Grand port maritime de La Rochelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Port Atlantique de La Rochelle-Pallice
Les grues du môle d'escale du Port autonome de La Rochelle-Pallice
Les grues du môle d'escale du Port autonome de La Rochelle-Pallice
Présentation
Type Port de commerce
Construction 1880 / 1890
Statut Grand port maritime
Tirant d'eau 13,50 m
Tonnage 8,4 millions de tonnes (2011)[1]
Trafic 41 748 passagers (2010)
1 713 navires (2010)
7 480 conteneurs (2010)[2]
Activités 1er port français importateur de produits forestiers
2e port français exportateur de céréales
Escales de paquebots (33 000 passagers croisiéristes prévue en 2012)
Superficie 543 ha
Géographie
Coordonnées 46° 09′ 30″ N 1° 13′ 40″ O / 46.158333, -1.22777846° 09′ 30″ Nord 1° 13′ 40″ Ouest / 46.158333, -1.227778  
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Commune La Rochelle
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Poitou-Charentes

(Voir situation sur carte : Poitou-Charentes)
Port Atlantique de La Rochelle-Pallice

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

(Voir situation sur carte : Charente-Maritime)
Port Atlantique de La Rochelle-Pallice

Géolocalisation sur la carte : La Rochelle

(Voir situation sur carte : La Rochelle)
Port Atlantique de La Rochelle-Pallice

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Port Atlantique de La Rochelle-Pallice

Le grand port maritime de La Rochelle, issu de la transformation du port autonome de La Rochelle est le port de commerce de la ville de La Rochelle (Charente-Maritime, France). Il se classe au 6e rang des grands port maritime de France[3] en tonnage de marchandises,
1er port européen pour l'importation de grumes et 1er port français pour l'importation de produits forestiers et pâtes à papier[4]. Il représente plus de 85 % des échanges de marchandises du transport maritime de la région[5].

Du fait de sa situation dans le quartier de La Pallice, dans la partie ouest de la ville, il est également appelé port de La Pallice.

Port autonome depuis le 1er janvier 2006 suite au décret no 2004-1378 du 20 décembre 2004, il a reçu le statut de grand port maritime suite au décret no 2008-1036 du 9 octobre 2008. Le grand port maritime de La Rochelle est un établissement public qui exerce conjointement des missions de service public administratif et des missions de service public à caractère industriel et commercial et qui est géré comme un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) dont la tutelle de l'État est exercée par la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer[6] du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

Il est administré par un directoire de trois membres[7]; Président du directoire, Michel Puyrazat[8]. Son conseil de surveillance comprend notamment des représentants de l'État, du personnel, des collectivités territoriales (Poitou-Charentes, Charente-Maritime, Communauté d'agglomération de La Rochelle, commune de La Rochelle) et de la Chambre de commerce et d'industrie de La Rochelle. Un conseil de développement de trente membres assiste les organes statutaires.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Tirant d'eau maximum autorisé 14 mètres (port en eau profonde) ;
  • Certifié ISO 14001 le 14 septembre 2011 ;
  • Réception de navires jusqu'à 100 000 tonnes ;
  • Second port d'exportation ;
  • Environ 2.5 millions de tonnes d'importation ;
  • 2 800 mètres linéaires de quai ;
  • Au 19 Mai 2014, 3 remorqueurs VB Boluda: le Pornichet, le Belle-Ile, et l' Oléron.
  • Terminal passagers ; Paquebots de croisières
  • Terminal pétrolier sur le môle d'escale ;
  • Postes roulier (Ro-Ro) / 1 - dans l'anse de Chef de Baie, l'autre dans le bassin à flot
  • 53 hectares de stockage extérieur ;
  • 300 hectares de surface maritime ;
  • 200 hectares de surface terrestre ;
  • 137 500 m2 de hangars ;
  • 21 grues ;
  • Forme de radoub : deux, donnant sur le bassin à flots pour les activités de carénage et de réparations navales (dont une de 176 × 21 m) ;
  • Bassin à flots ;
  • 136 salariés.
Panorama de La Pallice, depuis l'Ile de Ré

Trafic[modifier | modifier le code]

Le môle d'escale, (en arrière-plan le Pont de l'île de Ré).

En 2010, le trafic exprimé en « tonnage brut total » du port de La Rochelle représente environ 2 % du trafic des ports de commerce français[2].

Trafic du port autonome de La Rochelle
Marchandises Année 2005 Année 2006 Année 2007[9] Année 2008 Année 2009 Année 2010 Année 2011[1] Année 2012[10] Année 2013[11]
Hydrocarbures 2 521 552 t 2 532 744 t 2 561 750 t 2 420 998 t 2 464 888 t 2 509 425 t 2 449 314 t 2 618 532 t 2 838 203 t
Céréales 2 240 154 t 2 443 183 t 2 326 481 t 3 011 493 t 2 997 132 t 3 604 383 t 3 548 691 t 3 303 235 t 4 370 232 t
Sables 676 544 t 808 478 t 890 891 t 785 486 t 674 495 t 676 798 t 673 553 t 662 958 t 658 596 t
Bois divers 205 858 t 171 077 t 204 356 t 188 898 t 123 545 t 126 383 t 114 824 t 108 089 t 860 391 t
Pâtes à papier 492 590 t 506 456 t 507 827 t 574 595 t 521 617 t 670 538 t 683 580 t 610 083 t
Grumes tropicales 138 192 t 123 290 t 182 349 t 143 058 t 83 896 t 75 345 t 64 867 t 63 908 t
Vracs agricoles 373 010 t 412 548 t 505 280 t 536 914 t 523 901 t 630 432 t 673 752 t 782 609 t 702 189 t
Vracs industriels 115 065 t 171 911 t 253 320 t 113 693 t 41 985 t 61 937 t 99 560 t 59 806 t 272 910 t
Marchandises diverses 130 964 t 167 372 t 148 495 t 129 141 t 80 330 t 76 407 t 135 474 t 137 290 t
Total 6 893 929 t 7 337 059 t 7 580 749 t 7 904 276 t 7 511 789 t 8 431 648 t 8 443 615 t 8 346 510 t

9 702 521 t

Croisières & passagers[modifier | modifier le code]

La Pallice dispose d'un terminal passagers qui accueille régulièrement à la belle saison des paquebots (22 en 2005, 25 492 passagers).

L'Oceana (P&O) quittant la rade du Port de La Pallice, (au premier plan le Phare de Chauveau, pointe sud de l'Île de Ré).
L'ancienne maison Vélux a servi de pavillon d'accueil à la Course autour du monde, avant de devenir aujourd'hui Sorata, hall d'accueil des croisières.

En 2011, Le port a accueilli 23 escales, dont 19 de grands paquebots. Il est devenu le premier port d'escale de la façade atlantique avec 36.466 passagers[12].

Sorata, le nouveau bâtiment d'accueil pour les croisiéristes, est inauguré le 8 juillet 2012. Situé au môle d’escale, il comporte un hall d'accueil, les guichets d'enregistrement, la salle d'embarquement, un scanner et un tapis roulant pour les bagages et accueillera tous les voyageurs qui ont choisi La Rochelle comme ville de départ, d'arrivée ou d'escale pour leur croisière. Ancien pavillon de la course autour du monde Velux[13] 5 Oceans, il est offert par la ville[14].

Activité fret ferroviaire[modifier | modifier le code]

Fin 2010 est officiellement créé un Opérateur ferroviaire de proximité (OFP) pour gérer le service fret ferroviaire sur la zone portuaire de La Rochelle empruntant en particulier la ligne de La Rochelle-Ville à La Rochelle-Pallice. La société OFP La Rochelle, dont le capital est réparti entre le Grand port maritime de La Rochelle et Euro Cargo Rail, a été inaugurée le 8 octobre 2010.

Fin 2011, le trafic ferroviaire[12] a dépassé pour la première fois la barre du million de tonnes (1,06 Mt) de marchandises pré ou post-acheminées par train, soit une augmentation de 57 % depuis 4 ans. La part modale du ferroviaire sur le port s'établit désormais à 12,63 % du trafic portuaire, contre 8,96 % en 2007.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construit après dix ans d'efforts sur les conseils de l'ingénieur hydrographe Bouquet de La Grye, le port de la Pallice[15] a été inauguré le 19 août 1890 par Sadi Carnot, alors Président de la République française, et Wladimir Mörch, Président de la Chambre de commerce et d'industrie. Il se caractérisera longtemps par ses lignes régulières avec l’Afrique, à l'origine de la part importante d'importation de bois dans son trafic.

Il a connu de nombreux événements et agrandissements au cours de son histoire :

  • 1939, construction du môle d'escale en eau profonde au large relié à la terre par un viaduc métallique.
  • Juin 1940, dans la cadre de l'Opération Ariel, des unités polonaises embarquent sur des navires polonais et de la Royal Navy à destination du Royaume-Uni[16].
  • 1951, ouverture de la gare maritime, qui restera en activité jusqu'au milieu des années 1960.
  • 1966, agrandissement du môle d'escale.
  • À partir de 1990, construction de nouveaux bassins: Chef de Baie I, II puis III, spécialisés dans le trafic du bois, avec plus de 500 mètres linéaire de quais.
  • 2002, construction d'un poste roulier.
  • 2009, sur le Môle d'escale, démolition du bâtiment de la Gare maritime des voyageurs et des hangars adjacents.
  • Avril 2011, mise en service du quai de l'anse Saint-Marc[17]. Ce terminal[18] vraquier qui peut permettre d'atteindre le cap des 10 millions de tonnes de trafic. Les travaux de l'anse de la Repentie (nord) ont commencé.

Toutes ces installations ont été gagnées sur la mer. Les travaux d'agrandissements sont toujours en cours avec la construction d'un nouveau bassin d'ici 2020 dans la partie Nord du port, au pied du pont de l'Île de Ré.

Base sous-marine, vestige de la Seconde Guerre mondiale.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'Organisation Todt construit pour la Kriegsmarine une base sous-marine de plus de trois hectares et une « écluse blockhaus » pour ses sous-marins de la 3e flottille de U-Boot (90 unités) afin de les protéger des bombardements alliés. La base subit 17 bombardements alliés entre 1941 et 1944.

Durant les années 1960-1970, un capitaine de vaisseau (COMAR La Pallice) commandait la base militaire de la Marine nationale implantée dans le port de la Pallice. À terre, se trouvait l'Unité marine et, amarrés à "l'épi sud" de la base sous-marine, 3 patrouilleurs qui avaient pour mission de sécuriser la zone maritime du Centre d'essais des Landes (CEL) de Biscarosse, pendant ses campagnes d'essais de tirs de missiles.

Plan Marshall[modifier | modifier le code]

La Rochelle et La Pallice ont été miraculeusement sauvés entre 1944 et 1945 par deux hommes de la mer[19], le capitaine de vaisseau Hubert Meyer[20] et l'amiral allemand Ernst Schirlitz[21]. Les cargos du Plan Marshall ont pu ravitailler l'Europe de l'Ouest grâce au môle d'escale de La Pallice, le seul port épargné en France. Sur la pierre tombale de Hubert Meyer (1899-1978), à Saint-Ciers-du-Taillon, près de Royan, est gravé le psaume 103 : « Mon âme bénit l'Éternel et n'oublie aucun de ses bienfaits ». La création du port de La Pallice fut un bienfait.

Le port de La Pallice est un point stratégique de la Guerre Froide.

À partir de 1950, il connaît un nouveau développement militaire, car il est choisi comme le point principal d'entrée des renforts et subsides américains en France en cas d'attaque soviétique dans le cadre de l'OTAN. Il a été préféré au port de Cherbourg pour jouer ce rôle car il dispose de vastes terre-pleins dans l'arrière pays, se situe hors de portée d'une aviation tactique ennemie opérant à partir du Rhin et des Pays-Bas (ligne de défense alors envisagée) et possède avec le Pertuis d'Antioche un vaste avant-port dans lequel il est relativement aisé de traquer une activité sous-marine adverse, ainsi que de draguer les mines. C'est d'ailleurs à La Pallice qu'est alors installée l'école de défense des ports de la marine nationale.

La zone portuaire bénéficie d'investissements américains dans le cadre du MDAP (Mutual Defence Advisory Plan, que l'on pourrait résumer à « Plan Marshall militaire ») dans la décennie 1950-1960. Dès 1953, le risque d'une réédition d'une attaque classique frontale comme celle de 1940 diminue cependant, quand les Américains s'engagent à des « représailles massives » en cas d’agression soviétique, limitant l'intérêt d'un tel port de soutien. Les études et travaux entamés sont néanmoins poursuivis. Après 1957, la crainte d'un échange nucléaire initial conduit non plus à concentrer les infrastructures portuaires en un point donné, mais au contraire à les disperser au sein de « complexes portuaires » utilisant tant les grands ports (ce qu'il en restera...) que les petits ports secondaires, voire les plages, les criques, etc. À partir des années 60,si les investissements militaires cessent,ceux concernant l'activité portuaire civile se développent.

En 2010, avec le départ du 519e régiment du train qui occupait une partie de l'ancienne base sous-marine allemande, l'activité portuaire militaire se trouve réduite à sa plus simple expression

Publication[modifier | modifier le code]

Pollution[modifier | modifier le code]

  • Les résidus chimiques intégrés au remblai du port contiennent du thorium et de l'uranium[23]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF][1] PORT ATLANTIQUE LA ROCHELLE TRAFIC 2011.
  2. a et b Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, « Trafics 2010 par NST/R des principaux ports de France métropolitaine et d’outre-mer », mis à jour le 20-12-2011
  3. Avec 8.38 millions de tonnes de marchandises traitées en 2011, Bordeaux perd sa 6iéme place au classement des Ports de commerce, « Bordeaux : Le trafic global se tasse mais le conteneur bondit », Mer et Marine
  4. [PDF] http://www.larochelle.cci.fr/institutionnel/zoomport.pdf Port de commerce de La Rochelle] (CCI de La Rochelle).
  5. Trafic de marchandises des principaux ports régionaux en 2001 (Observatoire régional de l'environnement Poitou-Charentes).
  6. http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-4891QE.htm
  7. Décret 2008-1036 du 9 octobre 2008, art. 5.
  8. http://www.meretmarine.com/fr/content/la-rochelle-un-nouveau-president-du-directoire-pour-le-port
  9. [PDF]autonome de La Rochelle - Trafic 2007.
  10. [PDF][2] PORT ATLANTIQUE LA ROCHELLE TRAFIC 2012.
  11. [PDF][3] PORT ATLANTIQUE LA ROCHELLE TRAFIC 2013.
  12. a et b « Nouveau record de trafic pour le port de La Rochelle », Mer et Marine
  13. Philippe Baroux, « Le pavillon Velux quitte le centre », Sud Ouest
  14. thomas brosset, « Une vraie gare pour les croisiéristes », Sud Ouest
  15. [PDF]Le port de commerce l'histoire d'une ambition maritime (CCI de La Rochelle).
  16. L'Armée polonaise dans la Bataille de France
  17. Philippe Baroux, « Premier cargo à l'anse Saint-Marc », Sud Ouest
  18. [PDF] http://cargos-paquebots.net/Ports-Mouvements_de_navires/GPMLR/2010/Anse-St-Marc.pdf Aménagement de l’Anse Saint-Marc] Port de commerce de La Rochelle.
  19. Libération de la "poche" de La Rochelle, Chemins de mémoire
  20. Le commandant Meyer
  21. Ernst Schirlitz (de)
  22. Tintin à La Rochelle (CCI de La Rochelle).
  23. Alerte à la pollution nucléaire, Magazine Capital - Octobre 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Le port de La Pallice il y a plus de quarante ans.

Liens externes[modifier | modifier le code]