Le Chat noir (nouvelle)

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Le Chat noir
Image illustrative de l'article Le Chat noir (nouvelle)
Illustration de la découverte du cadavre de la femme du narrateur par Aubrey Beardsley (1894–1895).
Publication
Auteur Edgar Allan Poe
Titre d'origine The Black Cat
Langue Anglais
Parution 19 août 1843, Philadelphie,
The Saturday Evening Post

Le Chat noir (The Black Cat) est une nouvelle écrite par Edgar Allan Poe. Elle fut publiée pour la première fois en première page de l'édition du 19 août 1843 de l'hebdomadaire The Saturday Evening Post, à Philadelphie[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Le narrateur, personnage de l’histoire, est, depuis son enfance, « fou » des animaux. Il avait notamment un chat noir nommé Pluton, auquel il était particulièrement attaché. Or, le narrateur devient alcoolique et violent avec ses animaux et sa femme, mais une considération suffisante l’empêchait de battre Pluton.Une nuit, alors qu’il rentre chez lui, ivre, il s’empara de son chat, et avec son canif lui sort l’œil de l’orbite.. À partir de là, le chat se met à le fuir avec terreur. Un autre matin, le narrateur saisit le chat et le pend à la branche d'un arbre, où il le laisse mourir.

Pendant la nuit, la maison prend feu mystérieusement, obligeant le narrateur à s'enfuir avec sa femme et le serviteur. Le lendemain, le narrateur retourne visiter les ruines de sa maison, où il découvre, sur le seul mur qui a échappé à l'incendie, la forme d'un chat gigantesque, attaché au cou à une corde. Cette image le terrifie.

Quelque temps plus tard, il trouve un chat similaire dans une taverne. Il a la même taille et la même couleur que l'original et il lui manque aussi un œil. La seule différence est une tache blanche sur la poitrine de l'animal. Le narrateur le prend chez lui, mais se met bientôt à le détester, et même à éprouver de la peur à son égard. Ce chat ne lui apporte, dans sa vie que de l'angoisse

Un jour où le narrateur et sa femme visitent la cave de leur nouvelle maison, le narrateur se prend les pieds dans le chat et tombe au bas de l'escalier. Pris de fureur, l'homme saisit une hache et tente de tuer le chat, mais sa femme l'en empêche. Dans sa colère, il tue sa femme en lui transperçant le crâne avec la hache. Pour dissimuler son crime, il enlève des briques d’un mur, place le corps derrière et rebouche le trou.

La police alertée par les voisins vient visiter la cave, mais elle ne trouve pas de cadavre. La police était sur le point de partir quand le narrateur se met a parler du mur (il vante sa solidité) puis comme pour prouver que le mur est solide il le tape avec sa canne. Tout à coup un bruit se fait entendre (comme des gémissements) la police alerté par ces bruits arrache les briques pour découvrir d'où ils viennent. Et c'est alors qu'ils découvrent le cadavre.Sur sa tête est le chat, que le meurtrier avait emmuré avec sa maîtresse en refermant le trou. Horrifié, il explique : « j'avais muré le monstre dans la tombe ! »

Publication[modifier | modifier le code]

Le Chat noir a été publié pour la première fois le 19 août 1843 dans le The Saturday Evening Post, qui est alors temporairement intitulé le United States Saturday Post[2]. Les lecteurs du journal ont immédiatement répondu favorablement à cette nouvelle, qui a suscité des parodies comme The Ghost of the Grey Tadpole de Thomas Dunn English[3].

Analyse[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une étude de la Perversité souvent appariée, lors de son analyse, avec Le Cœur révélateur, une autre nouvelle de Poe. Dans les deux textes, on peut mettre en doute la santé mentale du narrateur. Au début de ce conte, il explique qu'il serait fou s'il s'attendait à ce qu'on le croit, avant d'affirmer : « Cependant, je ne suis pas fou ». Cela implique que sa folie a déjà été diagnostiquée[4].

Dans ce conte, l'un des plus noirs de son œuvre, Poe se livre, plus que dans aucun autre, à une dénonciation vibrante de l'alcool. Les actions perverses du narrateur sont inhérentes à son alcoolisme, une « maladie » et un « démon » qui détruit également sa personnalité[5]. Certains commentateurs ont établi des parallèles entre la vie d'Edgar Allan Poe, qui passait pour alcoolique, et celle du narrateur, qui maltraite un chat à cause de l'alcool, d'autant que la nouvelle est écrite à la première personne[6].

Le choix du chat noir évoque diverses superstitions, notamment celle, exprimée par l'épouse du narrateur qu'il s'agit de sorcières déguisées. Le nom du chat — Pluton — renvoie au dieu romain de l'Au-delà. Il se serait inspiré de sa propre chatte écaille de tortue Catarina[7].

Traductions[modifier | modifier le code]

Ce conte a fait l'objet de plusieurs traductions. En français, la première traduction, œuvre d'Isabelle Meunier, alias Isabella-Mary Hack, paraît dans La Démocratie pacifique le 27 janvier 1847. Suivent celles de William L. Hugues, parue anonymement dans le Journal des faits le 18 avril 1851, ou de Paul Roger, dans la Chronique de France le 16 novembre 1853. Celle de Charles Baudelaire est publiée le 4 février 1853dans le journal Paris, avant d'être intégré dans le recueil des Nouvelles histoires extraordinaires (1857)[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frederick S. Frank, The Poe encyclopedia, Greenwood Publishing Group, 1997, 453 pages, p. 43 (ISBN 9780313277689).
  2. (en) Arthur Hobson Quinn, Edgar Allan Poe: a critical biography, Baltimore, Presse universitaire Johns Hopkins,‎ 1998 (ISBN 0-8018-5730-9, OCLC 37300554), p. 394
  3. Dawn B. Sova, Edgar Allan Poe, A to Z: the essential reference to his life and work, New York, Facts on File,‎ 2001 (ISBN 0-8160-4161-X, OCLC 44885229), p. 28
  4. (en) John Cleman, Edgar Allan Poe, New York, Chelsea House Publishers,‎ 2002 (ISBN 0-7910-6173-6, OCLC 48176842, lire en ligne), « Irresistible Impulses: Edgar Allan Poe and the Insanity Defense », p. 73
  5. (en) L. Moffitt Cecil, « Poe's Wine List », Poe Studies, vol. V, no 2,‎ décembre 1972, p. 42 (lire en ligne)
  6. (fr) Stefano Salviati, 100 chats de légende, Solar (ISBN 9782263032820, OCLC 401593803), « Le cauchemar d'Edgar Poe », p. 91
  7. (fr) Gandee Vasan, Humeur de chat, Hors Collection,‎ octobre 2008 (ISBN 978-2-258-07758-4)
  8. Pierre Celestin Cambiaire, The Influence of Edgar Allan Poe in France, New York, G.E. Stechert & Co, 1927, 332 pages (rééd. Ardent Media, p. 40).
  9. Claude Richard, Edgar Allan Poe: journaliste et critique, C. Klincksieck, 1978, 962 pages, p. 659 (ISBN 9782252020425).

Annexes[modifier | modifier le code]

Le Chat noir est le titre d'un épisode de la saison 2 de la série Masters of Horror. L'histoire s'inspire de la nouvelle de Poe.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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