Édouard Pichon

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Édouard Pichon né en 1890 à Sarcelles et mort en 1940 est un grammairien et psychanalyste français, cofondateur de la première société de psychanalyse française : la Société psychanalytique de Paris (SPP).

Biographie[modifier | modifier le code]

Édouard Pichon est originaire d'une famille bourguignonne, son père d'abord vigneron devient notaire. C'est lui qui oblige Édouard à s'orienter vers la médecine alors que le jeune Pichon ne rêvait que de lettres et de grammaire à l'instar de son oncle Jacques Damourette.

En 1910 Pichon est externe des hôpitaux de Paris, il y rencontrera Louis Aragon. Pendant la Première Guerre mondiale il est engagé comme médecin militaire, il ressent alors les premiers signes du rhumatisme articulaire aigu qui finira par l'emporter. Sa vie sera marquée par cette maladie qui l'obligera à de multiples hospitalisations et le handicapera au point de lui imposer de circuler en chaise roulante. Il est soigné par un traitement à base de salicylate, ce qui lui provoque des épisodes délirants. Il choisira cette maladie comme sujet de sa thèse en médecine.

En 1924 il est docteur en médecine, spécialisé en pédiatrie et nommé chef-adjoint de clinique infantile. Il sera nommé ensuite à l'hôpital Bretonneau où il rencontre Françoise Marette qui sera connue plus tard sous le nom de Françoise Dolto et qui devient son élève.

Après sa rencontre avec René Laforgue il mène une triple carrière de médecin, de psychanalyste et de linguiste.

En 1927, tout en étant un des cofondateurs de la SPP, il épouse Hélène Janet qui est tuberculeuse et devient donc gendre de Pierre Janet, que certains considèrent comme l'un des plus notables adversaires de la psychanalyse.

Un homme aux multiples visages[modifier | modifier le code]

Le linguiste[modifier | modifier le code]

La vraie passion de Pichon était sans doute le langage. Il y a été initié très tôt par son oncle Jacques Damourette avec lequel il signera un ouvrage monumental qui se présente comme une grammaire en sept volumes au style baroque intitulé Des mots à la pensée qui veut décrire de façon exhaustive l'état de la langue française entre 1911 et 1940.

Le titre de l'ouvrage s'inscrit contre le courant dominant des grammairiens de l'époque. Alors que ces derniers partaient de l'idée pour arriver au langage, Damourette et Pichon partent de la langue pour montrer comment émerge la pensée. Élisabeth Roudinesco fait remarquer que cette position est contradictoire avec les positions que Pichon tiendra à l'égard de la psychanalyse.

C'est à Pichon que Lacan empruntera le terme de forclusion qui définit le mécanisme psychique caractéristique de la structure psychotique.

Le pédiatre[modifier | modifier le code]

Édouard Pichon prend parti pour Anna Freud dans la querelle qui l'oppose à Mélanie Klein. Il pense, comme la première, que la psychanalyse des enfants doit être subordonnée à l'autorité éducative.

Il propose de créer une nouvelle discipline qu'il nomme psychopédeutique qui consiste en une sorte de syncrétisme des thèses de Pierre Janet, Sigmund Freud, Jean Piaget, Alfred Binet et Henri Wallon. Il rédige un ouvrage Le développement psychique de l'enfant qui aura un très grand succès dans lequel il n'hésite pas à soutenir les positions les plus contradictoires. L'auteur y condamne le travail des femmes mariées, se déclare partisan de parler aux nourrissons mais préconise de tondre les jeunes garçons pour qu'ils ne ressemblent pas aux filles et autres opinions diverses sur un ton fortement doctrinaire.

Le psychanalyste[modifier | modifier le code]

Pichon était un fervent partisan de la théorie de la dégénérescence qu'il voulait combattre aux moyens de méthodes cathartiques dans lesquelles il rangeait la psychanalyse, au même titre que les « méthodes purgatives » ou « la confession auriculaire catholique ». La psychanalyse n'était donc pour lui qu'une psychothérapie parmi d'autres. Il avait été analysé par Eugénie Sokolnicka.

Mais surtout Pichon, en fidèle maurrassien, ne pouvait concevoir la psychanalyse que française. Il attaque l'IPA mais essentiellement parce qu'elle lui apparaît comme une « organisation collectiviste » alors que dit-il « je conçois volontiers la monarchie protectrice des diversités comme la transposition dans l'ordre social de ce qu'est en clinique psychologique une âme bien maîtresse de soi ». Comme le note Élisabeth Roudinesco la psychanalyse selon Pichon est essentiellement « pichonienne ».

Le maurrassien[modifier | modifier le code]

Homme d'extrême droite, Pichon était un admirateur inconditionnel de Charles Maurras. Il n'hésitera cependant pas à se revendiquer psychanalyste et à défendre cette théorie contre celui qu'il appelait son « admirable maître ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Jacques Damourette et Édouard Pichon, Des mots à la pensée, essai de Grammaire de la langue française, Paris, d'Artrey, 1911-1940.
  • Le développement psychique de l'enfant, Masson et Cie, Paris, 1953
  • Le bégaiement : sa nature et son traitement par Édouard Pichon et Suzanne Borel-Maisonny, Masson 1936

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bialek Sophie. Édouard Pichon, psychanalyste et grammairien. Thèse, Nancy I, 1985, 209 p. (OCLC 490716267)
  • Bourgeron Jean-Pierre « Édouard Pichon (1890-1940) » Revue française de psychanalyse 1997 - tome 61 - no 2 p. 691-0.
  • Élisabeth Roudinesco : La bataille de cent ans, histoire de la psychanalyse en France vol. 1, éd. Ramsay, Paris, 1982
  • Alain de Mijolla,
    • Freud et la France, 1885-1945, éd. Presses Universitaires de France, 2010, (ISBN 2-13-054515-7)
    • La France et Freud T.1 1946-1953, éd. Presses Universitaires de France, 2012, (ISBN 978-2-13-058295-3)
    • sous la direction : Dictionnaire international de la psychanalyse: (2 volumes coffret) ', Éd.: Fayard/Pluriel; édition revue et augmentée, 2013, Coll. Grand Pluriel, (ISBN 2818503396)

Lien externe[modifier | modifier le code]