »), mais sous une forme modifiée. La dernière réforme d’alphabet ouïghour a été réalisée en 1983. Aujourd’hui, l’arabe modifié est l’écriture officielle de la région autonome ouïghoure de Chine, qui se compose de vingt-quatre consonnes et huit voyelles. Elle comporte vingt-sept lettres arabes modifiées et cinq lettres persanes.

Statut officiel[modifier | modifier le code]

Les Ouïghours sont une des cinquante-six minorités reconnues de Chine, et l'ouïghour est la langue officielle du Xinjiang.

Dialectes[modifier | modifier le code]

Les dialectes recensé sont l'ouïghour central, le hotan (ou hetian) et le lop (ou luobu).

Phonologie[modifier | modifier le code]

La structure syllabique peut être CV, CVC ou CVCC. L'ouïgour n'est pas une langue tonale.

Grammaire[modifier | modifier le code]

L'ouïghour est une langue SOV, elle emploie des postpositions, les compléments d'un nom se trouvent avant celui-ci. Les mots interrogatifs se trouvent en début de phrase. Il s'y trouve des préfixes et des suffixes. Les noms peuvent se trouver sous 8 cas différents, indiqués par des suffixes. Les verbes portent le nombre, la personne et l'un des 3 degrés de respect.

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Il provient majoritairement des langues turques, mais à l'instar de l'ouzbek, il a intégré de nombreux mots d'origine perse. De nombreux mots internationaux se sont introduits en ouïgour via le russe.

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Turc de Turquie Persan (Farsi)
terre zimin zemin zamin
ciel asman gökyüzü asman
eau su su ab
feu ot ates atas
homme adem adam adam/mard
femme ayal (xotun) kadın zan
manger yimek yemek khordan
boire ichmek içmek nushidan
beaucoup köp, jiq çok
petit kichik küçük kuchak
nuit keche gece shab
jour kün gün ruz

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Recherches sur le traitement informatique d’une langue turcique agglutinante : l’ouïghour (Waris A. Janbaz 2004-2009)
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « ouïghour » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. Le Grand Robert de la langue française (2009, en ligne, payant)
  4. (en) http://www.omniglot.com/writing/uyghur.htm
  5. (en) Une Introduction à l'écriture latine ouïghoure (Waris A. Janbaz 2006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]