Thierry Lévy

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Thierry Lévy

Naissance 13 janvier 1945
Nice
Nationalité Français
Profession

Thierry Lévy, né le 13 janvier 1945 à Nice, est un avocat pénaliste français.

Parcours[modifier | modifier le code]

Thierry Lévy naît dans une famille bourgeoise juive[1]. Son père, Paul Lévy, est journaliste à L'Aurore, au Journal et à L'Intransigeant puis fondateur en 1918 de l'hebdomadaire Aux Écoutes. Sous l'Occupation, privé de la gestion de son journal parce que juif, il se cache dans le sud de la France avec sa femme, Rosie Nathan, avocate au barreau de Paris convertie au catholicisme. Le couple a trois enfants, baptisés par l’évêque de Paris, après la Libération[2].

Son père meurt alors que Thierry Lévy, collégien à Janson-de-Sailly a 15 ans. Thierry Lévy reprend sept ans plus tard le journal familial, en perte d'audience, essayant de le faire passer d'un positionnement droitier à des engagements de gauche, ce qui finalise la chute de l'entreprise[1].

Admis au barreau de Paris en novembre 1969, Thierry Lévy est, en juin 1972, commis d'office, avec l'avocat Remy Crauste, pour défendre Claude Buffet pour l'assassinat de deux otages à la maison centrale de Clairvaux avec Roger Bontems. Il ne peut pas le sauver de la guillotine, les deux avocats assistant à l'exécution dans la cour de la prison de la Santé le 28 novembre suivant, mais se fait, durant le procès et après, le relais de son client dans la dénonciation des conditions de détention du système carcéral français[1].

Opposant à la privation de liberté, « hostile à tout pouvoir, toute loi, tout juge », en rupture avec le système judiciaire, il refuse les affaires où il devrait demander de la détention[1] et défend deux membres du groupe terroriste Action directe, les frères Halfen : Nicolas Halfen est condamné à dix ans de réclusion, Claude Halfen est acquitté. En 1986, Thierry Lévy obtient l'acquittement de Roger Knobelspiess.

Dans les années 1990, il défend Christian Didier, assassin de René Bousquet (condamné à dix ans de prison), la juge d'instruction Eva Joly contre l'ordre des avocats, l'historien Bernard Lewis (gagnant deux procès sur les trois intentés à son client), les évadés de Clairvaux, qui obtiennent des peines de 6 à 20 ans contre la perpétuité réclamée par l'avocat général[1]. En 2004, conseil de Richard Shirrefs, directeur général d'Eurotunnel, Thierry Lévy obtient la condamnation de Nicolas Miguet, qui doit verser 10 000 euros à Richard Shirrefs pour diffamation et injure[3]. En 2005, avocat de Claude Cherki, ancien PDG du Seuil, il plaide avec succès contre Jean-Claude Guillebaud, poursuivi pour diffamation par Claude Cherki. Jean-Claude Guillebaud est condamné à 3 000 euros d'amende, 1 euro symbolique de dommages et intérêts, 3 000 euros au titres des frais de justice de la partie civile, et à publier le jugement à ses frais dans Le Nouvel Observateur[4]. En 2008, il obtient la relaxe de Roger Cukierman, poursuivi pour injure publique par Alain Krivine. L'année suivante, aux côtés de son confrère Dominique Tricaud, Thierry Lévy défend avec succès Siné, poursuivi par la LICRA, mais relaxé par le tribunal de Lyon[5]. Avocat des cinémas Utopia, Thierry Lévy obtient, en 2010, le rejet de l'action intentée par l'Association culturelle juive des Alpilles (ACJA)[6], puis la condamnation de Yann Moix et du Figaro pour injure publique contre les responsables du réseau de cinémas[7]. En 2012, il plaide avec succès pour son confrère Jérémie Assous contre la multinationale All Communication Network, déboutée de sa plainte en diffamation[8].

Il a présidé l'Observatoire international des prisons de mai 2000 à 2004.

Outre de nombreux ouvrages et articles juridiques, Thierry Lévy a beaucoup écrit sur l'art de l'éloquence et sur la profession d'avocat, notamment Convaincre, Dialogue sur l'éloquence, en collaboration avec Jean-Denis Bredin (Odile Jacob, 1997). Il a également écrit quelques courts essais qui constituent des plaidoiries à propos de divers aspects du politiquement correct qui affligerait selon lui la société française contemporaine.

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Animal judiciaire, Paris, Grasset, 1975.
  • La Société des femmes, Paris, Flammarion, 1987.
  • Le Droit Chemin, Paris, Plon, 1989.
  • Blessure mortelle, Roman, Flammarion, 1992.
  • Jean-Denis Bredin et Thierry Lévy, Convaincre : Dialogue sur l'éloquence, Paris, Éditions Odile Jacob,‎ 1997, 392 p. (ISBN 978-2738104830)
  • Thierry Lévy, Éloge de la barbarie judiciaire, Paris, Éditions Odile Jacob,‎ 2004, 187 p. (ISBN 978-2738115546)
    Cet ouvrage dénonce la « pandémie victimaire » des tribunaux.
  • Thierry Lévy, Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle,‎ 2006, 83 p. (ISBN 978-2246696711)
  • Thierry Lévy, Lévy oblige, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle,‎ 2008, 83 p. (ISBN 978-2246696711)
    L'auteur se rebiffe d'être identifié comme juif à cause de son patronyme.
  • Jean-Denis Bredin et Thierry Lévy, Plutôt la mort que l'injustice : Au temps des procès anarchistes, Paris, Éditions Odile Jacob,‎ 2009, 276 p. (ISBN 978-2738118318)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Dominique Simonnot, « Champion de box », Libération, 31 mai 2000
  2. Pascale Robert-Diard, « Thierry Lévy, maître de sa rage », Le Monde, 9 février 2008.
  3. « EUROTUNNEL : Richard Shirrefs a assigné Nicolas Miguet pour diffamation et injures publiques », Le Monde, 31 octobre 2003 ; « Eurotunnel : Nicolas Miguet condamné pour diffamation », Libération, 17 février 2004.
  4. « Cherki à la barre », Libération, 19 mai 2005.
  5. Jugement de première instance ; « La citation de la Licra contre Siné annulée en appel », Nouvelobs.com, 26 novembre 2009 ; « Troisième victoire du dessinateur Siné contre la Licra ! », communiqué, 5 avril 2012.
  6. http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/toulouse/index.php?post/2010/03/08/Utopia-sur-les-bancs-d-infamie…-%283e-épisode%29
  7. http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/montpellier/index.php?post/2010/11/12/Yann-Moix-et-Le-Figaro-condamnés-!
  8. « La multinationale ACN perd son procès contre l’avocat Jérémie Assous », Capital.fr, 3 avril 2012.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Site officiel du cabinet Thiérry Lévi & Associés