Arghoun

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Arghoun (debout), son père Abaqa (à cheval) et son fils Ghazan enfant. Miniature d'un ouvrage de Rashid al-Din, XIVe siècle

Arghoun (en mongol Аргун, Argun), né vers 1258, mort en 1291, descendant de Gengis Khan, est le quatrième ilkhan de Perse de la dynastie des Houlagides (ou Ilkhanides), de 1284 sa mort.

Introduction : le contexte historique[modifier | modifier le code]

L'empire mongol dans la seconde moitié du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Arghoun vit alors que le Grand Khan des Mongols est Kubilai Khan (r. 1260-1294), petit-fils de Gengis Khan, empereur de Chine et fondateur de la dynastie chinoise des Yuan.

Outre la Chine, l'empire mongol comprend alors trois autres khanats : le khanat de Djaghataï en Asie centrale, la Horde d'or (ou khanat de Kiptchak) dans les steppes de Russie et l'ilkhanat de Perse dirigé par les Houlagides.

En dehors de l'empire mongol, les principaux États sont l'empire byzantin et l'Etat mamelouk en Égypte et Syrie.

L'ilkhanat de Perse et la dynastie houlagide[modifier | modifier le code]

Entre 1255 et 1260, a lieu un événement important : la conquête de la Perse et de l'Irak (Bagdad est prise en 1258) et le renversement du califat abbasside par l'armée mongole d'Houlagou Khan, sous le règne du quatrième Grand Khan Möngke.

Houlagou Khan (1217-1265) est le fondateur de la dynastie des Houlagides ou Ilkhanides :

  • Houlagou Khan (r. 1256-1265), petit-fils de Gengis Khan par Tolui
  • Abaqa (r. 1265-1282), fils d'Houlagou
  • Teküder (r. 1282-1284), fils d'Houlagou ; converti à l'islam sous le nom d'Ahmad
  • Arghoun (r. 1284-1291), fils d'Abaqa
  • Ghaykhatou (r. 1291-1295), fils d'Abaqa
  • Baïdou (r. 1295), petit-fils d'Houlagou Khan par Taragay
  • Ghazan (r. 1295-1304), fils d'Arghoun ; converti à l'islam sous le nom de Mahmud
  • Oldjaïtou(r. 1304-1316), fils d'Arghoun
  • Abu Saïd Bahadur (r. 1316-1335), fils d'Oldjaïtou

Biographie d'Arghoun[modifier | modifier le code]

Origines familiales et jeunesse[modifier | modifier le code]

Arghoun est le fils d'Abaqa, fils d'Houlagou Khan, et d'Haimash Khatun, une princesse mongole de religion chrétienne.

L'avènement (1284)[modifier | modifier le code]

Gouverneur du Khorasan, il se révolte contre son oncle Ahmad Teküder qui s'est converti à l’islam. Il marche sur l’Irak, mais est vaincu près de Kazwin le 4 mai 1284. Après cette défaite, Teküder se rapproche des Kiptchak[réf. nécessaire] et des Mamelouk et se détache de l’empire mongol. Mais il est victime d’un complot (10 août 1284), ce qui permet à Arghoun de lui succéder.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Arghoun s’attache à rétablir la situation économique du pays catastrophique depuis les invasions d’Houlagou Khan[réf. nécessaire]. Les terres cultivées sont en friche et les villes sont ruinées. Le pays, gouverné par le système militaire décimal mongol[réf. nécessaire], est soumis au pillage et au massacre des paysans par les soldats mongols[réf. nécessaire][1].

Arghoun décide de remplacer le gouvernement militaire par une administration civile. Il nomme le médecin d’origine juive Sa`d ad-Dawla gouverneur civil et ministre des finances[2]. Celui-ci restreint les pouvoirs des commandants féodaux. Il interdit la donation ou l’aliénation des terres et des habitants, ainsi que la perception des tributs particuliers ; il étend la compétence des tribunaux sur les propriétaires fonciers. Il assure le libre culte de toutes les religions et fait juger les affaires des musulmans selon la loi du Coran. Il fait progressivement remplacer les gouverneurs militaires par des gouverneurs civils et s’aliène ainsi les seigneurs féodaux.

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Ambassades en Europe
Lettre de l’Ilkhan Arghoun à Philippe le Bel, qui mentionne Bar Sauma.

Arghoun cherche à trouver des alliés en Europe contre les Mamelouks et les Kiptchak, mais ni le pape Honoré IV, ni le roi de France Philippe le Bel ne répondent à ses offres d’alliance.

Il envoya en 1289 le moine ouïgour Rabban Bar Sauma en ambassade auprès de Philippe IV le Bel et du roi d'Angleterre Édouard Ier avec une missive qui envisageait une attaque conjointe contre les Mamelouks.

Relations avec Kubilai Khan

Ayant perdu son épouse favorite Bolgana (« zibeline »), il demande à son grand-oncle Kubilai Khan de lui envoyer une parente de la défunte, Kökötchin (« dame bleue » ou « dame céleste »). La princesse vient en Perse accompagnée entre autres de Marco Polo, qui rentre ensuite à Venise après 23 ans d'absence.

Arghoun étant mort avant l'arrivée de Kökötchin, elle épouse son fils Ghazan, tandis que son frère Ghaykhatou devient ilkhan.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Remarque trop générale ; la conquête a eu lieu avant 1260 ; le pillage est généralement un fait de conquête.
  2. René Grousset, op. cité p. 447.