Le Corbeau (poème)

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Le Corbeau (titre original : The Raven) est un poème narratif de l'écrivain américain Edgar Allan Poe, et compte parmi les textes les plus forts de ce poète, établissant sa réputation dans son pays et en Angleterre. Il paraît pour la première fois le 29 janvier 1845, dans le New York Evening Mirror. D’une grande musicalité et à l'atmosphère irréelle, obéissant à une métrique stricte, le poème raconte l'histoire d'une mystérieuse visite que reçoit le narrateur, qui se lamente sur la mort de son amour, Lenore ; un corbeau perché en haut de sa porte, répète inlassablement « Jamais plus ». La répétition de ces mots plonge le narrateur dans un désarroi si fort qu'il sombre dans la folie. Le poème utilise un grand nombre de références classiques et folkloriques.

Poe a avoué avoir écrit ce poème de façon très logique et méthodique, comme il l'explique dans son essai La Philosophie de la composition publié en 1846. Son intention était d'attirer à la fois des critiques et de satisfaire la demande populaire. Le poème s'inspire en partie du roman Barnaby Rudge de Charles Dickens, où un corbeau parlant fait son apparition. Poe emprunte le rythme et la métrique complexe du poème d'Elizabeth Barrett Browning intitulé la Cour de lady Geraldine (Lady Geraldine's Courtship). Le poème utilise des rimes internes, ainsi que de nombreuses allitérations.

Le poème fut traduit en français en plusieurs versions[1], les trois plus connues étant par Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé ainsi que par Maurice Rollinat[2]. La plus ancienne version en français fut une traduction anonyme publiée dans un article sur Edgar Poe de Poulet-Malassis pour le quotidien le "Journal d'Alençon" (un journal de province) le 9 janvier 1853. Contrairement à l'idée répandue ce n'est donc pas Charles Baudelaire qui fut le premier traducteur en français de ce poème puisqu'il rédigea sa propre traduction pour une publication seulement deux mois plus tard, le 1er mars 1853, à la page 43 du journal L'Artiste dans lequel il rédigeait régulièrement des articles littéraires.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le corbeau raconte l'histoire du narrateur, une nuit lugubre et glaciale de décembre, lisant un livre d'une « vieille doctrine » (doctrine oubliée littéralement) en s'assoupissant pour essayer d'oublier la mort de son amour Lenore, quand il entend quelqu'un qui frappe doucement à sa porte. Ce bruit lui fait peur, et pour se calmer, il se dit que ce n'est surement qu'un visiteur, et rien de plus. Après s'être excusé à haute voix de ne pas avoir entendu le frappement à la porte, il l'ouvre et n'y trouve rien ni personne. Il essaye d'appeler Lenore, mais à part son écho, rien ne lui répond.

Il retourne alors dans la chambre, son âme en feu, quand il entend un bruit plus fort contre ses jalousies. Pensant que ce n'est sûrement que le vent, et essayant de surmonter ses peurs, il va ouvrir la fenêtre pour « découvrir ce mystère ». Quand il ouvre la fenêtre, un corbeau majestueux, sans faire attention à lui, rentre dans sa chambre d'un battement d'aile et s'installe au-dessus de la porte, sur un buste de Pallas.

La stature sérieuse et droite du corbeau fait sourire le narrateur qui lui demande son nom. Le corbeau répond : « Jamais plus » (« Nevermore »).

Le narrateur est émerveillé que le corbeau puisse si facilement entendre la parole, bien qu'il se rende compte que ce n'est pas commun d'avoir un corbeau, immobile sur un buste au-dessus de la porte de sa chambre, qui s'appelle « Jamais plus ». À ce moment, il réalise, que ce corbeau immobile ne restera pas pour toujours et demain s'envolera comme d'autres amis se sont déjà envolés. Le corbeau lui répond : « Jamais plus ».

Le narrateur se dit que « Jamais plus » est le seul mot que le corbeau connaît, apprit surement d'un ancien maître malheureux, il s'assoit en face de lui, essayant de deviner ce que « Jamais plus » veut dire. Il réfléchit un instant, ne dit rien, mais son esprit vagabonde vers sa Lénore perdue. Il pense que l'air devient plus dense et sent la présence des anges. Troublé par l'association des anges avec l'oiseau, le narrateur se met en colère, appelant le corbeau une « chose de mal » et un « prophète ». Comme il crie, le corbeau lui répond seulement : « Jamais plus ».

Finalement, il demande au corbeau s'il reverra Lénore au Paradis. Lorsque le corbeau lui répond « Jamais plus », il crie et ordonne au corbeau de retourner à son « rivage plutonien », qui pourtant ne bouge pas. Le narrateur doit se résigner à ce que son âme soit emprisonnée sous l'ombre du corbeau et ne pourra « jamais plus » s'élever.

Analyse[modifier | modifier le code]

Poe a écrit ce poème comme un récit, sans vouloir créer d'allégorie ou de tomber dans le didactisme. Le thème principal du poème est la dévotion qui ne s'éteint pas. Le narrateur éprouve un conflit entre le désir pervers d'oublier et le désir de se souvenir. Il semble avoir un certain plaisir à se focaliser sur sa perte. Le narrateur suppose que le mot « Nevermore » est le seul mot que le corbeau connaît, et, pourtant, il continue de lui poser des questions, sachant que la réponse sera toujours la même. Ses questions ne servent donc qu'à inciter davantage ses sentiments de perte. On ne sait pas vraiment si le corbeau sait réellement ce qu'il dit ou s'il a vraiment l'intention de provoquer une réaction chez le narrateur. Le narrateur commence faible et fatigué, éprouve ensuite les sentiments de regret et de deuil, avant de devenir frénétique, pour finalement sombrer dans la folie. Christopher F. S. Maligec pense que le poème est une sorte de paraclausithuron élégiaque, une ancienne forme poétique grecque et romaine représentant la complainte d'un exclu, l'amant se retrouvant à la porte scellée de sa bien-aimée[3].

Allusions[modifier | modifier le code]

Poe dit que le narrateur est un jeune intellectuel. Bien que ce ne soit pas dit explicitement dans le poème, ce fait est mentionné dans La Philosophie de la composition. C'est aussi suggéré par le fait qu'il lise « un curieux volume d'une doctrine oubliée », mais aussi par le buste de Pallas au-dessus de la porte de sa chambre, la déesse de la sagesse

Il lit « maint précieux et curieux volume d'une doctrine oubliée ». De la même manière que dans Ligeia, cette doctrine pourrait s'agir de magie noire ou d'occultisme. Ceci est aussi accentué par le choix de l'auteur de situer le poème en décembre, un mois traditionnellement associé aux forces obscures. L'utilisation du corbeau – l'oiseau du démon – suggère aussi cela. Cette image du démon est soulignée par la conviction du narrateur, qui croit que le corbeau vient des « rivages de la Nuit plutonienne », c'est-à-dire qu'il est un messager de l'au-delà, en faisant référence à Pluton, le dieu Romain des enfers.

Poe a choisi un corbeau comme le symbole central de l'histoire parce qu'il désirait une créature sans capacité de raisonnement mais pouvant parler. Il se décida pour un corbeau, qu'il considérait autant doué de parole qu'un perroquet, car il correspondait au ton voulu du poème. Poe a dit que le corbeau symbolisait « l'éternel souvenir lugubre ». Il a aussi été inspiré par Grip, le corbeau dans Barnaby Rudge de Dickens. Une scène en particulier ressemble au poème : à la fin du cinquième chapitre du roman de Dickens, Grip fait du bruit et quelqu'un s'exclame « Qu'est-ce que j'entends là ? N'est-ce pas lui qui tape à la porte ? », la réponse étant « Il y a quelqu'un qui frappe doucement au volet ». Grip, le corbeau de Dickens, connaissait de nombreux mots et de nombreux tours comiques, notamment celui de faire sauter le bouchon d'une bouteille de champagne. Poe a mis l'accent sur les caractéristiques extraordinaires du corbeau. Il avait aussi fait la critique de Barnabé Rudge pour le Graham's Magazine disant, entre autres choses, que le corbeau aurait dû assurer un rôle plus symbolique, plus prophétique. Cette ressemblance entre les deux œuvres n'est pas passé inaperçue : James Russel Lowell dans Une Fable pour les Critiques a écrit ce vers « Ici vient Poe avec son corbeau, comme Barnaby Rudge / Trois cinquièmes de génie et deux cinquièmes de pur caramel ».

Il est probable que Poe ait fait allusion aux corbeaux dans la mythologie et le folklore. Dans la mythologie nordique, Odin possède deux corbeaux nommés Hugin et Munin, représentant respectivement la pensée et le souvenir. Selon la culture hébraïque, Noé envoie un corbeau blanc pour vérifier les conditions météorologiques, lorsqu'il est sur l'arche. Il lui apprend que le déluge commence à disparaître, mais il ne revient pas immédiatement sur l'arche pour en informer Noé. Il est puni pour cela, il devient noir et il est forcé de se nourrir de charognes. De la même façon, dans les Métamorphoses d'Ovide, le corbeau était blanc avant qu'Apollon ne le punisse pour avoir transmis le message de l'infidélité d'un amant. Le rôle de messager du corbeau dans le poème s'inspire largement de ces histoires.

Poe mentionne aussi le Baume de Galaad, faisant ainsi référence au Livre de Jérémie (8:22) dans la Bible : « N'y a-t-il point de baume en Galaad ? N'y a-t-il point de médecin ? Pourquoi donc la guérison de la fille de mon peuple ne s'opère-t-elle pas ? ». Dans ce contexte, le Baume de Galaad est une résine végétale utilisée pour ses propriétés médicales (suggérant, peut-être, que le narrateur a besoin d'être guéri après la mort de Lénore). Il fait aussi référence à mot « Aidenn », un autre nom du Jardin d’Éden, bien que Poe l'utilise pour demander si Lénore a été acceptée au paradis. À un autre moment, le narrateur imagine que les séraphins ont pénétré la pièce. Il pense qu'ils essaient de lui enlever les souvenirs qu'il a de Lénore en utilisant du népenthès, une drogue mentionnée dans l'Odyssée d'Homère, et qui entraîne une perte de mémoire.

Structure poétique[modifier | modifier le code]

Le poème est composé de 18 sizains (c'est-à-dire des strophes de six vers). De manière générale, les vers sont des octosyllabes trochaïques. La première ligne en anglais, par exemple, suit le schéma suivant ( / représente une syllabe accentuée et x une syllabe non accentuée) :

Syllabic structure of a verse[4]
Stress / x / x / x / x / x / x / x / x
Syllable Once up- on a mid- night drear- y, while I pon- dered weak and wear- y

Cependant, Edgar Allan Poe affirmait que le poème était une combinaison d'octosyllabes acatalectiques (c'est-à-dire que la métrique est respectée, il ne manque aucune syllabe au vers), d'heptasyllabes catalectiques (il manque au vers une syllabe ou plus) et de tétramètres catalectiques. La disposition des rimes est ABCBBB, ou AA, B, CC, CB, B, B si l'on prend en compte les rimes internes. Dans chaque strophe, les lignes B riment avec le mot « Nevermore » (« Jamais plus »). Le poème utilise beaucoup l'allitération (« Doubting, dreaming dreams ... »). Le poète américain Daniel Hoffman suggéra que la structure du poème et que sa métrique étaient trop conventionnelles au point que le poème en devient artificiel, bien que ses qualités « hypnotiques » surpassent ce détail.

Poe a basé la structure du « Corbeau » sur le poème d'Elizabeth Barrett Lady Geraldine's Courtship. Il avait fait la critique du poème de Barrett en janvier 1845 dans le Broadway Journal et disait que « son inspiration poétique est la meilleure – nous ne pouvons rien concevoir de plus noble. Son sens de l'Art est pur en lui-même. » Comme il est de coutume avec Poe, sa critique blâmait aussi son manque d'originalité et la nature répétitive de certains de ses poèmes, selon lui. À propos de Lady Geraldine's Courtship, il écrivit : « Je n'ai jamais lu un poème combinant autant de passion violente avec autant d'imagination la plus délicate ».

Publication[modifier | modifier le code]

Poe apporta d'abord « Le Corbeau » à son ami et ancien patron George Rex Graham. Ce dernier refusa le poème, qui n'était peut-être pas dans sa version finale (il donna cependant 15 dollars symboliques à Poe). Poe vendu ensuite le poème à The American Review, qui lui en offrit 9 dollars, et l'imprima en février 1845 sous le pseudonyme de « Quarles », une référence au poète anglais Francis Quarles. La première publication du poème avec le nom de Poe était dans le journal Evening Mirror, le 29 janvier 1845. Nathaniel Parker Willis, éditeur dudit journal, l'introduisit comme étant « inégalable dans le poésie anglaise pour sa structure subtile, son ingéniosité magistrale de la versification ». Après la publication, le poème apparut dans différents périodiques à travers les États-Unis, comme le New York Tribune (4 février 1845), Broadway Journal (8 février 1845), Southern Literary Messenger(Mars 1845), Literary Emporium (Décembre 1845), Saturday Courier (25 juillet 1846) et The Richmond Examiner (25 septembre 1849). Il est aussi apparu dans de nombreuses anthologies de poésie, en commençant par Poets and Poetry of America édité par Rufus Wilmot Griswold en 1847.

Le succès immédiat du « Corbeau » incita Wiley & Putnam à publier un recueil de la prose de Poe sous le nom de Tales en juin 1845 ; c'était son premier livre en 5 ans. Ils ont aussi publié une recueil de ses poèmes appelé The Raven and Other Poems (Le Corbeau et d'autres poèmes) le 19 novembre, qui comprenait aussi une dédicace à Barrett (« la plus noble de son Sexe »). L'ouvrage (son premier livre de poésie en 14 ans) comprenait 100 pages et était vendu pour 31 cents. Dans la préface, Poe considérait ses poèmes comme des « bagatelles », qui avaient été modifiés sans sa permission.

Illustrateurs[modifier | modifier le code]

Les publications ultérieurs du « Corbeau » incluaient aussi une illustration faite par des illustrateurs célèbres. Par exemple, en 1858, « Le Corbeau » apparaissait dans une anthologie britannique des œuvres de Poe avec des illustrations de John Tenniel, qui avait aussi travaillé sur Alice au Pays des Merveilles. « Le Corbeau » a aussi été publié avec des gravures sur bois de Gustave Doré en 1884, mais Doré mourut avant la publication. En 1875, une édition française avec le texte original et sa traduction, Le Corbeau, a été publiée avec des lithographies d'Edouard Manet. La traduction était celle de Stéphane Mallarmé. Beaucoup d'artistes du 20e siècle et des illustrateurs contemporains ont créé des illustrations basées sur ce poème, notamment Edmund Dulac, István Orosz et Ryan Price.

Composition[modifier | modifier le code]

Poe profita du succès du poème en rédigeant un essai La Philosophie de la Composition (1846), dans lequel il détaillait la création du poème. Sa description de l'écriture du poème est probablement exagérée, bien que l'essai présente une vue d'ensemble de la théorie de la littérature de Poe. Il explique que chaque élément du poème suit une logique précise : le corbeau entre dans la chambre afin d'échapper à l'orage (un « minuit lugubre » durant un « glacial décembre »), et que le buste blanc de Pallas crée un contraste avec le corbeau noir. Il soutient que rien dans le poème n'arrive par accident, et que tout est contrôlé par l'auteur. Même l'expression « Jamais plus », dit-il, est utilisée à cause de l'effet créé par les longs sons voyelles o (Poe s'est peut-être inspiré des travaux de Lord Byron ou d'Henry Wadsworth Longfellow pour le sons o). Il dit que le sujet lui-même a été choisi parce que « la mort … d'une femme magnifique est incontestablement le sujet le plus poétique au monde », surtout lorsqu'elle est racontée à travers « la bouche … d'un amant endeuillé ». Au-delà des aspects poétiques, La Lénore « perdue » a peut-être été inspirée par la vie de Poe lui-même, soit par la mort prématurée de sa mère Elizabeth Poe, soit par la longue maladie de sa femme, Virginia. Enfin, Poe considérait « Le Corbeau » comme une expérience destiné à « convenir en même temps au goût populaire et à celui des critiques », accessible alors à la majorité et à l'élite littéraire. On ne sait combien de temps il a fallu à Poe pour écrire « Le Corbeau » ; les spéculations allant de un jour à dix ans. Poe récita un poème que l'on croit être une des premières versions du poème avec une fin alternative en 1843 à Saratoga, à New York. Une ébauche préliminaire a peut-être mis en scène une chouette à la place d'un corbeau.

Réception critique[modifier | modifier le code]

En partie à cause de sa double impression, « Le Corbeau » rendit le nom d'Edgar Allan Poe célèbre dans le pays presque immédiatement, et a fait de lui une célébrité nationale. Les lecteurs ont commencé à confondre le poète et le poème, donnant ainsi à Poe le surnom de « Le Corbeau ». Le poème a été rapidement réimprimé, imité et même parodié. Bien qu'il ait fait de Poe une célébrité, le poème ne lui apporta aucun argent. Il déplora ce fait plus tard : « Je n'ai pas gagné de sous. Je suis aussi pauvre que je l'ai été dans toute ma vie – à part pour l'espoir, qui n'est pas du tout susceptible de rapporter de l'argent. »

Le journal New World a écrit : « Tout le monde lit le poème et le loue... à juste titre, nous pensons, car il semble plein d'originalité et de force ». The Pennsylvania Inquirer l'a réimprimé avec comme titre « Un poème magnifique ». Elizabeth Barrett a écrit à Poe : « Votre « Corbeau » a fait sensation, a produit une crise d'horreur, ici en Angleterre. Certains de mes amis en sont captivés par la peur de celui-ci, d'autres par sa musique. J'entends des personnes hantées par « Jamais plus ». » La popularité de Poe donna lieu à des invitations à réciter « Le Corbeau » et à en donner une conférence – dans des réunions privées ou publiques. À un salon littéraire, un invité a remarqué que « d'entendre [Poe] réciter le Corbeau … est l'événement de toute une vie ». Raconté par une personne l'ayant vécu : « Il éteignait les lampes jusqu'à ce que la pièce devienne presque noire, puis se tenant dans le centre de la pièce, il le récitait … avec une voix des plus mélodieuses … Son pouvoir en tant que lecteur était si merveilleux que les auditeurs avaient peur de respirer de peur que le sort ne se brise. » Des parodies apparurent aussi, surtout à Boston, New York et Philadelphie et comprenaient « The Craven » (« Le Lâche ») de « Poh ! », « La Gazelle », « L'Engoulevent bois-pourri » (une espèce d'oiseau, en anglais « The Whippoorwill ») et « Le Dindon ». Une parodie, « Le Putois », retint l'attention d'Andrew Johnson, qui en envoya une copie à Abraham Lincoln. Bien que Lincoln avouât avoir ri « chaleureusement », il n'avait pas, à l'époque, lu le poème. Cependant, Lincoln finit par lire « Le Corbeau » et l'apprit par cœur.

« Le Corbeau » a été loué par d'autres écrivains comme William Gilmore Simms et Margaret Fuller, il fut cependant condamné par William Butler Yeats, le considérait « insincère et commun … sa réalisation un tour rythmique ». Le transcendantaliste Ralph Waldo Emerson a dit ne rien voir de particulier dans le poème. Un critique du Southern Quarterly Review écrivit en juillet 1848 que le poème était ruiné par une « extravagance sauvage et débridée ». Un écrivain anonyme du pseudonyme d'Outis suggéra dans le journal Evening Mirror que « Le Corbeau » plagiait un poème appelé « L'Oiseau du Rêve » écrit par un poète inconnu. Il montra 18 similarités entre les deux poèmes et agit en réponse aux accusations de plagiat de Poe envers Henry Wadsworth Longfellow. On a suggéré qu'Outis était en réalité Cornelius Conway Felton, si ce n'était pas Poe lui-même. Après la mort de Poe, son ami Thomas Holley Chivers dit que « Le Corbeau » plagiait l'un de ses propres poèmes. En particulier, il affirmait avoir été l'inspiration pour la métrique particulière du poème, ainsi que le leitmotiv « Jamais plus ».

« Le Corbeau » a influencé de nombreuses œuvres modernes, parmi lesquelles Lolita de Vladimir Nabokov en 1955, « The Jewbird » de Bernard Malamud en 1963 et « The Parrot Who Knew Papa » de Ray Bradbury en 1967. Il est de plus souvent fait allusion au poème dans les films, le jeu vidéo, la télévision et la musique.

Musique[modifier | modifier le code]

Le poème symphonique de Joseph Holbrooke intitulé The Raven (1900) opus 25.

Le poème intitulé " The Raven " a été adapté en musique par le groupe de pagan folk OMNIA.

On y fait référence aussi sur l'album "Tales of Mystery and Imagination" de Alan Parsons Project paru en 1976

Des passages du poème lu par Helric Harker sont samplés sur le morceau "Enigme" du rappeur Georgio

Produit dérivés[modifier | modifier le code]

Des autocollants pour voiture représentant un corbeau, avec pour légende en anglais Nevermore, rendent hommage à Edgar Allan Poe.

Réception critique et impact[modifier | modifier le code]

Le Corbeau dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Ce poème fut repris par la série Les Simpson dans l'épisode "Simpson's Horror Show", dans la saison 2.
  • Ce Poème est lu par un des personnages -Georgette(une folle) crée par Hubert Selby Jr dans son premier ouvrage "Last Exit to Brooklyn précisément dans la nouvelle "La reine est morte"
  • Ce poème fut également repris par Alan Parsons sur son disque Tales of Mystery and Imagination, dans la chansons The Raven.
  • Ce poème a été adapté par Thanato Twist with Oleg's Sound System.
  • Ce poème est également repris par le groupe de pagan-folk Omnia.
  • Ce poème est référencé dans l'épisode "Raisins" de la série South Park.
  • Le catcheur Scott Levy tire son nom de ce poème. De plus, il termine généralement ses interview par la citation Quoth the raven, Nevermore.
  • Le personnage Lenore de Roman Dirge est très fortement inspiré de ce poème.
  • Les paroles initiales de la chanson Initials B.B. de Serge Gainsbourg sont fortement inspirées de ce poème
  • Ce poème est également référencé dans la série Les Frères Scott dans la toute première saison.
  • Le corbeau apparaît dans un épisode de la série Beetlejuice de Tim Burton.
  • L'équipe de football américain de Baltimore y tire également son nom : Ravens de Baltimore
  • Ce poème est également utilisé dans le manga City Hall dans le premier tome

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.eapoe.org/papers/misc1921/wtb19591.htm
  2. Page 296 du n°73 (15 décembre 1884) de la revue Le Feu follet. Accès direct à la page sur Gallica
  3. Christopher F. S. Maligec, « The Raven as an Elegiac Paraclausithyron », Poe Studies, vol. 42,‎ octobre 2009, p. 87–97.
  4. Poe, Edgar Allan. Edgar Allan Poe: Complete Tales & Poems. Edison, NJ: Castle Books, 2002. ISBN 0-7858-1453-1, p. 773

Liens externes[modifier | modifier le code]