Korčula

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Korčula
Curzola (it)
Image illustrative de l'article Korčula
Géographie
Pays Drapeau de la Croatie Croatie
Coordonnées 42° 57′ 00″ N 17° 07′ 00″ E / 42.95, 17.116667 ()42° 57′ 00″ N 17° 07′ 00″ E / 42.95, 17.116667 ()  
Superficie 279 km2
Côtes 182 km
Point culminant Pic de Klupca (568 m)
Administration
Comitat Comitat de Dubrovnik-Neretva
Démographie
Population 16 182 hab. (2001)
Densité 58 hab./km2
Plus grande ville Korčula
Autres informations
Fuseau horaire GMT+1

Géolocalisation sur la carte : Croatie (relief)

(Voir situation sur carte : Croatie (relief))
Korčula
Korčula
Catégorie:Île de Croatie

Korčula est une île de la mer Adriatique appartenant à la Croatie.

Géographie et tourisme[modifier | modifier le code]

En quittant la ville de Korčula, véritable musée en plein air, on trouve la riche verdure de l'île, les villages de viticulteurs, de producteurs d'huile d'olive et de pêcheurs. Les produits les plus renommés de l'île sont les vins - rouge (Plavac) et blancs (Pošip, Grk et Rukatac) – et l'huile d'olive pressée comme autrefois.

Aujourd'hui, Korčula est l'île la plus peuplée de Croatie. Cela fait plus de cent ans que les visiteurs sillonnent l'île ; le tourisme y est, pour ainsi dire, une tradition.

Les œuvres d'artistes de la culture croate, comme Marko Andrijić, Blaž Jurjev Trogiranin, Ivan Progonović, voisinent avec celles du Tintoret, de Tiziano Aspetti, de Leandro Bassano et d'autres encore. Avec les collections d'objets d'arts, elles ornent la ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ville de Korčula

Korčula (en italien Curzola) a été fondée par les Grecs au IVe siècle av. J.-C. (Corcyra Melaina, en français Corcyre noire). La forteresse de la ville, construite avec des pierres provenant de l'île voisine, Vrnik, a pris sa forme actuelle aux XIVe et XVe siècles.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • IIIe/IIe millénaire av. J.-C. – De riches découvertes à l'intérieur de grottes, principalement dans la caverne de Vela Špilja à Vela Luka, témoignent d'une culture néolithique et des contacts de l'île avec les autres régions de la mer Méditerranée
  • IIe/Ier millénaire av. J.-C. – Les tribus illyriennes peuplent l'île. Les gradine, forteresses en hauteur conservées jusqu'à nos jours, ainsi que d'autres découvertes archéologiques datent de cette époque
  • VIe siècle av. J.-C. – Première colonisation grecque. L'île fut baptisée Corcyra Melaina (Melaina signifiant « sombre, noir » devait servir à différencier Korčula, riche en végétation, de Corfou qui se nommait aussi Corcyre)
  • IVe siècle av. J.-C. – Deuxième colonisation grecque. La Psephis de Lumbarda, une pierre gravée, est le monument le plus ancien de Croatie, et a été conservée jusqu'à nos jours. Cette stèle témoigne de la déclaration de l'assemblée législative : sur la fondation et la construction de la ville, sur le partage des terres entre les colons, sur la volonté d'une vie commune en paix avec les Illyriens résidents dans l'île.
  • 229 av. J.-C. – Korčula – Corcyra Nigra ou Korčula la Noire, passe pour la première fois sous la domination de Rome. Les tribus illyriennes menacèrent la paix, avec une succession de campagnes de guerre contre Rome, qui géra ces attaques avec plus ou moins de succès.
  • 35/34 av. J.-C. – Le chef militaire romain Octavien – le futur empereur Auguste – assaille et occupe le Korčula illyrien et laisse mettre à mort ou réduire à l'esclavage la totalité de la population de l'île. La destruction de l'État illyrien a eu lieu sous le règne de cet empereur. Le littoral adriatique devient, à cette époque, un territoire rattaché à la province romaine d'Illyricum.
  • 476 ap. J.-C. – À la chute de l'Empire romain d'Occident, Korčula se retrouve, en 480, sous la régence du roi ostrogoth Théodoric
  • Ve siècle – L'ancienne église sur l'îlot de Majsan est le témoignage le plus ancien du christianisme à Korčula
  • 535 – Korčula, partie constituante de la province de Dalmatie, passe sous la régence byzantine, pendant le règne de l'empereur Justinien
  • VIIIe siècle – La tribu Neretljani colonise Korčula qui prend le nom de Krkar
  • 925 – Intronisation de Tomislav, le premier roi croate
  • 945 – L'empereur byzantin Porphyrogénète rédige un document sur la ville croate de Krkar pendant son séjour sur l'île
  • 948 – Les Vénitiens paient un tribut aux rois croates pour pouvoir naviguer le long de la Côte Adriatique
  • 1000 – Le doge Pietro II Orseolo de Venise occupe Korčula. Ainsi commence l'ère de la régence vénitienne, avec, jusqu'en 1420, alternance de périodes de régences croate, hongro-croate, zahumlje et bosniaque
  • 1125/1180 – Korčula repasse sous la régence de Venise
  • 1214 – Le statut de la ville et de l'île est inauguré Statuta et leges civilitatis et insulae Curzulae' : livre et charte juridique concernant la vie, la régence de la ville et de l'île, base de l'autonomie de la communauté
  • 1254 – Marsilius Zorzi, noble vénitien, prend le pouvoir et renforce en 1214 le statut octroyé aux habitants de Korčula. Cette période de régence vénitienne dure jusqu'en 1358
  • 1254 – Le grand voyageur et explorateur vénitien, Marco Polo, serait né à Korčula
  • 7 septembre 1298 – Une importante bataille navale entre les flottes de Gênes et de Venise se déroule aux portes de la ville de Korčula. La flotte vénitienne est vaincue. Marco Polo se trouve parmi les prisonniers. Il sera libéré, en 1299, contre le versement d'une forte rançon
  • 1300 – Création de l'évêché de Korčula
  • 1301 – Création de la Confrérie de la Toussaint
  • 1420-1797 – La plus longue des périodes de la régence vénitienne
  • 1483 – Korčula est assaillie par la flotte napolitaine du roi Ferdinand Ier d'Aragon et de Sicile. Korčula se défend et gagne.
  • 15 août 1571 – A la veille de la bataille de Lépante, une imposante flotte turque sous le commandement du vice-roi d'Algérie, Euldsch-Ali (Ulus-Ali) assaille Korčula. Le conseiller vénitien (le Conte ou knez) et les troupes de mercenaires fuient l'île, mais les Korčulanais eux-mêmes, préparés par le prêtre Antun Rozanovic, décident de défendre leur ville. Cette campagne fut couronnée de succès. Cette grande victoire est considérée comme l'un des plus importants chapitres historiques de la ville et de l'île
  • 1529 – La grande épidémie de peste fait des ravages parmi toute la population de la ville et de l'île
  • 1637 – Naissance du plus célèbre poète et comédien de la période baroque de Korčula, Petar Kanavelic (décédé en 1719)
  • 1797Napoléon conquiert Venise
  • 1797-1805 – L'Autriche prend le pouvoir
  • 1805-1813 – La France prend le pouvoir : construction de routes et de forteresses
  • 1805-1806 – Korčula est attaquée par la flotte russe
  • 1813-1815 – Korčula est sous la tutelle de la Marine britannique jusqu'au Congrès de Vienne
  • 1815 De 1815 à 1918, la ville (au nom bilingue CURZOLA - KORZULA près 1867) fait partie de la monarchie autrichienne (empire d'Autriche), puis Autriche-Hongrie (Cisleithanie après le compromis de 1867), chef-lieu du district de même nom, l'un des 13 Bezirkshauptmannschaften de la province de Dalmatie[1].
  • 1828 – Le diocèse de Korčula est supprimé suite à l'abolition de l'archevêché de Dubrovnik
  • XIXe siècle – « Renaissance du nationalisme en Dalmatie ». La vie politique en Dalmatie, ainsi qu'à Korčula est caractérisée par un désir très fort d'unification de la Dalmatie avec la Croatie. À l'opposé de cette idée d'une nation croate, se trouvent les autonomistes qui militent pour les intérêts de l'État italien en Dalmatie
  • 20 juin 1866 – Une grande bataille, près de l'île de Vis, entre la flotte autrichienne, sous le commandement de l'Amiral Tegetthoff, et la flotte italienne, commandée par l'Amiral Persano, se termine par la défaite de cette dernière. C'est la fin de toute ambition politique de l'Italie à l'égard des régions de l'Adriatique Est. Beaucoup de marins de Korčula ont pris part à cette bataille
  • 1871 – Après les élections locales, la commune de Korčula passe sous tutelle croate. Les années qui suivent voient la création d'associations culturelles croates. L'enseignement du croate progresse, etc.
  • XIXe siècle – Korčula perd beaucoup de son influence stratégique avec le déclin de Venise et le déclin des métiers traditionnels. L'émigration de nombreux constructeurs de navire et tailleurs de pierre commence
  • 29 octobre15 novembre 1918 – Après la chute de l'Empire austro-hongrois, Korčula se trouve rattachée au nouvel État créé par les peuples slaves du Sud : le « SHS » (État des Slovènes, Croates et Serbes), issu de l'ancien Royaume d'Autriche. À cause de la menace italienne et hongroise et d'une politique intérieure faible, l'État « SHS » s'unit avec le Royaume de Serbie, créant ainsi la Yougoslavie (dite la première). La dynastie serbe Karađorđević en assure la gestion
  • 15 novembre 191819 avril 1921 – Première occupation italienne. Résistance des habitants de l'île contre cette occupation
  • 1921/1941 – (Première Yougoslavie) Début de la plus grande vague d'émigration de l'île, à la suite d'une épidémie de phylloxera (pou sur les ceps de vigne) et de la crise économique et sociale. La population de certains villages est réduite de moitié. Parallèlement à la montée du mécontentement du peuple, la résistance politique s'accroît envers la Royauté serbe et la terreur qu'elle répand.
  • 6 avril 194113 septembre 1944 – Pour Korčula, la Seconde Guerre mondiale commence avec l'invasion de la Yougoslavie par les troupes italiennes et allemandes. L'armée italienne occupe Korčula, qui devient annexée à l'État italien. Sur l'île, une petite unité de partisans organise la résistance contre cette occupation italienne. Pendant ce temps la majorité des combattants, qui ont rejoint les brigades de Tito, se trouve dans les montagnes, sur le continent. Beaucoup de réfugiés venant du continent sont arrivés à Korčula. Parmi eux, 700 juifs resteront sur l'île, jusqu'à ce que les Alliés occupent le Sud de l'Italie, où ils iront ensuite. Après la chute du régime fasciste en Italie (13 septembre 1943), Korčula est libre jusqu'au 22 décembre 1943. Après des combats acharnés, l'île est envahie par les troupes allemandes. C'est en avril 1944 que débute la lutte pour la libération de l'île. Cette lutte ne prendra fin qu'avec la retraite des allemands, en septembre 1944. Korčula a été cruellement atteinte par cette guerre : 651 combattants sont morts. On dénombre aussi 336 victimes civiles, sans parler des dégâts causés aux installations, constructions, matériaux…
  • 1945/1965 – Création de la seconde Yougoslavie. Les réformes de structure d'après guerre et la construction navale ne donnent pas suffisamment de travail à tous. Le manque d'emploi, les aspirations et espérances déçues sont la cause d'une persistance de l'émigration, principalement vers l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
  • 1965/1990 – Le développement du tourisme avec la construction d'hôtels modernes et confortables, et le développement opportun d'autres secteurs économiques, arrêtent l'émigration et la population recommence à croître. Korčula bénéficie du progrès et la prospérité qui semble à la portée de tous
  • 1990 – Les contradictions vécues en Yougoslavie – un parti unique, une économie de type socialiste, le rôle prépondérant des politiciens serbes au sein du Gouvernement Fédéral – amènent un changement capital dans la vie de la Croatie et donc pour Korčula. En avril 1990, lors des premières élections multipartite, majoritaires sont ceux qui optent pour une démocratie parlementaire, pour une économie de marché et pour une opposition à la prédominance serbe.
  • 19 mai 1991 – 93 % des citoyens croates votent, lors d'un referendum national, pour la souveraineté de la République croate. La guerre contre la Croatie commence la même année
  • Automne 1991 – Tout en se préparant à sa défense, Korčula devient le refuge de quelque 10 000 personnes venant des régions voisines. En novembre 1991, une attaque contre la flotte de la JNA, menée avec succès depuis l'île, anéantit le blocus des voies maritimes de l'archipel dalmate. Les soldats de Korčula, aidés d'autres combattants croates, stoppent l'avancée de la JNA près de la ville de Ston (sur la péninsule de Pelješac) et au sud de la Croatie.
  • 1991 et 1995 – Les habitants de Korčula ainsi que les personnes qui y trouvèrent refuge, ne furent pas oubliés. L'aide sous forme de médicaments, de denrées alimentaires, de vêtements et d'équipements techniques de toutes sortes, arriva à Korčula par des moyens divers. Grâce à ces dons, l'hôpital militaire chirurgical de Korčula a pu ouvrir ses portes et sauver la vie de nombreux blessés et malades.

Caractéristiques géographiques[modifier | modifier le code]

  • Situation : Archipel de la côte dalmate méridionale de la mer Adriatique 42° 58' N ; 17° 08' E (ville de Korčula), éloigné de 1 270 m du continent, à 49 milles marins au nord-ouest de Dubrovnik (Raguse), à 57 milles marins au sud-est de Split et à 250 milles marins de Venise et de Corfou (Corcyre)
  • Taille : 276 km2 (la 6e île de Croatie par sa superficie)
  • Longueur : 47 km
  • Largeur : 8 km
  • Etendue du littoral : 182 km
  • Nombre d'îles composant l'archipel de Korčula : 50
  • Profondeur de la mer autour de l'île : de 20 à 70 m
  • Altitude maximale : 568 m – Pic de Klupca
  • Nature du terrain : pierre calcaire, dolomitique et marneuse
  • Paysage : île montagneuse parsemée de nombreux petits champs
  • Courants marins autour de l'île : 1 à 2 nœuds ; dans le canal de Pelješac jusqu'à 3 nœuds
  • Salinité : 38 grammes par litre d'eau de mer
  • Enneigement : 2 à 5 cm tous les 3-5 ans
  • Eau : aucune source ni rivière
  • Vents : en hiver prédominent surtout le vent chaud et humide - Jugo (Sirocco) – soufflant du sud-est, et le vent froid et sec – Bura - soufflant du nord-est. En été, le plus fréquemment, ce sont des rafraîchissants mistrals venant du nord-est ainsi que de nombreux vents thermiques.

Population, langue, économie[modifier | modifier le code]

L'île de Korčula compte 17038 habitants répartis principalement dans neuf grands centres et plusieurs petites bourgades. La ville de Korčula (3 232 hab.) est le centre historique, culturel et politique ainsi que le port historique de l'île.

Les autres grandes localités – Blato (4 093 hab.), Smokvica (1 175 hab.), Čara (763 hab.), Pupnat (461 hab.), Žrnovo (1 267 hab.) – ont été établies à l'intérieur de l'île pour assurer la sécurité, faciliter la défense et permettre le développement de l'agriculture. Ce fut bien plus tard que les localités côtières comme Vela Luka (4 464 hab.), et Račišće (446 hab.), ainsi que l'ancien village de Lumbarda (1 102 hab.) se sont développées sur le littoral est et ouest. Plus récemment, en lien avec les grandes bourgades du centre l'île, des localités se sont développées sur la côte : Prigradica et Prižba font partie de la commune de Blato, Brna celle de Smokvica, et Zavalatica celle de Čara, tandis que la Banja est rattachée à Žrnovo.

Aujourd'hui, l'île est partagée en cinq centres administratifs : les communes de Vela Luka, de Blato, de Smokvica, de Lumbarda et la ville de Korčula (intégrant les petits bourgs à l'est de Smokvica). Ces centres sont rattachés à la circonscription administrative la plus méridionale du pays, celle de Dubrovnik – Neretva.

Dès la Préhistoire les hommes peuplèrent l'île. Dans l’Antiquité les Illyriens s'y établirent. Les premières colonies grecques arrivèrent sur Korčula autour de IVe siècle av. J.-C. Les Romains furent également présents jusqu'à la chute de l'Empire. Des Slaves, de la tribu de Neretljani, habitèrent l'île dès le VIIIe siècle. Ils délogèrent progressivement la population romaine résidente.

La population actuelle est à 92 % d'origine croate et parle donc cette langue. Entre eux les habitants de Korčula parlent un dialecte: le croate tchakavien méridional y est mélangé avec des restes de langue grecque, romaine et vénitienne et des mots du vocabulaire de la navigation maritime internationale. Contrairement aux gens des villes, les points cardinaux « est et ouest » ne sont pas appelés ainsi. Ils sont nommés d'après le mouvement du soleil : sol oriens (le levant) et sol occidens (le couchant). Entre eux, ils se saluent avec l'exclamation Veselo ! (« Sois joyeux ! », mais la traduction directe serait « joyeusement ! » - veselo est un adverbe). La relative grande densité de population (62 hab. au kilomètre carré) – la plus grande des îles croates – s'explique par un très bon développement économique. Les métiers traditionnels ont été préservés. Le tourisme a été développé de manière satisfaisante, si bien qu'à la fin du XXe siècle, l'exode a pu être arrêté.

Les Korčulanais peuvent recevoir une formation professionnelle sur l'île. En effet, en plus d'un réseau d'écoles primaires, Korčula, Blato et Vela Luka sont dotés de lycées d'enseignements généraux et professionnels et de centres de formation professionnelle. Comme métiers traditionnels, on trouve la construction navale, la viticulture, la culture d'olive, la pêche et la navigation. La taille de pierre, qui occupe encore environ cinquante insulaires, et l'exploitation forestière sont des secteurs qui ont perdu l'importance qu'ils avaient autrefois.

En plus des hôtels (le plus ancien date de 1912) les premiers touristes bénéficièrent de chambres d'hôtes chez les agriculteurs, une forme ancienne du tourisme vert. Ainsi tous les habitants de l'île purent tirer profit de cette manne.

La construction navale « bois » qui représentait la plus importante industrie de l'île à la période hellénique a été renforcée par la construction navale « acier » (Korčula et Blato) et en matériau synthétique (Vela Luka). Les marins Korčulanais sont reconnus comme navigateurs tant sous le pavillon croate, que sous celui d'autres nations. D'autres petites industries existent également sur l'île comme une fabrique de craie, une usine de confection et un atelier fabriquant des équipements électriques. Korčula est, de plus, l'une des plus importantes régions de culture de l'olivier et de production d'huile pressée de manière traditionnelle. L'huile d'olive est l'un des produits les plus connus de l'île. De mémoire d'homme, le vin a toujours été le symbole de Korčula. Nous pouvons aujourd'hui déguster les vins rouges du cru « Plavac » et les fameux vins blancs « Pošip », « Rukatac » et « Grk ».

Une grande partie des légumes et des fruits trouvés sur le marché local proviennent des jardins de l'île. Ils ont généralement poussé sans apport de produits nuisibles à l'environnement.

Coutumes et folklore[modifier | modifier le code]

L'île de Korčula est très connue pour ses combats d'épées typiques dont la tradition a été préservée depuis des siècles. Parmi les plus célèbres, on trouve celui de la ville de Korčula, la Moreška, celui de la Moštra de Žrnovo, celui de la Kumpanija de Blato, Smokvica et Čara. Ces batailles folkloriques sont organisées pendant la saison touristique et lors des fêtes votives.

La Moreška[modifier | modifier le code]

La Moreška (prononcé comme « moréchqua ») est un combat d'épées entre les armées du roi blanc et du roi noir, pour la princesse qui a été capturée par le roi noir. Après de vifs combats se déroulant en sept manches, le roi blanc gagne et libère la princesse. Le combat est accompagné d'une marche militaire jouée par un ensemble d'instruments à vent. Ce combat de tradition espagnole existe depuis le XVe siècle à Korčula. La Moreška est bien plus qu'une simple manifestation folklorique. Elle fait partie de l'identité de la ville et représente le symbole de la lutte de Korčula pour la liberté. Le spectacle de Moreška est présenté le jour de Saint Théodore (Sveti Todor) et plusieurs fois pendant la saison estivale.

La Moštra[modifier | modifier le code]

La Moštra (prononcé comme « mochtra »), qui vient de Postrana de Žrnovo, est un combat d'épées très ancien entre deux armées, qui se déroule au son de la cornemuse. Après dix danses différentes avec les épées, le spectacle prend fin dans l'allégresse générale. Il est suivi de danses folkloriques exécutées par les jeunes du village. Depuis ces dernières années, le combat d'épées ne se termine plus par la mise à mort d'un taureau, comme le voulait le règlement de 1620. Les avis étaient partagés, entre ceux qui considéraient ce sacrifice comme un acte barbare, et ceux qui voulaient maintenir une tradition millénaire. Ce sacrifice qui consistait à trancher la tête de l'animal avec une lourde épée, est à relier à la tradition méditerranéenne de la tauromachie (du grec tauros + mahia > taureau + combat) remontant à l'époque de la culture minoenne au IIe millénaire av. J.-C.

La Kumpanija[modifier | modifier le code]

La Kumpanija à Blato est un combat entre deux armées, qui doivent montrer leur ardeur pour défendre leur terre natale. Cette pièce évoque les temps anciens, l'époque où la défense de l'île était confiée à des compagnies de réservistes, Kumpanije. Après que le chef du village a donné sa permission, le commandant de la garnison Kapitan commence le combat avec la ples od boja (danse de guerre) composées de plusieurs scènes dansées. La partie la plus impressionnante est celle du porteur du drapeau (Alfir), danse effectuée avec un grand drapeau. La Kumpanija est accompagnée par les roulements d'un gros tambour de guerre et par une cornemuse. Quand la Kumpanija prend fin, les valeureux combattants et leurs amies montrent leur joie avec la danse Tanac. Le sacrifice rituel du taureau ne se fait plus à Blato, depuis la Seconde Guerre mondiale.

La Kumpanija est également un spectacle traditionnel de Čara et Smokvica.

Lumbarda et Smokvica ont préservé une autre danse traditionnelle : Trganje naranče (cueillette d'orange) dans laquelle les danseurs accompagnés par un chanteur honorent les plus belles filles et le chef du village. Les danses traditionnelles de l'île sont aussi très pittoresques, accompagnées par la cornemuse, l'accordéon, le tambour : Manfrina, Dva pasa, Četiri pasa, Pritilica, Tanac et d'autres encore…

La plupart des chants folkloriques de l'île sont des chants de pêcheurs ou de marins, et de leurs amies. Certains sont entraînants et gais, d'autres, aux tons plus nostalgiques, évoquent l'éternelle question du retour des marins… Beaucoup de marins pensent que les plus beaux chants folkloriques croates sont ceux chantés, les soirs d'été, par les pêcheurs de Vela Luka. Sur l'île quelques personnes chantent encore d'anciennes chansons de geste, en vers de dix pieds, accompagnées par la guzla. Elles jouent encore d'instruments rares comme la Curominka (sorte de flûte).

À Orebić, proche voisine sur la péninsule de Pelješac, on continue de danser La polonaise des Capitaines (une ancienne danse des capitaines avec leur fiancées), lors des fêtes locales et pendant la saison estivale.

Un sport très populaire, le buce (les boules ; sorte de pétanque) est toujours commenté de bruyants propos et exclamations et accompagné de bon vin. Dans toutes les villes et villages de l'île, les hommes jouent à la buce.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Korčula est l'île la plus boisée de Croatie. Les forêts et bois occupent 61 % de sa superficie. Sur la surface restante, on trouve de nombreuses oliveraies et vignobles, ainsi que d'autres cultures. Moins de 5 % de la terre n'est pas exploitable (pierrailles). La construction navale et sa dépendance à l'approvisionnement en bois, ainsi que l'absence de grands élevages de bétail ont sauvé les forêts de l'île. Pour les propriétaires fonciers, l'exploitation forestière a, aujourd'hui, perdu de son importance. Des centaines de kilomètres de sentiers forestiers, ainsi que d'autres barrières naturelles de protection naturelle contre le feu ont disparu. Aussi, le plus grand danger pour les arbres de Korčula est le feu. La futaie de Korčula est composée de nombreuses essences, principalement de pins d'Alep (Pinus halepensis Mill.), de pins maritimes (Pinus maritima), de pins noirs (Pinus nigra), de pins parasols (Pinus pinea L.) et de chênes verts (Quercus illex L.). On trouve en plus, d'autres espèces comme l'olivier sauvage (Olea Oleaster Fiori), le frêne sombre (Fraxinus Ornus L.), le genévrier à épines (Juniperus oxycedrus L.), et à proximité des villages et le long des chemins de nombreux cyprès (Cypressus semperviens L.).

De grandes étendues sont recouvertes de buissons ras plus connus sous le nom générique de maquis (Makija). En plus des buissons de chênes verts et de genévriers présents dans le maquis, poussent également des arbousiers (Arbutus unedo L.), des myrtes (Myrtus communis L.), des palmiers (Phillyrea latifolia L.), des viornes toujours vertes (Viburnus tinus L.), de la bruyère (Erica arborea L.)… Les fleurs blanches et les fruits rouges sucrés mettent les arbousiers (« l'arbre à fraises ») en évidence dans le maquis. Les lauriers (Laurus nobilis L.) ornent les chemins près de bourgades et le cours des maisons. Les plantes médicinales et aromatiques ont une grande valeur : la sauge, le romarin, la marjolaine, la menthe, l'origan. Beaucoup d'herbes sauvages, comme le pissenlit, sont cuisinées et assaisonnées avec de l'huile d'olive. Pour la grande valeur de leur bois, de nombreux mûriers ont été plantés, mûres blanches et noires ; l'allée des tilleuls de Blato est aussi très connue.

À l'époque contemporaine, des arbres, buissons et fleurs ornementaux ont été plantés à Korčula. Il s'agit, entre autres, de palmiers, de lauriers-roses, de bougainvillées, d'agaves et de cactus.

Faune[modifier | modifier le code]

De nombreux coléoptères et autres insectes, des reptiles et lézards et de magnifiques oiseaux font la richesse du monde animal de Korčula. Parmi les reptiles on trouve la couleuvre esculape, non venimeuse, à quatre rayures (Coluber quattorlineatus), le plus grand serpent d'Europe. C'est un serpent protégé par la loi. Il peut atteindre jusqu'à trois mètres de long. Le lézard Ophesaurus apodus avec ses pattes déformées est particulièrement original. Beaucoup le prennent pour un serpent, bien qu'il soit un lézard craintif et utile à l'homme.

De nombreuses espèces d'oiseaux vivent sur l'île, merles ou rossignols. On peut apprécier leurs chants et observer leurs vols dans les bois touffus et les champs fertiles. D'imposants grands ducs vivent dans les forêts de pins, ainsi que des griffons, des vautours et des faucons.

Parmi les mammifères, en plus des mangoustes, des martres, des belettes et des lapins, on note la présence de chacals. C'est le dernier animal européen de ce genre (Canis aureus) existant encore. Depuis les années 1980, un grand nombre de sangliers sont arrivés à la nage sur les îles dalmatiennes, alors qu'ils n'existaient pas auparavant. Ils causent de nombreux dégâts aux cultures de Korčula et sont considérés comme des animaux nuisibles. Il n'y a pas de période où la chasse soit interdite pour cette espèce. Les animaux domestiques utilisés pour les travaux sont l'âne et la mule. On élève quelques moutons, pour avoir du lait et faire du fromage. Chaque ferme élève son propre porc. La mer qui entoure Korčula est riche en poisson. Au cours d'une balade en mer, il est fréquent d'avoir la joie de rencontrer des dauphins. En 1994 dans les « Škoji », on a aperçu un phoque méditerranéen (Monachus albiventer). Des bateaux, on peut voir les vols d'oiseaux pêcheurs et des grondins bleus en vol au-dessus des vagues.

Bibliographie et références[modifier | modifier le code]

  1. Die postalischen Abstempelungen auf den österreichischen Postwertzeichen-Ausgaben 1867, 1883 und 1890, Wilhelm KLEIN, 1967
  • MILAT, Aljoša, Korčula : la ville et l'île, Korčula, Marko Polo Tours, 1997

Liens externes[modifier | modifier le code]

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